Archive for the ‘Inspirations’ Category

2015


08 Jan

Je ne savais pas trop comment vous souhaiter une bonne année. C’est tout trouvé. Puisque, comme tout le monde depuis hier midi…

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… pour nous, les filles, il nous reste à être, pendant toute cette année 2015, sans armes, alors il faut modifier l’image originale…

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… avec nos stylos, nos ordinateurs, nos cerveaux et nos permanentes, pour celles qui en ont encore, des…

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Puisque nous sommes vraiment de drôles de dames… Bonne année de résistance !

(image Charlie’s angels. Pardon pour les retouches maladroites)

Marguerites


18 Déc

Dans ma vie, depuis longtemps, il y a deux Marguerites. Une Yourcenar et une Duras. Justement.

J’ai acheté le dernier numéro du « Magazine littéraire ».

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J’ai retrouvé intacts les sujets de prédilection de Marguerite Y., son phrasé de reine, ses préoccupations, dont certaines très en phase avec les miennes, actuelles (« Qui sait si l’âme des bêtes va en-bas? »), son amour de l’Histoire, le peu de goût qu’elle avait pour le dévoilement direct. Cette vie de l’autre siècle, définitivement.

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… Mais sa pensée est si actuelle, si féconde, toujours élégante, parfois presque mystique. En témoigne ce koan zen qu’elle a placé en ouverture de « Souvenirs pieux », le premier triptyque de son « Labyrinthe du Monde ».

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Replonger dans cet univers m’a rendue (oh, quelques heures !) plus intelligente et m’a rappelé les longues plages de lecture, lorsque j’étais plus jeune, notamment celle des « Mémoires d’Hadrien » lors d’un voyage à Rome. Je mettais mes pas dans les traces, qui me semblaient fraîches, d’un passé remontant à vingt siècles.

Et puis, il y a l’autre Marguerite. M. D. La fulgurante, la magique, la poétique. Celle dont la lecture du « Ravissement de Lol V. Stein » m’avait ravie. Celle dont la lecture de « La Douleur » m’avait bouleversée. Celle dont j’ai trouvé hier l’extrait d’une interview datant de 1985 dans le dernier numéro des « Inrockuptibles ».

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Ce texte est prophétique. Nous ferions bien de l’apprendre par coeur. Je me doute que vous ne lisez pas bien sur la photo, alors je vous le copie. Il est incroyable.

« Dans les années 2000, il n’y aura plus que des réponses. La demande sera telle qu’il n’y aura plus que des réponses. Tous les textes seront des réponses, en somme.

Je crois que l’homme sera littéralement noyé dans l’information, dans une information constante. Sur son corps, sur son devenir corporel, sur sa santé, sur sa vie familiale, sur son salaire, sur son loisir. Ce n’est pas loin du cauchemar. Il n’y aura plus personne pour lire.

Ils verront de la télévision. On aura des postes partout, dans la cuisine, dans les water-closets, dans le bureau, dans les rues. Où sera-t-on ? Tandis qu’on regarde la télévision, où est-on ? On n’est pas seul.

On ne voyagera plus. ce ne sera plus la peine de voyager. Quand on peut faire le tour du monde en huit jours ou quinze jours, pourquoi le faire ? Dans le voyage, il y a le temps du voyage. Ce n’est pas voir vite, c’est voir et vivre en même temps. Vivre du voyage, ça ne sera plus possible.

Tout sera bouché, tout sera investi, il restera la mer, quand même, les océans. Et puis la lecture. Les gens vont découvrir ça. Un homme, un jour, lira. Et puis tout recommencera.

On repassera par la gratuité. C’est-à-dire que les réponses, à ce moment-là, elles seront moins écoutées. Ça commencera comme ça, par une indiscipline, un risque pris par l’homme envers lui-même. Le jour où il sera seul à nouveau, avec son malheur, et son bonheur, mais qui lui viendront de lui-même.

Peut-être que ceux qui se tireront de ce pas seront les héros de l’avenir, c’est très possible, espérons qu’il y en aura encore… »

Interview, Paris, septembre 1985. Merci aux Inrocks d’avoir exhumé ce texte.

Merci, les Marguerites, pour votre intelligence et votre modernité.

Majeur


18 Nov

Je me faisais la réflexion l’autre jour. Il existe un nom spécifique pour désigner chaque âge de la vie : l’enfance, l’adolescence, voire la jeunesse, la maturité (on dirait que je parle d’un fruit), la vieillesse. Mais cet âge central, l’âge adulte ? Il y a bien l’adultère, mais bon, paraît qu’on parle d’autre chose. Alors, quoi ? L’adultérisme ? L’adultération (pas mal, pour son petit côté allitération) ? Le plus adapté serait sans doute l’adultérance, mélange assez réussi d’adulte et d’errance qui correspond bien à la situation des adultes aujourd’hui, je trouve. D’ailleurs, je serais bien en peine de donner une définition satisfaisante qui rende compte de cette notion pouvant recouvrir tellement d’identités différentes…

Pourquoi je me faisais cette réflexion ? à cause de la couverture d’un livre qui traîne chez moi en attendant que je le lise.

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Outre la belle gueule de Pasolini, l’arrière-plan de plage et de mer italiennes, le beau noir et blanc, il y a le titre…

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Adulte ? Jamais. J’aime beaucoup cette déclaration d’intention de Pasolini, écrivain, poète, journaliste et par ailleurs grand cinéaste. Auquel un autre cinéaste italien Nanni Moretti a rendu un magnifique hommage dans son film Caro Diario, « Journal intime ». Il y longe en scooter, au son du splendide « Köln Concert » de Keith Jarrett,  la plage d’Ostie sur laquelle Pasolini a été assassiné une nuit de novembre 1975.

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Ne serait-ce que pour la musique…

… Et pour le questionnement : alors, adulte ?

(photos de l’auteur)

François


26 Oct

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Je suis tombée amoureuse de François Truffaut peu de temps avant sa mort. J’étais (très) jeune, c’était en 1983. J’ai un souvenir très précis de ma sortie de la salle de cinéma (« L’Eden ») où je venais de voir « Vivement dimanche ! », ce polar pas très sérieux (« Barbara, vous me mettez dans l’embarras »!) en noir et blanc, me retrouvant sur le trottoir ensoleillé (vérification faite, le film est effectivement sorti en août de cette année 1983), éblouie par la lumière d’été et surtout par le rythme et le charme du film. C’est dans ce même cinéma que j’avais vu trois ans auparavant « Le dernier Métro » (je me souviens très bien, là encore, de cette première vision et notamment de la « fausse fin » – la pièce de théâtre s’insérant parfaitement dans l’intrigue – qui m’avait ravie). Je ne savais pas, et le réalisateur non plus, que « Vivement dimanche » serait son dernier film.

On en trouve peu d’extraits sur le web (celui-là, en français, est sous-titré en espagnol… et Fanny est si délicieuse).

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Alors je ne pouvais pas ne pas aller à…

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… qui rend ces jours-ci hommage à Truffaut dans une belle expo. J’y suis même allée précisément trente ans et un jour après sa mort (dont je me souviens, bien sûr)…

On y trouve une reconstitution du bureau dans lequel il concocta la plupart de ses vingt et un longs-métrages…

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Des photos, des lettres (certaines comme des clins d’oeil)…

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… des objets, comme ceux-ci…

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… qui appartiennent à Antoine Doinel dans…

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… des extraits de films – ou de casting, comme les essais – irrésistibles – de Jean-Pierre Léaud pour « Les 400 coups »…

http://www.dailymotion.com/video/x3z4ka

… Certains souvenirs, tendres et légers ou plus teintés de gravité, voire de drame… La scène finale de « La Femme d’à côté »…

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… et le résumé du début du scénario, de l’écriture reconnaissable de François…

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Au même titre que Springsteen (voir « Thunder Road ») ou Sanson (voir « Besoin de personne ») pour la bande-son, les films de Truffaut ont été des repères dans mon parcours, des clés de compréhension possibles et des moments émus, bouleversants ou heureux, de cinéma. Et pour revoir son visage, réentendre sa voix si caractéristique, et retomber sous son charme, cette interview du moment de la sortie de « Vivement dimanche ! » (on y revient), avec Christine Ockrent…

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Et un extrait du texte de « Jules et Jim » : … « La vie était vraiment des vacances. Jamais, Jules et Jim n’avaient manié d’aussi gros dominos. Le temps passait, le bonheur se raconte mal, il s’use aussi sans qu’on en perçoive l’usure… »

Bande-son : bien sûr, « Le tourbillon » de Jeanne dans le même « Jules et Jim ». Comment résister ?

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(photos de l’auteur, de l’exposition « François Truffaut » à la cinémathèque française.)

Troisième étage


22 Août

Immeuble parisien, palier du troisième étage, sans ascenseur. Vous venez d’arriver devant la porte de l’appartement dans lequel vous avez rendez-vous. Un petit mot près de la sonnette signale, en italien (« Il campanello non funziona ») que justement, elle ne fonctionne pas. Vous vous apprêtez donc à frapper, mais ce n’est pas pratique avec les sacs que vous portez. Vous les posez donc au sol. Et dans la seconde où vos yeux ont quitté leur cible (la porte) et votre cerveau son objectif découpé en tâches futures à accomplir (frapper, attendre qu’on ouvre, reprendre les sacs, entrer), ils (vos yeux, votre cerveau) ont enregistré quelque chose de brillant légèrement derrière vous, à droite. Vous vous retournez.

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Ce n’est rien. Une tâche de lumière sur le mur de la cage d’escalier. Quand même. Cette vision, formes incurvées, à-plats de couleurs (blanc et bleu des murs et marron du bois de l’escalier), et ce triangle  lumineux couché, strié, posé pile à l’angle du mur, vous arrêtent dans l’enchaînement mécanique des gestes et des pensées.

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Vous inhalez doucement la bouffée d’air dont vous ignoriez manquer, et expirez avec lenteur, silencieusement, comme pour ne pas déranger la lumière  posée comme un papillon sur le mur. La rumeur de l’immeuble dont vous n’aviez pas conscience jusque-là (une discussion sonore dans la cour, le bruit atténué de la télévision ou de la radio plus bas, quelqu’un qui passe l’aspirateur quelque part) et celle de la ville au-delà (la circulation, l’agitation) vous font prendre conscience du calme dans lequel vous baignez sur ce palier du troisième étage, escalier C. Vous restez quelques instants à contempler. Tout est suspendu.

(Photos de l’auteur)

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21 Juil

Mon scrapbook (voir « Scrapbook/1″, « /2″, « /3″)… Remarques, interrogations, raccourcis, collages, juxtapositions. Et parfois, une seule phrase, collée pleine page. J’en déduis que ce qu’elle exprime est important. Oui, car avec le recul – ce scrapbook a été créé, et terminé, il y a plus de deux ans -, je suis devenue l’interprète des messages que j’ai laissés, comme s’il s’agissait de ceux de quelqu’un d’autre. Qui sait d’ailleurs si ça n’est pas le cas. Nous sommes si peu stables dans les définitions que nous nous donnons de nous-mêmes…

Prise de position ferme (et justifiée, si je peux me permettre ce jugement bienveillant sur moi-même)…

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Déclaration d’intention un peu idéaliste…

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Volonté de traverser cette période de transition en acceptant d’être surprise…

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… mais en étant lucide sur ce que peut générer ce manque de repères…
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Les moyens de traverser ces zones d’incertitude ? Me persuader que…

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« Moins, c’est plus »…

Et qu’il faut…

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Bande-son : Les Valentins, « Les pieds dans la lune », chanson de 1993, avec ses boucles de guitare et ses paroles poétiquement étranges… Merci, Édith (Fambuena, guitariste et chanteuse). Parce que parfois, « sur la lune à pieds, de plumes en funambules, j’essaie de filer… »

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« Combien de pages ont vu s’échouer/Les gerbes d’orage en bris de mots…
Contents les vents se sont marrés des tours noyés/Dans une mare de cent regrets…

Combien de vagues j’ai ravalé/Quand dans la marge tu n’avais pied…
Violent courage que ce pas fait/Qu’on sait défait.
Mais qui cède s’aide cède à qui sait donner…

Sur la lune à pieds/De plumes en funambules, j’essaie de filer…
Les pieds dans la lune/Qui d’amour jamais ne s’est laissé tomber ? »

(photos de l’auteur)

Proposition


20 Juil

Vous vous souvenez de ma visite récente à la fondation du doute à Blois (voir « La fondation ») ? Mais vous souvenez-vous également de mon amour des photomatons (voir « -matons » de mars 2013) ?

Alors, bien sûr, quand j’ai vu ça dans la grande salle d’entrée-bar-cafétéria qui jouxte la petite pièce où l’on prend ses billets d’entrée à la fondation…

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… je n’ai pas pu résister… D’ailleurs, qui pourrait résister à l’idée de devenir une œuvre d’art  ou au minimum, de devenir un autre, de changer d’identité ?

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Entre cette jolie proposition et…

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… le choix a été facile.

L’autre option était…

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… oui, le miroir, pour devenir une œuvre d’art. Tous les matins dans sa salle de bains, dans l’ascenseur qui mène au bureau, tous les midis dans la vitrine du traiteur chinois, tous les soirs dans le rétroviseur de sa voiture. Une œuvre d’art en mouvement, en temps réel, en chair et os. Vous. Moi. Nous.

Car le mouvement Fluxus, qu’expose la fondation, c’est…
neelhe-photomaton-Ben-fondation du doute (2)Et, si je peux me permettre un conseil, demain matin devant votre miroir…

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… ça vous permettra peut-être de passer une meilleure journée…

(photos de l’auteur, œuvres de Ben à la fondation du doute à Blois)

Le nouveau western


10 Juil

Exposition « Indiens des plaines » au musée du quai Branly, à Paris (sans mon appareil-photo, d’où la qualité  médiocre des clichés pris avec mon phone soi-disant smart).

Vous vous souvenez de mon post « Sunset vallée » et de la chanson de Neil Young, « Pocahontas » ?

Tout un imaginaire. Sioux, Cheyennes, Comanches, Pawnees, Cree, Blackfoot…

Parure de plumes vue de face…

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… vue de l’arrière…

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Sculptures, instruments de guerre comme ce bouclier…

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… Dessins magnifiques exécutés sur des capes d’apparat ou des robes en peaux de bisons, motifs géométriques…

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… ou figuratifs…

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… ou mêlant les deux…

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… Vêtements richement décorés…

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… Objets de cérémonie comme ce tambourin (on dirait bien des hirondelles ou des martinets – voir « Collection d’oiseaux printemps-été » -, non ?)…

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… Et œuvres plus récentes d’artistes amérindiens…

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Rappel de la quasi extermination rapide de ces cultures qui étaient liées de manière indissociable à la nature dont elles respectaient chaque manifestation et à l’animal dont elles tiraient tout, objets de la vie quotidienne, nourriture, chauffage, le bison. Le bison dont la population était estimée à  40 000 000 en 1800 (oui, vous avez bien lu, 40 millions) et dont il restait moins de 1000 représentants en 1895 (oui, vous avez bien lu, moins de mille). On imagine avec peine le massacre, en moins d’un siècle.

Et découverte de l’effort des survivants pour faire revivre cette culture à travers, notamment, la création d’oeuvres d’art contemporain reprenant les motifs ancestraux.  Et de celui des Américains pour rendre compte d’une histoire moins héroïque et plus juste de la conquête de l’Ouest. Des extraits de westerns cités et diffusés dans l’exposition permettent de mesurer le chemin parcouru.

Nous avons tous joué aux cow boys et aux Indiens (moi, beaucoup).

Et MC Solaar, dans cette chanson de 1995, dont la musique est basé sur un sample de « Bonnie and Clyde » de Gainsbourg, a réactualisé de manière magistrale les enjeux de cette conquête de l’Ouest. Très bien écrit, rapide, truffé d’allusions à des westerns mythiques. En prime, le clip est réussi.

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« Le vent souffle en Arizona/Un Etat d´Amérique dans lequel Harry zona/
Cow-boy dingue du bang bang du flingue/De l’arme, du cheval et de quoi faire la bringue/
Poursuivi par Smith & Wesson,/Colt, Derringer, Winchester & Remington/
Il erre dans les plaines, fier, solitaire/Son cheval est son partenaire/
Parfois, il rencontre des indiens/Mais la ruée vers l´or est son seul dessein/
Sa vie suit un cours que l´on connaît par coeur/La rivière sans retour d´Otto Preminger/
Tandis que John Wayne est looké à la Lucky Luke/Propre comme un archiduc/
Oncle Sam me dupe/Hollywood nous berne. Hollywood berne !
Dans la vie de tous les jours comme dans
Les nouveaux westerns.

On dit gare au gorille, mais gare à Gary Cooper/Le western moderne est installé dans le secteur/
Quand la ville dort, les trains ne sifflent pas/Les sept Mercenaires n´ont pas l´once d´un combat/
Harry désormais est proche de gare de l´Est/Il saute les époques et les lieux pour un nouveau Far-West/
Les saloons sont des bistrots, on y vent des clopes/Pas de la chique, du top ! Du CinémaScope/
Il entre dans le bar, commande un indien/Scalpe la mousse, boit, repose le verre sur le zinc/
Une 2 chevaux se parque, saouls, des types se beignent/Pour des motifs futiles comme dans
Les nouveaux westerns.

Les States sont comme une sorte de multinationale/Elle exporte le western et son modèle féodal/
Dicte le bien, le mal, Lucky Luke et les Dalton/Sont camouflés en Paul Smith et Weston/
On dit que ce qui compte c´est le décor/L´habit ne fait pas le moine dans la ruée vers l´or/
Dès lors les techniques se perfectionnent/La carte à puce remplace le Remington/
Mais Harry à Paris n´a pas eu de chance/On le stoppe sur le périph´ avec sa diligence/
Puis on le place à Fresnes pour que Fresnes le freine/Victime des directives de ce que l´on appelle
Le nouveau western…

Parfois la vie ressemble à une balle perdue/Dans le système moderne se noie l´individu/
Pour rester lucide il s´abreuvait de Brandy/Désormais on brandit, télé, shit et baby/
Blanche est la Chevauchée Fantastique/Toujours à contre-jour, c´est bien moins héroïque/
Dans le monde du rêve on termine par un happy end/
Est-ce aussi le cas dans ce que l´on nomme
Le nouveau western… »

Et il termine en récitant quelques noms mythiques: « Sitting Bull, Cochise, Calamity Jane, James West… Les squaws, les scalps, tomahawks »

Et le meilleur pour la fin, que les fans des « Mystères de l’Ouest » reconnaîtront : « Miguelito Loveless… »

Il me semble que nous sommes tous, plus ou moins, des Indiens des plaines.

(photos de l’auteur à l’exposition « Indiens des plaines » au musée du quai Branly)

 

La fondation


27 Juin

Il y a eu un petit silence sur ce blog parce que j’étais dans un…

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Mais avant d’y glisser, je suis allée à Blois visiter la…

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Vous pensez bien qu’avec un tel nom, je ne pouvais pas ne pas y aller… Dans la cour, on trouve même le camion du…

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Le centre mondial du questionnement est forcément mobile puisque le questionnement voyage, comme le doute…

Et la fondation du doute, elle-même, alors, qu’est-ce que c’est que ce machin ?

C’est un bâtiment d’abord. On est vite dans le bain. D’un côté…

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Et de l’autre…

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… une façade recouverte de panneaux sur lesquels figurent des sentences de Ben, vous savez, ces phrases courtes, drôles ou non (ça dépend du contexte), généralement écrites en blanc sur fond noir (mais ça n’est pas obligé), de sa graphie ronde…

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J’ai toujours bien aimé son travail, que beaucoup trouvent facile en pensant, entre autres…

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… objection constructive (!) que Ben a bien sûr retournée contre elle-même…

Donc, avant même de rentrer dans le bâtiment dans lequel sont exposées des oeuvres qui permettent de comprendre davantage son travail, sa réflexion, et ceux du mouvement auquel il appartient, Fluxus, j’ai profité de la façade, parfois ludique, parfois plus grave…

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J’y reviendrai…

D’ici-là…

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(photos de l’auteur. Site de la fondation du doute)

 

 

Dialogue


21 Juin

Je cherche un ouvrage dans ma bibliothèque. Deux livres, posés à deux niveaux différents, en tombent au même instant à mes pieds. Je me penche pour les ramasser.

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Se perdre ou se trouver ? Se perdre pour se trouver ? Se trouver pour se perdre ?

Ces deux auteurs qui dialoguent par-delà le temps et l’espace m’ont-ils adressé un message ?

Ou une main malicieuse et invisible s’est-elle servi d’eux pour me le faire passer ?

Se perdre ou se trouver ?

(photo de l’auteur)

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).