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A Ostende


04 Oct

En hommage à une famille flamande chère à mon cœur, qui a enterré l’un des siens dans une petite ville près de la côte, non loin de cette jetée de Nieuwpoort…

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… près d’Ostende : cette chanson de Bashung, de 1994, une de celles que je préfère. La musique est délicate et fluide, comme prise dans une boucle ou un ressac, le texte fait se succéder des visions intenses et justes, qui réussissent à rendre compte à la fois du charme un peu suranné de cette côte plate et douce et de l’angoisse sourde de celui qui s’y perd. Et l’interprétation d’Alain, dans cette version live, est comme lui : poétique.

Comme ne pas être sensible à des images comme : « à Ostende, j’ai la hantise de l’écharpe qui s’effiloche à ton cou » (la hantise échappe à l’écharpe pour se fixer sur l’effilochage de quelque chose de plus fondamental qu’une étole de tissu) ou « à Oslo, j’aime Agadir, son brouhaha » (comment  nous désirons toujours ce que nous n’avons pas, vouloir être précisément ailleurs que là où nous sommes) et le parfait « en Ukraine, j’aime le fado », qui se passe de commentaire (faites le vôtre…).

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« À Ostende, j’aime Gibraltar/
Ses rochers qui s’ingénient/
À me faire du plat…

À Ostende, je tire au stand/
Je gagne des otaries.

La mer se retire/Cache ses rouleaux/
À l’ombre des digues/ Elle et moi on s’ennuie…

Nos souvenirs/Font des îles flottantes.
À Ostende, j’ai la hantise de l’écharpe
Qui s’effiloche à ton cou.

À Ostende, j’aime Epinal/
Ses ondées lacrymales
À l’arrivée du ferry.

Un soupçon de fadeur/
Un rien de tragédie/
Et je pleure/Mon collyre/Ma colère.

Flottez hippocampes/Droits comme des i.
Laissez-vous porter/Par l’extrême obligeance

Faites fi/De la géographie
Des petits ensembles/Des grands amphis…

À Ostende, j’aime Gibraltar.
À Ostende, j’appréhende
Les forces en présence.

Je paye en yens/Des offrandes carabinées
À des païennes/indifférentes à mes palabres.

À Ostende, tout me navre.

À Oslo, j’aime Agadir, son brouhaha/
À Java, j’aime La Villette/
À l’Alma, je soupire/
En Ukraine, j’aime le fado.
À Ostende…

Flottez hippocampes/Droits comme des i.
Laissez vous porter/Par l’extrême obligeance.

Faites fi/De la géographie
Des petits ensembles/Des grands amphis…
A Ostende… »

(photo de l’auteur)

Le nouveau western


10 Juil

Exposition « Indiens des plaines » au musée du quai Branly, à Paris (sans mon appareil-photo, d’où la qualité  médiocre des clichés pris avec mon phone soi-disant smart).

Vous vous souvenez de mon post « Sunset vallée » et de la chanson de Neil Young, « Pocahontas » ?

Tout un imaginaire. Sioux, Cheyennes, Comanches, Pawnees, Cree, Blackfoot…

Parure de plumes vue de face…

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… vue de l’arrière…

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Sculptures, instruments de guerre comme ce bouclier…

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… Dessins magnifiques exécutés sur des capes d’apparat ou des robes en peaux de bisons, motifs géométriques…

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… ou figuratifs…

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… ou mêlant les deux…

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… Vêtements richement décorés…

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… Objets de cérémonie comme ce tambourin (on dirait bien des hirondelles ou des martinets – voir « Collection d’oiseaux printemps-été » -, non ?)…

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… Et œuvres plus récentes d’artistes amérindiens…

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Rappel de la quasi extermination rapide de ces cultures qui étaient liées de manière indissociable à la nature dont elles respectaient chaque manifestation et à l’animal dont elles tiraient tout, objets de la vie quotidienne, nourriture, chauffage, le bison. Le bison dont la population était estimée à  40 000 000 en 1800 (oui, vous avez bien lu, 40 millions) et dont il restait moins de 1000 représentants en 1895 (oui, vous avez bien lu, moins de mille). On imagine avec peine le massacre, en moins d’un siècle.

Et découverte de l’effort des survivants pour faire revivre cette culture à travers, notamment, la création d’oeuvres d’art contemporain reprenant les motifs ancestraux.  Et de celui des Américains pour rendre compte d’une histoire moins héroïque et plus juste de la conquête de l’Ouest. Des extraits de westerns cités et diffusés dans l’exposition permettent de mesurer le chemin parcouru.

Nous avons tous joué aux cow boys et aux Indiens (moi, beaucoup).

Et MC Solaar, dans cette chanson de 1995, dont la musique est basé sur un sample de « Bonnie and Clyde » de Gainsbourg, a réactualisé de manière magistrale les enjeux de cette conquête de l’Ouest. Très bien écrit, rapide, truffé d’allusions à des westerns mythiques. En prime, le clip est réussi.

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« Le vent souffle en Arizona/Un Etat d´Amérique dans lequel Harry zona/
Cow-boy dingue du bang bang du flingue/De l’arme, du cheval et de quoi faire la bringue/
Poursuivi par Smith & Wesson,/Colt, Derringer, Winchester & Remington/
Il erre dans les plaines, fier, solitaire/Son cheval est son partenaire/
Parfois, il rencontre des indiens/Mais la ruée vers l´or est son seul dessein/
Sa vie suit un cours que l´on connaît par coeur/La rivière sans retour d´Otto Preminger/
Tandis que John Wayne est looké à la Lucky Luke/Propre comme un archiduc/
Oncle Sam me dupe/Hollywood nous berne. Hollywood berne !
Dans la vie de tous les jours comme dans
Les nouveaux westerns.

On dit gare au gorille, mais gare à Gary Cooper/Le western moderne est installé dans le secteur/
Quand la ville dort, les trains ne sifflent pas/Les sept Mercenaires n´ont pas l´once d´un combat/
Harry désormais est proche de gare de l´Est/Il saute les époques et les lieux pour un nouveau Far-West/
Les saloons sont des bistrots, on y vent des clopes/Pas de la chique, du top ! Du CinémaScope/
Il entre dans le bar, commande un indien/Scalpe la mousse, boit, repose le verre sur le zinc/
Une 2 chevaux se parque, saouls, des types se beignent/Pour des motifs futiles comme dans
Les nouveaux westerns.

Les States sont comme une sorte de multinationale/Elle exporte le western et son modèle féodal/
Dicte le bien, le mal, Lucky Luke et les Dalton/Sont camouflés en Paul Smith et Weston/
On dit que ce qui compte c´est le décor/L´habit ne fait pas le moine dans la ruée vers l´or/
Dès lors les techniques se perfectionnent/La carte à puce remplace le Remington/
Mais Harry à Paris n´a pas eu de chance/On le stoppe sur le périph´ avec sa diligence/
Puis on le place à Fresnes pour que Fresnes le freine/Victime des directives de ce que l´on appelle
Le nouveau western…

Parfois la vie ressemble à une balle perdue/Dans le système moderne se noie l´individu/
Pour rester lucide il s´abreuvait de Brandy/Désormais on brandit, télé, shit et baby/
Blanche est la Chevauchée Fantastique/Toujours à contre-jour, c´est bien moins héroïque/
Dans le monde du rêve on termine par un happy end/
Est-ce aussi le cas dans ce que l´on nomme
Le nouveau western… »

Et il termine en récitant quelques noms mythiques: « Sitting Bull, Cochise, Calamity Jane, James West… Les squaws, les scalps, tomahawks »

Et le meilleur pour la fin, que les fans des « Mystères de l’Ouest » reconnaîtront : « Miguelito Loveless… »

Il me semble que nous sommes tous, plus ou moins, des Indiens des plaines.

(photos de l’auteur à l’exposition « Indiens des plaines » au musée du quai Branly)

 

Sunset vallée


18 Oct

Hier soir, coucher de soleil sur la Loire, vu du « pont de fil » à Tours.

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J’avais dans la tête la chanson de Neil Young, « Pocahontas », qui figure (comme « Powderfinger ») sur son album de 1979 « Rust never sleeps »… et à ce vers, à la fin du deuxième couplet : And the night falls/On the setting sun »(« Et la nuit tombe sur le soleil couchant »). C’est une chanson dans laquelle Neil le Canadien se souvient qu’il a des ascendances indiennes, et que ces nations natives d’Amérique du Nord sont loin d’avoir été bien traitées par les Blancs quand ils ont débarqué sur le nouveau continent.

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Aurora borealis/The icy sky at night/Paddles cut the water/In a long and hurried flight/From the white man/To the fields of green/And the homeland/We’ve never seen
They killed us in our tepee/And they cut our women down/They might have left some babies/Cryin’ on the ground
But the fire sticks/And the wagons come/And the night falls/On the setting sun
They massacred the buffalo/Kitty corner from the bank/The taxis run across my feet/And my eyes have turned to blanks
In my little box/At the top of the stairs/With my Indian rug/And a pipe to share.
I wish a was a trapper/I would give thousand pelts/To sleep with Pocahontas/And find out how she felt
In the mornin’/On the fields of green/In the homeland/We’ve never seen.

« Des aurores boréales/Le ciel glacial de nuit/Les pagaies fendent l’eau/Dans un vol long et pressé/
Depuis l’homme blanc/jusqu’aux champs de verdure/Et la terre natale/Que nous n’avons jamais vue…/

Ils nous ont tués dans nos tipis/Et ils ont abattus nos femmes/Ils ont sans doute laissé quelques bébés/qui pleuraient sur le sol
Mais les bâtons de feu/Et les charrettes arrivent/Et la nuit tombe/Sur le soleil couchant…/

Ils ont massacré les bisons/Et ça a rapporté gros à la banque/Les taxis me roulent sur les pieds/Et mes yeux se sont vidés de toute expression/
Dans ma petite boite/En haut de l’escalier/Avec mon tapis indien/Et ma pipe à partager/

J’aimerais être un chasseur/Et je donnerais un millier de fourrures/Pour dormir avec Pocahontas/Et découvrir ce qu’elle ressentait/
Le matin/Dans les champs de verdure/Sur la terre natale/Que nous n’avons jamais vue… »

Très loin du Saint-Laurent et du Yukon, des tribus des Algonquins ou des Hurons, notre Loire s’étire paresseusement sous les solides et très civilisées arcades du « pont de pierre ». Mais la nature splendide garde toujours sa part d’indompté, et nous relie silencieusement à des rives lointaines et plus sauvages, bordées d’aurores boréales. Car partout, comme en écho, the night falls on the setting sun…

(photo de l’auteur)

Entrez dans le rêve


30 Avr

Cette semaine dans la vitrine de Bertrand-le-disquaire-de-Madison :

neelhe-pochettes surprises-manset-lumières

« Lumières », disque de 1984 de Gérard Manset, que j’ai déjà cité dans ce blog (voir le post « Lueurs ») ; qui figure toujours dans ma « vinylethèque », avec les autres disques de Manset que j’ai écoutés en boucle pendant mon adolescence et mes débuts d’adulte.

Résumé rapide : Manset est depuis 1968 (date de son premier disque, « Animal on est mal ») un auteur-compositeur-interprète, et aussi un peintre, un photographe (j’ai vu une de ses expos l’année dernière à la galerie VU à Paris) et un écrivain (son livre sur Bashung « Visage d’un dieu inca » vient de sortir en poche). Il est aussi un grand voyageur, notamment en Asie à la fin des années 70, début des années 80 (« Royaume de Siam »). Vous vous souvenez sans doute du succès qui l’a fait connaître, « Il voyage en solitaire » en 1975, complainte au piano tremblé (il était barbu et chevelu, c’était l’époque qui voulait ça !) :

Image de prévisualisation YouTube :

D’accord, la pochette de « Lumières » donne plutôt envie de partir en courant (où a-t-il été chercher ce communiant ?). D’accord,  « Lumières » n’est sans doute pas le 33 tours de lui que je préfère (ce serait plutôt « Royaume de Siam », ou « Le train du soir » ou « Long long chemin » ou alors « L’atelier du crabe », vous voyez, j’ai le choix). Mais y figure (entre autres, quand même) cette chanson, « Entrez dans le rêve » dont j’ai toujours trouvé le texte très pertinent, très pointu presque dans ce qu’il décèle de notre réalité, et dont on parle généralement très rarement dans les chansons : l’omniprésence des écrans (en 84, il s’agissait essentiellement de la télé), de la fiction, et la déformation de la réalité qu’elle induit. Et le questionnement va s’élargissant – il s’agit de Manset, le chanteur le plus cortiqué, le plus exigeant (il a quand même sorti un disque où il chante en latin un extrait de « La Guerre des Gaules » de Jules César), le plus parano peut-être (et peut-être à juste titre), en tout cas le plus original. Sur cette photo d’une époque antérieure (sans doute 1981, l’époque de « L’atelier du crabe »), on voit bien qu’il ne rigole pas, le Gérard.

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A cela s’ajoutent sa voix, brûlée (j’ai beau chercher, c’est ce terme qui me semble correspondre le mieux), et, sur « Entrez dans le rêve » sa musique, assez datée (80’s, ce qui n’est pas une insulte !) et au service de ce texte ciselé, percutant et poétique :

Jugez-en plutôt :

« Ramenez le drap sur vos yeux/Entrez dans le rêve/
Reprendre la vie des autres où on l’a laissée/Quand le jour s’achève/
Voir les couleurs voir les formes/Enfin marcher pendant que les autres dorment/
Voir les couleurs voir les formes…
Les villes sont des villes bordées de nuit/Et peuplées d’animaux qui marchent sans bruit/
Toujours dans votre dos, la peur qui vous suit/Toujours dans votre dos… »

Vous voulez écouter  (pas de vidéo correspondante, juste un défilé de photos de ciel…) ?

Image de prévisualisation YouTube

« Ramenez le drap sur vos yeux/Entrez dans le rêve/
Allumez l’écran merveilleux/Quand le jour s’achève/
Retrouver l’amour blessé/Au fond du tiroir où on l’avait laissé/
Retrouver l’amour blessé… »

Et cette phrase, qui déborde le cadre strict du propos de la chanson- un de ces raccourcis et de ces fulgurances qui font que j’aime Manset par-delà les années :

« Découper le monde à coups de rasoir/Pour voir au cœur du fruit le noyau noir/
La vie n’est pas la vie ni ce qu’on nous fait croire/
La vie n’est pas la vie… »

Et comme un apaisement, presque logiquement, sur ce même album figure une chanson assez longue, « Finir pêcheur », qui donne une porte de sortie possible à ce constat (« la vie n’est pas la vie, ni ce qu’on nous fait croire »). Et parfois, oui, c’est juste ça qu’on voudrait, sur un rivage lointain, calme et si possible ensoleillé : « Un jour, finir pêcheur/Mollusque divin/Peau de parchemin… » .

(photo 1 de l’auteur ; photo 2)

Goodbye Yellow Brick Road


07 Mar

Elton John. Oui, Elton John. Je sais. Le gars qui a commencé à chanter il y a plus de quarante ans. Le vieux, un peu gros, qui s’est fait poser des implants de cheveux (je n’ai pas de preuves, mais je le pense sérieusement), qui chante ses bluettes, qui font un carton à chaque fois, dont on a les oreilles rebattues. Celui qui a chanté aux funérailles de Diana (la princesse, pas Diana Ross).

Avant d’être tout ça, qui n’est pas rien, et qui inclut le fait qu’il a vendu 350 millions de disques (je répète : 350 millions !), a fait 3000 concerts,  qu’il a épousé son compagnon et élève deux enfants avec lui, qu’il a été anobli par la reine d’Angleterre (délicieusement désuet, non ?), avant tout ça, donc, il y a eu les années 70, et ses premiers succès, ses excentricités vestimentaires, ses milliers de paires de lunettes, ses improvisations incroyables au piano, bref, son talent immense et sa personnalité. Ses chansons.

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Rappelez-vous, vous les connaissez forcément : « Your song », le magnifique « Rocket man », le sublime « Someone saved my life tonight »,  l’imparable « Sorry seems to be the hardest word », le faussement léger « Daniel »… tout ça dans le registre chansons plutôt lentes, voire tristes. Et dans le genre plus dansant, « Crocodile Rock », « Island Girl », « Take me to the pilot », « Bennie and the Jets »…

J’avais plusieurs disques de lui, notamment le premier « best of ».

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Une collection de monuments : mélodies et orchestrations limpides, textes au vocabulaire simple (parfait pour se mettre à niveau en anglais) mais au sens parfois double, voire triple (le premier parolier d’Elton, Bernie Taupin, lui a écrit toutes ses premières chansons et premiers tubes, une très belle et fructueuse collaboration), et d’interprétations sobres et délicates quand il le faut.

(Elton tout jeunot – et chevelu – et son parolier Bernie)

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Dans cette collection, « Goodbye Yellow Brick Road », chanson de 1973, issue du disque du même nom.

Ecoutez et regardez :

Certains diront : trop sirupeux ? J’assume. Il ne faut pas se fier aux apparences. Il ne s’agit pas d’une chanson d’amour, mais plutôt de désillusion, d’où la critique sociale n’est pas exclue :

When are you gonna come down ?/When are you going to land ?/
I should have stayed on the farm/I should have listened to my old man

You know you can’t hold me forever/I didn’t sign up with you
I’m not a present for your friends to open/This boy’s too young to be singing the blues

So goodbye yellow brick road/Where the dogs of society howl
You can’t plant me in your penthouse/I’m going back to my plough
Back to the howling old owl in the woods/Hunting the horny back toad
Oh I’ve finally decided my future lies/Beyond the yellow brick road

« Quand vas-tu redescendre ?/Quand vas-tu atterrir ?
J’aurais dû rester à la ferme/J’aurais dû écouter mon père
Tu sais que tu ne peux pas me retenir pour toujours/je n’ai rien signé avec toi
Je ne suis pas un cadeau à déballer pour tes amis/ce garçon est trop jeune pour chanter le blues

Alors, adieu, chemin (ou « route ») de briques jaunes,/où les chiens de la société aboient
Tu ne peux pas me planter dans ton bel appartement/je retourne à ma charrue
et à la vieille chouette hululant dans les bois/qui chasse le crapaud noir et cornu
Oh, j’ai finalement décidé que mon avenir se trouve/au-delà du chemin de briques jaunes »

What do you think you’ll do then/I bet that’ll shoot down your plane
It’ll take you a couple of vodka and tonics/To set you on your feet again

Maybe you’ll get a replacement/There’s plenty like me to be found
Mongrels who ain’t got a penny/Sniffing for tidbits like you on the ground

So goodbye yellow brick road/Where the dogs of society howl
You can’t plant me in your penthouse/I’m going back to my plough
Back to the howling old owl in the woods/Hunting the horny back toad
Oh I’ve finally decided my future lies/Beyond the yellow brick road

« Que penses-tu faire ?/je parie que tu vas être abattu
Il va bien te falloir un double vodka-tonic/pour te remettre sur pied
Tu me trouveras peut-être un remplaçant/On en trouve plein, des comme moi
Des corniauds, qui n’ont pas un sou/qui reniflent au niveau du sol pour trouver des morceaux de choix comme toi

Alors, adieu, chemin de briques jaunes,/où les chiens de la société aboient
Tu ne peux pas me planter dans ton bel appartement/je retourne à ma charrue
et à la vieille chouette hululant dans les bois/qui chasse le crapaud noir et cornu
Oh, j’ai finalement décidé que mon avenir se trouve/au-delà du chemin de briques jaunes »

Bon, vous êtes comme j’étais, vous vous demandez : c’est quoi, ce chemin de briques jaunes ? Il avait trop fumé d’herbe qui fait rigoler, le parolier ?

Ben non : le chemin de briques jaunes, dans la culture anglo-saxonne, fait référence au « Magicien d’Oz ». Vous savez, le film musical (qui auparavant, était un livre, un des plus célèbres de la littérature pour enfants) avec Judy Garland, dans le rôle de Dorothy, et son chien Toto, qui atterrissent (à la suite d’une tornade, depuis leur Kansas natal) à Munchkinland, une contrée du pays d’Oz. Là, elle rencontre une bonne puis une méchante sorcière, qui la menace, elle et Toto, à cause d’une paire de chaussures rouge, sans doute magique, que Dorothy s’est appropriée par erreur… pour s’en sortir, elle  doit aller chercher de l’aide auprès du magicien d’Oz qui habite dans la cité d’émeraude, et pour le trouver, qu’est-ce qu’elle suit ? Bingo ! la route de briques jaunes, sur laquelle elle rencontrera ses futurs amis, l’épouvantail, l’homme en fer blanc, et le lion peureux (comme quoi l’auteur aussi avait fumé de l’herbe qui fait rigoler) qui l’aideront dans sa quête…

magicien-d-oz

(Notons au passage que le livre d’où est tiré le scénario, ce roman pour enfants de L. Frank Baum paru en 1900, était en fait une allégorie… de la crise économique vécue par les agriculteurs de l’ouest américain à la fin du XIXe siècle, et une critique des solutions proposées par les économistes et politiques de l’époque.)

C’est un must de la culture nord-américaine, dont on connaît forcément des bribes, notamment la chanson-phare du film, « Over the rainbow »…

http://www.dailymotion.com/video/x1w6yi

Avec la morale du film (in english, there’s no place like home, « il n’y a pas de meilleur endroit que sa maison »), on fait le lien avec ce que chante le personnage de la chanson d’Elton John : on a beau courir après l’or et les paillettes, les illusions finissent par apparaître pour ce qu’elles sont. Et rien ne vaut l’endroit auquel on appartient. Au-delà du chemin de briques jaunes, bien sûr.

(photos 1 (lien inactif) ; 2 ; 3 ; 4)

(Spéciale dédicace : Félix, « je reste auprès de ceux que j’aime »)

There is a light that never goes out


23 Fév

Quand ai-je entendu pour la première fois cette chanson des Smiths, sortie en 1986 sur leur troisième album The Queen Is Dead (celui dont la pochette est une photo d’Alain Delon, tirée du film L’Insoumis de 1964), et ressortie en single en 1992 ?

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Je les connaissais déjà, j’avais ce que je prenais pour leur premier album, Hatful of Hollow, et j’aimais déjà leurs pochettes aux photos 50’s noir et blanc, les mélodies apparemment simples de Johnny Marr, la voix sensuelle à l’accent so british de Morrissey, sa dégaine de dandy,  et ses textes à la fois lucides et désenchantés (« Heaven knows I’m miserable now », « What difference does it make ? »), parfois pleins de sous-entendus  (« This charming man ») et d’humour noir (« Panic »).

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Mais là, avec  cette chanson, »There is a light that never goes out », Morrissey touchait juste, pile au cœur, le mien, du moins.

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Paroles simples, pour ne pas dire simplissimes :

Take me out tonight /Where there’s music and there’s people /And they’re young and alive
Driving in your car /I never never want to go home /Because I haven’t got one… /Anymore
Take me out tonight /Because I want to see people and I /Want to see lights
Driving in your car /Oh, please don’t drop me home /Because it’s not my home, it’s their home, and I’m welcome no more

« Emmène-moi ce soir/ là où il y a de la musique et des gens/qui sont  jeunes et vivants/
Quand je suis dans ta voiture/ je ne veux plus jamais rentrer chez moi/parce que je ne n’ai plus de chez moi/désormais
Emmène-moi ce soir/parce que je veux voir du monde/et je veux voir des lumières
Quand je suis dans ta voiture/s’il te plaît, ne me dépose pas à la maison/ parce que ce n’est plus ma maison, c’est leur maison/ et je ne suis plus le bienvenu »

And if a double-decker bus /Crashes into us
To die by your side /Is such a heavenly way to die
And if a ten-ton truck /Kills the both of us
To die by your side /Well, the pleasure – the privilege is mine

« Et si un autobus à impériale/nous rentre dedans/
Mourir à tes côtés/serait une façon si divine de mourir/
Et si un camion de dix tonnes/nous tue tous les deux/
Mourir à tes côtés, eh bien, c’est un plaisir et un privilège »

Take me out tonight /Take me anywhere, I don’t care /I don’t care, I don’t care
And in the darkened underpass /I thought Oh God, my chance has come at last
But then a strange fear gripped me /and I Just couldn’t ask

Take me out tonight /Oh, take me anywhere, I don’t care /I don’t care, I don’t care
Driving in your car /I never never want to go home
Because I haven’t got one, da … /Oh, I haven’t got one

« Emmène-moi ce soir/emmène-moi n’importe où/ça m’est égal, ça m’est égal, ça m’est égal/
Et dans le souterrain obscur/ j’ai pensé : Oh, mon Dieu, c’est enfin le moment/
Mais une peur étrange s’est emparée de moi et je ne pouvais plus rien demander/

Emmène-moi ce soir/emmène-moi n’importe où/ça m’est égal, ça m’est égal, ça m’est égal/
Quand je roule dans ta voiture, je ne veux jamais jamais rentrer à la maison/
Parce que je n’en ai plus…/je n’en ai plus… »

And if a double-decker bus /Crashes into us
To die by your side /Is such a heavenly way to die
And if a ten-ton truck /Kills the both of us
To die by your side /Well, the pleasure – the privilege is mine

Oh, There Is A LightThat Never Goes Out/
There Is A Light That Never Goes Out/
There Is A Light That Never Goes Out

« Et si un autobus à impériale/nous rentre dedans/
Mourir à tes côtés/serait une façon si divine de mourir/
Et si un camion de dix tonnes/nous tue tous les deux/
Mourir à tes côtés, eh bien, c’est un plaisir et un privilège/

Oh, il y a une lueur qui ne s’éteint jamais/
Il y a une lueur qui ne s’éteint jamais/
Il y a une lueur qui ne s’éteint jamais… »

Ces paroles, seules, ne cassent certainement pas trois pattes à un canard (j’adore cette expression). Mais écoutez la chanson, écoutez cette mélodie presque légère, écoutez l’interprétation de Morrissey, la lassitude et le découragement qu’il y a dans sa voix pendant les couplets, l’espoir délicat et le soulagement quand il chante le refrain et raconte que ce serait tellement merveilleux de mourir aux côtés de la personne qui le conduit, et enfin l’apaisement, et l’espoir, le vrai, de la phrase finale.

Version studio avec une vidéo montrant Morrissey en vélo dans une ville d’Angleterre. C’est vraiment 80’s (vêtements, coupes de cheveux…).

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Et une version live de 2011, Morrissey seul (les Smiths se sont séparés en 1987), émouvant, parce qu’il a vieilli, comme nous…

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… mais que la foule de ce festival de Glastonbury est comme moi, elle connaît la chanson par cœur, et la chante en chœur.

Cette chanson continue à m’émouvoir chaque fois que je l’entends. Parce qu’elle est hésite délicatement entre désespoir et volonté d’y croire. Elle me rappelle aussi certainement quelques amis qui ne sont plus là, notamment un, qui lors de nos discussions de jeunesse prenait fait et cause pour la musique anglaise contre la musique américaine, comme si c’était important (…), aimait donc les Smiths et a effectivement préféré aller voir tout de suite s’il y a une lueur qui ne s’éteint jamais.

(Photos 1, 2, 3, 4)

Menti


05 Fév

De Souchon, on a tous une bonne dizaine de chansons préférées, si ce n’est plus. C’est normal :  il fait partie de nos vies, depuis presque quarante ans. Populaire et exigeant. Sincère et malin. Comme presque tout le monde, je l’ai connu avec « Bidon », en 1976, j’avais 11 ans, c’était un ton nouveau, la musique de Voulzy avec son gimmick répétitif, ces paroles drôles, bien troussées, dressant le portrait d’un jeune homme lucide sur lui-même, avec une forme d’autodérision rare à l’époque.

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Ensuite il y a eu pour tout le monde, et pour chacun dans sa vie, ces chansons qui sont devenus des classiques  : « Allô maman bobo », « Jamais content », « Y a d’la rumba dans l’air », « Rame » (« Pagaie, pagaie/sur cette vieille Loire »), « La Ballade de Jim », « Ultra moderne solitude » (« Pourquoi ces rivières/soudain sur les joues qui coulent/dans la fourmilière/c’est l’ultra moderne solitude »), « Foule sentimentale » (« il faut voir comme on nous parle »), « Le baiser » (« Si tout est moyen/si la vie est un film de rien/ce passage-là était vraiment bien/ce passage-là était bien »), entre autres.

Pour moi, il y a trois chansons que j’aime un tout petit peu plus que les autres. (Il a bien fallu que je choisisse.)

« S’asseoir par terre » : « Tu verras bien qu’un beau matin fatigué/j’irai m’asseoir sur le trottoir d’à côté/Tu verras bien qu’il n’y aura pas que moi/assis par terre comme ça… /Le temps d’un jean et d’un film à la télé/on s’retrouve à vingt-huit balais/avec dans le coeur plus rien pour s’émouvoir/Alors pourquoi pas s’asseoir… »

Sortie aussi en 1976, cette chanson désespérée, mais en douceur, était aussi la première d’une belle collection de textes à spleen doux, de douleur dite à mi-voix, et de constat sans illusion sur certains aspects de notre solitude moderne  (« La nuit je dors debout dans un RER/Dans mon téléphone tu sais j’entends la mer/Y a pas d’soleil dans ma télé blanche et noire/Alors pourquoi pas s’asseoir… »). Je n’étais donc pas la seule à ressentir un tel découragement, parfois, face au monde tel qu’il était. Il m’est arrivé de m’asseoir par terre, plus tard. Ça m’arrive encore.

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« La beauté d’Ava Gardner » , sortie en 1989 : sans doute un de ses plus beaux textes, un de ceux qui me touchent le plus.

« J’aime les hommes qui sont c’qu’ils peuvent/assis sur le bord des fleuves./Ils regardent s’en aller dans la mer/les bouts de bois, les vieilles affaires,/la beauté d’Ava Gardner…

Ça met dans leurs yeux un air/de savoir que tout va dans la mer,/la jeune fille adoucie les soirs d’hiver,/les bateaux, les avions de guerre,/la beauté d’Ava Gardner… (…)

J’aime les regretteurs d’hier/qui trouvent que tout c’qu’on gagne, on l’perd,/qui voudraient changer le sens des rivières,/retrouver dans la lumière/la beauté d’Ava Gardner.

retrouver les chose premières,/la beauté d’Ava Gardner… »

Comment parler avec plus de justesse et de poésie quotidienne non pas du regret du passé pour lui-même, mais de cette sorte de nostalgie qu’on éprouve au moment même où l’on vit les choses heureuses, et où l’on est en même temps conscient du fait qu’elles ne dureront pas, puisque « tout va dans la mer »… Savoir que cette conscience un peu douloureuse de l’éphémère est partagée, et peut être dite avec tant de délicatesse, soulage un peu de la morsure de la lucidité. Oui, « retrouver dans la lumière » les choses qui nous ont rendus heureux et émus…

(vidéo qui est plutôt un diaporama de photos d’Ava G. sur la chanson) :

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Et sur l’album de 1999, ce chef-d’œuvre (pour moi) méconnu qu’est « Menti ».

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Intro à la guitare, sur un rythme a priori plutôt guilleret, et mélodie imparable dans son apparente simplicité…

« Tout ce que tu m’as dit/vieux Scott Joplin maudit/Tout ce que tu m’as dit,/c’était menti…
Tu disais : le bonheur c’est un gros pétard/caché dans les crinolines/les autos Panhard/Tu disais l’industrie et l’agriculture/Tu disais la vieille Sissi sur la côte d’Azur/De Karl Marx la rêverie/Et le tsarévitch Alexis/Tout, tout était menti./Scott Joplin maudit. »

A la première écoute, on se dit :  de quoi parle-t-il ? D’un côté ce reproche adressé à un musicien qui n’a jamais rien dit, au demeurant, « se contentant » de jouer et de composer les ragtimes les plus fameux de son temps, et de l’autre une succession de vieux mots un peu romantiques (« crinolines, autos Panhard » ) et de visions historiques, des images d’une impératrice esseulée sur un rivage ensoleillé, d’un petit garçon mort assassiné au milieu d’une révolution, de Karl Marx dont il ne parle pas de l’analyse ou de l’utopie mais de la rêverie… tout sonne juste pour qui a du début du siècle cette vision un peu idéale, faite de vieux chromos juxtaposés. Scott Joplin n’a rien dit de tout ça, n’a jamais donné aucune définition du bonheur mais il symbolise cette époque et tout l’imaginaire construit autour… Et Souchon continue :

« Tout ce que tu m’as dit/Vieux Fats Waller maudit/Tout ce que tu m’as dit/C’était menti…
Tu disais : le bonheur : c’est un gros pétard/Dans les mains d’Al Capone à Chicago le soir/Tu disais Métro Goldwyn, les Dessoto, les Packard/Lilli Palmer, un jour, j’aurai ma part/Armstrong et « Stormy Weather » aussi/Le charleston et Mussolini/Tout, tout était menti/Fats Waller maudit »

Les années 20, le jazz, la prohibition, les gangsters, le Hollywood des grands studios… et cette juxtaposition, ce raccourci formidable pour dire une époque et ses contradictions : « le charleston et Mussolini »… alors, ce bonheur-là non plus…

« Tout ce que tu m’as dit/Vieux Bob Dylan maudit/Tout ce que tu m’as dit/C’était menti…
Tu disais : le bonheur c’est un gros pétard/La révolution, une forme d’art/Marianne Faithfull et ses jolies dents qui claquent/Enroulée dans l’anorak de Jack Kerouac/Katmandou et la mort à bas prix/Et les limousines hors de prix/Tout, tout était menti/Bob Dylan maudit »

Les années 60, toute une mythologie là encore mise à mal, qui s’écroule.  Et puisqu’il faut bien en venir aux raisons de cette crise de lucidité :

« Et toi tes mots d’amour au piano/Est-ce que c’était tout du pipeau ?/Toi qui disais que tu m’aimais/Comment c’était ? »

Chanson parfaite, qui fait des détours lointains, offre des raccourcis et des symboles splendides d’époques idéalisées, met en cause l’amour qu’on avait pour certaines personnalités dont on a cru l’histoire et les paroles (Scott Joplin, Fats Waller, Bob Dylan, la personne qui vient de nous quitter… ) parce que cela nous arrangeait. Chapeau, l’artiste.

(chanson sur une image fixe, mais le texte et la musique suffisent, je vous assure) :

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(pochette 45 tours ; photo A. Souchon)

 

L’adorer


28 Jan

Le nom d’Étienne Daho lancé dans une conversation entre amis provoque immanquablement des discussions assez animées au bout desquelles il apparaît clairement que les gens qui ne l’aiment pas ne l’aiment pas exactement pour les mêmes raisons que les gens qui l’aiment l’aiment, et que tout est vraiment question de point de vue, car comme il le chante avec Dutronc « Tous les goûts sont dans la(ma) nature »: « il n’a pas de voix » versus « j’adore sa voix et sa façon de chanter, de plus en plus sensuelles » ; « ses textes sont nuls » versus « il parle de choses intimes avec sincérité et pudeur » ; « il ne parle que de son nombril » versus « en parlant de lui, il touche tout le monde »; « il dit toujours la même chose » versus « il réussit à être touchant en évoquant les moments forts d’une histoire amoureuse, la rencontre, le désir, et la fin bien sûr »; « il n’a aucune présence » versus « je l’ai vu en concert plusieurs fois, il a une réelle présence et il est heureux d’être sur scène et de partager »…

Vous vous doutez que si je vous parle de lui, c’est que je me place franchement dans la seconde catégorie, celle des gens qui l’aiment. (et qui aiment les pulls marins, aussi, d’ailleurs.)

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Choix difficile que celui de la chanson emblématique de cette relation à Daho, qui a traversé les époques, d’abord assez légèrement puis de plus en plus « charnellement ». Depuis son premier album « La Notte, la notte » de 1984  jusqu’au dernier « L’invitation »  de 2007 ou plutôt « Le condamné à mort », 2010,  avec Jeanne Moreau sur le texte de Jean Genet et la musique d’Hélène Martin, il y a eu les tubes d’époque bien sûr (« Week-end à Rome », « Paris le Flore », »Duel au soleil »(ma préférée de cette catégorie), « Bleu comme toi »…), mais aussi certaines chansons moins connues, des faces B pour le coup :  « Promesses »  (très belle version sur le dernier live de Pleyel), « Quelqu’un qui m’ressemble », « (Qui sera demain) Mieux que moi », « Carribean Sea »,  « Les Passagers » (chanson en apesanteur), « Des adieux très heureux » , « La Mémoire vive » (petite chanson merveilleusement solaire et douce : « Premier soleil de l’an deux mille/Bien à toi »)…

Et, sur le dernier album, le sublime « L’adorer »  :

« Avant que l’infidèle à la beauté assassine/ne me morde la main/ne me couronne d’épines/Désadorer l’adorer/

Avant que ses baisers ne deviennent couteaux/que ses bouquets de fleurs ne me fassent la peau/Désadorer l’adorer/

Mais arborer/ce chagrin si haut/que je porte/beau comme un drapeau/en vainqueur/dont on admire le sort/courageux/qui sait aimer trop fort/

Car comme les dieux qu’on adore adorer/j’adorais l’adorer… »

ici en live à Pleyel (avec Edith Fambuena à la guitare) :

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« L’adorer », écrit à l’origine pour figurer dans la bande originale du film de Gaël Morel « Après lui », avec THE Deneuve, qu’il chante donc avec elle, dans une version studio reprise dans la compile « Monsieur Daho ».

Pourquoi j’aime Daho ? Parce que j’ai vieilli avec lui, certainement. Parce qu’il décrit sans complaisance les ruses et les délices du désir (« Ouverture », « L’invitation », « Les voyages immobiles »), la difficulté d’aimer durablement. Et les souffrances de la rupture et du renoncement (« La Baie », déchirant). Qu’il n’a plus peur de prendre des risques (il faut le chanter, ce « Condamné à mort », même avec l’appui de Jeanne Moreau, ce n’est vraiment pas un texte neutre).

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Alors, justement, parce que le texte est magnifique, et qu’il la chante parfaitement : « Sur mon cou », extrait du « Condamné » :

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« Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou/Que ma main plus lègère et grave qu’une veuve /Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve, /Laisse tes dents poser leur sourire de loup.
Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne /Arrive dans mes yeux qui seront morts demain. /Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main /Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.
Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir, /Ni les fleurs soupirer, et des près l’herbe noire /Accueillir la rosée où le matin va boire, /Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.
Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde ! /Visite dans sa nuit ton condamné à mort. /Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords, /Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.
Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour. /Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes. /On peut se demander pourquoi les Cours condamnent /Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.
Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes ! /Traverse les couloirs, descends, marche léger, /Vole dans l’escalier plus souple qu’un berger, /Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.
Ô traverse les murs, s’il le faut marche au bord /Des toits, des océans, couvre-toi de lumière, /Use de la menace, use de la prière, /Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort. »

Bouleversant.

(Vous voulez une bonne nouvelle ? Daho est en studio, un nouvel album est prévu pour l’automne.)

(Spéciale dédicace : Delphine G., Cucuron, Luberon, 2004)

(Photo E. Daho – lien supprimé, sorry  ; photo E. Daho et J. Moreau)

Fort Alamo


21 Jan

En 1994, je vois, lors de sa sortie, un film de Claire Denis, qui s’appelle « J’ai pas sommeil », dont l’histoire est plus ou moins inspirée par celle du tueur en série Thierry Paulin, le « tueur des vieilles dames » qui a sévi dans le Nord et l’Est de Paris dans les années 80.

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Dans ce film figure une scène assez incroyable où le personnage principal, travesti, sur la piste d’une boîte gay parisienne, entouré d’hommes silencieux aux regards ardents, fait un play-back et une chorégraphie assez troublants sur une chanson que je ne connais pas,  paroles très belles et musique à l’orchestration dépouillée, à la mélodie d’apparence simple : « On se croit d’amour/Oh on se croit féroce, enraciné/mais revient toujours/le temps du lien défait/On se croit d’amour/oh on se sent épris d’éternité/mais revient toujours/le temps du lien défait ». N’est-ce pas, dit avec poésie et élégance, ce qu’on craint souvent, dans les histoires d’amour, que « ça » s’arrête, et que revienne, oui, le temps du lien défait ?

Extrait du film, « repiquage télé d’époque » :

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J’attends la fin du générique pour apprendre le nom de l’interprète, à la belle voix sensuelle, Jean-Louis Murat, et je file acheter le CD (on ne trouvait déjà plus de vinyles, too bad), dont le titre est « Le Manteau de pluie du singe ».

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Dix belles chansons, ma préférée sur ce disque reste aujourd’hui encore « Le lien défait » (« Comme la vipère/Comme la reine des près/Morte terre/Tu déferas le tien…/Comme la femme douce/Comme l’homme léger/Au moment d’oublier/Tu déferas le tien… »), un univers poétique dans lequel la nature est très présente (« Comme un lichen gris/sur le flanc d’un rocher/comme un loup sous la Voie Lactée/je sens monter en moi/un sentiment profond/d’abandon/Par mon âme et mon sang/Col de la Croix-Morand/Je te garderai »), je tombe sous le charme, et me procure les autres opus, « Cheyenne autumn », « Venus ».

En 1996, il sort un nouvel album, « Dolorès ». Une pochette assez moche (mais c’est un peu une spécialité chez lui, et encore ce n’est pas la pire),

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… mais un disque magnifique, que je considère aujourd’hui encore comme son plus beau (pourtant, il est prolixe, Jean-Louis), qui détaille les souffrances, les conséquences et les regrets d’une rupture et d’un chagrin d’amour. Murat vient de se faire plaquer et c’est dur.

Ca commence par « Fort Alamo », batterie seule, percussions, rythme soutenu et la voie qui se pose, grave, toujours sensuelle, mais sans plus d’effet, il s’agit de rendre compte : « Qu’il est dur de défaire/J’en reste KO/Dans ta ville-frontière/sise au bord de l’eau…/Abruti de lumière/Comme pris au lasso/Je me laisse défaire de tous mes oripeaux. » La guitare est lancée et Jean-Louis n’entend pas être tendre, ni avec celle qui vient de le lâcher, ni avec lui-même : « Tes gestes d’orfèvre/Ta vie de femelle/je te jure que je m’en fous/Le plaisir vorace/dans l’impasse/Et alors?/De ma vie vulgaire/dans l’armée de l’air/je garde l’amour/c’est tout/Plus rien n’est en place/comme tout s’efface/et alors je m’en fous… » Le constat continue et il est aride : « je n’ai plus de visage/je reste caché/caché dans ton ombre/ton ombre portée…/Je suis dans l’espace/un temple de glace/je n’aime plus rien du tout/malgré les menaces/comme tout me lasse/je m’en fous… » ; un souhait d’apaisement, quand même, une sorte de respiration vers la fin : « Donnez-moi la lumière/sur ce chant muet/ce long chant de misère/et de vanité », mais l’angoisse regagne : ‘comme tout est triste dans l’air/tout est à côté/ami, voilà ma prière/voilà mes péchés… » et le refrain vient ré-enfoncer le clou : « je suis dans l’espace/un temple de glace/je n’aime plus rien du tout/je vis dans la crasse/je suis dégueulasse/et alors?/le chien de l’espace/dans la glace/n’aboiera plus/whoo whoo whoo… » Murat aboyant comme le « chien de l’espace », absolument désespéré et au bout de tout, c’est ça , « Fort Alamo », et tous les gens qui ont connu un chagrin d’amour le comprennent bien, cet aboiement.

Pour écouter (pas de clip correspondant et les lives qu’on trouve sur les sites sont moins bons – à mon avis) :

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L’album, s’il est globalement sombre (« Perce-neige », « Margot », « Réversibilité »), est aussi plein de trouées lumineuses (« Brûle-moi » : « Viens, ma toute belle, canoter, c’est l’été/Nous aurons le ciel à partager »), plein de tendresses (« Dieu n’a pas trouvé mieux » : « Mieux que le moulin qui s’arrête/Qu’une brindille dans tes cheveux/Mieux que ton regard qui s’inquiète/Non, Dieu n’a pas trouvé mieux »), de départs entre tristesse et espoir (Dans un train bleu/je sommeille/Entre Lyon et Genève/le coeur peuplé d’idées noires…/quand dans un vol d’oies sauvages/sur les étangs s’élève/mon coeur épris de voyages… »), du rappel de l’importance du plaisir, et pas n’importe lequel  (« Le baiser » : « Nacrée ou lilas/viens aiguiser sur moi/ta beauté/Abandonne-toi/Éprouve au fond de toi/le baiser..), jusqu’à la réaffirmation que le fait d’aimer est bien ce à quoi on mesure une vie (« Dis, as-tu aimé chanter « aime-moi »?/as-tu aimé que se referment ses bras?/as-tu aimé poser ton coeur à l’intérieur/d’un être heureux?/As-tu aimé, en morte saison/semer la graine fleur/qui pousse au coeur/des gens heureux ? »). Vraiment, une très belle collection de chansons, à laquelle je retourne régulièrement, et c’est aussi à ça qu’on mesure l’importance de ce qu’on aime, la régularité avec laquelle on retourne s’y nourrir.

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Jean-Louis a fait depuis d’autres très belles chansons (« La chanson de Dolorès – L’irrégulière », « Gagner l’aéroport », « Accueille-moi, paysage »), d’autres qui m’ont moins plu et c’est vrai, il dit souvent des conneries maintenant quand il passe dans les médias. Mais ça ne change rien pour moi (juste qu’il devrait ne pas boire en interview !) : c’est un poète, et « Dolorès » est dans la liste de mes 10 albums favoris.

(Spéciale dédicace à la personne avec qui j’étais, entre autres, au cinéma en 1994 : as-tu aimé poser ton cœur à l’intérieur d’un être heureux?)

(photos : affiche « J’ai pas sommeil » ; pochette « Le Manteau de pluie »; pochette « Dolorès » ; photo Jean-Louis Murat)

Powderfinger


16 Jan

Le quatrième pilier de ma bande-son est Neil Young. Je l’ai découvert dans la foulée du « choc » Sanson (voir l’article « Besoin de personne ») aux alentours de 1978 : à ce moment-là, « Véro » est mariée à un Américain, Stephen Stills, musicien, guitariste, et membre du « super-groupe » Crosby, Stills and Nash, auquel s’était ajouté pour une courte période  « Young » de 1970 à 1972, j’achète un disque du groupe CSN (toujours très recommandable, leur premier, qui date de 1969), puis un disque de Neil Young en solo, le noir et blanc et très acoustique « After the Goldrush ». qui reste un de mes préférés.

L’intérieur du 33 tours :

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Je m’attache au personnage, à sa tête de Canadien d’origine indienne, à sa voix particulière, haut perchée, presque féminine parfois, à sa fragilité apparente, à son romantisme, à sa capacité de passer de l’acoustique le plus folk à l’électrique le plus rock et le plus sauvage, à ses prises de position, à la fois politiques et sociales, à ses textes poétiques, notamment la chanson-titre « Après la ruée vers l’or », au sujet très écolo avant l’heure, à la mélodie plaintive, piano et harmonica :

« Well, I dreamed I saw the knights in armour coming,/Sayin’ something about a queen./There where peasants singin’ and drummers drummin’/And the archer split the tree./There was a fanfare blowin’ to the sun/That was floating on the breeze./Look at Mother Nature on the run/In the nineteen seventies. »

« J’ai rêvé que je voyais arriver des chevaliers en armure,/ils disaient quelque chose à propos d’une reine/Il y avait des paysans qui chantaient et des joueurs de tambour/Et un archer a fendu un  arbre/Il y avait une fanfare qui soufflait vers le soleil/qui flottait dans la brise/Regardez Mère Nature dans sa fuite/Dans les années 70… »

Dans la foulée, je découvre ses autres disques, l’incontournable « Harvest », le live « Time fades away », le déchiré « Tonight’s the night », l’apaisé « Comes a time ». Peu de temps après, en 1979, sort le nouvel album de Neil « Rust never sleeps » (littéralement « la rouille ne dort jamais »).

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Une face acoustique, qui débute par « My My Hey Hey (Out of the Blue) » et une face très électrique qui se clôt par « Hey Hey My My (Into the Black) » [avec la fameuse phrase recopiée par Kurt Cobain dans la lettre retrouvée après son suicide  : » It’s better to burn out than fade away » (traduit sur Wikipédia par : « Mieux vaut exploser en vol que s’éteindre à petit feu »)], les deux versions se répondant, et encadrant les sept autres chansons. De vraies merveilles, acoustiques, « Thrasher », « Pocahontas » (au texte pro-Indien, rappelant sans haine quelques évidences, et à l’interprétation douce : « Des aurores boréales/Le ciel glacé la nuit/Des pagaies fendent l’eau/Dans un mouvement rapide et long/Depuis l’homme blanc/jusqu’aux champs de verdure/Et la mère patrie que nous n’avons jamais vue//Ils nous ont tués dans nos tipis/Et ils ont abattu nos femmes/Ils ont sans doute laissé quelques bébés pleurer sur le sol… »), « Sail Away » et électriques : la première de la seconde face s’appelle « Powderfinger » [un peu intraduisible, quelque chose comme « La Poudre (sous-entendu : du fusil) et le doigt (sous-entendu : qui appuie sur la gâchette) »]. Mélodie imparable au chorus à la guitare électrique claire (pas toujours le cas chez Neil, qui aime les amplis sursaturés), voix à la fois fluide et puissante, et texte condensé, qui campe en quelques strophes une scène, des personnages, des sentiments et raconte une vraie histoire avec une progression et un dénouement, on se croirait dans une nouvelle.

Look out, Mama, there’s a white boat comin’ up the river/With a big red beacon, and a flag, and a man on the rail/I think you’d better call John,/’Cause it don’t look like they’re here to deliver the mail/And it’s less than a mile away/I hope they didn’t come to stay/It’s got numbers on the side and a gun/And it’s makin’ big waves.

« Regarde, maman, il y a un bateau blanc qui remonte la rivière/Avec une grande balise rouge, et un drapeau, et un homme sur le pont/Je pense que tu ferais bien d’appeler John/Parce qu’il n’a pas l’air de venir pour nous déposer le courrier/Et il est à moins d’un mile/J’espère qu’ils ne vont pas s’installer/Il y a des numéros sur le côté et un canon/Et ça fait de grosses vagues. »

On visualise la scène, on sait que le personnage qui parle est jeune, il commence par appeler sa mère et dire qu’il serait bon que « John » soit là. Un bateau arrive, eux sont sur la rive, et l’inquiétude est là. Et de fait :

Daddy’s gone, my brother’s out hunting in the mountains/Big John’s been drinking since the river took Emmy-Lou/So the Powers That Be left me here to do the thinkin’/And I just turned twenty-two/I was wonderin’ what to do/And the closer they got,/The more those feelings grew.

« Papa s’est barré, mon frère est parti chasser dans les montagnes/Big John s’est mis à boire depuis que la rivière a emporté Emmy-Lou/Les autorités m’ont laissé ici pour réfléchir/Et je viens juste d’avoir 22 ans/Je me demandais ce que j’allais faire/Et plus ils se rapprochaient/Plus ce sentiment montait en moi. »

Daddy’s rifle in my hand felt reassurin’/He told me, Red means run, son, numbers add up to nothin’/But when the first shot hit the docks I saw it comin’/Raised my rifle to my eye/Never stopped to wonder why./Then I saw black,/And my face splashed in the sky.

« Le fusil de mon père dans ma main me rassurait/Il m’avait dit : «Si tu vois du rouge, tu t’enfuis, mon fils (littéralement : « Fils, le rouge signifie « Cours » »), les chiffres n’ajoutent rien»/Mais quand le premier tir a heurté le quai, je l’ai vu arriver/J’ai mis mon fusil en joue/Je ne me suis pas arrêté pour me demander pourquoi (ou : » je n’ai jamais cessé de me demander pourquoi »)/Alors tout est devenu noir/Et mon visage a explosé dans le ciel. »

Shelter me from the powder and the finger/Cover me with the thought that pulled the trigger/Think of me as one you’d never figured/Would fade away so young/With so much left undone/Remember me to my love,/I know I’ll miss her.

« Mettez-moi à l’abri de la poudre et du doigt (le « Powderfinger » du titre)/Protégez-moi de (ou : « avec ») la pensée qui a fait appuyer sur la détente/Pensez à moi comme à quelqu’un que vous n’auriez jamais imaginé/Qui aurait disparu si jeune/Avec tant de choses qui lui restaient à faire/Faites en sorte que mon amour se souvienne de moi/Je sais qu’elle me manquera. »

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Le texte est magnifiquement concis et descriptif, la musique et les choeurs (les « ouhouh » plus précisément !) du groupe Crazy Horse ajoutent à la tension dramatique et l’interprétation de Neil est bouleversante, sans faire d’effet particulier, puisqu’on est dans le rock.

Vous voulez voir et entendre ? Dans la version du film « Rust Never Sleeps », le concert filmé de 1978 (special dédicace à my sister, qui m’a accompagnée dans un ciné de Montparnasse en 1979 pour le voir, ce film) d’où est issu le double 33 tours « Live Rust », magique

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Ou en version acoustique (pas de vidéo correspondante, mais la musique vaut le coup) :

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J’aurais pu détailler d’autres chansons de Neil, le magnifique « Like a hurricane » dont il existe aussi deux versions, une électrique, une acoustique, à l’orgue ; « Cortez the Killer » chevauchée électrique et hallucinée sur le conquistador Espagnol et les Aztèques qu’il a rayés de la carte ; ou en acoustique, « Don’t let it bring you down », « Helpless » ou le très touchant »Little Wing »…

J’aime toujours le Neil Young de ces années-là, et celui d’aujourd’hui, avec sa même sincérité, sa poésie, et sa liberté totale qui fait qu’il a été parfois difficile à suivre. Il est maintenant reconnu comme un des plus grands compositeurs de sa génération, le père du mouvement grunge, notamment. Et vous avez remarqué : si mon nom de blogueuse doit beaucoup à mon prénom de l’état civil, qu’il ait un petit air de ressemblance avec celui de ce héros de mon adolescence lui ajoute une légitimité et un charme supplémentaires.

(intérieur pochette « After the goldrush« ; pochette « Rust never sleeps »; photo Neil Young)

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