Archive for the ‘Pochettes surprises’ Category

Dorian


15 Mai

Bertrand-notre-disquaire a eu raison de me le dire récemment : il y a longtemps que je n’ai pas mis en rapport une pochette de sa vitrine et une chanson, ou un musicien que j’aime. Sa remarque tombait bien. Parmi les pochettes exposées en vitrine de Madison il y a quelques mois…

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Outre la tête épanouie de Fernandel et la très belle pochette du spleené « On the beach » de Neil Young, un de mes chéris (voir « Powderfinger« , « Sunset vallée » et « Plume« ), figure en bas à gauche le profil d’une jeune femme blonde, noir en fond rouge.

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Agnès Obel. Pochette du de son deuxième album « Aventine » (le nom – mais elle dit qu’elle l’ignorait quand elle a trouvé le titre – d’une des sept collines de Rome). Je connaissais son disque précédent, « Philharmonics », qui datait de 2010, et qui avait déjà placé haut sa voix pure et élégante, ses mélodies en boucle (elle aime – entre autres – Erik Satie et Debussy) dominées par le piano, et avait remporté un succès assez inattendu.

Mais avec « Aventine », celle que les Inrockuptibles ont surnommée Lady Gla-Gla (elle est danoise et vit à Berlin. Voir ici leur belle critique du disque) passe un cap, et offre une collection sans faute de chansons magiques : « Fuel for fire », « Aventine », « The Curse » font partie des mélodies qui m’ont accompagnée tous ces derniers mois.

Mais celle qui m’a le plus bouleversée s’appelle « Dorian », dont voici la version de l’album.

A la première écoute (et aux suivantes), la mélodie est d’une simplicité et d’une pureté imparable et la voix d’Agnès qui la survole délicatement est bouleversante. Le tout est renversant. Puis, pour les besoins du blog, j’ai décrypté les paroles, dont je n’avais saisi que des bribes. Et j’ai mesuré la richesse de l’univers d’Agnès, qui n’est pas que musical. Car le texte va à l’encontre de la douceur mélodique, décrivant… quoi, d’ailleurs, exactement ? Le texte est suffisamment poétique, et donc elliptique pour ne pas se laisser saisir d’emblée. Disons qu’il semble s’agir de la description d’une relation entre deux personnes, dont l’une s’adresse à l’autre, qui s’appelle Dorian.

They won’t know who we are/So we both can pretend/It’s written on the mountains/A line that never ends
As the devil spoke we spilled out on the floor/And the pieces broke and the people wanted more/And the rugged wheel is turning another round
Dorian, carrion/Will you come along to the end/Will you ever let us carry on

« Ils ne sauront pas qui nous sommes/Alors on peut faire semblant tous les deux/C’est écrit dans les montagnes/Une ligne qui ne finit jamais/
Pendant que le diable parlait, nous nous sommes répandus sur le sol/Et les morceaux se sont brisés et les gens voulaient en voir davantage/Et la roue rugueuse fait un autre tour/
Dorian, charogne/Seras-tu là à la fin ?/Nous laisseras-tu toujours continuer ? »

Swaying like the children/Singled out for praise/The inside out on the open/With the straightest face/
As the sad-eyed woman spoke we missed our chance/The final dying joke caught in our hands/And the rugged wheel is turning another round
Dorian, carrion/Will you come along to the end/Will you ever let us carry on

« Nous balançant comme les enfants/Vantés pour nos mérites/Notre vie intérieure ouverte à tout vent/Et le visage le plus franc/
Pendant que la femme aux yeux tristes parlait, nous avons raté notre chance/Une dernière plaisanterie se défaisait dans nos mains/Et la roue rugueuse fait un autre tour/
Dorian, charogne/Seras-tu là à la fin ?/Nous laisseras-tu toujours continuer ? »

Dorian, will you follow us down
« Dorian, nous suivras-tu jusqu’au bout ? »

J’ai trouvé sur le site de traduction la coccinelle ces explications qui semblent venir d’Agnès elle-même (mais sans référence à la source) :  » « Dorian » parle d’une chose qui existe dans une relation entre deux personnes, vous ne pouvez pas mettre de mot dessus mais vous savez qu’elle est là. Lorsque vous atteignez le point de non-retour, que vous êtes perdu, suspendu dans cet endroit étrange qui n’est vraiment nulle part, vous vous languissez des bonnes choses que vous avez vécues avant.

« Dorian » est ma construction de cet état d’esprit. Personne, en dehors de la bulle de ces deux êtres, ne peut le voir. Ça semble très joli et beau, mais si vous pénétrez sur ce ring, vous vous rendez compte que tout n’est qu’une sorte d’effondrement et de pourrissement.

J’ai senti que « Dorian » était un beau nom et… pour moi, j’aime donner ma propre signification à un mot, ajouter mes propres histoires aux mots ou aux noms. Dans un coin de ma tête, je connaissais Dorian Gray mais ça n’est pas intentionnel et la chanson ne traite pas de ce personnage. Je suis sûre que ça l’a colorée mais ça n’est pas le propos. »

C’est bien qu’elle le précise, Agnès, qu’il ne s’agit pas de Dorian Gray, le héros du roman d’Oscar Wilde, dont le portrait peint sur un tableau vieillit et se flétrit à sa place, cumulant les rides et les marques de sa vie de débauche, pendant que lui reste d’une jeunesse qui semble éternelle… En effet, « Dorian, carrion » (« Dorian, charogne ») semble être destiné au personnage manipulateur et criminel qui ne trouvera sa fin qu’en poignardant son propre portrait, se plongeant de fait la lame dans le cœur.

En cadeau, une version live de cette merveille :

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Merci, lady Gla-Gla, pour la douceur sensuelle de cette mélodie magique, aussi aérienne que vénéneuse. Et très addictive.

(photos de la pochette de l’auteur : vitrine du magasin Madison, rue Colbert, Tours)

L’automne à Tokyo


15 Oct

Il y a quelques mois, Bertrand, notre disquaire, avait mis cette pochette dans la vitrine de son magasin « Madison » :

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Beaucoup d’éléments du Japon traditionnel figurent sur la pochette : le cerisier en fleurs, les geta (chaussures traditionnelles)…

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… les cloisons japonaises, les bambous, les nénuphars… même la couleur orange du haut de la pochette rappelle celle de beaucoup de temples shinto.

Et c’est sans doute l’arrivée de l’automne et l’approche du premier anniversaire de la date de mon départ pour Tokyo, mais ça me parle, en ce moment, ces « Vacances au Japon »… même si la musique de fond de ce séjour n’était pas celle de « Ricardo Santos et son orchestre »…

Alors, pour le fun, la beauté de l’automne là-bas, et ce petit goût de nostalgie… quelques clichés, pour mémoire…

Le Pavillon d’Or, à Kyoto…

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Le toit du Pavillon d’Argent au milieu de la mer de couleurs des arbres de novembre…

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Le jardin « sec » du même Pavillon d’Argent…

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Et la porte du sanctuaire shinto Kasuga taisha de Nara… (voir « Toits japonais », « Intérieur temple », et « Nara Day »)

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… qui ouvre l’espace et les perspectives. Ailleurs.

Alors, si je dois faire un voeu et lancer une pièce :

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(photos de l’auteur)

Vinyl records


21 Juin

Cette semaine, dans la lignée de la catégorie « Pochettes surprises », plutôt que de détailler une pochette de disque de « Madison », le magasin de vinyles de Bertrand à Tours, petit flash-back sur le Somerset trip… entre autres spécialités, les Anglais gardent, plus que nous apparemment, la culture du « disque noir » et j’ai croisé pas mal de disquaires, des vrais (qui vendent des vinyles, quoi !). Petit florilège, et petite balade…

A Taunton, sans doute le magasin le plus grand et le plus beau…

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« Blackcat Records »… les disques du chat noir. Avec un nom comme ça, je ne pouvais que tomber sous le charme (bien qu’un chat européen, un bon vieux gouttière, tigré gris, beige, blanc et noir, c’est très bien aussi, même peut-être un poil mieux… « Gouttière Cat  Records » ?…). Avouez que leur logo est bien trouvé, non ?

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Et l’intérieur aussi, spacieux, qui offre (comme chez Bertrand) vinyles et cd…

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A Brighton, à l’intérieur du marché couvert Saint-quelque chose (le nom m’échappe et je ne le retrouve pas sur le net..!)… des disques dont le vinyle n’est pas banalement noir, mais vert ou rose ou même directement décoré d’une photo… (pour ma part, je possède un exemplaire du « Sergent Pepper » des Beatles au vinyle orange !)

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… Des petites échoppes dans les allées…

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… Au moins quatre spécialistes des vieux disques, occasions d’époque et réimpressions…

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… certaines, presque des stands, mais avec des spécialités (que peuvent contenir ces pochettes de « best sellers » sobres, sans photo…?)…

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… et même à Glastonbury, qui est plutôt spécialisé dans les copies de l’épée Excalibur, les encens au patchouli, et les livres sur la symbolique du Graal, on trouve un « Tor Records »…

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Vous avez compris, j’aime beaucoup ce côté un peu décalé, un peu vintage, et j’apprécie que nos voisins soient férus de ces vieilles galettes de vinyles gravées de musique…

Au fait, une petite question qu’un de mes camarades de 5e (j’avais 12 ans, hein, mais y a des trucs qui marquent) m’avait posée : combien y a-t-il de sillons dans un 33 tours ? J’avais séché (j’étais jeune !).

… un seul, bien sûr, sinon, le « diamant » (ou le saphir) n’avancerait pas…!

(photos de l’auteur)

Contact


21 Mai

Cette semaine, attention les yeux : la vitrine de Bertrand, notre-disquaire-de-Madison-le-magasin-de-vinyles-(mais-pas-seulement)-de-Tours, recèle, parmi d’autres, mais on est bien obligé de choisir, une pépite : une pochette – comment la décrire ?- à tout le moins… érotico-décalée. Je vous laisse savourer :

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« Secrets d’alcôve n°4, Contact… racontés par André Daick à Chantal… interdit aux mineurs ». Ouh là là. Le  seul élément figurant en plus sur la pochette, c’est que ça passe en mono-stéréo, ce qui est plutôt rassurant (ah bon ?). Pour le reste, peu d’indices et donc beaucoup de possibilités… Bertrand m’a confié ne pas avoir écouté le contenu… et je le comprends : parfois, mieux vaut en rester à l’image… cette poitrine apparemment plutôt juvénile, ce sein qui semble à la fois ferme et pointant,  et cet index s’apprêtant à appuyer dessus comme si c’était le bouton de la valise nucléaire… cette main, justement, baguée d’une espèce de chevalière fine (un dandy ? et plutôt riche, on voit une sorte de pièce de monnaie sur le doigt… tout est suggéré, il faut être attentif aux détails !) et surtout, les éclairs verts et roses sur fond orange censés symboliser l’électricité passant entre le mamelon et l’index… Euh.

J’ai fait une recherche rapide sur le net, et j’ai trouvé le verso (si dans ce contexte, je peux m’exprimer ainsi sans ambiguïté) d’un autre disque du même auteur, une autre série, pas « Secrets d’alcôve » comme sur notre pochette, mais « Indiscrétions »…

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Je ne sais pas pour vous, mais moi, en lisant la présentation et en voyant les photos d’André Daick, je me dis que d’accord, je vais en rester à la pochette sans trop de regrets… qu’ils restent secrets, ces « secrets d’alcôve n°4 » !

Et puisqu’on est dans le décalage, j’ai retrouvé cette vidéo d’une chanson interprétée par Brigitte Bardot en 1968, sur un texte de Gainsbourg. Bardot m’a toujours un peu agacée, mais là, le kitsch est tellement absolu, la musique pseudo psychédélique, et les paroles de science-fiction (au sens strict : « il me faut une transfusion de mercure/j’en ai tant perdu par cette blessure »), que ça vaut le coup d’œil… et justement, ça s’appelle « Contact » ! (tout se tient)

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(photo 1 de l’auteur ; photo 2)

Entrez dans le rêve


30 Avr

Cette semaine dans la vitrine de Bertrand-le-disquaire-de-Madison :

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« Lumières », disque de 1984 de Gérard Manset, que j’ai déjà cité dans ce blog (voir le post « Lueurs ») ; qui figure toujours dans ma « vinylethèque », avec les autres disques de Manset que j’ai écoutés en boucle pendant mon adolescence et mes débuts d’adulte.

Résumé rapide : Manset est depuis 1968 (date de son premier disque, « Animal on est mal ») un auteur-compositeur-interprète, et aussi un peintre, un photographe (j’ai vu une de ses expos l’année dernière à la galerie VU à Paris) et un écrivain (son livre sur Bashung « Visage d’un dieu inca » vient de sortir en poche). Il est aussi un grand voyageur, notamment en Asie à la fin des années 70, début des années 80 (« Royaume de Siam »). Vous vous souvenez sans doute du succès qui l’a fait connaître, « Il voyage en solitaire » en 1975, complainte au piano tremblé (il était barbu et chevelu, c’était l’époque qui voulait ça !) :

Image de prévisualisation YouTube :

D’accord, la pochette de « Lumières » donne plutôt envie de partir en courant (où a-t-il été chercher ce communiant ?). D’accord,  « Lumières » n’est sans doute pas le 33 tours de lui que je préfère (ce serait plutôt « Royaume de Siam », ou « Le train du soir » ou « Long long chemin » ou alors « L’atelier du crabe », vous voyez, j’ai le choix). Mais y figure (entre autres, quand même) cette chanson, « Entrez dans le rêve » dont j’ai toujours trouvé le texte très pertinent, très pointu presque dans ce qu’il décèle de notre réalité, et dont on parle généralement très rarement dans les chansons : l’omniprésence des écrans (en 84, il s’agissait essentiellement de la télé), de la fiction, et la déformation de la réalité qu’elle induit. Et le questionnement va s’élargissant – il s’agit de Manset, le chanteur le plus cortiqué, le plus exigeant (il a quand même sorti un disque où il chante en latin un extrait de « La Guerre des Gaules » de Jules César), le plus parano peut-être (et peut-être à juste titre), en tout cas le plus original. Sur cette photo d’une époque antérieure (sans doute 1981, l’époque de « L’atelier du crabe »), on voit bien qu’il ne rigole pas, le Gérard.

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A cela s’ajoutent sa voix, brûlée (j’ai beau chercher, c’est ce terme qui me semble correspondre le mieux), et, sur « Entrez dans le rêve » sa musique, assez datée (80’s, ce qui n’est pas une insulte !) et au service de ce texte ciselé, percutant et poétique :

Jugez-en plutôt :

« Ramenez le drap sur vos yeux/Entrez dans le rêve/
Reprendre la vie des autres où on l’a laissée/Quand le jour s’achève/
Voir les couleurs voir les formes/Enfin marcher pendant que les autres dorment/
Voir les couleurs voir les formes…
Les villes sont des villes bordées de nuit/Et peuplées d’animaux qui marchent sans bruit/
Toujours dans votre dos, la peur qui vous suit/Toujours dans votre dos… »

Vous voulez écouter  (pas de vidéo correspondante, juste un défilé de photos de ciel…) ?

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« Ramenez le drap sur vos yeux/Entrez dans le rêve/
Allumez l’écran merveilleux/Quand le jour s’achève/
Retrouver l’amour blessé/Au fond du tiroir où on l’avait laissé/
Retrouver l’amour blessé… »

Et cette phrase, qui déborde le cadre strict du propos de la chanson- un de ces raccourcis et de ces fulgurances qui font que j’aime Manset par-delà les années :

« Découper le monde à coups de rasoir/Pour voir au cœur du fruit le noyau noir/
La vie n’est pas la vie ni ce qu’on nous fait croire/
La vie n’est pas la vie… »

Et comme un apaisement, presque logiquement, sur ce même album figure une chanson assez longue, « Finir pêcheur », qui donne une porte de sortie possible à ce constat (« la vie n’est pas la vie, ni ce qu’on nous fait croire »). Et parfois, oui, c’est juste ça qu’on voudrait, sur un rivage lointain, calme et si possible ensoleillé : « Un jour, finir pêcheur/Mollusque divin/Peau de parchemin… » .

(photo 1 de l’auteur ; photo 2)

Sons


16 Avr

Cette semaine, dans la vitrine de Bertrand le disquaire de « Madison », une pochette de vinyle de science-fiction…

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C’est un disque de 1971. Je relis avec vous : « Prospective 21e siècle (ouh là ! s’il avait su…)… Chronos (ça a un rapport avec le temps, donc) : L’instant mobile (rapport au temps poétique…), La roue ferris (et non la via ferrata chère aux férus de randonnées et d’escalade), L’œil écoute (oui, ça peut arriver), triptyque électronique de Bernard Parmegiani »…

Je suis curieuse, j’ai écouté. Et donc, c’est de la musique électroacoustique, assez irracontable, très électronique et « bruitiste ». Si vous voulez essayer, voici « La roue ferris », je vous préviens, ça dure 10 minutes…

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Bernard Parmegiani, qui est né en 1927, est un des compositeurs majeurs de ce mouvement. Il a intégré le Groupe de recherches musicales (GRM) en 1959 et entre 1961 (« Alternance ») et 1996 (« Sonare »), il a composé plus d’une cinquantaine d’œuvres. C’est de l’expérimentation (je n’y connais rien, mais enfin, de ce que je peux percevoir, ce n’est pas franchement grand public…).

Rien à voir avec la série « Cosmos 1999 », que je regardais dans ma jeunesse.

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Mais, sans doute à cause de la pochette au look futuriste à la sauce 70’s (et de la typo), ou de la proximité des sons « Chronos-Cosmos », j’ai eu envie de revoir le générique…

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Toujours formidable, non ?

… et rien à voir non plus – mais est-ce si sûr ?- avec l’excellente émission écoutée par hasard dimanche  7 avril (et je vais écouter sur podcast la deuxième partie) sur France Culture, « Le Secret professionnel », de Charles Dantzig, dont l’invité était le professeur d’ORL, Patrice Tran Ba Huy. Émission passionnante, au cours de laquelle j’ai appris plein de trucs sur le son, l’audition et la musique. (Vous voyez bien qu’il y a un rapport…)

Entre autres (je rappelle que j’étais peu réceptive aux notions de physique quand j’étais au lycée, mais il n’est jamais trop tard, isn’t it ?) : le son est la vibration d’une matière (liquide, solide ou aérienne) – bon, ça on s’en doutait…

L’énergie sonore est transmise sans transport de matière (comme quand on jette une pierre dans une mare : « l’onde » qui se crée est faite de molécules qui ne se « déplacent » pas, mais qui en bougeant « sur place », font bouger leur voisine, qui à son tour, fait bouger la sienne, etc.).

Une onde sonore, pour être entendue par nous humains, doit être comprise dans une certaine gamme de fréquences et d’intensité… entre 50-100 Hertz et 15000-20000 Hertz (par comparaison, la chauve-souris entend jusqu’à 100000 hertz, et la taupe entend celles de moins de 100).

Il existe plusieurs types de sons : le son pur, à une seule fréquence (260 fois par seconde). Et les sons complexes, qui peuvent être soit périodiques (qui comprennent la fréquence fondamentale + toutes les harmoniques. Par exemple le do grave est à 33 Hertz, la 1re harmonique est le do supérieur à 66 Hertz, puis la deuxième à 99, etc. – bien sûr, on peut avoir des « timbres » différents, flûte et clarinette par exemple) ou non périodiques  (les bruits de la rue, comprenant toutes sortes de fréquences n’ayant aucun rapport entre elles).

Enfin, une dernière info que j’ai trouvée incroyable, (mais  au vu de la réaction des quelques personnes à qui j’en ai parlé, mon enthousiasme n’est pas universel !) : Le « la » qui sert de référence aux autres notes, qui sont donc définies par rapport à elle, est aujourd’hui à 440 Hertz. Au XVIIIe siècle, la fréquence du « la » était de 415 Hertz… ce changement de référence s’est fait au XIXe siècle, sans qu’on en sache bien la raison.

Mon résumé peut donner l’impression d’une juxtaposition d’infos sans rapport entre elles, mais l’émission était au contraire fluide et limpide et je vous la recommande…

… Car, par hasard, parfois, on rencontre des réponses à des questions qu’on ignorait se poser.

… Et  je rejoins Bernard Parmegiani, l’instant est mobile, et l’œil écoute, aussi. Ce qui est d’ailleurs le titre d’un essai de Paul Claudel sur la peinture. Tout se tient…

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… Comme le savent bien nos amis synesthètes ceux qui, par un phénomène neurologique involontaire,  associent  deux ou plusieurs sens. Oui, tout se tient. Enfin, presque.

(photo 1 de l’auteur; photo 2 ; livre Claudel)

Bleu


13 Avr

Bertrand m’a fait une blague dans la vitrine de « Madison »  cette semaine.

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Une pochette bleue, sans nom, ni titre. Une pochette aquatique, ou pluvieuse. Il m’a mise au défi de trouver quel est le groupe qui a sorti ce disque mystérieux. J’ai cherché, et je n’ai pas trouvé. Ce n’est pas grave (il me le dira, et je vous transmettrai !), parce que je la trouve belle, cette pochette, et que je rebondis sur un sujet lui aussi d’actualité pour moi : les couleurs. Puisque je suis en train de lire le passionnant petit bouquin de M. Pastoureau et D. Simonnet, « Le petit livre des couleurs » (121 pages, en poche !). Le premier chapitre est justement consacré au bleu.

Aujourd’hui couleur préférée des Européens, et donc des Français, il était pourtant dans l’Antiquité et le haut Moyen Age une couleur discrète, presque méprisée, en tout cas dédaignée, à peine considérée comme une couleur en soi, contrairement au blanc, au rouge et au noir.

On a du mal à l’envisager, tant le bleu nous est une couleur familière.

Le bleu de Loire, été…

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… hiver…

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… le bleu des villes…

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… le bleu des mers…

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… le bleu du ciel japonais (leur couleur préférée, à eux, est le noir)…

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… le bleu du ciel français…

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C’est au XIIe et XIIIe siècles que le bleu prend sa place et ses titres de noblesse. Pour des raisons religieuses (je ne peux pas résumer ici les subtilités de toute l’évolution de notre rapport au bleu, ni aux autres couleurs… vraiment, lisez ce petit livre si le sujet vous intéresse, il est court, facile d’accès et très enrichissant). Le Dieu des chrétiens devient un dieu de lumière. Et la lumière devient… bleue !

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Extrait, qui concerne notre douce  région : « Vers 1130, quand l’abbé Suger fait reconstruire l’église abbatiale de Saint-Denis, il veut mettre partout des couleurs pour dissiper les ténèbres, et notamment du bleu. On utilisera pour les vitraux un produit fort cher, le cafre (que l’on appellera plus tard le bleu de cobalt). De Saint-Denis, ce bleu va se diffuser au Mans, puis à Vendôme et à Chartres, où il deviendra le célèbre bleu de Chartres… »

… Je sais, c’est bien beau tout ça, mais ce que vous voulez, c’est du bleu dans le ciel (et dans votre moral) MAINTENANT. Y a des trucs que je peux pas faire, sorry. Mais je peux vous remettre en tête quelques ritournelles, avec « bleu » dedans ; certaines vous aideront peut-être à passer une meilleure journée…

Daho, bien sûr, « Bleu comme toi »

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Christophe, « Les mots bleus »

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Chris Isaak, « Blue Hotel »

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Joni Mitchell, sublime, « Blue »

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Y en a d’autres : « La Java bleue », le « Blue suede shoes »  d’Elvis et son refrain éternel (traduit, c’est moins flamboyant, forcément : « tu peux faire ce que tu veux, mais ne marche pas sur mes chaussures en daim bleu »), je vous laisse compléter la liste… et attendre le bleu, avec patience, comme nous y enjoint cette couleur paisible…

 

(Photos de l’auteur : 1 et 2, bords de Loire, Tours ; 3, Paris (tours de Saint-Sulpice et clocher de Saint-Germain-des-Près assez reconnaissables) vu du dernier étage du Centre Pompidou ; 4 Ile principale de Chausey ; 5 temple Senso-ji, Tokyo, Japon ; 6 bords de Loire, Tours ; 7 vitrail de la cathédrale Saint-Gatien, Tours)

La conjonction « si »


05 Avr

Je reviens sur une des pochettes-surprises de Bertrand le disquaire de la semaine dernière.

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Pochette particulièrement brillante, donc particulièrement pleine de reflets, à travers la vitre du magasin. J’ai donc cherché une repro plus « visible », qui permet d’apprécier la plastique de la chanteuse, inconnue de moi – recherche faite, c’est aussi une artiste multimédia, musicienne, écrivain, peintre, photographe… elle a sorti un album récemment intitulé sobrement « Madame Sex and l’âme érotique ». Rien que ça.

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Il y a quand même une différence entre la pochette trouvée sur le web et celle du magasin de Tours : la langue du titre de l’album, en anglais « everything could be so perfect… » (avec le could en italique) sur la toile mondiale et en français dans la vitrine de Bertrand, « tout pourrait être si parfait… »

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Ce « tout pourrait être si parfait… » qu’on n’arrête pas de penser, de dire parfois à voix haute, ce soupir plein de regrets… qui reste parfois dans la généralité, dans le flou… mais qui souvent se complète d’une suite, qui commence par la célèbre conjonction  « SI »… « tout pourrait être si parfait si… » (… j’étais riche, mon mari était plus attentif, ma femme plus vertueuse, mes enfants plus travailleurs, mon chien moins aboyeur, mon banquier moins banquier, la météo plus ensoleillée, les programmes télé moins débiles, ce qu’on mange plus sain, la Grèce moins ruinée, le Japon moins loin, la pauvreté moins répandue… etc., etc., on pourrait continuer à l’infini, bien sûr).

Eh ben, ça tombe bien, ce titre d’album, parce que c’est mon combat du moment : cesser de penser : « tout pourrait être si parfait (si)… » et voir ce qui est, peut-être même trouver que ce n’est déjà pas si mal, et arrêter, nom d’un chien (pas trop aboyeur) de me focaliser sur ce qui « devrait » être, et ramer dans la distance entre la réalité et ce que je voudrais qu’elle soit (qui s’éloigne comme l’horizon au fur et à mesure qu’on croit s’en rapprocher). Ce qui n’implique pas une vision béate de l’existence ou une négation des difficultés. Juste cesser de projeter son bonheur toujours plus loin et de le faire dépendre de conditions dont on sait qu’on les multipliera à l’infini.

En bref, cesser de penser : tout pourrait être si parfait si tout était si parfait.

(photos de l’auteur; sauf 2)

Belgitude


25 Mar

Le 26 mars est une sorte de fête nationale belge, pour un tout petit nombre de personnes, assez concentrée en Touraine, en fait. Alors que pas du tout, la fête nationale belge officielle est le 21 juillet, comme on le voit sur ce panneau d’une librairie rouennaise (on reconnaît en reflet les maisons à colombages normandes) apparemment spécialisée dans la Belgique et ses communautés, qui ont elles-mêmes leur propre fête… (et ne me demandez pas pourquoi une librairie de Rouen est spécialisée en belgitude, je l’ignore…)

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Et à Tours,  tout le monde s’y met, même Bertrand, notre disquaire de « Madison », qui a mis, sans savoir que ça tombait mieux que bien, une pochette d’Arno, le rocker belge, dans sa vitrine !

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Apparemment, c’est la pochette de son tout premier disque, en 1986, il est tout jeunot. Je ne le connais pas beaucoup, mais sa reprise de la chanson du (belge) Adamo « Les Filles du bord de mer » est un must, sa voix est si rocailleuse et son accent si belge, une fois ! Et comble du bonheur, quelqu’un a collé sur la pochette une vignette de Lucky Luke, le cow-boy franco-belge, qui tire plus vite que son ombre et se traîne le chien le plus stupide de l’ouest, l’éberlué Rantanplan…

Car les liens entre la France et la Belgique sont historiques. Et le soutien mutuel entre les peuples aussi, comme on le voit lors d’une manif à Lille en 2012.

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Mais un motif de querelle a longtemps terni cette belle amitié : la frite. Terni au point que parfois des labradors sont déprimés (et un peu aplatis)  sur le bord des fenêtres le long des canaux de Bruges.

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Car si la frite est internationalement connue comme française, la justice, l’histoire et la vérité doivent nous faire reconnaître que la frite est née en Belgique et qu’elle y est incomparablement meilleure (une histoire de pommes de terre et de friture…) que chez nous. Cela n’empêche pas la France d’aimer la frite, de l’avoir adoptée avec passion au point de dispenser…

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… des leçons de frites (nous, Français, sommes des donneurs de leçons, c’est connu !), en 45 tours… évidemment, si on creuse, on découvre que cet enregistrement est offert par « Végétaline »…

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Oublions là cette querelle, et célébrons cette non-fête nationale belge comme il se doit, en entonnant l’hymne à flonflons « La Brabançonne », en nous souhaitant d’être aussi chaleureux, ouverts et drôles que les natifs de ce petit royaume, que l’on remercie par ailleurs de nous avoir offert, entre autres (c’est une sélection personnelle, chacun peut faire la sienne)…

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Et…

neelhe-fête belge (5)… sans oublier…

neelhe-fête belge (2)Donc…

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… et mon chouchou du moment…

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Qu’ajouter ? Ah si !

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Bande-son : Alain Bashung : « A Ostende » (« A Ostende/j’aime Gibraltar/ces rochers qui s’ingénient/à m’faire du plat/A Ostende/j’tire au stand/je gagne des otaries/La mer se retire/cache ses rouleaux/A l’ombre des digues/elle et moi on s’ennuie/Nos souvenirs font des îles flottantes/A Ostende/j’ai la hantise de l’écharpe qui s’effiloche à ton cou ») et Alain Souchon : « Le baiser » (« La mer du Nord en hiver/sortait ses éléphants gris vert/Des Adamo passaient bien couverts/donnant à la plage son caractère/naïf et sincère/Le vent de Belgique/transportait de la musique/des flonflons à la française/des fancy-fair à la fraise »)

(photos de l’auteur ; Jacques Brel ; Marguerite Yourcenar ; Hergé ; Tintin ; Gaston Lagaffe)

Smith and Co


19 Mar

Cette semaine, vitrine à thèmes chez Bertrand, le disquaire de « Madison »… Deux thèmes différents et très clairement identifiés.

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D’un côté, le visuel très identifiable, en jaune, noir et rose du seul disque des Sex Pistols, le groupe fondateur du punk rock et ses déclinaisons, y compris française avec sa traduction littérale…

De l’autre, dans une série en diagonale inversée, une variation sur le patronyme « Smith », en commençant en haut par le « Hatful of Hollow » des Smiths déjà évoqué sur ce blog (« There is a light that never goes out »), passant par la bonne tête en noir et blanc d’Elliot Smith, folk singer sympa et plutôt doux…

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… puis par le « Easter » de Patti Smith, on va y revenir…

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… pour finir, en bas, par la démonstration de judo (ou est-ce du karaté ?) de Jimmy Smith…

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Félicitations donc à Bertrand pour l’excellence de sa vitrine, sa belle présentation et ses thématiques…

Et revenons à notre Patti, Smith, of course !

Car cet album « Easter », sorti en 1978, et dont je possède un exemplaire justement en vinyle, outre le fait que la photo qui orne la pochette a fait scandale parce que Patti ne s’était pas rasé l’aisselle et que donc elle mettait à mal l’image de la féminité…

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Cet album, donc, contient un des deux plus grands hits de la chanteuse (l’autre étant, beaucoup plus tard, « People have the Power », sur lequel Darroussin et Catherine Frot dansent un rock endiablé dans « Un air de famille » – est-ce avant ou après que le personnage interprété par Catherine Frot ait éclaté en larmes en déballant son cadeau d’anniversaire, un collier qu’elle croit à destination du chien qu’on vient aussi de lui offrir : « Mais c’est beaucoup trop beau pour un chien ! » – mais je m’éloigne de mon sujet, là)… le hit de l’album « Easter » étant, bien sûr, l’imparable « Because the Night »… L’intro au piano, la voix grave et voilée de Patti, la batterie et la guitare qui déboulent, immédiatement reconnaissables.

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Et hop, j’en profite pour rebondir sur un de mes sujets favoris, mon chouchou à moi : Bruce. Parce que « Because the Night » est une chanson écrite par Springsteen, qu’il a offerte à Patti, et dont celle-ci a fini d’écrire les paroles dans un sens à la fois plus direct et plus féminin  (à l’époque, Bruce écrivait comme un fou plusieurs chansons par jour, et il n’avait pas le temps de toutes les peaufiner…). N’empêche : il la chantera, et la chante toujours dans ses concerts à lui. Comme sur cette vidéo, à Glastonbury en 2009 :

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Vous commencez à le savoir, j’aime Bruce (auquel j’ai consacré un article de la « bande-son », plus précisément à « Thunder Road« ). Mais la version de Patti de cette « Because… » est meilleure, plus sensuelle, plus subtile, tout en rendant avec ardeur le sentiment d’urgence du texte, qui parle de désir.

Take me now baby, here as I am /Pull me close, try and understand
Desire is hunger is the fire I breathe /Love is a banquet on which we feed

« Prends-moi maintenant, chéri, comme je suis /Serre-moi fort, essaie de comprendre
Le désir c’est la faim, c’est le feu que je respire /L’amour est un banquet où nous nous nourrissons »

Come on now and try and understand /The way I feel when I’m in your hands
Take my hand as the sun descends

« Allez, viens, essaie de comprendre /Ce que je ressens quand je suis entre tes mains
Prends ma main, le soleil descend »

They can’t hurt you now
Can’t hurt you now
Can’t hurt you now

« Ils ne peuvent plus te faire de mal maintenant
Ne peuvent plus te faire de mal maintenant
Ne peuvent plus te faire de mal maintenant  »

Because the night belongs to lovers
Because the night belongs to lust
Because the night belongs to lovers
Because the night belongs to us

« Parce que la nuit appartient aux amants
Parce que la nuit appartient au désir
Parce que la nuit appartient aux amants
Parce que la nuit nous appartient »

Et pour vous convaincre du talent de Patti, qui est aussi écrivain (notamment de sa biographie « Just Kids » qui raconte entre autres son amitié avec Robert Mapplethorpe), poète, peintre (elle a fait une expo en 2005 à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris, intitulée « Land 205 ») et photographe, qui a une passion pour Rimbaud et William Blake dont elle a fait des lectures publiques, qui est engagée politiquement et socialement, bref, qui est une personnalité hors norme… une version acoustique de « Because the Night »,  où elle est juste accompagnée à la guitare.

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Sur cet album, « Easter », d’autres chansons mériteraient qu’on s’y arrête : « Rock’n’roll nigger », « Ghost dance » et surtout le bouleversant « We Three » (Don’t take my hope away from me)..mais à défaut, écoutez ou réécoutez-le et… continuez de danser sur « Because the night »…

(Photos de l’auteur.)

Spéciale dédicace : Irène Smith – qui aimait Patti Smith.

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