Archive for the ‘Pochettes surprises’ Category

Addendum


15 Mar

En ces temps d’Extra omnes, d’Habemus papam et autre bénédiction urbi et orbi, bref d’élection papale, je fais un petit addendum à deux posts à la fois… c’est pas tous les jours qu’on peut parler l’latin. Même si je suis pas pape. Pour mémoire, et parce que jamais on ne s’en lasse, la vidéo des Deschiens en rapport avec ce vaste sujet des papes, qui feraient mieux de rester chez eux, de la papomobile, et de la chasub’. Spirituellement assez indépassable, c’est plus ça que j’dis.

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Donc – revenons à nos posts -, je suis passée voir Bertrand, le disquaire de Madison hier. Et il m’avait déjà prévenu par mail : la pochette qui s’était détachée de la vitrine et cachée derrière celle du dessous, comme on peut le voir dans « Illusion », avait dû faire une crise de pudeur… étonnant ! car Bertrand l’avait mise là en référence à la gargouille impudique… Vous allez comprendre :

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Peu d’infos sur le groupe, à part qu’il fait du « garage typiquement australien »  et qu’un des membres, Kid Congo Powers (wouaou, le nom !) a rejoint ponctuellement les Bad Seeds de Nick Cave (pas mal). Pour le reste, la pochette se suffit à elle-même, très loin des préoccupations papales (quoique). Et sans oublier que le pantalon en velours à côtes est toujours tendance – d’accord, pas partout-. Comme la bague à tête de mort et yeux rouges, d’ailleurs.

… Mais reconnaissons que les choses progressent, comme dit Juliette (la chanteuse) sur son compte Twitter : il y a cent ans, l’Église condamnait le tango pour lascivité, aujourd’hui le pape est argentin. J’ignore si le rock « garage typiquement australien » a fait l’objet d’une encyclique, mais j’en doute… pas assez lascif ?  N’empêche que notre gargouille impudique l’est depuis plusieurs siècles sur le côté sud de la cathédrale… y aurait-il deux poids-deux mesures ? Faut-il un réunir un concile, pour mettre tout ça à plat ? Et si on allait haranguer les foules place Saint-Pierre ?

(photo de l’auteur)

Illusion


12 Mar

Cette semaine, dans la vitrine de « Madison », le magasin de disques de Bertrand…

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… quelques merveilles, comme d’habitude ; et une nouveauté : une pochette a décidé qu’elle ne participerait pas à notre aventure, elle l’a fait comprendre en se détachant et se cachant derrière une autre, et c’est son droit, que sur ce blog, nous respectons totalement, car nous sommes pour la liberté d’expression, y compris pour les pochettes de vinyles…

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… nous restent donc sept pochettes… dont une se détache non pas de son support, mais du lot (pour moi, du moins).

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Ce n’est pas tant le groupe, der deutsche Adel, dont un blog en français nous donne l’historique et que je vous résume briévement : groupe de (cold) new wave des années 80, constitué de cinq musiciens allemands et tchèques, der deutsche Adel n’a sorti qu’un album, en 1984, celui-ci donc, sans titre, mais dont les chansons tournent autour de l’histoire d’un jeune homme contraint de participer à une guerre. J’ai écouté un extrait… bon, ce n’est pas trop mon genre de musique, bien que ce ne soit pas inécoutable.

Mais la pochette…

Le visage d’Erich von Stroheim, sa minerve et son monocle, ça vous dit quelque chose… Et oui : « La Grande Illusion », film de Jean Renoir de 1937, avec Gabin, Pierre Fresnay, Marcel Dalio. L’utilisation de cette photo est donc parfaitement logique pour un groupe dont la traduction du nom est « la noblesse allemande » et dont le sujet est l’horreur de la guerre.

Vous ne vous souvenez peut-être pas très bien… alors voici la bande-annonce du film, dans sa version restaurée de 2012.

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« La Grande Illusion » est souvent citée par les grands réalisateurs parmi les douze films les plus importants du cinéma.

L’histoire se déroule pendant la Première Guerre mondiale, et (en simplifiant beaucoup le scénario, plus riche et subtil que mon résumé) met en scène un groupe de prisonniers de guerre français, de différentes classes et de différents milieux, sous la surveillance d’un aristocrate allemand, von Rauffenstein, inerprété par von Stroheim. Il est question des rapports entre ces hommes, d’entente malgré les différences (sociales, nationales…), sur fond de volonté d’évasion des Français : par exemple, les deux aristocrates, l’Allemand et le Français, s’entendent et s’apprécient malgré leur différence de nationalité, ce qui n’empêchera pas la priorité donnée à sa patrie par le personnage interprété par Fresnay, qui se sacrifiera pour couvrir l’évasion de ses compatriotes, et obligera son ami allemand à l’abattre.

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C’est un film magnifique, porté par l’interprétation des acteurs principaux. Sorti deux ans avant le début de la Seconde Guerre mondiale, il a été interdit en Allemagne par le régime nazi et en Italie par le régime fasciste, en raison de son esprit pacifiste et du caractère sympathique du personnage juif, interprété par Dalio (qui en plus réussit à s’échapper !). Aux États-Unis, il fut projeté à la Maison-Blanche en novembre 1937, et Roosevelt déclara : « Tous les démocrates du monde devraient voir ce film ». En France, ce fut un immense succès à sa sortie ; mais il fut interdit dès octobre 1940 et jusqu’à la fin de la guerre.

Reste une question, qui n’a jamais été clairement résolue, et ne le sera sans doute définitivement jamais : qu’est-ce que cette « grande illusion » ? Le fait que la guerre de 14-18 devait être la « der des der », la dernière de toutes les guerres, (dialogue de fin entre les évadés : Maréchal : « Il faut bien qu’on la finisse cette putain de guerre… en espérant que c’est la dernière. » – Rosenthal : « Ah, tu te fais des illusions ! ») et dans ce cas, malheureusement, Renoir s’est avéré clairvoyant, puisque la Seconde Guerre a éclaté deux ans après la sortie de son film ? Le fait que tous les hommes peuvent s’entendre malgré les différences ? L’idée qu’il puisse y avoir une dernière guerre, qui ouvrirait sur un monde pacifié ?… autre chose ?

Comme quoi une pochette de disques peut amener à des questionnements complexes…

(Photos 1 à 3 de l’auteur; 4)


05 Mar

Nouvelle semaine, nouvelle vitrine chez Bertrand le disquaire, nouvelles pochettes sur la porte d’entrée de « Madison »… (les reflets font désormais partie de cette catégorie…)

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Comme d’habitude, il y a de quoi faire avec le choix de Bertrand, entre la gueule de vieux lion de Ferré et ses titres toujours super joyeux…

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… et la magnifique paire de fesses qui orne la pochette de Coutin, celui qui chantait (qui braillait, plutôt), souvenez-vous, qu’il aimait « regarder les filles qui marchent sur la plage, leurs poitrines gonflées par le désir de vivre »…

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Il y a la pochette de Julie London, que je garde pour plus tard, peut-être, un autre post, un autre jour… ou non, on verra.

Et il y a la pochette en bas à gauche, pas la plus belle, mais la plus japonaise. (et comme ça, vous avez les horaires d’ouverture de « Madison ».)

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Faisons simple : le nô est une forme de théâtre traditionnel au Japon, et la musique (assez déconcertante pour nos oreilles occidentales) y tient une place prépondérante.

« Shakkyô ou le pont de pierre » est le titre d’une pièce de nô racontant une ancienne légende bouddhique : le moine Jakushô fait un voyage vers un mont sacré en Chine, il arrive devant un pont de pierre, un jeune garçon apparaît qui lui indique que la terre au-delà du pont est une terre sacrée qui appartient à une divinité (au nom imprononçable), que la traversée est très dangereuse, mais que néanmoins s’il reste sur le pont, il assistera à un miracle ; Jakushô commence donc la traversée du pont, et s’arrête en son milieu. De l’autre côté apparaît  un lion (et ce n’est pas Léo Ferré), messager favorable de la divinité, qui exécute une danse parmi les pivoines épanouies et odorantes.

Cette « danse du lion sacré parmi les pivoines », forme artistique très complexe, est très souvent interprétée, notamment en présence d’étrangers, parce qu’elle est une bonne porte d’entrée dans le monde complexe du théâtre nô. Bien sûr, les acteurs portent des masques, appelés « nomen », comme celui qui figure sur la pochette, des costumes et des perruques : par exemple pour « la danse du lion sacré dans les pivoines », le lion se doit d’arborer une perruque-crinière rouge, volumineuse et longue.

Je vous mets une vidéo, pour vous donner une idée, filmée en amateur (plan fixe, pris depuis la salle) lors d’un festival de culture japonaise :

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On voit qu’on est (très) loin de nos terres balisées d’Occidentaux ! (vous avez regardé jusqu’au bout, vous ?). Il n’empêche : avec le soleil revenu, nous aussi, nous allons bientôt pouvoir la danser, la « danse du lion dans les pivoines » : la floraison de ces magnifiques fleurs va commencer en mai, ça nous laisse un peu de temps pour apprendre le menuet aux lions de notre connaissance, décider lesquels sont sacrés et donc dignes de porter une perruque rouge, et de danser au bout d’un pont, de pierres, ce qui tombe bien, il y en a pas mal sur la Loire (même s’ils ne ressemblent pas à celui-ci, à Nikko, au nord de Tokyo, qui semble bien être au moins en partie en bois).

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Au boulot !

(photos de l’auteur)

Le festival


27 Fév

Ce n’est pas une pochette, mais un festival de pochettes, que dis-je, un feu d’artifices de pochettes de 33 tours qu’avait concocté Bertrand, le disquaire de « Madison »… Jugez-en plutôt…

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Approchons-nous…

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Puis détaillons, « étage par étage »…

En haut, deux « noir et blanc » sobres a priori…

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« Sonic Youth », le visage pâle d’une jeune femme au regard lointain, et à l’auréole très angélique…

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Et, à côté, la pochette improbable d’un groupe nommé « Warum Joe »…

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Je vérifie, quand même… oui, leur nom est bien « Warum Joe », « Pourquoi, Joe » en allemand, et je me demande, perplexe devant la vitrine : est-ce une référence au seul slow allemand connu et ravageur : « Sag warum », chanté il y a longtemps par Camillo Felgen ?… une rapide recherche internet m’apprend que Warum Joe est un groupe de la mouvance électro-punk française du début des années 80 (mais il était encore actif en 2000), très loin des « Und ich frage mich : warum, sag warum » chantés de sa voix de crooner  à la fois caverneuse et langoureuse par Camillo.

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Et l’album, dont le titre est « Le train sifflera, crois-moi » – et là, je sens que je tiens quelque chose avec mes références dépassées : Richard Anthony, non ? – est une compilation…

La photo de la pochette, même avec les reflets, est belle. Sociale. Politique. Solidaire et un peu triste.

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Au deuxième étage, deux pochettes couleur, très différentes.

A gauche, un hommage à l’Asie…

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Bertrand a-t-il cru à la lecture de mon blog et des posts sur le « Japanese trip » que je maîtrisais le japonais, son système à trois alphabets, sans compter le mandarin classique et le coréen ? Non, malheureusement. Si bien que l’histoire en vignettes (essai de manga ?) racontée sur la pochette est restée assez mystérieuse pour moi. Mais j’ai admiré la prouesse que constitue le fait de dénicher une pochette tout en idéogrammes… même si je ne vois vraiment pas quel type de musique est gravée sur le vinyle… j’espère que ce n’est pas de la musique de resto chinois, ou pire, les premiers essais de la femme du numéro un du parti communiste chinois, vous savez, la chanteuse Pen Liyuan, avec ses uniformes kitsch et ses chants patriotiques…

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A droite de cette pochette asiatique, celle d’un groupe encore inconnu de moi, Chelsea.

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Là encore, recherche rapide sur internet, et découverte : Chelsea est un groupe de pop-rock français des années 90, il a été créé à Tours dont sont originaires ses quatre membres fondateurs. Il a sorti trois albums, dans la lignée des groupes anglais de la fin des années 80 (Smiths,  Echo and the  Bunnymen…), il a connu plus qu’un succès d’estime, une reconnaissance certaine bien que loin du grand public, et s’est séparé fin des années 90, après avoir assuré des premières parties de groupes prestigieux. Il chantait en anglais et en français. L’album dont la pochette est dans la vitrine est intitulé « Réservé aux clients de l’établissement »… La pochette, justement, revenons-y…

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Ils ont l’air épanoui, non, les quatre membres (c’est le cas de le dire) de cette belle famille (les jeunes garçons surtout) ?  Très 50’s a priori, cette photo balnéaire avec maillots de bains (et bronzage) d’époque…

Comme est certainement 50’s, ou même avant, la dernière pochette en bas à gauche…

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« Music, Martinis, Memories »…

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… par Jackie Gleason… au début, j’ai cru que c’était le nom de la chanteuse, forcément jazzy qui noyait son chagrin dans l’alcool sur la photo. Mais non : Jackie Gleason était un acteur, compositeur, producteur, scénariste et réalisateur américain, mort en 1987. Il s’agit donc sans doute d’une compilation de ses compositions. Belle photo, belle ambiance, on imagine bien le pianiste à l’arrière jouant un air un peu triste, et un trompettiste qui ne figure pas sur le cliché faisant un solo déchirant… et la femme de la photo, le cœur brisé, attendant sans y croire vraiment le retour d’un sous-Humphrey Bogart de bazar, parti avec une autre…

… Tout ça dans une vitrine, tout ça sur des pochettes de disques… Merci, Bertrand, pour ces mini-voyages et ces découvertes…

(Photos de l’auteur)

Arnold et Karen


19 Fév

Vous vous souvenez de l’article « Vinyles », de la pochette kitsch de ce disque de « musique d’ameublement », et de la vitrine du magasin où je l’avais vu, « Madison » ?

Eh bien, il y a du nouveau. Au moment de la parution il y a deux semaines, je suis passée voir le disquaire (je lui avais déjà acheté une brosse pour nettoyer mes vieux disques) et je lui ai dit que j’avais fait un petit post sur son magasin. On a discuté un peu, je suis partie, il a lu le texte, vu les photos, et il m’a écrit un mail (en utilisant le formulaire « Contact », comme quoi tout a son utilité sur ce blog !). Il avait bien aimé le post, et le blog, et proposait de mettre en vitrine une pochette à mon attention, de temps en temps… j’ai trouvé l’idée intéressante et stimulante… je lui ai écrit en réponse… et je suis partie en Normandie pour la semaine… où, comme vous savez, j’ai écrit assez peu, notamment pour des raisons techniques…

Je suis rentrée hier soir sur mes bords de Loire. Cet après-midi, je suis passée devant la vitrine de « Madison », le magasin était fermé (nous sommes lundi). (Encore pardon pour les reflets dans les vitrines, j’ai beau essayer, pas moyen de les éviter.)

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Vous voyez le petit papier, collé à côté de la pochette de la deuxième rangée en partant du bas, à gauche ? Moi aussi, j’ai eu envie de m’approcher.

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Ca vous rappelle quelque chose ? Oui, dans mon post de la semaine dernière, « Fragments de (gran)ville »

Alors, j’ai mieux regardé la pochette…

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« My cat Arnold ». Mon chat Arnold.

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Disque de Karen Mantler. 1989.

Le problème qui se pose face à cette pochette est simple : qui est le plus dépressif, Arnold ou Karen ? (parce qu’il est évident que la coupe de cheveux la plus ratée est celle de Karen.)

Arnold, le chat de la venelle de Granville ? Possible, après tout… (bien qu’on imagine le chat de la venelle plus gai, moins posé sur un tabouret, plus aventureux, quoi ! mais les chats sont surprenants et peut-être qu’Arnold cache bien son jeu.)

Et Karen ? Elle fait quoi, à part la tronche sur la pochette de son disque ? Eh bien, Karen, comme me l’a appris une rapide recherche Internet (non, je ne la connaissais pas avant) est née en 1966, c’est la fille de Carla Bley (une des figures du free jazz, pianiste, organiste, compositrice) et Michael Mantler (compositeur et trompettiste), et elle est elle-même une musicienne de jazz, joueuse d’harmonica, chanteuse et compositrice (ouf. Quelle famille.)

Quoi d’autre ? Il existe des photos d’elle sur lesquelles elle sourit presque.

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Elle fait des concerts (normal pour une musicienne).

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J’ai cherché à écouter… et j’ai découvert un personnage très sympathique, une belle voix, un tempérament… comme le montre cette vidéo où elle chante (très bien) et donne la réplique à une bande de musiciens, et joue (affreusement, mais c’est fait exprès) de l’harmonica, avec un beau sens de l’autodérision…

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Et les aventures de Karen et Arnold ont eu une suite, puisque :

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Comme on le voit sur la pochette du disque suivant, « Karen Mantler et son chat Arnold ont la grippe » !

Nouvel extrait, de la chanson-titre (à un moment, je crois qu’on entend un miaulement d’Arnold) :

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En fait, il semble que ni Karen, ni Arnold ne soient dépressifs. Ils font de la bonne musique, tous les deux (sauf quand ils ont la grippe). La pochette est drôle et décalée. Et Bertrand le disquaire a réussi son coup ! Bien joué !

Pour fêter ça, je crée une nouvelle rubrique : « Pochettes surprises » !

(Photos 1 à 4 de l’auteur ; 5 ; 6 ; 7 )

Vinyles


06 Fév

Dans la ville où j’habite, il y a un disquaire. Oui, un disquaire. Un commerçant qui s’occupe d’un magasin dans lequel on trouve des disques, dans des bacs adaptés à leur taille, des vinyles, des « vieux disques noirs », des 33 tours surtout, d’époque donc d’occasion mais aussi des rééditions, plus quelques 45 tours ; et s’il vend aussi des CD,  ce n’est pas sa caractéristique. Le magasin est plutôt petit, il s’appelle « Madison », il a une devanture rouge, un peu bordeaux. Pardon pour les reflets dans les vitres, je n’ai pas pu les éviter…

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Et son propriétaire met toujours des trucs incroyables en vitrine, des raretés, des belles pochettes, presque des œuvres d’art parfois… ce jour-là, dimanche dernier, je me suis rapprochée des huit pochettes de 33 tours exposés sur la porte d’entrée…

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Une en particulier a attiré mon regard, deuxième rangée en partant du haut, à gauche…

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Vous vous rendez compte : un disque définissant sa musique comme « d’ameublement » ! Et la photo, cette sous-Angélique (marquise des Anges) en nuisette ou en déshabillé (?), tenant dans ses bras un faux tigre en peluche, le regard langoureux, et même si on le devine mal, le décor derrière, avec le rideau bleu, qu’on imagine en lourd satin…

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Et les titres des morceaux, « Naissance de la passion », « Tango oriental », « Amour interdit », « Merveilleux »… c’était quoi, la bande-son (en avance) de la série « Maison close » ?

Je ne sais pas pour vous, mais moi, ce type de monument de kitsch me ravit. Pas sûre que j’aille l’acheter, la musique d’ameublement (où ont-ils été chercher ça ?), mais elle aura au moins servi à me faire sourire un bon moment… Et merci au propriétaire de continuer à être un vrai disquaire et à régaler les passants de ces pochettes magiques et décalées.

(Pour un article sur le magasin et son propriétaire, c’est ici ; photos de l’auteur)

Une intuition n’arrivant jamais seule, j’ai lu après la publication de ce post un article sur Télérama.fr sur « Le retour du vinyle » : je l’ajoute, c’est ici.

Ps. Vous savez quoi ? Passer d’un post par jour, donc sept posts par semaine, à deux par semaine, c’est-à-dire diminuer ma production de plus de 70 %, ce n’est pas si facile…  Je vais continuer à poster un peu entre les « officiels » des mardis et vendredis. Sinon, je vais être en manque. Et obligée d’écouter de la musique d’ameublement !

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