Archive for the ‘Entracte(s)’ Category

H


01 Fév

L’hiver, sur une route de pèlerinage, l’hermitage Himalaya…

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… sa porte de bois cloutée, sa coquille saint-jacques sur le chambranle, une autre plus grande au-dessus du linteau.

Dans un hermitage – c’est logique – veille un hermite.

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En l’occurrence, la lame VIII du tarot de Marseille. L’hermite est-il en marche, éclaire-t-il le chemin sur lequel il marche ? Ou, au contraire, est-il dans l’attente et lève-t-il sa lanterne pour éclairer le chemin de la personne qui s’avance au-devant de lui ?

D’où vient ce « H » inutile à l’ermitage et à l’ermite ? D’une proximité avec Hermès, la divinité aux pieds ailés,  le dieu de l’intelligence rusée et de la chance, le gardien des routes et des carrefours ?

Le « h », 8e lettre de l’alphabet latin, qui peut être aspiré – ou muet.

Je m’égare ?

Le « h », première lettre du mot « hiver ». Celle, aussi, du mot « histoire ». Ces mots qui commencent par un secret.

(photo de l’auteur – Aubrac, 2006)

Gel d’herbier


12 Déc

Un matin de cette semaine, il a fait froid. Les bords de Loire étaient recouverts de grive.

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Il fallait tendre l’oreille pour entendre l’herbe craquer doucement quand on marchait dessus.

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Les feuilles tombées au sol composaient un herbier gelé…

neelhe-givre (5)… et globalement marron…

neelhe-givre (7)… à de rares et délicates exceptions.

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Les feuilles exposées aux rayons du soleil, déjà dégelées, semblaient presque transparentes, et projetaient un reste de couleur bienvenu.

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Vous savez quoi ? En cas de tristesse (voir « Triste »), la nature est un refuge, et la capacité d’émerveillement une aide précieuse.

(photos de l’auteur)

Triste


05 Déc

J’ai dessiné une marelle sur l’ardoise de la cuisine.

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… pour guider certains coussinets vers le…

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Oui, vers le ciel. Il marchera sans doute plutôt sur les traits qu’au milieu des cases, parce que c’est plus drôle et que ça requiert plus d’équilibre.

L’essentiel est qu’il arrive.

Mon chat.

 

(photos de l’auteur)

(Voir « (chat) pas sport » et « Menu du jour »)

Graphes


27 Nov

Hier soir, j’ai écrit un texte et je ne l’ai pas publié dans la foulée, contrairement à ce que je fais d’habitude pour le blog. En le relisant tout à l’heure, j’ai compris pourquoi, et pourquoi j’avais bien fait : le ton est ironique. Et je n’aime pas l’ironie -particulièrement en ce moment où tout le monde l’utilise à tort et à travers – surtout quand elle est injustifiée et persifleuse. Et mon texte frisait ce ton-là. Je l’ai donc supprimé et vous ne le lirez jamais, et tant mieux. Par contre, je vais essayer de savoir pourquoi j’ai écrit en utilisant un ton que je n’aime pas, dans lequel je ne me reconnais pas. Une trop grande perméabilité aux humeurs de l’époque ? ça m’inquiète à moitié.

Du coup, je vous offre quelques photos prises la semaine dernière au parc aux biches, sur la rive droite de la Loire. Sans trop de commentaire, ça évitera les dérapages.

Au début de la balade, le ciel était chargé de lourds nuages.

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Au retour, je suis repassée par cet endroit où j’avais remarqué beaucoup d’ajoncs, de roseaux et autres osiers. On sait depuis le Japanese trip combien je suis fan de bambous (voir « Seuils de bambous »). Le soleil était apparu vers le fleuve, donnant aux herbes hautes, entremêlées de feuilles jaunes, des airs de blé mur.

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Oui, de blé mur.

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A côté, jaillissant d’un fouillis élégant, de hautes tiges se déployaient en  balais, tournés vers le ciel.

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Des antennes-râteaux célestes.

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… Un ensemble graphique, jusque dans la traînée laissée par le passage d’un avion dans le bleu du ciel.

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(Rien d’ironique. Du beau, et du silencieux.)

((photos de l’auteur)

L’or des mélèzes


12 Nov

A défaut d’être allée les voir in situ, sur les pentes de la vallée de la Maurienne par exemple, j’ai pu au moins, grâce à l’envoi d’un cliché d’une férue de ces montagnes, admirer l’or automnal des mélèzes, ces pins qui perdent leurs aiguilles aux saisons froides.

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La beauté féérique de l’or dans le soleil, l’herbe rase et presque blanche dans la lumière. Et la paroi montagneuse dans l’ombre de l’arrière-plan…

J’ai appris récemment (dans le livre « Se changer, changer le monde », livre à quatre mains de Christophe André, Jon Kabat-Zinn, Pierre Rabhi et Matthieu Ricard) le concept d’ « habituation hédonique ». Il désigne le processus d’habituation au bonheur, finalement le fait de ne plus le vivre comme tel, donc de considérer que les conditions de confort ou de plaisir par exemple dans lesquelles nous vivons sont normales, sans plus les apprécier, et sans plus en être particulièrement conscients, donc heureux.

J’espère ne jamais m’habituer à ce type de beauté. Peu de risques, me direz-vous. Éphémère par nature, elle ne nous laisse pas, et c’est sa force, le temps de nous y habituer.

(photo et titre du post -un grand merci – : Annie Chazal)

Bande-son (elle s’impose) : « J’ai fréquenté la beauté » du dernier album de Jean-Louis Murat (vous verrez, c’est pratique, les paroles s’affichent au fur et à mesure comme en sous-titres sous les images de ce clip poétiquement rural).

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« J’ai fréquenté la beauté/tout le mois de juillet/pauvre coeur, je manquais d’amour… »

Tél(écran)


06 Nov

Je tentais d’expliquer récemment comment, pour essayer de ne garder que le meilleur et le plus heureux des situations (et m’éviter ainsi de souffrir bêtement de ce que certains appellent « la double flèche » – non seulement quelque chose vous a blessé, mais en le réactualisant par le souvenir, en y repensant, ce quelque chose continue de vous faire souffrir -), je m’efforçais de ne pas enregistrer les souvenirs  les plus inutilement douloureux. Comme je suis loin d’être une sainte, je n’y arrive pas toujours, certaines phrases ou attitudes restent malgré tout gravées et je ne peux pas m’empêcher de repasser le film des événements. Je suis sûre que vous saisissez  l’idée. Et l’analogie qui m’est venue pour expliquer ce désir d’effacement est celle du Télécran – appelé aussi, mais c’est moins drôle, l’ardoise magique. Le télécran, c’était ça :

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Un écran verdâtre, deux boutons qui servaient l’un à tracer des lignes horizontales, l’autre des lignes verticales avec un curseur (qu’il était impossible de « lever », la ligne étant toujours continue). Autant dire qu’il fallait être très doué et très bien coordonné des poignets pour obtenir des diagonales (j’étais nulle en diagonales). Mais le plus formidable, c’était l’effacement. Après avoir gribouillé péniblement un pauvre dessin, qui dans le meilleur des cas, les jours de grande patience, ressemblait à ça (personnellement, mes efforts ne m’ont jamais permis d’obtenir un résultat ne serait-ce qu’approchant) :

neelhe-télécran (1)(… et je ne vois vraiment pas comment le dessinateur a réussi à positionner un soleil dans le ciel qui ne soit accroché à rien), bref, après avoir tenté un dessin, on estimait qu’il était temps de l’effacer, on empoignait le télécran des deux mains, on le retournait, face contre terre, et on secouait le tout (ce qui produisait un bruit de sable).

Quand on retournait à nouveau le Télécran et qu’on remettait l’écran vers le haut, il était à nouveau vierge.

On souhaiterait parfois que notre mémoire ait cette faculté d’effacement, en secouant un peu la tête, en un clin d’œil, dans un délicat petit bruit de sable.

(photos télécran 1 et 2)

 

Bande de filles


29 Oct

C’est une réplique qui peut passer inaperçue. On l’entend dans le film de Céline Sciamma qui est sorti la semaine dernière, « Bande de filles ».

A la fin du premier tiers du film, l’héroïne (elle est noire, jeune et belle et vit dans une cité de la banlieue parisienne) sort victorieuse d’une bagarre contre la représentante d’une bande rivale (je raccourcis). Elle obtient donc reconnaissance de ses amies et considération de la part de la cité tout entière et aussi de son frère, qu’on a vu méprisant et qu’on sait parfois violent à son égard. Pour lui signifier son respect nouveau, il l’invite à jouer avec lui à un jeu vidéo de football. Il lui dit, en lui tendant la manette et en pensant lui offrir un cadeau supplémentaire : « tu prends le Brésil ? ». Elle répond, sans la ramener, en souriant à demi : « Non, la France. »

En ces temps de zemmourisation et de marinisation généralisés, ce « non, la France » tranquille, marquant une préférence qui se passe d’explication, dans ce film magnifique qui est une histoire de recherche d’identité et de résistance, m’a fait un bien fou.

La bande-annonce du film (un peu caricaturale, loin de la complexité et de l’intimité que la réalisatrice a su créer entre les personnages et les spectateurs) :

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Alors, vous prenez le Brésil ?

Tout voir à Touvoie


17 Oct

Lors des dernières Journées du Patrimoine, dont j’ai déjà parlé (voir « Tour sud »), j’ai également eu la chance, invitée par mes amis de la troupe « Passeurs de légendes » (voir leur page Facebook et leur site) qui jouaient leur dernière création dans les jardins, de découvrir le Moulin de Touvoie, dans le charmant village de Rochecorbon, qui longe la Loire près de Tours.

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En fait de moulin, il s’agit plutôt d’un ancien logis seigneurial des XIIe et XVIe siècles, comprenant plusieurs bâtiments magnifiquement restaurés. Le site était déjà occupé à l’époque gallo-romaine, ce qui ne nous rajeunit pas. Le bâtiment principal fut transformé en moulin à la fin du XVIe, sans doute parce que le moulin originel, construit en bois, avait été détruit. Il avait alors été décidé de transporter le moulin à l’intérieur du bâtiment principal pour ne pas avoir à le reconstruire. Le moulin fut rattaché à l’Abbaye de Marmoutier, et moines et habitants de Rochecorbon venaient y moudre le grain pour faire leur pain. On raconte que c’est saint Martin qui fit jaillir dans le jardin une source qui apportait la jeunesse à quiconque la buvait. Les vertus de cette eau magique se transmirent au fil des siècles (informations recueillies sur patrimoine de France).

Le tout est harmonieux et dégage un charme assez magique…

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Cette magie n’a d’ailleurs pas échappé à un magicien célèbre : Jean Cocteau y tourna, en 1945, de nombreuses scènes de son inoubliable « La Belle et la Bête » (dont voici une bande-annonce…)

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… « La Belle et la Bête » dont les « Passeurs de légendes » nous interprétèrent ce jour-là leur version médiévale de l’histoire originelle…

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… entre la grange…

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… et cette charrette de foin, comme sortis du film et de la légende…

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… Un voyage hors du temps.

(Photos de l’auteur ; affiche « La belle et la Bête », Passeurs de légendes)

Menu du jour


07 Oct

Au menu du câlin du jour, une crêpe roulée de chat sur drap de percale gris souris (effrayée).

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Et en dessert, une patte en gros plan agrémentée d’yeux mi-clos légèrement charmeurs et son coulis de ronronnements.

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Même au régime (le chat en question vous a réveillée d’un miaulement suraigu bien avant l’heure prévue par le réveil, et vous aviez décidé cette fois de vous tenir à une diète stricte), comment résister ?

Et pour finir dans une bonne humeur un peu (un peu ?) régressive, la version française de « Tout le monde veut devenir un cat », le hit tiré des Aristochats de Disney (je sais… mais regardez…).

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Vous reprendrez bien un peu de dessert ?

(photo de l’auteur)

Interruption


26 Sep

… 35 jours sans écrire sur le blog.

Pas sûre que ça me réussisse.

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Je crois qu’il est temps que je m’y remette. Non ?

(photo récupérée sur Internet il y a longtemps, donc sans crédit. Sorry)

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).