Archive for the ‘Tours et alentours’ Category

Tout voir à Touvoie


17 Oct

Lors des dernières Journées du Patrimoine, dont j’ai déjà parlé (voir « Tour sud »), j’ai également eu la chance, invitée par mes amis de la troupe « Passeurs de légendes » (voir leur page Facebook et leur site) qui jouaient leur dernière création dans les jardins, de découvrir le Moulin de Touvoie, dans le charmant village de Rochecorbon, qui longe la Loire près de Tours.

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En fait de moulin, il s’agit plutôt d’un ancien logis seigneurial des XIIe et XVIe siècles, comprenant plusieurs bâtiments magnifiquement restaurés. Le site était déjà occupé à l’époque gallo-romaine, ce qui ne nous rajeunit pas. Le bâtiment principal fut transformé en moulin à la fin du XVIe, sans doute parce que le moulin originel, construit en bois, avait été détruit. Il avait alors été décidé de transporter le moulin à l’intérieur du bâtiment principal pour ne pas avoir à le reconstruire. Le moulin fut rattaché à l’Abbaye de Marmoutier, et moines et habitants de Rochecorbon venaient y moudre le grain pour faire leur pain. On raconte que c’est saint Martin qui fit jaillir dans le jardin une source qui apportait la jeunesse à quiconque la buvait. Les vertus de cette eau magique se transmirent au fil des siècles (informations recueillies sur patrimoine de France).

Le tout est harmonieux et dégage un charme assez magique…

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Cette magie n’a d’ailleurs pas échappé à un magicien célèbre : Jean Cocteau y tourna, en 1945, de nombreuses scènes de son inoubliable « La Belle et la Bête » (dont voici une bande-annonce…)

Image de prévisualisation YouTube

… « La Belle et la Bête » dont les « Passeurs de légendes » nous interprétèrent ce jour-là leur version médiévale de l’histoire originelle…

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… entre la grange…

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… et cette charrette de foin, comme sortis du film et de la légende…

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… Un voyage hors du temps.

(Photos de l’auteur ; affiche « La belle et la Bête », Passeurs de légendes)

Tour sud


30 Sep

Ce qui est bien avec l’institution que sont devenues les Journées du Patrimoine, outre le fait qu’elles permettent de découvrir des lieux dans lesquels on n’a jamais mis les pieds, voire dont on ne soupçonnait pas l’existence, c’est qu’on a accès à des endroits de certains monuments qui ne sont généralement pas ouverts au public.

Ainsi, il était permis, sur inscription préalable, aux courageux que les escaliers n’effraient pas d’accéder à la tour sud de « ma » cathédrale Saint-Gatien, à Tours.

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La tour sud, pour vous qui regardez la photo, c’est celle de droite, d’un mètre plus haute que sa voisine du nord (69 mètres contre 68).

Sur le côté sud de cette tour sud, on voit bien que la base, sobre, sans décor, n’est pas de la même époque que le haut, plus travaillé, plus aérien, mélange de gothique flamboyant et de style Renaissance. De fait, le bas de la tour sud date du XIIe siècle, c’est une des parties les plus anciennes de Saint-Gatien. On y voit bien la persistance du style roman… ainsi que la tourelle qui abrite l’escalier, accolé à la tour (tourelle à laquelle on accède depuis l’intérieur de la cathédrale).

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Mais, me direz-vous, cette tourelle ne monte pas jusqu’en haut de la tour… Vous avez raison (vous êtes sacrément observateur !). Une seconde mini-tourelle prend la suite, plus dissimulée à l’arrière de la tour. Mais rien n’échappe à l’objectif de mon appareil… plus étroite, plus fine, cette mini-tourelle permet d’accéder à la « terrasse » de la tour.

 
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Depuis l’intérieur, le « toit » rond de la première tourelle, avec le « moyeu » central de l’escalier et sa rampe…

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Tout ça c’est bien beau, me direz-vous (parce que vous parlez beaucoup aujourd’hui), mais on ne vous a pas suivie jusque-là pour ces détails architecturaux, aussi intéressants soient-ils… Qu’est-ce qu’on voit, depuis le haut de cette fameuse tour ?

Depuis la tour, on voit Tours…

… vers le sud-est, avec le musée (ex-archevêché) et le jardin des Beaux-Arts (et son magnifique cèdre), le jardin du Carmel, moins arboré mais qui est le plus grand de la ville, le bâtiment du Conservatoire (ancien couvent des Ursulines… ah, c’était un quartier pieux…), les arbres du parc Mirabeau, les faubourgs est de la ville et Saint-Pierre-des-Corps :

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… plein ouest, la ville avec la tour « Charlemagne » de l’ancienne basilique Saint-Martin et le dôme de la nouvelle, et à droite, les arbres qui bordent la Loire :

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… vers le nord-est, on voit le haut de la tour voisine, la vallée et le coteau :

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… et même, en se penchant un peu, le cloître de la cathédrale (dit  » de la Psalette »), son bel escalier Renaissance, et plus près de la Loire, les tours de l’ancien château :

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… et plein est, au-dessus de la flèche qui marque le croisement de la nef et du transept, ce n’est pas tant les faubourgs que l’on regarde que la coulée verte du fleuve qui se perd en amont vers Amboise et Blois…

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Beau tour d’horizon, depuis le point culminant du centre de Tours (la terrasse est à 52 mètres)… qui valait bien les 400 et quelque marches pour y accéder…

(photos de l’auteur)

French fougères


05 Août

Vous souvenez-vous de mes english fougères du printemps 2013 (voir « English fougères ») ?

Au festival des jardins de Chaumont-sur-Loire, édition 2014, cette année quoi (pour les des années précédentes, voir la rubrique « festival des jardins » et notamment « Facettes », « La jetée » et « Noeuds »), le thème est : « Jardins des péchés capitaux »… et j’avoue, j’ai péché, et je suis retombée amoureuse de fougères, françaises cette fois-ci…

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… délicieusement dissimulées dans le jardin n° 19 bis (déjà, c’est bien parti pour me plaire…), lui-même intitulé « Résurrection, éloge de la défaillance » (beau titre). Il est l’oeuvre d’Ana Morales, artiste paysagiste française.

Bien sûr, derrière son travail, il y a toute une réflexion sur les péchés capitaux, sources de forces vitales et d’énergies capables de briser le béton, et tout ça. Mais vous voulez que je vous dise : ses fougères sont fantastiques.

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… d’ailleurs, les fougères sont fantastiques, dans leurs couleurs, leurs formes, la façon dont elles s’entortillent, se disputent, se séparent, se retrouvent et forment un tout harmonieux et délicat, dans leurs différences de texture et d’élan…

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Qui a dit que je projetais ?

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Faut dire : avec un thème comme les péchés capitaux, il peut y avoir quelques excès.

(Photos de l’auteur, festival des jardins de Chaumont-sur-Loire)

 

Zéro


30 Juil

Dans un endroit peu poétique, assez précisément sous l’autoroute A10, se trouve le…

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Je vois le point d’interrogation qui se dessine au-dessus de votre tête, comme dans un vieux Spirou…

Le point zéro. Avec coordonnées géographiques précises.

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… donc, sur un des piliers qui soutiennent la chaussée de l’autoroute. Je vous avais prévenu : a priori, peu poétique.

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Mais… ce point zéro se situe précisément à la « frontière » entre Tours et Saint-Pierre-des-Corps, entre la ville bourgeoise et sa banlieue (restée) rouge, sur cette ligne de démarcation qui sépare symboliquement « riches » et « pauvres », « possédants » et « ouvriers » (Saint-Pierre a longtemps été, outre un noeud ferroviaire, un important centre industriel).

Et ce point zéro a été voulu comme…

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J’adore l’idée d’une spirale de réconciliation urbaine universelle (nous en avons grand besoin, et bien au-delà de l’antagonisme Tours-Saint-Pierre-des-Corps. Mais il faut un début à tout, et cette réconciliation-là en vaudrait bien une autre pour lancer le mouvement), comme celle de l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine qui, selon son site (dont je vous conseille la visite), « peut être considérée comme une sorte de science poétique d’un nouveau genre : elle consiste à coucher les villes sur le divan, détecter les névroses urbaines et proposer des solutions thérapeutiques adéquates ». Ce magnifique Point zéro est une initiative (c’est écrit trop petit pour que vous le lisiez) du pOlau, le Pôle des arts urbains, qui est une « plateforme de soutien et de mise en œuvre de projets, de conseils et d’études associant démarches artistiques et enjeux urbains ».

Entièrement poétique, donc. Et plein de sens.

(photos de l’auteur)

Proposition


20 Juil

Vous vous souvenez de ma visite récente à la fondation du doute à Blois (voir « La fondation ») ? Mais vous souvenez-vous également de mon amour des photomatons (voir « -matons » de mars 2013) ?

Alors, bien sûr, quand j’ai vu ça dans la grande salle d’entrée-bar-cafétéria qui jouxte la petite pièce où l’on prend ses billets d’entrée à la fondation…

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… je n’ai pas pu résister… D’ailleurs, qui pourrait résister à l’idée de devenir une œuvre d’art  ou au minimum, de devenir un autre, de changer d’identité ?

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Entre cette jolie proposition et…

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… le choix a été facile.

L’autre option était…

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… oui, le miroir, pour devenir une œuvre d’art. Tous les matins dans sa salle de bains, dans l’ascenseur qui mène au bureau, tous les midis dans la vitrine du traiteur chinois, tous les soirs dans le rétroviseur de sa voiture. Une œuvre d’art en mouvement, en temps réel, en chair et os. Vous. Moi. Nous.

Car le mouvement Fluxus, qu’expose la fondation, c’est…
neelhe-photomaton-Ben-fondation du doute (2)Et, si je peux me permettre un conseil, demain matin devant votre miroir…

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… ça vous permettra peut-être de passer une meilleure journée…

(photos de l’auteur, œuvres de Ben à la fondation du doute à Blois)

Polychrome


15 Juil

Le village de Lavardin est riche, non seulement des ruines de son chateau-fort (voir « Ruines »), mais aussi de son église romane. Et surtout, des peintures murales à l’intérieur de son église consacrée à saint Genest (rien à voir avec la Véronique du même nom qui officiait sur TF1 sous le nom de Julie Lescaut, enfin, j’aime à le penser).

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Les piliers sont peints, le choeur est multicolore, et la voûte est entièrement en bois, comme la coque retournée d’un navire.

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L’église date probablement du XIe siècle et les peintures et sculptures qui la décorent de la période qui va du XIe au XVe siècle.

Au-dessus du chœur, un christ enseignant, Pantocrator en grec (merci à qui de droit pour l’info), entouré des quatre évangélistes, représentés de manière allégorique, l’ange pour saint Matthieu, l’aigle pour saint Jean (que les lecteurs de Tintin et du « secret de la Licorne » connaissent bien, voir « Pause »), le taureau pour saint Luc et le lion, généralement ailé, pour saint Marc.

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La lumière douce, tombant des fenêtres romanes, magnifie les couleurs et les sculptures sur les piliers…

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On reconnaît certaines scènes du panthéon catholique, comme ce Jugement Dernier…

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Même le pavement est beau…
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Quelques conseils arides mais certainement avisés sont inscrits sur les murs  (j’ai lu : « Allez, aurons et de peu dînerons » – manque-t-il quelque chose ?…)

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Toutes ces merveilles dans le Loir-et-Cher, cher – justement – à Michel Delpech, près de Vendôme… A priori, rien de bien exotique. Et pourtant… Une merveille.

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(photos de l’auteur, église Saint-Genest de Lavardin)

La fondation


27 Juin

Il y a eu un petit silence sur ce blog parce que j’étais dans un…

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Mais avant d’y glisser, je suis allée à Blois visiter la…

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Vous pensez bien qu’avec un tel nom, je ne pouvais pas ne pas y aller… Dans la cour, on trouve même le camion du…

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Le centre mondial du questionnement est forcément mobile puisque le questionnement voyage, comme le doute…

Et la fondation du doute, elle-même, alors, qu’est-ce que c’est que ce machin ?

C’est un bâtiment d’abord. On est vite dans le bain. D’un côté…

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Et de l’autre…

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… une façade recouverte de panneaux sur lesquels figurent des sentences de Ben, vous savez, ces phrases courtes, drôles ou non (ça dépend du contexte), généralement écrites en blanc sur fond noir (mais ça n’est pas obligé), de sa graphie ronde…

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J’ai toujours bien aimé son travail, que beaucoup trouvent facile en pensant, entre autres…

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… objection constructive (!) que Ben a bien sûr retournée contre elle-même…

Donc, avant même de rentrer dans le bâtiment dans lequel sont exposées des oeuvres qui permettent de comprendre davantage son travail, sa réflexion, et ceux du mouvement auquel il appartient, Fluxus, j’ai profité de la façade, parfois ludique, parfois plus grave…

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J’y reviendrai…

D’ici-là…

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(photos de l’auteur. Site de la fondation du doute)

 

 

Pigeon-vole


05 Juin

A Poncé-sur-le-Loir, à la frontière entre Sarthe et Loir-et-Cher, le domaine du château Renaissance abrite, outre le château lui-même, un « jardin remarquable » (labyrinthe de charmilles –  le nom seul fait rêver), une terrasse « caroline » (décor de briques et pierres dans le goût néogothique des années 1830, qui habille la falaise de tuffeau) et… un pigeonnier.

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Un pigeonnier ? Bof, pensez-vous. Erreur. Car ce pigeonnier qui date du XVIIe ou XVIIIe siècle est dans un état de conservation remarquable. Extérieur et surtout intérieur.

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Il pouvait abriter plus de 1800 pigeons et a conservé ses échelles tournantes qui permettait l’accès aux différents niveaux de boulins pour leur nettoyage, la préhension des pigeonneaux ou des pigeons.

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La charpente est magnifique, avec ses lucarnes d’envol…
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… et les 1800 boulins qui surplombent et encerclent le visiteur lui donne l’impression d’être au coeur d’une ruche silencieuse…

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… parce qu’abandonnée…

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Évidemment, puisqu’on est (encore) en val de Loir(e), les murs sont en tuffeau, cette pierre si tendre qu’on peut l’abîmer avec l’ongle… et y laisser éventuellement trace de son passage (ce que n’ont pas fait les milliers de pigeons, plus discrets, passés par ici)…

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… Vous savez à quoi j’ai pensé (en dehors de la ruche, bien sûr) ? Aux capsules hôtels japonais, ces alvéoles dans lesquels les travailleurs japonais passent parfois une (ou plusieurs) nuit(s). Le lieu est (infiniment) moins beau et la proportion taille de l’habitant/espace n’est pas à l’avantage des humains, me semble-t-il.

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Des pîgeons ?

Pigeons volent, donc.

 

(Photos de l’auteur sauf photo capsule hôtel)

Le chevalier/2


26 Avr

Le street art, quand on s’y met, et qu’on commence à être attentif en se baladant dans les rues, c’est comme quand on sort dehors, à la campagne, une nuit d’hiver. On est d’abord heureux de constater que c’est une nuit claire, sans nuages, qui laisse voir son infinité d’étoiles. Puis on s’aperçoit que juste au-dessus de l’horizon en face de nous, se dessine la constellation qu’on préfère (au hasard, celle d’Orion). On a un sentiment de proximité avec les choses, de connivence, de complicité.

Ça m’a fait un peu ça l’autre jour dans la petite rue Etienne Pallu à Tours, dans un angle de porche tagué et un peu bordélique. Dans cette rue où je passe régulièrement, j’ai ce jour-là reconnu plusieurs petites œuvres de mon ami (il l’ignore) Fred le chevalier (dont je vous parlais en décembre dernier dans « Le chevalier »).

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Ces personnages noirs et blancs, souvent masqués, donc doucement mystérieux, et jolis comme des adolescent(e)s androgynes.

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Même en lambeaux, il reste quelque chose d’un peu magique dans les formes qu’on devine, ces silhouettes sages, ces animaux familiers et fantastiques…

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Je vais tâcher d’ouvrir encore davantage les yeux.

(photos de l’auteur)

Episode dépressif majeur ?


16 Avr

Dans la charmante mairie annexe du quartier sainte Radegonde (mais oui, ça existe) à Tours, par un après-midi radieux…

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… j’ai croisé Marianne.

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Comment dire ? Pas en forme, hein. Toujours jolie, c’est pas ça. Mais pâlotte, le regard un peu vide, comme absente à elle-même. Et même, si on est un peu attentif, franchement triste.

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Comme si elle ne portait plus ses attributs que péniblement, comme des chaînes trop lourdes, alors qu’ils représentaient sa fierté.

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Je surinterprète ? Peut-être. Mais pas si sûre.

Pourtant, comme chantait avec entrain Michel Delpech dans cette chanson de 1973, « Dieu, mais que Marianne était jolie » (vidéo d’époque croquignolette avec un Delpech coiffé comme Mireille Matthieu et chaussé comme Dalida). Elle doit avoir oublié, et oublié aussi notre regard, et notre affection.

http://www.dailymotion.com/video/x285jw

« Elle est née dans le Paris 1790/Comme une rose épanouie/Au jardin des fleurs de lys.
Marianne a cinq enfants/qu’elle élève de son mieux
Marianne a maintenant/quelques rides au coin des yeux.

Dieu ! Mais que Marianne était jolie/quand elle marchait dans les rues de Paris/en chantant à pleine voix : « Ça ira ça ira… » toute la vie.
Dieu ! Mais que Marianne était jolie/quand elle embrasait le coeur de Paris/en criant dessus les toits : « Ça ira ! ça ira ! » toute la vie. »

Oui, cet enthousiasme, cette jeunesse, ce vent de liberté, ces valeurs universelles balancées avec insolence à la face du vieux monde. Eh, Marianne, un Prozac ?

(photos de l’auteur)

Neelhe.fr

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