Archive for the ‘Japanese trip’ Category

Erables et ginkgos


26 Nov

J’étais dimanche après-midi dans le magnifique jardin Albert Kahn à Boulogne, japonisant, pour ne pas dire japonais…

neelhe-jardin a kahn boulogne (5)

Les essences d’arbres, les pierres, les petits ponts rouges, et l’étang, dans l’eau duquel se reflétait la cime des arbres…

neelhe-jardin a kahn boulogne (3)

Au jour du premier anniversaire de mon retour de voyage du Japon, retrouver le calme et l’harmonie de leurs jardins, en pleine banlieue parisienne… et deux de mes arbres fétiches, érables…

neelhe-jardin a kahn boulogne (4)

… et ginkgos bilobas, et leurs teintes d’automne.

neelhe-jardin a kahn boulogne (1)Comme un soupir d’aise.

(photos de l’auteur)

 

Anniversaire


01 Nov

Aujourd’hui, ce blog a un an.

Un an, quatre saisons, de l’automne dernier…

Japon 177

… puis l’hiver…

neelhe-tours-neige-janvier2013 (3)

… le printemps…

neelhe-bleu (2)

… l’été…

neelhe-été (2)

… et son décrochement…

neelhe-été (1)

Un an, du plus lointain à l’est…

P1060526

… aux rivages de l’ouest…

neelhe-granville-baiemtstmichel (3)

… et du nord anglais …

neelhe-somerset-glastonbury

… au sud alpin…

neelhe-alpes-été2013

… avec, comme axe central, Tours et la Loire, et Paris.

neelhe-granville-février13 (4)

Une année, 220 articles, 13 catégories, 252 commentaires. Plus de 5000 visites, plus de 3000 visiteurs uniques (la différence provenant de personnes venant plusieurs fois sur le site), presque 10 000 pages vues.

Une année de pochettes-surprises, de gargouilles impudiques, de bande-son, de découvertes, d’œuvres d’artistes partagées, dans les musées ou au coin des rues, de villes, de jardins, de fleuves, de cathédrales et de papillons…  Une année où j’ai essayé, et parfois réussi, à trouver un peu de merveilleux dans le quotidien, en essayant de décaler le regard, pour changer d’angle ou de perspective…

Une année de commentaires, aussi, merci à celles et ceux qui en ont laissé, ce qui donne au blog une belle dynamique et souvent comme un souffle d’air frais…

Je signe pour une nouvelle année.

(photos de l’auteur)

La jetée


23 Oct

Au festival des jardins de Chaumont-sur-Loire, cette année, il y en avait un qui s’appelait « La jetée »…

neelhe-la jetée (2)Une avancée de traverses de bois dans un jardin ayant la forme ovale des fonds de stades, menant à un garde-corps permettant de contempler un champ bien régulier de petits miroirs ronds mêlés à des fleurs et tiges sauvages…

neelhe-la jetée (4)

… les miroirs reflétant le ciel, ou le vide, ou le visiteur, et les tiges s’entremêlant avec grâce et liberté…

neelhe-la jetée (5)

… vision enchanteresse et titre magique : « La jetée », c’est aussi un film de Chris Marker, qui date de 1962 (et que j’ai vu bien après, je vous rassure), qui dure 28 minutes, en noir et blanc, d’une puissance poétique très marquante et dont le sujet principal, traité à travers une histoire bouleversante, est la mémoire.

Et « La jetée », c’est aussi le nom d’un minuscule et adorable bar à Tokyo, où je suis allée l’année dernière, dans le quartier du Golden Gay à Shinjuku. En voici la porte, qui ouvre sur un escalier très raide, menant lui-même à une salle vraiment très petite… Autant vous dire que retrouver une écriture en lettres latines et la bonne tête de M. Chat sur la porte (oui, Chris Marker a aussi fait un film avec M. Chat , la création féline de Thoma Vuille, « Chats perchés ») dans ce petit quartier de l’immense Tokyo était déjà assez merveilleux…

neelhe-la jetée (6)

Le bar tient son nom du film de Chris Marker, et si vous y allez, vous discuterez cinéma avec la délicieuse, très francophile et très cinéphile Tomoyo, la patronne des lieux : pour un compte rendu complet de cette soirée, voir le post de Catherine sur son blog.

Je vous livre juste une photo floue, prise dans le bar, de la reproduction d’une image célèbre du film sur laquelle on voit en arrière-plan les pistes de l’aéroport d’Orly… au-dessus d’une étagère de cassettes – oui, de K7, comme on disait – et de maneki-neko, ces petites statuettes de chat porte-bonheur… (sur l’amour que les Japonais portent à leurs animaux, voir « Des animaux (de compagnie) »).

neelhe-la jetée (7)

Autant vous dire que « La jetée » ouvre toutes sortes de tiroirs dans ma propre mémoire… jardin, cinéma, Japon…

neelhe-la jetée (8)

(photos de l’auteur)

L’automne à Tokyo


15 Oct

Il y a quelques mois, Bertrand, notre disquaire, avait mis cette pochette dans la vitrine de son magasin « Madison » :

neelhe-pochettes surprises (3)

Beaucoup d’éléments du Japon traditionnel figurent sur la pochette : le cerisier en fleurs, les geta (chaussures traditionnelles)…

neelhe-japon-nostalgie (9)

… les cloisons japonaises, les bambous, les nénuphars… même la couleur orange du haut de la pochette rappelle celle de beaucoup de temples shinto.

Et c’est sans doute l’arrivée de l’automne et l’approche du premier anniversaire de la date de mon départ pour Tokyo, mais ça me parle, en ce moment, ces « Vacances au Japon »… même si la musique de fond de ce séjour n’était pas celle de « Ricardo Santos et son orchestre »…

Alors, pour le fun, la beauté de l’automne là-bas, et ce petit goût de nostalgie… quelques clichés, pour mémoire…

Le Pavillon d’Or, à Kyoto…

neelhe-japon-nostalgie (4)

Le toit du Pavillon d’Argent au milieu de la mer de couleurs des arbres de novembre…

neelhe-japon-nostalgie (5)

Le jardin « sec » du même Pavillon d’Argent…

neelhe-japon-nostalgie (7)

Et la porte du sanctuaire shinto Kasuga taisha de Nara… (voir « Toits japonais », « Intérieur temple », et « Nara Day »)

neelhe-japon-nostalgie

… qui ouvre l’espace et les perspectives. Ailleurs.

Alors, si je dois faire un voeu et lancer une pièce :

neelhe-japon-nostalgie (8)… oui, y retourner.

(photos de l’auteur)

Envie d’est


06 Juil

Sur mon bout du monde normand, il y a une librairie au beau nom du « Détour » (voir « Fragments de gran(ville)« , dans laquelle j’ai pu assouvir mon envie  – un peu à contrecourant, puisque je suis plein ouest et que c’est un désir d’est – de Japon :  j’y ai trouvé Les cygnes sauvages de Kenneth White, dans lequel il raconte son voyage à Hokkaido, la plus septentrionale des îles de l’archipel, de son écriture poétique, précise et imagée.

Alors, je fais un voeu, avant d’aller profiter du soleil enfin installé dans le bleu du ciel, au-dessus de la mer..

neelhe-japon-kamakura

… Retourner bientôt au Japon, et monter au nord jusqu’à l’ile d’Hokkaido.

(photo de l’auteur prise lors du Japanese trip en novembre à Kamakura.) – Spéciale dédicace à Catherine, pour le Japon, Hokkaido et Kenneth White….

Bodhisattva


07 Mai

Au musée Cernushi à Paris (voir « Bestiaire chinois »), cette superbe statue de bodhisattva.

neelhe-paris-musée cernushi (2)

On a à peu près l’idée : c’est une sorte de bouddha. Oui, mais c’est flou, comme définition, non ?

Alors, pour être plus précis (infos tirées du site Insecula) : bodhisattva est un terme sanscrit, qui appartient effectivement au domaine religieux du bouddhisme. Il désigne des êtres (sattva) qui ont atteint l’état d’éveil (bodhi) -les veinards-, mais qui refusent d’entrer dans le nirvana pour se réincarner et aider les autres êtres sensibles à progresser eux aussi sur le chemin de l’Éveil. Des gars bien, donc. Qui nous donnent un coup de main, l’air de rien, quand on galère grave. En infusant un peu de modernité dans la traduction, ça pourrait donner quelque chose comme : body, ça’t’va ?

neelhe-paris-musée cernushi

Alors, ma question est simple : ils ont un truc contre une tendinite qui traîne ?

(photo de l’auteur)

Bestiaire chinois


06 Mai

Paris, visite du petit mais ravissant musée Cernushi, dans un hôtel particulier lui-même niché dans une avenue privée donnant directement dans le parc Monceau. Une exposition y présente des dessins et calligraphies de « l’école de Shanghai » (1840-1920) jusqu’en juin, œuvres magnifiques et apaisantes, mais les photos sont interdites, vous devrez donc vous contenter de me croire sur parole, ou d’y aller voir par vous-même.

Le billet d’entrée donne aussi accès aux collections permanentes au premier étage, et là les photos sont autorisées. On voit des pièces magnifiques, et un bestiaire chinois plutôt… riche et varié !

Un ours hilare…

neelhe-paris-musée cernushi (2)

Une  chouette éberluée…

neelhe-paris-musée cernushi (4)

Une pie posée sur un oreiller traditionnel…

neelhe-paris-musée cernushi (6)

Des animaux moins communs, plus fantastiques, mythologiques…

Un chien pas sympa-sympa, on plaint le facteur qui travaille dans le coin…

neelhe-paris-musée cernushi

Un phénix magnifique et aussi léger que l’air…

neelhe-paris-musée cernushi (5)

Et une bestiole indéfinie, juché sur le couvercle d’une sorte de jarre en bois,  mi-cerf (pour les cornes)-mi-Vanessa Paradis (pour les dents du bonheur), dont j’avoue m’être entichée le temps de la visite… il y a quelque chose d’un peu nostalgique dans son regard, non ? une sorte d’interrogation métaphysique qui ne trouve pas sa réponse… et ce sourire  un peu contrit (un détartrage, peut-être ?)… irrésistible.

neelhe-paris-musée cernushi (8)

Et cette pièce formidable, un vase You en forme de félin dit « la Tigresse », qui date du XIe siècle avant notre ère… d’une richesse de décor incroyable, il faudrait photographier chaque détail de chaque côté… On ne sait pas très bien si la tigresse en question s’apprête à dévorer l’homme qu’elle tient sous sa gueule ou si elle le protège…

neelhe-paris-musée cernushi (7)

Bon, et les hommes, justement, que font-ils, eux, au milieu de ce bestiaire riche, parfois un peu effrayant… ? Eh bien, comme souvent, ils font des acrobaties…

neelhe-paris-musée cernushi (3)

Et parfois, c’est ce qu’il y a de mieux à faire, pirouettes, acrobaties, voltiges. Échapper un peu à la pesanteur (et à la tendinite) !

(photos de l’auteur)

Tendinite (et sols japonais)


26 Avr

Tendinite : « affection douloureuse du tendon correspondant a une histopathologie spécifique qui met en jeu un mécanisme inflammatoire » (Wikipédia).

Vous voyez le truc. Pas grave, mais ça fait mal. Et vous savez où je me la suis faite, cette charmante tendinite ?

neelhe-pied-tendinite 010

Ben ouais, au pied. Plus précisément au gros orteil gauche. Vraiment pas pratique pour marcher. Alors, je ne marche pas beaucoup. Du coup, je bous (du verbe : « bouillir »), mais en douceur, je suis comme l’eau pour le thé, je frémis… Je lis, un peu. Je pense. Je me souviens.

neelhe-japon-nara

Japon, novembre dernier (ci-dessus, Nara. Voir la catégorie « Japan trip »).

Et en y repensant, quelque chose m’est revenu. Le souvenir d’une stèle sur le chemin de la philosophie à Kyoto. J’ai cherché dans mes photos. Vous allez comprendre.

neelhe-japon-kyoto (4)

Il se passe un truc, avec le gros orteil gauche, là, non ? Je ne comprends pas tout, mais ça ressemble à une flamme, ce qui est dessiné dessus, et on dirait qu’il souffle de l’air… chaud ?… (à comparer avec les schémas de réflexologie plantaire ?)

Et puis, à marcher et surtout à boiter, sur nos bitumes, sur nos pavés, sur nos sols durs, je me mets à repenser à la douceur de la paille des tatamis, à sa souplesse, à ces sensations comment dire ?… tendres, sous la voute plantaire.

neelhe-japon-kyoto

… Et aux planchers des temples, dont le bois des terrasses est parfois doucement chauffé par le soleil, et qu’on sent à travers la chaussette, puisqu’il faut se déchausser pour les visiter. (c’est sans doute à cause de ces habitudes de « déchaussage »  et de marche pieds nus que j’ai ces souvenirs précis de sensations « pédestres »…ici, Kyoto, temple Tenju-an…)

neelhe-japon-kyoto (2)

Et quand ils ne sont pas en bois, les sols des temples sont dallés, en pierre douce, usée…

neelhe-japon-kyoto (5)

Et les chemins doivent être solides, ils sont donc aussi en pierres, elles aussi usées, mais de manière moins égale – mais toujours aussi harmonieuse… à Kyoto, dans le jardin du Pavillon d’argent, le Ginkaku-ji…

neelhe-japon-kyoto (3)

Je crois que mes pieds veulent retourner au Japon. Eux, et le reste de mon corps. Ce voyage était aussi l’apprentissage d’une sensorialité différente, ou du moins l’apprentissage d’une attention différente à la sensorialité. (Je vais donc poursuivre en restant à l’écoute de… mon orteil gauche !)

(photos de l’auteur)


05 Mar

Nouvelle semaine, nouvelle vitrine chez Bertrand le disquaire, nouvelles pochettes sur la porte d’entrée de « Madison »… (les reflets font désormais partie de cette catégorie…)

neelhe-pochettessurprises-madison-tours (6)

Comme d’habitude, il y a de quoi faire avec le choix de Bertrand, entre la gueule de vieux lion de Ferré et ses titres toujours super joyeux…

neelhe-pochettessurprises-madison-tours (7)

… et la magnifique paire de fesses qui orne la pochette de Coutin, celui qui chantait (qui braillait, plutôt), souvenez-vous, qu’il aimait « regarder les filles qui marchent sur la plage, leurs poitrines gonflées par le désir de vivre »…

neelhe-pochettessurprises-madison-tours (15)

Il y a la pochette de Julie London, que je garde pour plus tard, peut-être, un autre post, un autre jour… ou non, on verra.

Et il y a la pochette en bas à gauche, pas la plus belle, mais la plus japonaise. (et comme ça, vous avez les horaires d’ouverture de « Madison ».)

neelhe-pochettessurprises-madison-tours (22)

Faisons simple : le nô est une forme de théâtre traditionnel au Japon, et la musique (assez déconcertante pour nos oreilles occidentales) y tient une place prépondérante.

« Shakkyô ou le pont de pierre » est le titre d’une pièce de nô racontant une ancienne légende bouddhique : le moine Jakushô fait un voyage vers un mont sacré en Chine, il arrive devant un pont de pierre, un jeune garçon apparaît qui lui indique que la terre au-delà du pont est une terre sacrée qui appartient à une divinité (au nom imprononçable), que la traversée est très dangereuse, mais que néanmoins s’il reste sur le pont, il assistera à un miracle ; Jakushô commence donc la traversée du pont, et s’arrête en son milieu. De l’autre côté apparaît  un lion (et ce n’est pas Léo Ferré), messager favorable de la divinité, qui exécute une danse parmi les pivoines épanouies et odorantes.

Cette « danse du lion sacré parmi les pivoines », forme artistique très complexe, est très souvent interprétée, notamment en présence d’étrangers, parce qu’elle est une bonne porte d’entrée dans le monde complexe du théâtre nô. Bien sûr, les acteurs portent des masques, appelés « nomen », comme celui qui figure sur la pochette, des costumes et des perruques : par exemple pour « la danse du lion sacré dans les pivoines », le lion se doit d’arborer une perruque-crinière rouge, volumineuse et longue.

Je vous mets une vidéo, pour vous donner une idée, filmée en amateur (plan fixe, pris depuis la salle) lors d’un festival de culture japonaise :

Image de prévisualisation YouTube

On voit qu’on est (très) loin de nos terres balisées d’Occidentaux ! (vous avez regardé jusqu’au bout, vous ?). Il n’empêche : avec le soleil revenu, nous aussi, nous allons bientôt pouvoir la danser, la « danse du lion dans les pivoines » : la floraison de ces magnifiques fleurs va commencer en mai, ça nous laisse un peu de temps pour apprendre le menuet aux lions de notre connaissance, décider lesquels sont sacrés et donc dignes de porter une perruque rouge, et de danser au bout d’un pont, de pierres, ce qui tombe bien, il y en a pas mal sur la Loire (même s’ils ne ressemblent pas à celui-ci, à Nikko, au nord de Tokyo, qui semble bien être au moins en partie en bois).

neelhe-japon-nikko

Au boulot !

(photos de l’auteur)

Intérieur temple II


30 Déc

En cet avant-dernier jour de l’année, envie de partager, en s’approchant petit à petit, la vision de l’intérieur de quelques temples bouddhistes.

Ôter ses souliers avant de monter les deux marches qui permettent d’entrer, sentir la texture du bois du sol sous ses pieds, à travers les chaussettes. Puis celle du tapis, puis du tatamis.

neelhe-japon-nara-objetsculte

Tout est en ordre, chaque objet à sa place, dont on devine l’utilité, sans en être vraiment certain – on est loin de ses repères européens -, les grands « bols chantants », et l’espèce de coquillage, sortes de gongs, et les instruments pour les frapper, maillets, marteaux, baguettes, plus ou moins fort, et faire vibrer le son, clair ou sourd, et sentir son épaisseur résonner dans l’air et l’habiter. Les statues des bouddhas, des maîtres éveillés. Les fleurs, les bougies, les offrandes. La paille des tatamis, le bois du bâtiment.

neelhe-japon-kamakura-objetsculte (2)

Le calme qui règne, et la lumière qui provient de partout à la fois, jamais éblouissante, douce.

neelhe-japon-kamakura-objetsculte

Et les idéogrammes indéchiffrables (pour nous) et sans doute sacrés sur du vieux papier.

neelhe-japon-nara (6)

Un peu de respiration.

Le voyage au Japon se termine… (presque…)

(photos de l’auteur)

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).