Archive for the ‘calligraphie, mail art, street art, typo’ Category

La belle équipe


10 Oct

Même en mon absence, j’ai des yeux à Paris. Des présences mystérieuses qui, parce qu’elle ont découvert sur ce blog que j’aimais son travail, photographient sur leurs téléphones portables les œuvres de Fred le Chevalier (voir « Le chevalier » et « Le chevalier/2 ») lorsqu’elles en croisent, collées sur les murs, les volets, les encoignures de portes cochères, et qu’elles m’envoient, comme un signe, de loin (je reçois aussi des photos de cockers roux, mais c’est une autre histoire…).

Ainsi ce personnage masqué au regard néanmoins perçant muni d’une épée, nous faisant clairement signe de ne pas avancer, dont j’ignore tout de la localisation (je ne sais donc pas vers quoi je ne dois pas avancer)…

neelhe-fred le chevalier (1)

Ou ce mage à la cape déchirée, au visage griffonné, qui semble procéder à des manipulations peu orthodoxes avec des aiguilles sur la poupée qu’il tient (on se croirait à la fin du « Temple du soleil »… sans les Incas, ni Tintin, voir « Pause » et « Le Migou ») – quand je pense que j’ai rendez-vous dans pas longtemps chez un acupuncteur…

neelhe-fred le chevalier (4)

… et puis, rue des Francs-Bourgeois (je le sais parce que j’y suis retournée après avoir reçu la photo d’origine), ce personnage féminin, le plus grand de Fred le Chevalier que j’ai vu dans un espace public, élégant, un peu triste, mais intact, sans tag, ni déchirure…

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… contrairement à ce petit collage double, non loin, déjà attaqué et cerné… Mais la rue vit, et ses murs aussi, c’est le jeu…

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J’aime la complicité secrète de mon équipe d’espion(ne)s autour de ces rencontres de hasard. Grâce soit rendue à ses membres, autoproclamés, observateurs et malicieux, comme Fred le Chevalier.

(photos 1 et 2 : F. P.-G. et N. L. Photos 3 et 4 de l’auteur)

Zéro


30 Juil

Dans un endroit peu poétique, assez précisément sous l’autoroute A10, se trouve le…

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Je vois le point d’interrogation qui se dessine au-dessus de votre tête, comme dans un vieux Spirou…

Le point zéro. Avec coordonnées géographiques précises.

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… donc, sur un des piliers qui soutiennent la chaussée de l’autoroute. Je vous avais prévenu : a priori, peu poétique.

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Mais… ce point zéro se situe précisément à la « frontière » entre Tours et Saint-Pierre-des-Corps, entre la ville bourgeoise et sa banlieue (restée) rouge, sur cette ligne de démarcation qui sépare symboliquement « riches » et « pauvres », « possédants » et « ouvriers » (Saint-Pierre a longtemps été, outre un noeud ferroviaire, un important centre industriel).

Et ce point zéro a été voulu comme…

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J’adore l’idée d’une spirale de réconciliation urbaine universelle (nous en avons grand besoin, et bien au-delà de l’antagonisme Tours-Saint-Pierre-des-Corps. Mais il faut un début à tout, et cette réconciliation-là en vaudrait bien une autre pour lancer le mouvement), comme celle de l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine qui, selon son site (dont je vous conseille la visite), « peut être considérée comme une sorte de science poétique d’un nouveau genre : elle consiste à coucher les villes sur le divan, détecter les névroses urbaines et proposer des solutions thérapeutiques adéquates ». Ce magnifique Point zéro est une initiative (c’est écrit trop petit pour que vous le lisiez) du pOlau, le Pôle des arts urbains, qui est une « plateforme de soutien et de mise en œuvre de projets, de conseils et d’études associant démarches artistiques et enjeux urbains ».

Entièrement poétique, donc. Et plein de sens.

(photos de l’auteur)

Le chevalier/2


26 Avr

Le street art, quand on s’y met, et qu’on commence à être attentif en se baladant dans les rues, c’est comme quand on sort dehors, à la campagne, une nuit d’hiver. On est d’abord heureux de constater que c’est une nuit claire, sans nuages, qui laisse voir son infinité d’étoiles. Puis on s’aperçoit que juste au-dessus de l’horizon en face de nous, se dessine la constellation qu’on préfère (au hasard, celle d’Orion). On a un sentiment de proximité avec les choses, de connivence, de complicité.

Ça m’a fait un peu ça l’autre jour dans la petite rue Etienne Pallu à Tours, dans un angle de porche tagué et un peu bordélique. Dans cette rue où je passe régulièrement, j’ai ce jour-là reconnu plusieurs petites œuvres de mon ami (il l’ignore) Fred le chevalier (dont je vous parlais en décembre dernier dans « Le chevalier »).

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Ces personnages noirs et blancs, souvent masqués, donc doucement mystérieux, et jolis comme des adolescent(e)s androgynes.

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Même en lambeaux, il reste quelque chose d’un peu magique dans les formes qu’on devine, ces silhouettes sages, ces animaux familiers et fantastiques…

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Je vais tâcher d’ouvrir encore davantage les yeux.

(photos de l’auteur)

/Inside


05 Avr

… Suite de l’exposition Rero (voir « Outside »).

Pendant, donc, que…

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… me vient une interrogation : suis-je assez…

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… visible (invisible) pour vous permettre de…

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Je note que Rero n’a pas, lui, écrit la phrase au mode interrogatif…. De manière positive, donc, il s’agit de fermer la porte sur le passé et de…

neelhe-rero

… laisser les choses venir. (Et d’intégrer – parfois – cette rayure sur les mots, cette sorte de soulignement intégré, qui crée comme une amplification délicate du sens…)

(Photos de l’auteur. Oeuvres de Rero, galerie Backslash, Paris)

Outside


02 Avr

Message de Rero, l’artiste de street art (qui expose dorénavant dans des galeries, notamment celle où j’ai vu ses dernières créations, dans la rue Notre-Dame-de-Nazareth, à la galerie Backslash). Je l’ai découvert, souvenez-vous, en janvier 2013 lors de ma visite au musée de la Poste (voir le post « Arts des rues »).

En ce beau début avril, un message simple où le bonheur (est-ce lui ?) nous dit :

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Vous vous souvenez du poème de Paul Fort :

« Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.
Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer. »

Il nous attend dehors…

(photo de l’auteur. Oeuvre de Rero)

Typorama


25 Mar

Si vous aimez les graphisme et la typo(-graphie), ne manquez pas l’expo sur le travail de Philippe Apeloig au musée des arts décoratifs, à Paris. Elle s’intitule « Typorama » (titre bien trouvé)… Philippe Apeloig travaille depuis trente ans au graphisme de nombreuses affiches ou logos, pour des organismes ou manifestations…

… littéraires…

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… urbanistiques…

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… picturales…

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… théâtrales et musicales (très fructueuse collaboration avec le théâtre du Châtelet)…

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… et culturelles, comme cette affiche d’une exposition de 1987, « Chicago, naissance d’une métropole » au musée d’Orsay, affiche qui ornait le mur de mon appartement dans ces années-là (j’ignorais bien sûr à l’époque le nom du graphiste)…

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… il faudrait tout détailler, la finesse du choix des typo, des photos, le travail de l’équilibre dans les compositions,  le jeu subtil des formes et des dégradés ou des contrastes de couleurs…

Philippe Apeloig a aussi créé des typos spécifiques, dont je vous livre quelques signes…

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… parce que j’aime leur présentation (signes blancs sur fond noir du couloir central de l’exposition)…

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le dynamisme  et/ou la rotondité de leurs formes…

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… et leur simplicité.

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Nous sommes entourés, parfois saturés, de signes graphiques de toutes sortes, délivrant des messages que nous recevons souvent contre notre gré. La plupart de ces signes sont assez laids, criards et agressifs, ou leurs messages inutiles, nocifs ou vains. Pour nous épargner, nous finissons par ne plus vraiment les regarder.

Le magnifique travail de Philippe Apeloig permet de rétablir l’équilibre, de poser son attention et de savourer beauté et équilibre dans des objets à visée essentiellement informative. Noblesse du graphisme. Art de la typo.

(photos de l’auteur à l’exposition « Typorama » au musée des arts décoratifs)

Plume


07 Fév

J’ai croisé ce collage sur une vieille porte de garage taguée du « vieux Tours ».

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M’étant rapprochée, j’ai lu les deux mots écrits sur le noir et le blanc du haut du rachis… de la plume, puisque c’en est une…

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« Leave feather » : Laisser une plume. Ou y laisser des plumes ?

J’aime cette trace et ce message que le passant interprète comme il veut. Alors, y laisser des plumes, ou pas ?

(photos de l’auteur)

Bande-son : l’adorable, intime et très courte chanson murmurée par Neil Young sur l’album « Hawks and doves  » de 1980.

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All her friends call her Little Wing/But she flies rings around them all
She comes to town when the children sing/And leaves them feather as if they fall
She leaves her feathers as if they fall

Little Wing, don’t fly away
When the summer turns to fall
Don’t you know some people say
The winter is the best time of them all
Winter is the best of all.

« Tous ses amis l’appellent Petite Aile/Mais elle vole en rond autour d’eux
Elle arrive en ville quand les enfants chantent/Et elle leur laisse des plumes si elles tombent
Elle leur laisse des plumes si elles tombent

Petite Aile, ne t’envole pas
Quand l’été vacille/Ignores-tu ce que les gens disent ?
L’hiver est le meilleur moment/L’hiver est ce qu’il y a de mieux »

Résistance


22 Jan

J’ai beau vouloir échapper au diktat de l’actualité, parfois elle me rattrape. Et une image captée au coin d’une rue du Paris devient un symbole.

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Août 2001, après l’arrivée tardive du vol Paris-Damas qui ne nous a pas permis d’arriver suffisamment tôt à l’hôtel pour bénéficier d’une chambre, nous avons dormi sur le toit, à la belle étoile. J’ai donc été réveillée vers 5 heures du matin par le chant du muezzin, dont la puissance et la poésie étaient démultipliées par les hauts-parleurs, appelant les croyants à la prière et les infidèles – dont j’étais et je suis  toujours – à l’émerveillement de l’aube qui se lève sur les toits enchevêtres d’une ville du Moyen-Orient.

Plus tard, il y a eu les splendeurs de la Mosquée des Omeyyades, les ruelles du souk, l’extrême gentillesse et la bienveillance des Syriens, leur courtoisie. Puis plus loin, l’oasis de Palmyre et le fantôme de sa reine Zénobie, ses ruines splendides sur fond de désert, celles de Bosra plus au sud, le souvenir des croisades au Krak des chevaliers, les ruines du monastère de saint-Siméon près de la frontière turque. La chaleur écrasante, l’odeur de laurier du savon d’Alep dans les souks de la ville, la lumière, la beauté de cette civilisation millénaire et citadine, les minarets. Le chant du muezzin le jour, la nuit, cinq fois par vingt-quatre heures.

Nous ignorions que les attentats de septembre allaient faire de nous les derniers touristes de Damas.

Alors, pour mes soeurs et  frères syriens, ce soir, une pensée.

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(photos de l’auteur.)

Eblouissement


07 Jan

Pour commencer l’année, envie d’un mot qui contient de l’or, de l’encre, et du cor(ps). Je l’ai croisé sur un mur de Paris, comme tapé à la machine sur la pierre.

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Oui, une année de plus. Loin de la morosité et du cynisme ambiant, me rapprocher de la peau de la pierre pour que le mur me le murmure [encore.] une fois :

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Par moments, j’ai encore cet éblouissement. Je mesure ma chance. Être en vie.

 

Bande-son : Julien Doré, « Heaven » (‘il faut juste passer les 3 secondes du début)

Image de prévisualisation YouTube

 

(Photos de l’auteur.)

Le chevalier


11 Déc

Souvenez-vous, « Paris-province », en janvier dernier,

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… et « Impromptu », en septembre,

neelhe-paris-street  art

… posts dans lesquels je m’interrogeais sur l’identité de cet artiste de street art dont je croise les œuvres au coin des rues de Paris et aussi de Tours. Eh bien ce matin, justement dans une rue de Tours, un panneau très officiel…

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… vous pensez bien que je me suis approchée, trop contente de retrouver mes fragiles rois et mes reines de rencontre…

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… Et puis une fois rentrée chez moi, je me suis connectée sur le site de la manifestation annoncée par l’affiche. Et j’ai trouvé le nom de l’artiste…

Mesdames et Messieurs, please welcome Fred le Chevalier !

neelhe-fred le chevalier

Ah ben non, ça c’est Thibaud, le chevalier d’un des feuilletons cultes de mon enfance sur l’ORTF.

Non, Fred le chevalier, je n’ai pas sa photo. Mais je vous renvoie vers son site, avec plein de belles images, photos, collages, etc.  Je vous en livre deux, que je lui ai empruntées, que j’aime particulièrement…

019

… pour le rapport au rêve, et au sommeil (oui, où voyageais-tu cette nuit ?)… Et…

053

… pour l’allusion à l’Odyssée et à Ulysse, le héros de la ruse, un de mes préférés, qui a erré pendant dix ans après la fameuse guerre de Troie (qui elle aussi avait duré dix ans) avant de retrouver son île Ithaque, sa femme Pénélope et son fils Télémaque…

Fred le chevalier, merci pour ces visions… comme un écho, la photo de la première oeuvre repérée à Tours, de janvier dernier…

neelhe-tours-graph

… et la même, prise ce matin, presque un an plus tard donc.

neelhe-fred le chevalier (1)

… Un peu abîmé, mais pas si éphémère, le street art… et c’est une bonne nouvelle.

(photos de l’auteur des œuvres de Fred le chevalier, sauf 6 et 7, issues du diaporama de son site)

 

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