Archive for the ‘calligraphie, mail art, street art, typo’ Category

Papeterie


06 Déc

Dans la vitrine de la papeterie d’art…

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…. Calligrane, donc, rue du Pont-Louis-Philippe, Paris, France, mon œil a été attiré…

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… par des feuilles au matériau inhabituel… feuille de pommes…

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… de citron…

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… dentelles d’oignon…

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… tissage de courgette…

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… qui côtoient des objets de papeterie plus classiques…

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Sur son site, Calligrane indique simplement qu’il s’agit de « planches de fruits et de légumes séchés ». Tant d’attention, d’adresse, de méticulosité pour un résultat si délicat et si fin méritait bien un hommage au(x) créateur(s) – anonymes pour moi  – de ces collages ténus et graciles. Et par-delà, aux pommes, citrons, courgettes, oignons et autres fruits et légumes qu’on néglige bien souvent de regarder. La beauté de l’ordinaire, qui apparaît soudain.

(photos de l’auteur)

La liberté de l’escargot


11 Juin

Lors de mon dernier séjour à Paris début mai (période tendinite !), j’avais fait un saut (en boitillant) au musée de la Poste, pour voir une expo qui s’est révélée être beaucoup plus petite que ce à quoi je m’attendais, elle était installée dans la dernière salle des collections permanentes. Son nom ?

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« La logique de l’escargot »… je vous donne l’idée : l’artiste a écrit des lettres (et surtout en a reçues), pris des photos, enregistré des sons, dans chacun des 20 arrondissements de Paris  – qui est la ville où elle vit, puis elle a agrandi le cercle et a continué cette correspondance dans 20 villes européennes dans lesquelles elle est du coup passée…

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… en suivant cette stratégie de spirale…

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Une vitrine par arrondissement (ou presque) et une vitrine par ville traversée, présentant les lettres reçues et de certains objets trouvés sur place, caractéristiques de la ville en question… belle réalisation, dont on trouve une explication plus complète sur le site de l’artiste Anne Calas. Mais j’en reste à l’escargot et à sa stratégie…

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… développée par les correspondants de l’artiste…

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… de manière souvent pertinente…

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Oui, comment sortir de la logique de l’escargot ?

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Peut-être en ne cherchant pas à la comprendre, justement, et en la retrouvant partout, comme ici, dans le Somerset, plus précisément à Glastonbury (voir « Avalon »), dans le jardin du Chalice Well (du puits du calice… on est bien à l’endroit où certains situent l’emplacement où est caché le saint Graal)…

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… ou en prêtant attention, quand on le croise  dans un jardin, sur la marche d’une terrasse, comme dimanche près de Tours (la photo est assez ratée, mais je ne vais pas vous coller la photo d’un escargot quelconque, on parle bien de celui-là), à ce petit gastéropode, dont j’aime de plus en plus la lenteur, les antennes, la coquille, tous ces symboles d’un voyageur qui n’a besoin de rien d’autre que de lui-même finalement… et donc, sa logique…

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… en spirale – (mais l’escargot, contrairement au dessin de sa coquille, va droit devant lui, non ? )

(photos de l’auteur)

Art postal


12 Avr

Je suis allée il y a quelques semaines (je précise pour certains de mes lecteurs/lectrices qui pensent que je suis toujours en vadrouille !) à l’espace culturel Louis Vuitton – oui, Madame – installé dans des locaux superbes – tu m’étonnes, John – au coin des Champs-Élysées et de la rue Bassano.

L’espace culturel est au dernier étage de cet… immeuble. Il permet d’emblée d’apprécier une vue sur Paris assez magique, ici vers le sud-est, le Panthéon à gauche, et les tours du treizième arrondissement à droite…

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Mais je n’y allais pas pour contempler la vue (ce qui pourtant pourrait presque se suffire à soi-même) mais parce que l’espace culturel Louis-Vuitton abrite jusqu’à début mai une expo de mail art intitulée « Correspondances ». Le mail art, kesako ? (et j’en profite pour vous glisser, parce que parfois je m’interroge sur des choses graves, et que je cherche les réponses idoines, que notre « kesako » vient du pronom interrogatif quésako ou quésaco, lui-même issu de la locution occitane Qu’es aquò ?, « Qu’est-ce que c’est ? » – et n’a donc aucun rapport avec le nom de la célèbre eau minérale (é qué se appelerio) Quezac).

Donc, disais-je, le mail art, qu’est-ce que c’est ? eh ben, comme son nom l’indique, c’est de l’art postal. Nous voila bien avancés. Précisons, avec notre ami Wikipédia : « C’est l’art d’envoyer des lettres à découvert, décorées, timbrées et ayant été cachetées ».

Le mieux, c’est que je vous fasse voir la vitrine. Comme pour notre célèbre rubrique « Pochettes surprises », le reflet a été dans ce cas l’obsession de la photographe qu’il m’arrive d’être – pour l’éviter, évidemment. Ce qui est loin de réussir toujours.

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De plus près, moins de reflets.

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Et plus de précisions.

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Vous allez me dire : je ne vois pas bien l’intérêt. Soyez attentifs aux détails, et convenez que certaines enveloppes, certaines écritures peuvent être comme des mini œuvres.

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Et ça, c’est dans la vitrine de la rue. Passées l’entrée et la montée vers l’expo dans un petit ascenseur entièrement noir, sans lumière, où le liftier rassurant qui vous accompagne vous explique qu’il s’agit de l’oeuvre d’un artiste dont j’ai oublié le nom, vous arrivez dans l’espace clair de l’expo elle-même, et vous comprenez que le mail art comprend d’autres démarches que celles qui consiste à envoyer de belles enveloppes ou de beaux paquets, ce qui n’est déjà pas rien.

Il y a là, entre autres, 165 œuvres de Ray Johnson, des photographies de Jan Dibbets, des œuvres postales d’Alighiero Boetti… les peintures  aéropostales d’Eugenio Dittborn -grandes toiles qu’il peut plier et donc expédier facilement…

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… un détail, qui m’a fait sourire…

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… et les enveloppes qui leur ont permis de voyager…

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Plus loin, la belle œuvre de Danh Vô, texte et démarche de l’artiste émouvants, la Dernière lettre de Saint Théophraste Vénard à son père, dont voici un extrait… et on retrouve aussi mon intérêt pour la calligraphie, dans le sens large de « belle écriture »…

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Comme on la retrouve dans l’œuvre de Vittorio Santoro, « Silence destroys consequences » : l’artiste a envoyé la même demande à des centaines de personnes, avec cette instruction simple : « Dans la partie centrale, veuillez écrire à la main la phrase suivante… ». Sont donc accrochés au mur les envois des personnes ayant répondu à sa demande, lettre et enveloppe.

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Et on peut s’attarder à lire, de ces dizaines d’écritures différentes, la même phrase répétée à l’infini, en français…

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… en anglais… phrase avec laquelle on peut être d’ailleurs plus ou moins d’accord…

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De belles écritures énergiques, qui prennent toute leur place…

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D’autres plus délicates, plus discrètes…

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Je suis toujours touchée par ce type de démarche, et ses résultats…

Le mail art, comme la vie. Diverse et riche.

(Reste plus qu’à prendre l’ascenseur-dans-le-noir pour redescendre…)

(Photos de l’auteur)

Manuscrits


26 Mar

J’étais samedi au Salon du livre de Paris. J’ai traîné sur les stands de mes éditeurs préférés (Minuit, Autrement, Philippe Picquier, Actes Sud…),  dans les allées, beaucoup moins encombrées par la foule, des éditeurs qui se spécialisent dans les « livres d’artistes », sur les « plates-formes » des éditeurs régionaux, qui font souvent un travail de défrichage remarquable… et j’ai vu, au milieu de l’immense parc des expositions, cette minuscule exposition du Musée des lettres et des manuscrits. J’ai pris quelques clichés, toujours émue de découvrir les écritures de quelques auteurs que j’aime, ou à défaut que j’ai lus…

L’écriture, un peu en pattes de mouche, d’Albert Camus…

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Celle, plus lisible et plus « début de siècle », de Guillaume Apollinaire…

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Celle, plus ample, de Sacha Guitry…

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Un beau manuscrit de 1935 de Georges Rouault…

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Et l’écriture chaotique de Gainsbourg, une recette avec des truffes…

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Vous connaissez mon amour de la calligraphie, il se loge là aussi… dans ce que l’écriture manuscrite a de beau et de personnel. (Ce que ne permet pas la frappe sur un clavier, qui permet d’autres choses…)

Alors, quand certains pédagogues commencent à envisager l’arrêt de l’apprentissage de l’écriture « manuelle » avec un crayon, au profit unique de l’écriture « mécanique » sur clavier… j’ai beau me dire que l’écriture a toujours eu besoin d’outils, et qu’il est normal qu’ils évoluent, eux aussi… je pense que ce serait vraiment dommage car, comme l’explique Roland Barthes (panneau photographié au charmant musée Champollion de Figeac, dans le Lot – non loin de la châtaigneraie cantalienne, donc)…

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Cette « pratique corporelle de jouissance » me semble plus évidente le crayon ou la plume à la main, dans la trace directe laissée par la pensée ou la sensibilité sur le papier, dans l’infinie nuance possible de la forme des lettres, de la force du crayon sur le papier… que devant un écran d’ordinateur, les mains courant sur le clavier. Mais cela veut simplement dire, sans doute, que je suis née au siècle dernier… !

Et quoi qu’il en soit, les polices proposées par les logiciels de traitement de texte ont beau être nombreuses et variées, elles ne se personnalisent pas (encore) et ne permettent pas qu’on soit soudain, ou longtemps, sous le charme d’une écriture manuscrite, et qu’on la reconnaisse au premier coup d’œil, sur une enveloppe qu’on trouve dans sa boîte à lettres par exemple…

(… et sans aller jusqu’à la perfection graphique du calligraphe Hassan Massoudy, bien sûr – photo prise dans les collections permanentes du musée de la Poste à Paris)

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(photos de l’auteur)

Jetée à l’encre


01 Mar

Vous aussi, vous êtes fasciné par la calligraphie, les alphabets, la belle écriture, le geste juste ? Alors, regardez cette vidéo, deux minutes trente de bonheur…

Ça paraît tellement facile, le geste est fluide, et le résultat si harmonieux et équilibré.

(Vous pouvez aller faire un tour sur le site de l’artiste, Sebastian Lester : http://www.seblester.co.uk/)

Alors, j’ai décidé d’essayer, j’ai acheté un petit cahier de calligraphie romaine (faut bien commencer par un bout), quatre plumes d’épaisseur différentes, et j’ai ressorti ma bouteille d’encre, mon porte-plume et mes buvards.

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Je vais commencer par la capitale romaine…

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… puis la cursive romaine…

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Et on verra plus tard pour la quadrata et la rustica.

Souhaitez-moi bonne chance, et patience, et attention…

(photos de l’auteur)

Verdier la magnifique


10 Fév

J’ai vu (sur mon ordinateur, en différé grâce au système Pluzz.fr qui permet de revisionner pendant une semaine les émissions de France Télévision ratées lors de leur diffusion… très pratique quand on est plus devant son écran d’ordi que de télé, comme moi), le numéro du magazine « Empreintes »,  le documentaire de Mark Kidel, consacré à la peintre Fabienne Verdier.

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Si vous avez  suivi ce blog, vous savez depuis le « Japanese trip » que j’aime la calligraphie (voir les posts « Les outils du calligraphe », « Le calligraphe et le jardinier », et plus récemment, « A même la peau »).  Je me demande donc comment son travail m’a jusque-là échappé.

Fabienne Verdier, donc, est née en 1962. A vingt ans, alors qu’elle est une élève brillante des Beaux-Arts de Toulouse,  elle décide de partir en Chine pour y apprendre la calligraphie. Elle débarque dans le Sichuan et partage la vie très spartiate des étudiants chinois, découvre et subit  la méfiance et la surveillance constante des cadres du parti, la difficulté de communiquer avec ceux dont elle est pourtant venue recevoir l’enseignement, les lettrés, peintres, calligraphes, eux-mêmes surveillés et critiqués depuis la Révolution culturelle pour leur maîtrise d’un art qui ne répond pas aux codes du réalisme socialiste. Elle réussit à rencontrer et à bénéficier de l’enseignement de quelques vieux maîtres. Elle reste en Chine dix ans.

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Elle a écrit son séjour dans son livre « Passagère du silence: dix ans d’initiation en Chine »  paru en 2005.

Depuis, elle travaille, peint en France et ses œuvres sont reconnues, exposées à Beaubourg ou au musée Cernuschi à Paris ou à la fondation H. Looser à Zurich.

Il y a ses œuvres, donc. Qui sont, on ne s’en rend peut-être pas compte ici, des grands, des très grands formats, rien à voir avec une feuille de papier A4. Quelques exemples. Celle-là, en noir et gris.

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Celle-là outre qu’elle est plus colorée, elle est plus rythmée, plus énergique.

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Et celle-ci, en gris, noir et orange (des couleurs que j’aime).

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Et les autres… Magnifiques. Comme est magnifique la peintre, dans son atelier, aux prises avec ses instruments, dont elle a « bricolé » quelques parties elle-même pour parvenir à la fluidité de mouvements qu’elle souhaite, eux-mêmes au service du rendu qu’elle cherche.

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Énergie, regard, concentration, recherche, exigence, rapidité d’exécution, comme une spontanéité longtemps préparée…

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… pour parvenir à des résultats magiques…

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Et puis il y a son atelier…

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Ses objets…

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Ses carnets…

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Et il y a ce qu’elle dit, par exemple les dernières phrases du documentaire, que j’ai notées à la volée : « Quand je peins un arbre, je deviens arbre ; quand je peins l’eau, je deviens l’eau ; quand je peins une tectonique ou une tellurique de la montagne, je deviens tectonique… et la chose naît d’elle-même, je la vis intensément, avec mon cœur, et elle apparaît par moments de manière abstraite, de cette manière-là… » « Le peintre est un chercheur. Il a besoin de se retirer du monde pour pouvoir s’extraire du temps des hommes pour rentrer dans celui de la méditation et il n’y a que le silence qui permet ça. »

Découvrez-la, elle, ses peintures, ses livres, son univers. C’est un beau, un très beau voyage.

(photos : Fabienne Verdier ; F. Verdier et son maîtreŒuvre 1 ; Œuvre 2 ; Œuvre 3 ; F. Verdier au travail 1, 2 et 3 ; F. Verdier dans son atelier ; ses objets ; ses carnets)

(Spéciale dédicace : Annie, pour le rappel opportun et le partage)

A même la peau


25 Jan

Je vous ai déjà parlé brièvement sur ce blog d’un de mes films préférés (un de mes 5 films préférés, et croyez-moi, ou plutôt faites l’exercice, il est difficile – quand on aime le cinéma, du moins !- de faire cette liste…), voir le post « Les outils du calligraphe » : « The Pillow Book », de Peter Greenaway, sorti en 1996.

Un film qui mêle trois des éléments que j’aime le plus au monde : l’écriture, dans ce qu’elle a de plus esthétique et aussi de plus physique, la calligraphie ; l’Asie, et plus précisément le Japon, et ses raffinements, ses traditions, ses idéogrammes et ses cruautés ; et le corps, désiré et désirant et ici aussi support à l’écriture et à ses beautés.

C’est un film qui me bouleverse et me touche à chaque vision (critère important pour faire partie du club des 5 films préférés !). Des premières images, de Nagiko enfant, écoutant l’histoire de l’origine de l’homme que lui raconte son père en écrivant sur son visage les idéogrammes correspondants…

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… à celles où elle cherche quelqu’un qui sera capable d’écrire sur sa peau avec autant de justesse…

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… puis au moment où elle décide d’écrire elle-même sur la peau des autres…

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Toutes ces images ne sont là que pour vous donner une idée de la splendeur visuelle du film (à laquelle on peut être complètement étanche, j’en connais !), et elles ne racontent bien sûr pas le cœur de l’histoire de Nagiko.

Ce rappel donc pour vous redire à quel point je suis toujours touchée quand il s’agit d’allier le pinceau et la peau et de tracer des signes sur l’enveloppe de nos corps.

Un des projets de Lionel Bayol-Thémines, sa série « Dédipix to futur » de 2011, m’a donc immédiatement tapé dans l’oeil et émue. Vous allez comprendre : une citation, la première est de René Char, un crayon, un corps, et le corps parle, aussi avec ou sans ses vêtements, et bien sûr, un appareil-photo, et un oeil…

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Une citation de Leonard de Vinci…

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Une de Gabriel Matzneff…

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Jacques Derrida…

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Une citation sans auteur, sans doute une phrase du photographe lui-même… Oui, « tout est permis en dedans »…

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On est loin de la sophistication et de l’esthétique de la calligraphie japonaise, on est loin du romanesque (je repense à cette phrase qui est écrite et prononcée par deux héroïnes de Truffaut, dans deux de ses films, « Jules et Jim » et « Les Deux Anglaises et le Continent » : « Ce papier est ta peau, cette encre est mon sang, j’appuie fort pour qu’il entre ».) . Mais même dans ce contexte, plus « brut », presque politique, cette idée et cette vision des mots à même le corps, d’écriture sur la peau, m’émeut, et il me semble que le message que la photo véhicule prend un sens beaucoup plus fort. Et plus intime.

Parce que, sans doute aussi, citation d’Eric Fottorino, la peau se souvient.

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Vous pouvez aller sur le site de l’artiste : vous trouverez bien une citation, une photo, un corps, et le mariage des trois, qui vous toucheront…

(Photos de « The Pillow Book » extraites du tumblr The Pillow Book ; Photos « Dédipix to futur » : site de Lionel Bayl-Themines. Un e-book des photos est même téléchargeable ici, merci à l’artiste).

Fondu dans le décor


23 Jan

Vous vous souvenez de mon post récent sur l’expo de street art au musée de la poste, notamment sur un artiste dont j’avais aimé le travail, Rero ? (voir le post  « Art des rues ».)

Une de ses créations…

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Ce matin, magie du réseau et des infos qui circulent plus vite que la lumière, j’ai vu qu’il avait travaillé il y a quelques jours pour une performance avec un autre artiste que j’aime beaucoup, le chinois Liu Bolin, l’homme qui se fond littéralement dans le décor…

Quelques photos de lui, Liu… enfin, au début, on ne le voit même pas… ici, fondu dans le « nid d’hirondelle », le stade qui a accueilli les JO de Pékin…

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Ou ici, dans les rayons de sodas d’un supermarché…

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Dans une forêt…

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Si vous voulez voir plus d’exemples, allez par exemple sur le site fubiz… ça vaut le coup d’oeil.

Et donc, ce matin, je vois :

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Le texte complet en anglais : Everyone has the right to freedom of opinion and expression ; this right includes freedom to hold opinions without interference and to seek, receive and impart information and ideas through any media and regardless of frontiers. Autrement dit : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » C’est l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, de 1948.

… Un artiste chinois qui se fond dans cette réaffirmation du caractère inaliénable de la liberté de pensée, d’opinion et d’expression, l’idée est belle, non ? Mais la manière de travailler de Rero , cette barre qui figure dans les textes qu’il sélectionne et reproduit, oblige à un léger recul : et si tout ça n’était que des mots…?  et si au contraire, l’homme et la réalité finissaient par avoir moins d’importance que les principes énoncés, surtout s’ils sont bafoués ? Vertige devant les différentes interprétations possibles de cette image…

Je vous laisse méditer…

Et pour ceux que la réalisation en elle-même fascine, comme moi, voici la vidéo de la performance, issue de la page « Dailymotion » d’Actuphoto, qui inclut aussi des interviews des artistes :

http://www.dailymotion.com/video/xwy37w

(Photo 1 de l’auteur ; photos 2,3,4 ; photo 5)

Art des rues


13 Jan

Musée de la Poste, expo sur le street art. Plusieurs artistes que je ne connaissais pas (en fait, j’en connais peu, en dehors Bansky ou Miss.Tic…).

L’Atlas, au graphisme géométrique, noir et blanc (j’avais d’abord écrit noir et vlan, et il y a de ça), et dense… Je crois qu’il appelle ces œuvres des cryptogrammes (on peut voir son travail ici).

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… Et ses labyrinthes (celui-ci assez semblable à celui qui figure dans la nef de la cathédrale de Chartres), qui renvoient à nos propres complications.Et au chemin parfois tortueux, parfois simple, que nous avons à faire pour en sortir (ou pour arriver au cœur du problème et nous apercevoir qu’il n’y en a pas, de problème).

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Et Rero, dont j’ai aimé les messages barrés,  ces phrases qui apparaissent sur nos écrans numériques sans qu’on en comprenne le sens ou qu’on le cherche, ces messages barrés qui permettent de prendre cette petite distance elle-même génératrice de respiration et d’interrogation…

Page non trouvée…

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Image non disponible…

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Et ce petit détournement du copyright, fort à propos au moment où des gens bien-pensants défilent dans les rues de Paris pour dire qu’ils ne sont pas d’accord pour que tout le monde ait les mêmes droits qu’eux…

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On peut voir les autres travauxde Rero  ici.

Aussi, mais il est plus connu : Shepard Fairey, alias Obey. Inutile de revenir sur la pertinence du message de George Orwell, en ces temps de surveillance numérique constante (à ce propos, j’ai vu l’excellente conférence d’Eben Moglen à Re:publica intitulée « Pourquoi la liberté de penser exige des médias libres ».  Il y énonce notamment ce parallèle, particulièrement parlant pour nous, la dernière génération à avoir grandi sans le Net : « Auparavant, nous consommions les médias ; maintenant, ce sont les médias qui nous consomment »… pour explications et développements, voir l’intégralité de la conférence, qui se trouve facilement… sur le Net ! par exemple ici).

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Et un dessin, que je trouve émouvant par sa fragilité, de Gérard Zlotykamien, un des pères de l' »art urbain » en France…

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Ces artistes sont des vigies qui veillent sur la ville (et quand je dis « la ville », ce n’est pas Paris, c’est la ville en général !). Ils nous permettent de la voir autrement ; leur travail nettoie notre regard, et l’ouvre à l’inhabituel, et au nouveau, à l’intérieur même du quotidien le plus banal. « Bien vu ».

(Photos de l’auteur)

Tranquille


27 Nov

Pour s’aérer après cette pause cigarette, et retrouver un peu de notre sérénité, petit exercice d’anglais à travers un dessin photographié derrière une vitrine (d’où les reflets), dans le temple Ryôan-ji, au nord de Kyoto. Cette calligraphie dans notre alphabet semble moins belle, en tout cas moins exotique ; mais si je l’avais photographiée en japonais,  le message ne serait pas passé… ou pas de cette façon… (nous retournerons à la façon japonaise de faire passer les messages, bien sûr…)

Et, pour achever la journée sur une note tranquille, l’ombre d’un bonzaï de ficus, dans l’encadrement de la fenêtre d’un restaurant (« le Café du mon », merci, Cathy, d’avoir retrouvé le nom) à Kyoto. Zen…

(Photos de l’auteur)

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).