Archive for novembre, 2012

Des animaux (de compagnie)


30 Nov

D’abord, un choc : au Japon, pas moyen de croiser (en ville) un chien de compagnie sans qu’il soit affublé, qui d’un manteau, qui d’un tee-shirt, avec mille gadgets pendouillant du collier et évidemment la laisse assortie. On a même croisé deux labradors (et non labradeurs !) en manteau rose, barrettes et chouchous  dans les poils des oreilles. Je n’ai pas (et c’est dommage, je le concède) photographié tous ces exemples d’inventivité, ni l’air parfois fiérot, parfois consterné des bestioles concernées. Juste, ici, un exemple, de deux caniches à manteau, baladés dans un landau. Oui, un landau.

Les chiens vont d’ailleurs généralement au minimum par deux, si ce n’est plus, quand ils sont vraiment petits…

Plus tard, toujours à Tokyo, mon chemin a croisé celui d’un magasin spécialisé dans la vente de tenues canines. Il y a donc forcément un tableau pour se repérer dans les différents modèles et tailles…

Et différents modèles présentés, dont on a vu certains en situation, notamment la panoplie d’abeille sur un teckel à poil dur. Du plus bel effet…

Notez que comme Noël approche, les mannequins de toutous sont en plus affublés d’un bonnet de Noël, qui juste-là a été épargné aux vrais chiens croisés dans les rues. Mais jusqu’à quand ?

Et pour la pluie, un ensemble en imper bleu du dernier cri (ouah) avec capuche intégrée…

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Mais la vraie star des chiens au Japon, c’est Hachikô, dont la statue trône fièrement à la sortie de la station de métro de Shibuya, qui a même une sortie et une porte de la même station à son nom.

Hachikô, dont voici l’histoire, préparez vos mouchoirs : c’était le brave chien d’un professeur d’université, et il accompagnait son maître chaque matin à la gare de Shibuya et revenait le soir pour l’attendre au même endroit. Coup du sort, le maître mourut un jour soudainement pendant sa journée de travail. Mais Hachikô n’en continua pas moins à venir l’attendre chaque jour… les vendeurs ambulants du coin finirent par le prendre en sympathie, et le nourrir. Il revint tous les jours pendant neuf années, et fut lui-même retrouvé mort à l’endroit habituel de son attente. On l’enterra auprès de son maître dans le cimetière d’Aoyama (non, je ne suis pas allée sur sa tombe). Cette histoire fit la une des journaux et on organisa une collecte pour édifier une statue à son effigie, devant la gare de Shibuya ; c’est aujourd’hui un point de rendez-vous très populaire. Et Hachikô est devenu le symbole de la fidélité. Émouvante histoire, isn’t it… (et qui a ému jusqu’à la Belgique).

En fins observateurs que vous êtes, vous remarquez instantanément qu’Hachikô, enfin sa statue, est simplement orné un ruban-cravate rouge, à l’effet à la fois sobre et noble. On ne va quand même pas affubler une sorte de héros national d’une panoplie d’abeille.

Puisqu’on en est aux tenues sobres : si comme moi, vous ne parlez ni ne lisez le Japonais, il vous reste à imaginer le message que peut vouloir faire passer ce chien à uniforme et casquette.

(Engagez-vous ? Expliquez à votre chien que les facteurs sont leurs amis ? Les policiers sont fidèles ? Souriez, vous êtes filmés ?… toutes les interprétations sont possibles…)

Et les chats ? Les chats se laissant, de par leur nature plus rebelle, moins manipuler, costumer et coiffer, on les croise libres et heureux, dans les maisons où ils sont choyés, ou dans les rues, dans ce cas souvent par bandes ou fratries, comme ici, sur le « chemin de la philosophie » à Kyoto.

Ils prennent un petit air tendre et chaque Japonais (mais pas seulement) qui passe s’extasie et y va de sa caresse et de sa donation de nourriture.

Le Japon est quand même le premier endroit au monde où on a eu l’idée du « Café chat », le « Neko-café », où les consommateurs s’installent au milieu d’une petite colonie de chats en liberté, avec des accessoires qui leur sont dédiés, dans une ambiance bien sûr très calme. Ils peuvent les caresser, les prendre sur leurs genoux, mais uniquement si les chats sont d’accord. Nous en avons croisé un le dimanche matin de notre déambulation dans le quartier de Yanaka, fermé (c’était tôt le matin) et difficile à photographier. Voici néanmoins un petit panneau, dont nous n’avons pas pu décrypter le détail, mais je pense que vous avez l’idée générale…

Mais le chat au Japon, c’est aussi le maneki-neko, le chat porte-bonheur, cette petite statue traditionnelle qu’on trouve partout, notamment dans les magasins, près des caisses, et qui est censé amener des clients et donc de la prospérité. Et on peut retrouver à cette occasion le goût des Japonais pour la sobriété. Ou non, comme dans cette vitrine de Kyoto.

Ce qui est sûr, c’est que les Japonais sont fous de leurs animaux de compagnie. Il faut bien une petite touche de folie, dans cette société si huilée…

(Photos 1 à 3, 5 à 7, 9 et 11 de l’auteur ; photos 4, 8 et 10  C. Levesque)

Le chant de l’eau


29 Nov

Magnifique portail d’entrée du Hônen-in, temple suivant le Pavillon d’argent sur le « chemin de la philosophie » à Kyoto, toit de chaume épais recouvert de mousse, les arbres qui flamboient derrière…

Passé le portail, un bassin de pierre rond, rempli d’eau, de quelques feuilles mortes et de quelques nénuphars…

Quelqu’un a très délicatement posé, à un des endroits où les bords du bassin s’abaissent, une feuille de ficus, et l’a maintenue à l’aide d’une pierre…

Dans le silence du matin, le chant de l’eau qui s’écoule est continu, cristallin, doux et apaisant. Il a la fraîcheur éternelle de la pureté.

(Photos de l’auteur)

Perdre le Nord


29 Nov

A Tokyo, comme dans tout le Japon, on perd très facilement le Nord. Je m’explique : sur les cartes et les plans, nombreux, qu’on peut consulter au coin des rues, censés nous aider à nous orienter, le Nord bouge ! Tantôt il est positionné à la manière occidentale, dirigé vers le haut de la carte, tantôt il est plutôt incliné entre notre Nord et notre Ouest, quelque part entre haut et gauche de la carte, ou bien carrément à l’Est, côté droit, quand ce n’est pas à la place de notre Sud, au bas de la carte…

 

Quand on sait qu’en plus, les rues de Tokyo n’ont pas de noms, on mesure à quel point il peut être délicat de s’orienter, notamment quand on cherche une adresse précise. D’où l’intérêt de notre bonne vieille boussole, hé oui… et aussi des koban, ces petits commissariats de quartier dont une des fonctions des policiers très civils est justement de renseigner les passants perdus, interrogatifs, éberlués…

Alors, quand on trouve un Nord clairement indiqué, ici sur le plafond du 45e étage de la mairie de Tokyo, d’où on a une vue panoramique sur toute la ville, on immortalise la chose !

Et aussi, même si ce n’est pas ce qu’on préfère, on en profite pour prendre quelques images de cet autre Japon, ultra moderne, et vertigineux…

Et la ville qui s’étend véritablement à perte de vue…

(Photos de l’auteur)

Or et argent


28 Nov

Vous vous souvenez du Pavillon d’or, le Kinkaju-ji, vu à Kyoto, dans la partie Nord de la ville ? Pour mémoire, et parce qu’on ne se lasse pas de ce miracle…

Le quartier de Higashiyama, à l’est de Kyoto cache, lui, le pavillon d’argent, le Ginkaku-ji. Pensé pour être le pendant de son homologue doré, il n’a cependant jamais été recouvert d’argent, guerre d’Onin (1467-1477) oblige. Blotti lui aussi contre les collines qui entourent Kyoto, il n’a cependant pas la même orientation (il regarde la colline, quand le Pavillon d’Or lui tourne le dos, s’intégrant de fait dans son paysage), et il est plus délicat de rendre compte par une photo de l’harmonie du site et de la construction, magnifique dans la simplicité et la pureté de ses formes de bois.

 

Découvert un matin de bonne heure, l’ensemble laisse cette même impression de perfection, plus brute, et presque plus puissante que celle du Pavillon d’or.

Le jardin et la colline…

Et le site vu depuis la colline, le toit du pavillon dépassant d’une mer de couleurs…

Et ce n’était que le premier temple de la journée, ce dimanche de promenade le long du « sentier de la philosophie » …

(Photos de l’auteur)

Tranquille


27 Nov

Pour s’aérer après cette pause cigarette, et retrouver un peu de notre sérénité, petit exercice d’anglais à travers un dessin photographié derrière une vitrine (d’où les reflets), dans le temple Ryôan-ji, au nord de Kyoto. Cette calligraphie dans notre alphabet semble moins belle, en tout cas moins exotique ; mais si je l’avais photographiée en japonais,  le message ne serait pas passé… ou pas de cette façon… (nous retournerons à la façon japonaise de faire passer les messages, bien sûr…)

Et, pour achever la journée sur une note tranquille, l’ombre d’un bonzaï de ficus, dans l’encadrement de la fenêtre d’un restaurant (« le Café du mon », merci, Cathy, d’avoir retrouvé le nom) à Kyoto. Zen…

(Photos de l’auteur)

Smoking or not smoking


27 Nov

J’ai fêté ma première année d’arrêt de la cigarette le 11 novembre dernier, j’étais donc au Japon. J’ai eu un coup d’œil beaucoup plus extérieur, du coup, sur le rapport des Japonais à la cigarette, mais malgré tout, certains éléments se sont révélés troublants…

Par exemple ces panneaux, au sol à la sortie des stations de métro, demandant de ne pas fumer en marchant…

S’il est mal vu de fumer en marchant (on a vu quelques rares rebelles), il n’est pas non plus permis de fumer n’importe où dehors, à l’arrêt. Il existe, notamment à la sortie des nombreux grands parcs de Tokyo, des « smoking area », avec un pauvre cendrier, autour duquel les fumeurs s’agglutinent pour s’en griller une. Exemple à la sortie du parc Yoyogi, vers Harajuku.

Dans les bâtiments publics type mairie de Tokyo, de petites cabanes pour fumeurs, sans porte, sont installées dans les coins sombres… s’y retrouvent quelques employés venus s’adonner à leur vice, donnant à l’ensemble un petit côté « 1984 » assez angoissant…

… mais, vous savez quoi ? Les Japonais sont surprenants, et pas toujours très cohérents, ce qui me les rend d’autant plus sympathiques bien sûr… ainsi, il est autorisé de fumer dans les restaurants, comme on a pu s’en apercevoir en live à plusieurs reprises… et dans ces lieux, on trouve parfois un petit panneau assez formidable : il y est dit qu’il est simplement interdit de fumer entre 10 heures et 17 heures… on craint de ne pas trouver l’endroit très aéré quand on vient dîner à 20 heures… mais non, les Japonais sont mesurés, et l’atmosphère des restos est très saine, même avec un fumeur isolé à la table d’à côté…

… tout ça pour vous dire que je suis ravie de ne pas avoir eu à gérer les interdictions et autorisations une clope à la main, et de m’y être intéressée juste pour en rendre compte. Et que je m’y sois intéressée prouve simplement que c’est un souvenir récent…

(Photos de l’auteur)

Suivre le fil


26 Nov

Samedi, le lendemain de notre départ, un séisme de magnitude 4,9 a secoué Tokyo. Sans gravité, heureusement. C’est peut-être parce qu’ils se savent potentiellement constamment en danger que les Japonais ont ce rapport à l’éphémère et à la beauté des choses fragiles qui me touche tant.

Ils ont aussi des fils électriques qui se baladent de manière apparemment anarchique au-dessus des rues.

 

 

J’ai trouvé cet aspect surprenant, jusqu’à ce qu’on m’explique que c’est justement en raison de l’omniprésence des tremblements de terre (et du risque d’un « Big One ») que les fils électriques ne peuvent pas être enterrés. Sous terre, ils seraient moins facilement et rapidement réparables.

 

 

Dans certaines rues, on se remémore ce jeu qu’on trouvait dans les magazines, genre Pif Gadget, de notre enfance, où sur une page figuraient différents points qu’ il fallait relier, pour en faire apparaître la figure, le dessin, et le sens. Sauf que là, la personne qui a imaginé les points à relier a un peu perdu la mesure, ou qu’on a pris comme modèle les gribouillis qu’elle a tracés sans y prêter attention sur une feuille de papier pendant une conversation téléphonique… (ou c’est SpiderMan qui a lancé ses toiles d’araignée de manière aléatoire, pour s’entraîner…).

 

Vous savez quoi ? Même ce fouillis, je le trouve finalement assez poétique…

(Photos de l’auteur)

Atterrissage


26 Nov

Samedi matin, insomnie de décalage horaire.

Lever de soleil au-dessus des toits parisiens, plein Est une nouvelle fois. La ville calme, l’expresso dont on rêve depuis le départ au pays du thé et  qu’on va enfin boire au café d’en bas, un atterrissage en douceur.

La nostalgie du Japon attendra deux jours (et la fin des insomnies), si elle peut .

(Photo de l’auteur)

Come back


22 Nov

Il faut se retourner… et repartir, cette fois précédée de son ombre (photo du matin, soleil à l’est), elle aussi plus riche, et comme plus légère (mieux vaut ne pas peser dans l’avion) !

Mais le compte rendu continuera, encore des choses à dire sur ce Japan trip…

(photo de l’auteur)

La transformation


22 Nov

Je suis en contact avec un (très) jeune dessinateur plein de talent, qui m’a fait l’honneur de cet inédit, à la faveur de mon anniversaire, on me reconnaît très bien, et la transformation qui s’est opérée en moi depuis mon arrivée sur le sol japonais n’a pas échappé à son oeil perspicace… le kimono, l’ombrelle, la fleur dans les cheveux et les geta, chaussures traditionnelles, debout sur une feuille de lotus, tout y est… je parle même le japonais !

Merci, Fùlix !

(pour développements, voir son blog :  http://fulix.net/)

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