Archive for janvier, 2013

Lueurs


31 Jan

Il y a une chose dont je suis de plus en plus sûre, c’est que…

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Parfois on ne comprend pas, parce que c’est un peu fouillis, en noir et blanc…

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ou en couleur…

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Parfois on n’entend pas, parce qu’on est…

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Alors que souvent il faut  juste regarder (les formes)…

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Si on peut, s’émerveiller (du désordre)…

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Et intégrer qu’il n’y a…

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… à comprendre.

La lumière se suffit à elle-même.

(Photos de l’auteur : exposition à la Maison Rouge, « Néon, who’s afraid of red, yellow and blue ? « , février-mai 2012)

(Bande-son : Gérard Manset,  « Lumières »; Dominique A., « Par les lueurs »)

Tigre, Rouen


30 Jan

J’ai pris cette photo à Rouen fin août 2011. Dans une rue un peu excentrée. Rue Molière, je crois. Parce que l’ensemble m’a plu.

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Je ne sais pas ce que c’est que ce « Tigre », sans doute une association, qui « programme »  des choses (?) et a « aussi (une) bibliothèque ». Mais ce que je sais, c’est que je trouve charmant et finalement assez touchant ce panneau en contreplaqué, ce nom tissé en fils de couleurs, ces cartes quand même personnalisées au nom du « tigre », cette esthétique (volontairement ?) désuète, cette humilité, là où on s’attend maintenant à des vitrines criardes ou même sobrement design.

(A vrai dire, au départ, j’avais prévu d’arrêter ce post ici. Une photo, un clin d’œil. C’aurait été dommage. Parce qu’évidemment, avec internet, c’est facile, on tape « tigre, rouen » dans la barre d’un moteur de recherche, et on arrive sur le site de l’association puis sur un autre site Dis-vague, qui présente le lieu et ses activités.)

« Le Tigre », à Rouen, est un atelier de pratique artistique et aussi une bibliothèque jeunesse.

Alors, comme elles sont belles, je leur ai emprunté ces quelques photos. A l’association, ces clichés du travail des enfants.

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Et au site Dis-vague, des photos du lieu même et de leurs créations. Parce qu’ils vendent des vêtements aussi, faits maison, et qu’ils louent des machines à coudre, et que ça a l’air d’être un lieu un peu magique, ouvert, créatif.

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Je ne connais pas bien Rouen. Mais, comment dire, j’ai un lien un peu particulier avec cette ville dans laquelle on m’a peu ou prou sauvé la vie. Alors, « Tigre », au départ, c’était un peu un hommage, à usage interne, qui s’est révélé au final être une belle surprise. Penser à retourner à Rouen, un jour. Et passer dire bonjour au « Tigre ».

(Photo 1 de l’auteur ; photos 2 et 3 ; photos 4 et 5)

Passages


29 Jan

Après des « pistes » de réflexion (voir l’article Chemins), envie de continuer à décortiquer un peu cette notion de transition. Examinons l’origine, l’étymologie : le préfixe « trans » vient du latin et signifie « au-delà », « par delà ». Il signifie aussi « de part en part ». il inclut donc à la fois l’idée de :

– ce qui passe à travers,

– ce qui est au-delà,

– ce qui est entre.

L’idée de « passage » y est donc présente, passage d’un état à un autre, mais aussi exploration de ce que comporte « l’intérieur » de ce passage.

« Ces situations de passage, réelles ou anticipées, entraînent une réorganisation des rapports que le sujet entretiennent avec eux-mêmes, avec autrui, avec leurs milieux de socialisation. » (1) Il s’agit donc d’une redéfinition, plus ou moins radicale (il y a des transitions douces, hein !), de ce qui constitue sa propre identité. D’une période de déconstruction-reconstruction de ses rapports à soi-même, aux autres et à l’environnement.

Voilà un vieux « passage piéton », à Pompéi. A l’époque où la cité existait encore ou maintenant, il faut garder l’équilibre, pour passer d’un côté à l’autre…

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Et le passage à l’intérieur d’un tumulus à Knowth en Irlande. Autant avoir confiance (en soi, dans les autres et dans l’environnement !) pour traverser ce « passage » !

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J’ai déjà évoqué les trois temps de la transition, avant/pendant/après (voir « Chemins »). On peut préciser le modèle chronologique du déroulé des transitions : une phase de décristallisation (unfreezing) qui débloque (ou force à changer) les habitudes ; une phase de changement proprement dit (moving) ; une phase de renforcement et de cristallisation d’un nouvel équilibre (freezing) (2).

Et je me suis interrogée : quelle est la différence entre transition et changement ? J’ai trouvé cette citation, qui m’a éclairée : « Le changement n’est pas comme la transition. Le changement est situationnel et se fait de façon précise. On habite un nouveau lieu, on a un nouveau rôle dans une équipe, on applique de nouveaux règlements. Durant ce temps, la transition se vit progressivement à l’intérieur. C’est un processus psychologique à travers lequel nous passons pour vivre dans la nouvelle situation. Le changement est externe et visible. La transition est interne, voire même intime et unique à chacun. Elle est un processus vivant, non mécanique et automatique. »(3)

Le processus de la transition est donc intérieur, et déborde, parfois avant, souvent après le changement proprement dit, qui est plus situationnnel, et observable de l’extérieur.

Moi, ça m’aide à y voir plus clair, dans cette période transitionnelle (voir « Novembre (day one) »).

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Et vous ?

(A suivre…)

(Photo 1 ; photo 2 ; photo 3 de l’auteur : intérieur de l’escalier central du château de Chambord)

Je vous donne les références, certaines universitaires mais pas toutes :

(1) Mégemont et Baubion-Broye, « Dynamiques identitaires et représentations de soi… » in Connexions n°76, 2001.

(2) Selon K. Lewin, in R. Barbier, La Recherche-action, Anthropos, Paris,1996.

(3) M. Roberge, Tant d’hiver au coeur du changement, Septembre éditeur, Québec, 1998.

L’adorer


28 Jan

Le nom d’Étienne Daho lancé dans une conversation entre amis provoque immanquablement des discussions assez animées au bout desquelles il apparaît clairement que les gens qui ne l’aiment pas ne l’aiment pas exactement pour les mêmes raisons que les gens qui l’aiment l’aiment, et que tout est vraiment question de point de vue, car comme il le chante avec Dutronc « Tous les goûts sont dans la(ma) nature »: « il n’a pas de voix » versus « j’adore sa voix et sa façon de chanter, de plus en plus sensuelles » ; « ses textes sont nuls » versus « il parle de choses intimes avec sincérité et pudeur » ; « il ne parle que de son nombril » versus « en parlant de lui, il touche tout le monde »; « il dit toujours la même chose » versus « il réussit à être touchant en évoquant les moments forts d’une histoire amoureuse, la rencontre, le désir, et la fin bien sûr »; « il n’a aucune présence » versus « je l’ai vu en concert plusieurs fois, il a une réelle présence et il est heureux d’être sur scène et de partager »…

Vous vous doutez que si je vous parle de lui, c’est que je me place franchement dans la seconde catégorie, celle des gens qui l’aiment. (et qui aiment les pulls marins, aussi, d’ailleurs.)

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Choix difficile que celui de la chanson emblématique de cette relation à Daho, qui a traversé les époques, d’abord assez légèrement puis de plus en plus « charnellement ». Depuis son premier album « La Notte, la notte » de 1984  jusqu’au dernier « L’invitation »  de 2007 ou plutôt « Le condamné à mort », 2010,  avec Jeanne Moreau sur le texte de Jean Genet et la musique d’Hélène Martin, il y a eu les tubes d’époque bien sûr (« Week-end à Rome », « Paris le Flore », »Duel au soleil »(ma préférée de cette catégorie), « Bleu comme toi »…), mais aussi certaines chansons moins connues, des faces B pour le coup :  « Promesses »  (très belle version sur le dernier live de Pleyel), « Quelqu’un qui m’ressemble », « (Qui sera demain) Mieux que moi », « Carribean Sea »,  « Les Passagers » (chanson en apesanteur), « Des adieux très heureux » , « La Mémoire vive » (petite chanson merveilleusement solaire et douce : « Premier soleil de l’an deux mille/Bien à toi »)…

Et, sur le dernier album, le sublime « L’adorer »  :

« Avant que l’infidèle à la beauté assassine/ne me morde la main/ne me couronne d’épines/Désadorer l’adorer/

Avant que ses baisers ne deviennent couteaux/que ses bouquets de fleurs ne me fassent la peau/Désadorer l’adorer/

Mais arborer/ce chagrin si haut/que je porte/beau comme un drapeau/en vainqueur/dont on admire le sort/courageux/qui sait aimer trop fort/

Car comme les dieux qu’on adore adorer/j’adorais l’adorer… »

ici en live à Pleyel (avec Edith Fambuena à la guitare) :

Image de prévisualisation YouTube

« L’adorer », écrit à l’origine pour figurer dans la bande originale du film de Gaël Morel « Après lui », avec THE Deneuve, qu’il chante donc avec elle, dans une version studio reprise dans la compile « Monsieur Daho ».

Pourquoi j’aime Daho ? Parce que j’ai vieilli avec lui, certainement. Parce qu’il décrit sans complaisance les ruses et les délices du désir (« Ouverture », « L’invitation », « Les voyages immobiles »), la difficulté d’aimer durablement. Et les souffrances de la rupture et du renoncement (« La Baie », déchirant). Qu’il n’a plus peur de prendre des risques (il faut le chanter, ce « Condamné à mort », même avec l’appui de Jeanne Moreau, ce n’est vraiment pas un texte neutre).

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Alors, justement, parce que le texte est magnifique, et qu’il la chante parfaitement : « Sur mon cou », extrait du « Condamné » :

Image de prévisualisation YouTube

« Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou/Que ma main plus lègère et grave qu’une veuve /Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve, /Laisse tes dents poser leur sourire de loup.
Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne /Arrive dans mes yeux qui seront morts demain. /Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main /Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.
Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir, /Ni les fleurs soupirer, et des près l’herbe noire /Accueillir la rosée où le matin va boire, /Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.
Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde ! /Visite dans sa nuit ton condamné à mort. /Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords, /Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.
Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour. /Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes. /On peut se demander pourquoi les Cours condamnent /Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.
Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes ! /Traverse les couloirs, descends, marche léger, /Vole dans l’escalier plus souple qu’un berger, /Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.
Ô traverse les murs, s’il le faut marche au bord /Des toits, des océans, couvre-toi de lumière, /Use de la menace, use de la prière, /Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort. »

Bouleversant.

(Vous voulez une bonne nouvelle ? Daho est en studio, un nouvel album est prévu pour l’automne.)

(Spéciale dédicace : Delphine G., Cucuron, Luberon, 2004)

(Photo E. Daho – lien supprimé, sorry  ; photo E. Daho et J. Moreau)

Il est temps


27 Jan

Le sujet de ce blog n’est pas l’actualité. N’empêche. Cet après-midi, sur les bords de Loire, je me sentais très parisienne. Affectivement, et politiquement. Et assez précisément entre Denfert et Bastille.

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Sur le pont de Sully, même. (et puis, j’adore les manifs -de gauche, évidemment.)

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Quelques messages à faire passer. Le drapeau arc-en-ciel, c’est le drapeau homosexuel. Mais dans la foule, y a pas que des gens avec le drapeau, et ça (aussi… surtout !), c’est  formidable.

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Les pancartes étaient drôles, plus que celles des « anti », non ? (je demande, je ne suis pas objective)

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Et puis, quelques messages personnels, comme disait Françoise Hardy.

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Merci à tous les manifestants.

Mariage pour tous ! Question d’égalité. Il est temps.

(photo 1 de l’auteur.  Photos 3, 4 et 5 : Natalie Auvard. Photo 2 : The Célinette (lien désactivé), et non le compte Twitter de Clotilde Courau; photo 6 : twitter, pas noté l’adresse, sorry)

 

Ombre et soleil


26 Jan

Et, comme un miracle, après un long tunnel de gris et de froid, le soleil est apparu au-dessus de la ville, j’ai filé sur les bords de Loire, profiter de l’air plus doux, et des pâles rayons. Pendant cette balade, j’ai croisé une petite cabane dans une de ces sortes de jardins « ouvriers » qui s’alignent entre le fleuve et le coteau.

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Peinture passée, tonneau pour récupérer l’eau de pluie (ou de la fonte de la neige tombée encore ce matin), et un arbre dans l’axe du soleil, qui projette son ombre sur le côté.

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Et cette ombre fragile, qui indique que la lumière revient… ça  fait comme un soupir de soulagement…

(Et vous savez quoi ? je sais qu’on va s’en sortir. J’ai vu les premiers bourgeons.

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Tenez bon !)

(Photos de l’auteur)

A même la peau


25 Jan

Je vous ai déjà parlé brièvement sur ce blog d’un de mes films préférés (un de mes 5 films préférés, et croyez-moi, ou plutôt faites l’exercice, il est difficile – quand on aime le cinéma, du moins !- de faire cette liste…), voir le post « Les outils du calligraphe » : « The Pillow Book », de Peter Greenaway, sorti en 1996.

Un film qui mêle trois des éléments que j’aime le plus au monde : l’écriture, dans ce qu’elle a de plus esthétique et aussi de plus physique, la calligraphie ; l’Asie, et plus précisément le Japon, et ses raffinements, ses traditions, ses idéogrammes et ses cruautés ; et le corps, désiré et désirant et ici aussi support à l’écriture et à ses beautés.

C’est un film qui me bouleverse et me touche à chaque vision (critère important pour faire partie du club des 5 films préférés !). Des premières images, de Nagiko enfant, écoutant l’histoire de l’origine de l’homme que lui raconte son père en écrivant sur son visage les idéogrammes correspondants…

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… à celles où elle cherche quelqu’un qui sera capable d’écrire sur sa peau avec autant de justesse…

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… puis au moment où elle décide d’écrire elle-même sur la peau des autres…

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Toutes ces images ne sont là que pour vous donner une idée de la splendeur visuelle du film (à laquelle on peut être complètement étanche, j’en connais !), et elles ne racontent bien sûr pas le cœur de l’histoire de Nagiko.

Ce rappel donc pour vous redire à quel point je suis toujours touchée quand il s’agit d’allier le pinceau et la peau et de tracer des signes sur l’enveloppe de nos corps.

Un des projets de Lionel Bayol-Thémines, sa série « Dédipix to futur » de 2011, m’a donc immédiatement tapé dans l’oeil et émue. Vous allez comprendre : une citation, la première est de René Char, un crayon, un corps, et le corps parle, aussi avec ou sans ses vêtements, et bien sûr, un appareil-photo, et un oeil…

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Une citation de Leonard de Vinci…

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Une de Gabriel Matzneff…

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Jacques Derrida…

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Une citation sans auteur, sans doute une phrase du photographe lui-même… Oui, « tout est permis en dedans »…

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On est loin de la sophistication et de l’esthétique de la calligraphie japonaise, on est loin du romanesque (je repense à cette phrase qui est écrite et prononcée par deux héroïnes de Truffaut, dans deux de ses films, « Jules et Jim » et « Les Deux Anglaises et le Continent » : « Ce papier est ta peau, cette encre est mon sang, j’appuie fort pour qu’il entre ».) . Mais même dans ce contexte, plus « brut », presque politique, cette idée et cette vision des mots à même le corps, d’écriture sur la peau, m’émeut, et il me semble que le message que la photo véhicule prend un sens beaucoup plus fort. Et plus intime.

Parce que, sans doute aussi, citation d’Eric Fottorino, la peau se souvient.

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Vous pouvez aller sur le site de l’artiste : vous trouverez bien une citation, une photo, un corps, et le mariage des trois, qui vous toucheront…

(Photos de « The Pillow Book » extraites du tumblr The Pillow Book ; Photos « Dédipix to futur » : site de Lionel Bayl-Themines. Un e-book des photos est même téléchargeable ici, merci à l’artiste).

Chantier


24 Jan

Vous savez ce que j’ai découvert ce matin sur une planche devant une porte de chantier (*) dans une vieille rue de mon quartier ?

Lui :

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Et, est-ce cette silhouette noire de chat des rues un peu fiérot, ce sourire à la Mona Lisa, et ces yeux impair-noir-et passe (sinon, on peut évoquer un monocle, mais est-ce bien raisonnable ?), est-ce cette phrase mystérieuse à la Radio-Londres (« il n’y a plus de tabac dans la tabatière, je répète… »), le mariage des deux (bien sûr qu’un chat est nyctalope, et que « le général » est un nom tout à fait envisageable pour un félidé d’un certain rang), est-ce tout ça mélangé, en tout cas, ça a suffi pour me faire une journée  plus belle. Merci, mon général.

(*) La preuve :

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(photos de l’auteur)

(Spéciale dédicace : Zazou)

Fondu dans le décor


23 Jan

Vous vous souvenez de mon post récent sur l’expo de street art au musée de la poste, notamment sur un artiste dont j’avais aimé le travail, Rero ? (voir le post  « Art des rues ».)

Une de ses créations…

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Ce matin, magie du réseau et des infos qui circulent plus vite que la lumière, j’ai vu qu’il avait travaillé il y a quelques jours pour une performance avec un autre artiste que j’aime beaucoup, le chinois Liu Bolin, l’homme qui se fond littéralement dans le décor…

Quelques photos de lui, Liu… enfin, au début, on ne le voit même pas… ici, fondu dans le « nid d’hirondelle », le stade qui a accueilli les JO de Pékin…

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Ou ici, dans les rayons de sodas d’un supermarché…

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Dans une forêt…

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Si vous voulez voir plus d’exemples, allez par exemple sur le site fubiz… ça vaut le coup d’oeil.

Et donc, ce matin, je vois :

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Le texte complet en anglais : Everyone has the right to freedom of opinion and expression ; this right includes freedom to hold opinions without interference and to seek, receive and impart information and ideas through any media and regardless of frontiers. Autrement dit : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » C’est l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, de 1948.

… Un artiste chinois qui se fond dans cette réaffirmation du caractère inaliénable de la liberté de pensée, d’opinion et d’expression, l’idée est belle, non ? Mais la manière de travailler de Rero , cette barre qui figure dans les textes qu’il sélectionne et reproduit, oblige à un léger recul : et si tout ça n’était que des mots…?  et si au contraire, l’homme et la réalité finissaient par avoir moins d’importance que les principes énoncés, surtout s’ils sont bafoués ? Vertige devant les différentes interprétations possibles de cette image…

Je vous laisse méditer…

Et pour ceux que la réalisation en elle-même fascine, comme moi, voici la vidéo de la performance, issue de la page « Dailymotion » d’Actuphoto, qui inclut aussi des interviews des artistes :

http://www.dailymotion.com/video/xwy37w

(Photo 1 de l’auteur ; photos 2,3,4 ; photo 5)

Chemins


22 Jan

Les périodes de transition sont souvent définies en trois temps : avant, on était dans une situation stable. Pendant, on transite. Après, on sera à nouveau dans une situation stable, différente de la première. Ca paraît simple. Peut-être trop. (car qu’est-ce qu’une situation stable, après tout ? une situation où l’on a un sentiment parfaitement subjectif de sécurité, où l’on ne s’interroge pas outre mesure sur soi et son devenir puisque ce qui constitue nos vies (amour, famille, travail, logement, etc.) semble construit, solide et fait pour durer ? qui a dit « illusion » ? et qui, dans le fond de la classe, chuchote que la vie elle-même est une transition…?)

Mais intéressons-nous à cette notion, justement, la transition, cette période plus ou moins facile à vivre selon « son niveau de tolérance à l’incertitude »  (expression empruntée à François Roustang)…

On peut en avoir plusieurs visions.

Ou bien le faux-pas n’est pas permis, le chemin est étroit, la concentration doit être maximum…

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Ou, au contraire, le chemin permet de musarder, de vagabonder, de prendre son temps et même des petites allées traversières, de découvrir ce qui le constitue (et de profiter de la mousse, des fougères, des rayons de soleil)…

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Entre les deux, bien des manières de se laisser guider…

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Et puis un trajet peut comporter plusieurs types de chemins…

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Ce qui modifie le chemin et la manière de le parcourir, c’est aussi si l’on sait où on veut arriver, si l’objectif est déterminé, si le terme du voyage est connu, ou non.  Car si c’est le cas, on déplie la carte (je ne parle pas de brancher le GPS  !), et  il s’agit de trouver le chemin le plus simple pour y parvenir, ce qui n’est déjà pas rien.

Si, par contre, on s’embarque sans avoir une claire vision de ce que l’on veut, de là où l’on veut parvenir, il va falloir être confiant, vigilant, à l’écoute, de soi-même et de son environnement, pour savoir si on est dans la bonne direction ou non… c’est un exercice plus délicat, mais qui permet d’être plus ouvert à l’inconnu, et donc à la découverte, et à la définition au fur et à mesure de la destination, qui nécessite plus de temps et comprend plus de risque, notamment celui de se perdre dans des chemins qui ne mènent nulle part…

Il existe aussi une troisième voie, celle dite de Christophe Colomb, persuadé d’avoir trouvé la route maritime la plus courte pour les Indes, c’est-à-dire l’Extrême-Orient, alors qu’il vient de découvrir les Amériques : choisir un but, et découvrir tout autre chose, implique aussi que l’on soit capable de reconnaître que ce qu’on vient de découvrir a peut-être plus de valeur que l’objectif initialement visé…

Quels que soient le type de chemin, la destination, le plaisir ou la difficulté d’avancer (ah oui, parfois, c’est dur, d’avancer…), gardons l’œil ouvert, et l’équilibre, pour que les courants et les doutes qui nous traversent ne nous emmènent pas loin de notre nature et de notre désir…

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A suivre…

(photo 1 ; photo 2 ; photo 3 de l’auteur ; photo 4  Catherine Levesque ; photo 5)

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Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).