Archive for février, 2013

Le festival


27 Fév

Ce n’est pas une pochette, mais un festival de pochettes, que dis-je, un feu d’artifices de pochettes de 33 tours qu’avait concocté Bertrand, le disquaire de « Madison »… Jugez-en plutôt…

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Approchons-nous…

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Puis détaillons, « étage par étage »…

En haut, deux « noir et blanc » sobres a priori…

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« Sonic Youth », le visage pâle d’une jeune femme au regard lointain, et à l’auréole très angélique…

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Et, à côté, la pochette improbable d’un groupe nommé « Warum Joe »…

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Je vérifie, quand même… oui, leur nom est bien « Warum Joe », « Pourquoi, Joe » en allemand, et je me demande, perplexe devant la vitrine : est-ce une référence au seul slow allemand connu et ravageur : « Sag warum », chanté il y a longtemps par Camillo Felgen ?… une rapide recherche internet m’apprend que Warum Joe est un groupe de la mouvance électro-punk française du début des années 80 (mais il était encore actif en 2000), très loin des « Und ich frage mich : warum, sag warum » chantés de sa voix de crooner  à la fois caverneuse et langoureuse par Camillo.

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Et l’album, dont le titre est « Le train sifflera, crois-moi » – et là, je sens que je tiens quelque chose avec mes références dépassées : Richard Anthony, non ? – est une compilation…

La photo de la pochette, même avec les reflets, est belle. Sociale. Politique. Solidaire et un peu triste.

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Au deuxième étage, deux pochettes couleur, très différentes.

A gauche, un hommage à l’Asie…

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Bertrand a-t-il cru à la lecture de mon blog et des posts sur le « Japanese trip » que je maîtrisais le japonais, son système à trois alphabets, sans compter le mandarin classique et le coréen ? Non, malheureusement. Si bien que l’histoire en vignettes (essai de manga ?) racontée sur la pochette est restée assez mystérieuse pour moi. Mais j’ai admiré la prouesse que constitue le fait de dénicher une pochette tout en idéogrammes… même si je ne vois vraiment pas quel type de musique est gravée sur le vinyle… j’espère que ce n’est pas de la musique de resto chinois, ou pire, les premiers essais de la femme du numéro un du parti communiste chinois, vous savez, la chanteuse Pen Liyuan, avec ses uniformes kitsch et ses chants patriotiques…

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A droite de cette pochette asiatique, celle d’un groupe encore inconnu de moi, Chelsea.

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Là encore, recherche rapide sur internet, et découverte : Chelsea est un groupe de pop-rock français des années 90, il a été créé à Tours dont sont originaires ses quatre membres fondateurs. Il a sorti trois albums, dans la lignée des groupes anglais de la fin des années 80 (Smiths,  Echo and the  Bunnymen…), il a connu plus qu’un succès d’estime, une reconnaissance certaine bien que loin du grand public, et s’est séparé fin des années 90, après avoir assuré des premières parties de groupes prestigieux. Il chantait en anglais et en français. L’album dont la pochette est dans la vitrine est intitulé « Réservé aux clients de l’établissement »… La pochette, justement, revenons-y…

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Ils ont l’air épanoui, non, les quatre membres (c’est le cas de le dire) de cette belle famille (les jeunes garçons surtout) ?  Très 50’s a priori, cette photo balnéaire avec maillots de bains (et bronzage) d’époque…

Comme est certainement 50’s, ou même avant, la dernière pochette en bas à gauche…

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« Music, Martinis, Memories »…

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… par Jackie Gleason… au début, j’ai cru que c’était le nom de la chanteuse, forcément jazzy qui noyait son chagrin dans l’alcool sur la photo. Mais non : Jackie Gleason était un acteur, compositeur, producteur, scénariste et réalisateur américain, mort en 1987. Il s’agit donc sans doute d’une compilation de ses compositions. Belle photo, belle ambiance, on imagine bien le pianiste à l’arrière jouant un air un peu triste, et un trompettiste qui ne figure pas sur le cliché faisant un solo déchirant… et la femme de la photo, le cœur brisé, attendant sans y croire vraiment le retour d’un sous-Humphrey Bogart de bazar, parti avec une autre…

… Tout ça dans une vitrine, tout ça sur des pochettes de disques… Merci, Bertrand, pour ces mini-voyages et ces découvertes…

(Photos de l’auteur)

Les chiffres et les lettres


25 Fév

Entendons-nous bien : j’aime mon ordinateur, ses touches souples, ses connexions sur le monde, son traitement de texte qui permet des manips qui auraient été impensables avant. Avant ?

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Oui, je suis consciente des bénéfices de la modernité, des privilèges qu’elle offre, de la facilité d’utilisation de ses outils, de leur efficacité.

Mais de temps en temps, je me fais un petit coup de nostalgie…

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Et je ressors ma machine à écrire. Elle est lourde, surtout du côté du chariot… mais elle est portable, elle aussi (comme mon ordi)…

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Et je tape un peu, j’aime le bruit des touches, l’élan qu’il faut prendre pour appuyer dessus et que la lettre s’imprime sur le papier…

Les touches…

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(… On n’a pas inventé le smiley récemment…)

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Les touches « spéciales » : « espacement en arrière » (en langage moderne, on dirait « retour » ou mieux, « back »!)

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Les chiffres…

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Et les lettres…

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Juste pour la beauté de l’objet (et l’odeur d’encre des rubans).

Bande-son : Gainsbourg, « Elaeudanlatéîtéîa » (« Sur ma Remington portative, j’ai écrit ton nom, Laetitia… »).

(Photos de l’auteur)

There is a light that never goes out


23 Fév

Quand ai-je entendu pour la première fois cette chanson des Smiths, sortie en 1986 sur leur troisième album The Queen Is Dead (celui dont la pochette est une photo d’Alain Delon, tirée du film L’Insoumis de 1964), et ressortie en single en 1992 ?

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Je les connaissais déjà, j’avais ce que je prenais pour leur premier album, Hatful of Hollow, et j’aimais déjà leurs pochettes aux photos 50’s noir et blanc, les mélodies apparemment simples de Johnny Marr, la voix sensuelle à l’accent so british de Morrissey, sa dégaine de dandy,  et ses textes à la fois lucides et désenchantés (« Heaven knows I’m miserable now », « What difference does it make ? »), parfois pleins de sous-entendus  (« This charming man ») et d’humour noir (« Panic »).

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Mais là, avec  cette chanson, »There is a light that never goes out », Morrissey touchait juste, pile au cœur, le mien, du moins.

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Paroles simples, pour ne pas dire simplissimes :

Take me out tonight /Where there’s music and there’s people /And they’re young and alive
Driving in your car /I never never want to go home /Because I haven’t got one… /Anymore
Take me out tonight /Because I want to see people and I /Want to see lights
Driving in your car /Oh, please don’t drop me home /Because it’s not my home, it’s their home, and I’m welcome no more

« Emmène-moi ce soir/ là où il y a de la musique et des gens/qui sont  jeunes et vivants/
Quand je suis dans ta voiture/ je ne veux plus jamais rentrer chez moi/parce que je ne n’ai plus de chez moi/désormais
Emmène-moi ce soir/parce que je veux voir du monde/et je veux voir des lumières
Quand je suis dans ta voiture/s’il te plaît, ne me dépose pas à la maison/ parce que ce n’est plus ma maison, c’est leur maison/ et je ne suis plus le bienvenu »

And if a double-decker bus /Crashes into us
To die by your side /Is such a heavenly way to die
And if a ten-ton truck /Kills the both of us
To die by your side /Well, the pleasure – the privilege is mine

« Et si un autobus à impériale/nous rentre dedans/
Mourir à tes côtés/serait une façon si divine de mourir/
Et si un camion de dix tonnes/nous tue tous les deux/
Mourir à tes côtés, eh bien, c’est un plaisir et un privilège »

Take me out tonight /Take me anywhere, I don’t care /I don’t care, I don’t care
And in the darkened underpass /I thought Oh God, my chance has come at last
But then a strange fear gripped me /and I Just couldn’t ask

Take me out tonight /Oh, take me anywhere, I don’t care /I don’t care, I don’t care
Driving in your car /I never never want to go home
Because I haven’t got one, da … /Oh, I haven’t got one

« Emmène-moi ce soir/emmène-moi n’importe où/ça m’est égal, ça m’est égal, ça m’est égal/
Et dans le souterrain obscur/ j’ai pensé : Oh, mon Dieu, c’est enfin le moment/
Mais une peur étrange s’est emparée de moi et je ne pouvais plus rien demander/

Emmène-moi ce soir/emmène-moi n’importe où/ça m’est égal, ça m’est égal, ça m’est égal/
Quand je roule dans ta voiture, je ne veux jamais jamais rentrer à la maison/
Parce que je n’en ai plus…/je n’en ai plus… »

And if a double-decker bus /Crashes into us
To die by your side /Is such a heavenly way to die
And if a ten-ton truck /Kills the both of us
To die by your side /Well, the pleasure – the privilege is mine

Oh, There Is A LightThat Never Goes Out/
There Is A Light That Never Goes Out/
There Is A Light That Never Goes Out

« Et si un autobus à impériale/nous rentre dedans/
Mourir à tes côtés/serait une façon si divine de mourir/
Et si un camion de dix tonnes/nous tue tous les deux/
Mourir à tes côtés, eh bien, c’est un plaisir et un privilège/

Oh, il y a une lueur qui ne s’éteint jamais/
Il y a une lueur qui ne s’éteint jamais/
Il y a une lueur qui ne s’éteint jamais… »

Ces paroles, seules, ne cassent certainement pas trois pattes à un canard (j’adore cette expression). Mais écoutez la chanson, écoutez cette mélodie presque légère, écoutez l’interprétation de Morrissey, la lassitude et le découragement qu’il y a dans sa voix pendant les couplets, l’espoir délicat et le soulagement quand il chante le refrain et raconte que ce serait tellement merveilleux de mourir aux côtés de la personne qui le conduit, et enfin l’apaisement, et l’espoir, le vrai, de la phrase finale.

Version studio avec une vidéo montrant Morrissey en vélo dans une ville d’Angleterre. C’est vraiment 80’s (vêtements, coupes de cheveux…).

Image de prévisualisation YouTube

Et une version live de 2011, Morrissey seul (les Smiths se sont séparés en 1987), émouvant, parce qu’il a vieilli, comme nous…

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… mais que la foule de ce festival de Glastonbury est comme moi, elle connaît la chanson par cœur, et la chante en chœur.

Cette chanson continue à m’émouvoir chaque fois que je l’entends. Parce qu’elle est hésite délicatement entre désespoir et volonté d’y croire. Elle me rappelle aussi certainement quelques amis qui ne sont plus là, notamment un, qui lors de nos discussions de jeunesse prenait fait et cause pour la musique anglaise contre la musique américaine, comme si c’était important (…), aimait donc les Smiths et a effectivement préféré aller voir tout de suite s’il y a une lueur qui ne s’éteint jamais.

(Photos 1, 2, 3, 4)

Retrouvé


22 Fév

Samedi dernier, je suis allée chez Tante Léonie. THE Tante Léonie. Celle de Marcel. Mais si, Marcel, Proust !

A Illiers-Combray, bourgade un peu perdue dans la Beauce entre Chartres et Nogent-le-Rotrou (on ne rit pas !), se tient la célèbre (dans la vie, tout est relatif) maison de Tante Léonie, où le jeune Marcel passait ses vacances enfant… et dont il relate les journées et les soirées dans les pages de « La Recherche » (celle du temps perdu, bien sûr), notamment dans celles du premier tome Du côté de chez Swann.

Petit jardin derrière une grille, orangeraie, et belle maison, à la fois coquette et massive, dans son jus fin XIXe…et  je dois vous avouer quelque chose : cet après-midi-là, j’avais perdu mon appareil-photo chéri, égaré, je n’arrivais pas à remettre la main dessus et je me persuadais qu’il était resté en Normandie. J’ai donc pris quelques clichés avec (horreur !) l’appareil-photo de mon téléphone, qui est loin d’être dernier cri, on va vite le voir. (Je rassure les lecteurs anxieux : à défaut du temps, j’ai retrouvé mon appareil-photo qui, farceur, avait glissé entre le siège et la portière passager de ma voiture. Je l’ai instamment prié de ne pas recommencer une blague pareille. Il m’a promis.) Puis, à la sortie, je me suis rendu compte que toute cette inquiétude avait été vaine : il est interdit de prendre des photos lors de la visite (ou alors il faut demander, ce que je n’ai pas fait). Les clichés sont donc assez ratés, et ils ne devraient même pas exister !

Voici donc, en rentrant par le jardin, le couloir. Je vous recommande de visiter la maison à la fin de la journée, le soleil donne aux pièces une lumière belle et chaude, et à l’ensemble, un peu figé dans le temps perdu, une certaine vie.

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A gauche, deux salons, dont l’oriental, aux vitres colorées, qui projettent sur le mur, et le radiateur, un puzzle de couleurs.

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A droite de l’entrée, la très belle cuisine de « Françoise », carreaux bleus du fourneau…

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Carreaux vertes et blancs ailleurs…

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Et vue du jardin depuis la cuisine…

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A l’étage, les chambres : la plus émouvante, celle de Marcel, bien entendu, avec son lit court d’enfant, ses tomettes et sa simplicité…

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Je ne sais pas pourquoi, j’ai éprouvé le besoin de photographier le détail de l’embrasse du rideau du lit…

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Et la chambre de « Tante Léonie » elle-même, avec son plateau près du lit, présentant sa bouteille de Vichy-Célestins, des feuilles de tilleul pour l’infusion, et près de la tasse vide, la célèbre madeleine…

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Je ne suis pas une férue de l’œuvre de Proust, j’ai juste lu Des Plaisirs et des jours et, justement, Du côté de chez Swann… cette visite, assez impromptue et charmante, alliée ensuite à celle du village et du Pré Catelan, jardin dans lequel Proust se promenait enfant, m’a donné envie de tenter (une fois de plus) de replonger dans cet univers et cette écriture magnifique… et exigeante. Et bien sûr, mais je m’y étais déjà remise un peu auparavant, de relancer la mode des madeleines.

Bande-son : Erik Satie, « Avant-dernières pensées », par Alexandre Tharaud, disque 1 « Solo ».

(Photos – pas si ratées, au final, si on ne tente pas l’agrandissement – de l’auteur)

Rivages II


21 Fév

… Donc, le rivage de Granville est riche de choses merveilleuses, surprenantes ; certaines assez attendues, bien que toujours belles dans la lumière, les algues vertes…

Les plantureuses, échouées langoureusement…

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D’autres plus graciles, plus fines, plus sèches, plus fragiles…

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Et puis, les algues rouges. Celle-là comme un cœur échoué…

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Celle-ci, cartilagineuse (je me suis renseignée), conviendrait parfaitement à l’illustration du titre d’un livre de Boris Vian, « L’Herbe rouge »…

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Et ça, est-ce une éponge… ? Des pop-corn agglomérés et jetés par-dessus bord par un groupe de corsaires déçus par la projection privée, sur le yacht de Bolloré, de « Pirates des Caraïbes » IV ? Autre chose ?

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Ensuite, il y a ces choses mystérieuses et très belles sur les rochers… Naissance ou débuts de mini-coquillages en essaim ? Ou premières tentatives de prises multiples USB ultra-marines ?

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Certaines sont vraiment toutes petites, il faut se pencher… et nous entrons ici dans un monde un peu étrange…

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… et fascinant…

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… un peu fantomatique… (ça ne vous rappelle pas un peu le masque du tueur de « Scream » ? – ou la bouche ouverte sur l’angoisse du « Cri » de Munch ?)

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… et pourtant très vivant…

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Et ces êtres, sans doute végétaux, accrochés à un rocher, un peu élastiques face au vent…

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… étonnant, non ?

Comme est étonnante cette sculpture naturelle de sable aggloméré, en forme de « cloche », on voit bien qu’elle n’est pas pleine, c’est un miracle d’équilibre…

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Enfin, pour revenir dans le monde des hommes, enfin presque, un filet échoué, à la forme arrondie, cercle ouvert, abîmé par la mer, et rendu beau par cet usure…

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Parfois, pas besoin d’aller très loin pour voyager dans d’autres mondes.

Bande-son :  Revolver, « Wind song » ; Richard Hawley, « Remorse Code ».

(Photos de l’auteur)

Rivages I


20 Fév

A Granville, il n’y a pas que la ville, il y a aussi la mer : le port, côté sud, vers la baie ; et le rivage, côté nord, vers le large et les îles Chausey.

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Sur ce rivage, du sable, des milliards de petits coquillages, et d’autres un peu plus grands, parfois à peine. Approchons-nous, regardons.

Des coquilles enfouies, Saint-Jacques couleur sable…

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Ou des pétoncles noires…

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Des « couteaux », celui-là  rose et marron… (les couleurs n’ont évidemment pas été modifiées.)

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Et des coquilles dont je ne suis pas sûre du nom, juste que leur forme et leur couleur sont somptueuses dans la lumière rasante de la fin d’après-midi… je crois que celle-ci est une amande de mer…

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Certaines au dessin si graphique que j’ai hésité à les passer en noir et blanc… (coque ? praire ?)

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Et puis il y a cet ensemble : la demie-coquille d’huitre (genre « pied-de-cheval ») accrochée au rocher qui affleure au sol, dressée, dos au soleil, et derrière elle, un autre coquillage, plus petit, traversé par la lumière.

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Bel ensemble, et surprenant, avec son ombre portée…

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Et, dans les interstices des rochers, un puzzle de coquillages aux formes et couleurs multiples, plus ou moins usés par l’eau, déposés là par la dernière marée… jusqu’à la prochaine, qui commence déjà à remonter.

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Oui, à Granville, il n’y a pas que la ville…

(à suivre.)

Bande-son :  Gérard Manset, « La mer n’a pas cessé de descendre » ; Amalia Rodrigues, « Meu amor é marinheiro ».

(Photos de l’auteur)

Arnold et Karen


19 Fév

Vous vous souvenez de l’article « Vinyles », de la pochette kitsch de ce disque de « musique d’ameublement », et de la vitrine du magasin où je l’avais vu, « Madison » ?

Eh bien, il y a du nouveau. Au moment de la parution il y a deux semaines, je suis passée voir le disquaire (je lui avais déjà acheté une brosse pour nettoyer mes vieux disques) et je lui ai dit que j’avais fait un petit post sur son magasin. On a discuté un peu, je suis partie, il a lu le texte, vu les photos, et il m’a écrit un mail (en utilisant le formulaire « Contact », comme quoi tout a son utilité sur ce blog !). Il avait bien aimé le post, et le blog, et proposait de mettre en vitrine une pochette à mon attention, de temps en temps… j’ai trouvé l’idée intéressante et stimulante… je lui ai écrit en réponse… et je suis partie en Normandie pour la semaine… où, comme vous savez, j’ai écrit assez peu, notamment pour des raisons techniques…

Je suis rentrée hier soir sur mes bords de Loire. Cet après-midi, je suis passée devant la vitrine de « Madison », le magasin était fermé (nous sommes lundi). (Encore pardon pour les reflets dans les vitrines, j’ai beau essayer, pas moyen de les éviter.)

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Vous voyez le petit papier, collé à côté de la pochette de la deuxième rangée en partant du bas, à gauche ? Moi aussi, j’ai eu envie de m’approcher.

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Ca vous rappelle quelque chose ? Oui, dans mon post de la semaine dernière, « Fragments de (gran)ville »

Alors, j’ai mieux regardé la pochette…

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« My cat Arnold ». Mon chat Arnold.

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Disque de Karen Mantler. 1989.

Le problème qui se pose face à cette pochette est simple : qui est le plus dépressif, Arnold ou Karen ? (parce qu’il est évident que la coupe de cheveux la plus ratée est celle de Karen.)

Arnold, le chat de la venelle de Granville ? Possible, après tout… (bien qu’on imagine le chat de la venelle plus gai, moins posé sur un tabouret, plus aventureux, quoi ! mais les chats sont surprenants et peut-être qu’Arnold cache bien son jeu.)

Et Karen ? Elle fait quoi, à part la tronche sur la pochette de son disque ? Eh bien, Karen, comme me l’a appris une rapide recherche Internet (non, je ne la connaissais pas avant) est née en 1966, c’est la fille de Carla Bley (une des figures du free jazz, pianiste, organiste, compositrice) et Michael Mantler (compositeur et trompettiste), et elle est elle-même une musicienne de jazz, joueuse d’harmonica, chanteuse et compositrice (ouf. Quelle famille.)

Quoi d’autre ? Il existe des photos d’elle sur lesquelles elle sourit presque.

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Elle fait des concerts (normal pour une musicienne).

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J’ai cherché à écouter… et j’ai découvert un personnage très sympathique, une belle voix, un tempérament… comme le montre cette vidéo où elle chante (très bien) et donne la réplique à une bande de musiciens, et joue (affreusement, mais c’est fait exprès) de l’harmonica, avec un beau sens de l’autodérision…

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Et les aventures de Karen et Arnold ont eu une suite, puisque :

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Comme on le voit sur la pochette du disque suivant, « Karen Mantler et son chat Arnold ont la grippe » !

Nouvel extrait, de la chanson-titre (à un moment, je crois qu’on entend un miaulement d’Arnold) :

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En fait, il semble que ni Karen, ni Arnold ne soient dépressifs. Ils font de la bonne musique, tous les deux (sauf quand ils ont la grippe). La pochette est drôle et décalée. Et Bertrand le disquaire a réussi son coup ! Bien joué !

Pour fêter ça, je crée une nouvelle rubrique : « Pochettes surprises » !

(Photos 1 à 4 de l’auteur ; 5 ; 6 ; 7 )

Le bleu du ciel


18 Fév

Dans cette ville à laquelle même les transformateurs sur les trottoirs font des déclarations d’amour…

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… dans la même rue que le lézard, non, la salamandre rayée (voir les commentaires sur « Fragments de (gran)ville » : merci, Catherine, pour ton œil infaillible), il y a aussi une… sauterelle ?

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… un grillon ?

neelhe-granville-février13 (11)non, c’est…

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… et elle a un adjectif, parce qu’il ne suffit pas qu’il y ait une cigale en Normandie, sur les côtes de la Manche, il faut aussi qu’elle soit…

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Un peu plus loin, on trouve…

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« Du vent dans les algues », et le symbole est beau…

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Et de l’autre côté, au n° 93, restaurant-café « La Bidouille »…

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… dont l’enseigne est, allez savoir pourquoi, …

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… un vieux landau, suspendu dans les airs…

… Sans doute pour qu’on ait, dès le plus jeune âge, le nez en l’air, qu’on apprenne à profiter du bleu pur du ciel, au-dessus des toits des maisons…

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C’était vendredi, à Granville, et je suis sûre qu’il y fait le même ciel aujourd’hui lundi, rassérénant et heureux. Même si le week-end a été difficile pour des gens que j’aime. Et qui aiment Granville aussi. (Se dire ça, aussi, parfois : le ciel redeviendra bleu.)

(Photos de l’auteur)

Fragments de (gran)ville


15 Fév

Dans la ville où je suis cette semaine, une librairie s’appelle…

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… « Le Détour », et  son enseigne est belle et poétique, ouvrant au ciel un pochoir de mots magiques puisqu’écrits avec des lettres  qui ne correspondent à aucun alphabet connu.

Un peu plus loin se trouve la…

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… mais lequel est-ce ?

Pas lui, malgré sa bonne tête : il est parisien.

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Ni lui, qui est franco-japonais, mais pas normand pour deux sous.

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Mystère donc, sur l’identité du félin en question.L’enquête continue.

… Au numéro 113 d’une rue qui monte vers la haute ville…

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… un lézard rayé veille sur des armoiries qui ne correspondent pas à celles de la cité. (je suis sûre qu’il connaît le chat de la venelle.)

Tout va bien à Granville, dans la Manche, ville, port de pêche et station balnéaire (je rassure tout le monde, c’est la Normandie…) à l’allure a priori très sage et qui cache une fantaisie légère et réelle pour qui prend le temps de regarder certains détails.

(Photos de l’auteur)

PS. Voir l’excellent commentaire de Catherine : ce lézard n’en est pas un, c’est une salamandre tachetée. Merci d’avoir rétabli la vérité et de me permettre de progresser sur la longue voie de la connaissance du monde animal ! j’en profite pour intégrer que la salamandre est un amphibien et le lézard un reptile…

Centre


14 Fév

Parfois, quand on est un peu perdu,  un rappel de l’endroit où on se trouve est le bienvenu. Vous êtes ici, sur Terre. Entourés (vous et la Terre) de bleu et de vert.

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Ou branché(s) sur le secteur.

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Ca me rappelle cette histoire que j’ai lue il y a longtemps. Un groupe d’Européens arrive en Amérique de Nord, ils partent dans une zone inexplorée et sauvage, dans les montagnes, guidés par des Indiens ;  un campement s’organise, et un Blanc et un Indien partent en reconnaissance dans les environs. Ils marchent plus longtemps que prévu, reviennent sur leurs pas, et malgré leurs efforts et les signes de leur passage qu’ils avaient laissés sur le chemin, ne retrouvent pas le campement, ni les autres membres du groupe. Ils continuent de marcher dans l’espoir de tomber sur un indice ou mieux sur le campement lui-même. Au bout d’un moment, l’Européen découragé dit à l’Indien : « C’est affreux, nous sommes perdus ». Et très calmement, l’Indien répond : « non, ce sont les autres qui sont perdus. Nous, nous sommes là. »

Oui, garder cette phrase à l’esprit : nous, nous sommes là. (parfois, au coeur du monde.)

(Photos de l’auteur)

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