Archive for avril, 2013

Entrez dans le rêve


30 Avr

Cette semaine dans la vitrine de Bertrand-le-disquaire-de-Madison :

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« Lumières », disque de 1984 de Gérard Manset, que j’ai déjà cité dans ce blog (voir le post « Lueurs ») ; qui figure toujours dans ma « vinylethèque », avec les autres disques de Manset que j’ai écoutés en boucle pendant mon adolescence et mes débuts d’adulte.

Résumé rapide : Manset est depuis 1968 (date de son premier disque, « Animal on est mal ») un auteur-compositeur-interprète, et aussi un peintre, un photographe (j’ai vu une de ses expos l’année dernière à la galerie VU à Paris) et un écrivain (son livre sur Bashung « Visage d’un dieu inca » vient de sortir en poche). Il est aussi un grand voyageur, notamment en Asie à la fin des années 70, début des années 80 (« Royaume de Siam »). Vous vous souvenez sans doute du succès qui l’a fait connaître, « Il voyage en solitaire » en 1975, complainte au piano tremblé (il était barbu et chevelu, c’était l’époque qui voulait ça !) :

Image de prévisualisation YouTube :

D’accord, la pochette de « Lumières » donne plutôt envie de partir en courant (où a-t-il été chercher ce communiant ?). D’accord,  « Lumières » n’est sans doute pas le 33 tours de lui que je préfère (ce serait plutôt « Royaume de Siam », ou « Le train du soir » ou « Long long chemin » ou alors « L’atelier du crabe », vous voyez, j’ai le choix). Mais y figure (entre autres, quand même) cette chanson, « Entrez dans le rêve » dont j’ai toujours trouvé le texte très pertinent, très pointu presque dans ce qu’il décèle de notre réalité, et dont on parle généralement très rarement dans les chansons : l’omniprésence des écrans (en 84, il s’agissait essentiellement de la télé), de la fiction, et la déformation de la réalité qu’elle induit. Et le questionnement va s’élargissant – il s’agit de Manset, le chanteur le plus cortiqué, le plus exigeant (il a quand même sorti un disque où il chante en latin un extrait de « La Guerre des Gaules » de Jules César), le plus parano peut-être (et peut-être à juste titre), en tout cas le plus original. Sur cette photo d’une époque antérieure (sans doute 1981, l’époque de « L’atelier du crabe »), on voit bien qu’il ne rigole pas, le Gérard.

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A cela s’ajoutent sa voix, brûlée (j’ai beau chercher, c’est ce terme qui me semble correspondre le mieux), et, sur « Entrez dans le rêve » sa musique, assez datée (80’s, ce qui n’est pas une insulte !) et au service de ce texte ciselé, percutant et poétique :

Jugez-en plutôt :

« Ramenez le drap sur vos yeux/Entrez dans le rêve/
Reprendre la vie des autres où on l’a laissée/Quand le jour s’achève/
Voir les couleurs voir les formes/Enfin marcher pendant que les autres dorment/
Voir les couleurs voir les formes…
Les villes sont des villes bordées de nuit/Et peuplées d’animaux qui marchent sans bruit/
Toujours dans votre dos, la peur qui vous suit/Toujours dans votre dos… »

Vous voulez écouter  (pas de vidéo correspondante, juste un défilé de photos de ciel…) ?

Image de prévisualisation YouTube

« Ramenez le drap sur vos yeux/Entrez dans le rêve/
Allumez l’écran merveilleux/Quand le jour s’achève/
Retrouver l’amour blessé/Au fond du tiroir où on l’avait laissé/
Retrouver l’amour blessé… »

Et cette phrase, qui déborde le cadre strict du propos de la chanson- un de ces raccourcis et de ces fulgurances qui font que j’aime Manset par-delà les années :

« Découper le monde à coups de rasoir/Pour voir au cœur du fruit le noyau noir/
La vie n’est pas la vie ni ce qu’on nous fait croire/
La vie n’est pas la vie… »

Et comme un apaisement, presque logiquement, sur ce même album figure une chanson assez longue, « Finir pêcheur », qui donne une porte de sortie possible à ce constat (« la vie n’est pas la vie, ni ce qu’on nous fait croire »). Et parfois, oui, c’est juste ça qu’on voudrait, sur un rivage lointain, calme et si possible ensoleillé : « Un jour, finir pêcheur/Mollusque divin/Peau de parchemin… » .

(photo 1 de l’auteur ; photo 2)

Tendinite (et sols japonais)


26 Avr

Tendinite : « affection douloureuse du tendon correspondant a une histopathologie spécifique qui met en jeu un mécanisme inflammatoire » (Wikipédia).

Vous voyez le truc. Pas grave, mais ça fait mal. Et vous savez où je me la suis faite, cette charmante tendinite ?

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Ben ouais, au pied. Plus précisément au gros orteil gauche. Vraiment pas pratique pour marcher. Alors, je ne marche pas beaucoup. Du coup, je bous (du verbe : « bouillir »), mais en douceur, je suis comme l’eau pour le thé, je frémis… Je lis, un peu. Je pense. Je me souviens.

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Japon, novembre dernier (ci-dessus, Nara. Voir la catégorie « Japan trip »).

Et en y repensant, quelque chose m’est revenu. Le souvenir d’une stèle sur le chemin de la philosophie à Kyoto. J’ai cherché dans mes photos. Vous allez comprendre.

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Il se passe un truc, avec le gros orteil gauche, là, non ? Je ne comprends pas tout, mais ça ressemble à une flamme, ce qui est dessiné dessus, et on dirait qu’il souffle de l’air… chaud ?… (à comparer avec les schémas de réflexologie plantaire ?)

Et puis, à marcher et surtout à boiter, sur nos bitumes, sur nos pavés, sur nos sols durs, je me mets à repenser à la douceur de la paille des tatamis, à sa souplesse, à ces sensations comment dire ?… tendres, sous la voute plantaire.

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… Et aux planchers des temples, dont le bois des terrasses est parfois doucement chauffé par le soleil, et qu’on sent à travers la chaussette, puisqu’il faut se déchausser pour les visiter. (c’est sans doute à cause de ces habitudes de « déchaussage »  et de marche pieds nus que j’ai ces souvenirs précis de sensations « pédestres »…ici, Kyoto, temple Tenju-an…)

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Et quand ils ne sont pas en bois, les sols des temples sont dallés, en pierre douce, usée…

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Et les chemins doivent être solides, ils sont donc aussi en pierres, elles aussi usées, mais de manière moins égale – mais toujours aussi harmonieuse… à Kyoto, dans le jardin du Pavillon d’argent, le Ginkaku-ji…

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Je crois que mes pieds veulent retourner au Japon. Eux, et le reste de mon corps. Ce voyage était aussi l’apprentissage d’une sensorialité différente, ou du moins l’apprentissage d’une attention différente à la sensorialité. (Je vais donc poursuivre en restant à l’écoute de… mon orteil gauche !)

(photos de l’auteur)

Le jour du oui


23 Avr

C’était long et douloureux (ça aurait pu et dû l’être beaucoup moins), mais ça valait le coup.

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Enfin, le mariage est ouvert aux couples de même…

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… classe de vertébrés. Ah non (c’est une blague, hein, en référence aux insultes qui ont « élevé » ce débat…). De même…

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… fantasme ? oui, possiblement (c’était déjà le cas avant, mais uniquement pour les hétéros). Et de même…

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… marque de sous-vêtements ? Oui, possiblement (c’était déjà le cas avant, uniquement pour les hétéros). Ouvert aux couples…

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… d’âges différents ? Oui, possiblement (c’était déjà le cas avant, mais uniquement pour les hétéros).

Donc et surtout, ouvert aux couples de même sexe.

Enfin.

Merci à Christiane Taubira, formidable de dignité et d’intelligence, de ténacité et d’humanité – et à tous ceux qui ont œuvré pour cette avancée des droits.

(photo 1, issue du site de France Info dont le lien a été supprimé, sorry ; photo 2 ; photo 3 ; photo 4 ; photo 5)

Michel le grand


22 Avr

Samedi, c’était le Disquaire Day, célébration des disquaires et des vinyles, avec mise en vente de raretés spécialement pressées pour l’occasion, versions alternatives, et autres 45 tours pour collectionneurs… Autant dire que Bertrand-notre-disquaire avait mis les petits plats dans les grands et des ballons sur la vitrine de « Madison » !

Pour moi, le Disquaire Day c’était plutôt la veille, quand je suis passée dans son magasin, et repartie avec trois vinyles, dont :

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… le double disque, en vinyle, de la BO des « Demoiselles » !

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… avec ce final charmant (les sœurs Dorléac, quand même !) et joyeux, « La chanson d’un jour d’été »  (« Aimer la vie/aimer les fleurs/aimer les rires et les pleurs/ Aimer le jour/aimer la nuit/aimer le soleil et la pluie… »)…

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Et, en y repensant, mon post sur Jacques Demy est un peu injuste, parce que je n’y cite pas une seule fois le compositeur des musiques et chansons des films de Demy, alors qu’elles en sont le cœur, et constituent une grande partie de leur magie. Michel Legrand, oui.

Et, comme par hasard, mes amies musiciennes du Pocklectif m’ont fait réécouter samedi le générique d’un dessin animé diffusé au début des années 70 (mais dont bizarrement je ne garde pas de souvenir) : « Oum le dauphin » ! Musique et interprétation de Michel Legrand (« Il a – le poil blanc comme l’hermine… » Oum, le seul dauphin à poils ! pour être précise, en reprenant notre ami Wikipédia, « comme tous les cétacés, le Grand dauphin n’a pas de fourrure, même si quelques poils sont présents durant les premiers mois de sa vie ») – eh bien, on était d’accord, la musique est formidable…

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Comme est formidable ce duo, qui va faire plaisir jusqu’en Belgique, Michel et  Nana, « Quand on s’aime »…

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Et spéciale dédicace pour ce 22 avril, « Les Moulins de mon cœur » (çelle-là, je me souviens bien de l’avoir écoutée souvent dans mon enfance, et avec bonheur !)

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Chapeau, l’artiste – et bon anni à qui de droit !

(photos de l’auteur)

Hervé


21 Avr

S’il était vivant, Hervé Guibert aurait 57 ans. Impensable. Mort du Sida (ou plutôt, d’une tentative de suicide) en 1991, à 36 ans, restent de lui son œuvre, ses 29 livres en incluant ses recueils de photographies, un long métrage. Et son image, son visage d’éternel jeune homme grave, d’abord et longtemps presque angélique, très souvent photographié, par lui-même dans des autoportraits ou par son ami Hans-Georg Berger.

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J’ai découvert Guibert comme beaucoup de gens, à la parution de « A L’ami qui ne m’a pas sauvé la vie », en 1990, dans lequel il déclarait sa maladie et sa fin proche, puisqu’à l’époque, contrairement à ce qu’a voulu lui faire croire l’ami du titre, on ne guérissait pas du Sida, l’annonce du diagnostic correspondait à une condamnation à mort (aujourd’hui non plus, on ne guérit pas du Sida – mais les avancées des traitements font que, lorsqu’on a la chance d’en bénéficier, on peut vivre, et longtemps, à peu près normalement sans le développer). Comme ses autres lecteurs, j’ai suivi la progression de sa maladie, je me suis attachée à sa lucidité, à ses espoirs parfois, à son combat au quotidien, à sa volonté de raconter, et même s’il n’aurait certainement pas été  d’accord avec le terme, de témoigner. Mais en parallèle, je découvrais ses autres livres, ceux qui étaient parus « avant ».

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Et j’ai aimé, de manière assez bouleversée, ce que j’y ai découvert. Cette volonté de dire, à tout prix, sa vérité, celle de ses sentiments, de ses désirs, de ses fantasmes même parfois, de ses désillusions, de ses déceptions, de ses emballements, de ses passions, de ses amours. Guibert était  (au cas où vous ne le saviez pas, ou vous ne l’auriez pas compris) homosexuel. Il l’était naturellement, et en parlait avec le même naturel. Et cette façon d’être m’a certainement aidée, dans une certaine mesure, à « assumer » la mienne. Ses récits – je parle ici plus de ses livres que de ses articles, car il a aussi beaucoup écrit, notamment sur la photographie, dans des journaux ou revues – tournent autour du désir, et le désir a un genre, même s’il arrive qu’il varie au cours d’une vie.

Livrant ses secrets, Guibert se révélait dans sa nudité, sans concession ni avec lui-même ni avec les autres, parfois exaspérant d’égocentrisme, éreintant d’égoïsme, mais toujours étonnant dans la justesse de ses notations, exact dans le compte rendu de ses états d’âme, touchant dans ses aveux, intelligent, généreux et odieux à la fois dans les portraits qu’il dresse des gens qu’il aime, qu’on retrouve de livres en livres, ayant au final le sentiment de les connaître un peu aussi, de faire partie de cette « famille » amicale. Son écriture est belle et limpide. J’ai fini par avoir pour lui un sentiment un peu fraternel, à force de le lire et de partager son intimité. Il a écrit : « J’ai fait une œuvre barbare et délicate. » Je suis bien d’accord.

Les deux livres de lui que je préfère sont :

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« Fou de Vincent », description au scalpel et au jour le jour d’une obsession amoureuse (forcément) à sens unique, et :

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« Le Mausolée des amants », son journal qui court sur quinze ans, paru après sa mort.

Mais j’en ai beaucoup lu, de ses livres.

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Pourquoi je vous en parle aujourd’hui ?

Parce que la semaine dernière est paru une correspondance, entre lui et un autre écrivain, son « frère d’écriture ».

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Et que découvrir de « nouveaux » écrits, dévoilant une nouvelle aventure d’Hervé, comme s’il était là, le retrouver, alors qu’il est mort depuis vingt-deux ans, c’est assez bouleversant, c’est avoir des nouvelles d’un ami qui a disparu depuis longtemps, dont on sait qu’on ne le reverra pas, mais à qui on garde toute son affection, et qui assez mystérieusement, souterrainement, nous manque. Le pouvoir de l’écriture, et de la lecture. Et celle de la photographie.

(photos des livres d’Hervé Guibert de l’auteur ; autoportrait 1 HG; autoportrait 2 HG)

Post scriptum : pour mettre son œuvre entre des mains de confiance et d’amour, Hervé, déjà malade, a épousé son amie C., la compagne et la mère des enfants de l’homme de sa vie (on est bien obligé de faire des raccourcis, même s’ils sont réducteurs), juste nommé dans ses livres d’une initiale : T. , lui-même malade du Sida et qui mourra l’année après lui. Merci donc à Christine Guibert de veiller sur la pérennité de son œuvre, et d’en continuer la publication.

Hervé ne se définissait pas comme un militant. Il se contentait d’être ce qu’il était, et parce qu’il est devenu une personnalité connue, il a participé à la prise de conscience collective de l’impact de l’hécatombe du Sida parmi les homosexuels. Le mariage entre personnes du même sexe, notamment pour les personnes qui ont connu ces années-là (et pas seulement), semble, comment dire ? la moindre des choses. N’en déplaise à des gens qui manifestent aux Invalides ou ailleurs contre l’égalité des droits – il faut quand même le faire -, et à des députés tellement occupés à barrer la route à un gouvernement qui n’est pas de leur bord qu’ils se rendent ridicules à force de mauvaise foi.

Troisième décan


20 Avr

Ombre (non chinoise) d’hiver – mais avril impose sa silhouette… (Lâcher la proie pour l’ombre, oui, parfois, avec le sourire.)

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Bande-son : Mercury Rev, « Holes »

(photo de l’auteur)

Jeune et jolie


19 Avr

Ça n’arrivera pas souvent sur mon site, une couverture comme celle-là… mais vous allez comprendre. Aujourd’hui, quelqu’un que j’aime a (lire le titre du magazine… le reste, même si ça nous touche personnellement, notamment « je veux un corps de rêve ! », ou « vous aime-t-on pour les bonnes raisons ? », on approfondira plus tard, ce n’est pas le sujet du jour…) :

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Donc, 20 ans.

Imparable, et de circonstance, dans la version originale de Berthe Sylva de 1934 (non, pas question que je vous refile celle de Patriiiick Bruel) :

Image de prévisualisation YouTube

qui commence comme ça :

« L’atelier de couture est en fête,
On oublie l’ouvrage un instant,
Car c’est aujourd’hui qu’Marinette
Vient juste d’avoir ses vingt ans… »

… J’embrasse tes vingt ans, Mari(nett)e ! Profite (on n’a pas tous les jours…) !

(couverture du magazine 20 ans)

Anges


18 Avr

Envie de légèreté. D’apesanteur, presque. D’aérien, et d’ailé.

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Envie de finesse, et de grâce. Envie d’anges ?

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Bizarre, comme idée, non ? – (indigestion de gargouilles impudiques ?)

 

(Photos de l’auteur, portail sud de la cathédrale saint-Gatien à Tours.)

Même rive, côté ouest


17 Avr

Dans une petite rue du « Vieux Tours », quartier historique, médiéval, autour de la place Plumereau bien connue des étudiants pour ses terrasses de café, à l’ouest par rapport au quartier « cathédrale », se cachent quelques boutiques d’artisans et de créateurs, notamment (faut croire que j’aime les photos  de vitrines avec reflets !) :

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… qui n’est rien d’autre que :

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L’atelier rouge pistache : essentiellement deux artistes, Ahncé, dont (j’avoue) je ne connais pas le travail, et Mélanie Lusseault, dont je possède deux œuvres chez moi acquises il y a un moment… voici la photographie de l’une d’entre elles, intitulée « Les Temps modernes ». Autant vous dire que j’apprécie son travail.

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Je passe donc parfois devant l’atelier avec intérêt, puisque je sais qu’en plus, ils hébergent d’autres créateurs (d’où « la clique »). Et je suis tombée sur ça :

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… qui m’a bien plu, vous pensez : une reniflette à glandouille, c’est toujours utile (et pas qu’au bureau) ! En me penchant, j’ai pu voir sur le mur…

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… d’autres inventions miraculeuses…

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Alors, je suis allée faire un tour sur le site de l’inventeur, Eric Geffroy : je n’ai photographié ici que les présentations, dont l’esprit un peu « Plonk et Replonk » (voir mon post  « Réserve ») m’a ravie, mais les inventions existent réellement, elles sont poétiques et décalées, jetez un coup d’oeil sur son site…

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En revenant sur mes pas, je me suis soudain rappelée que je n’étais pas loin de l’église Notre-Dame-la-Riche, dont j’avais lu qu’elle aussi avait ses gargouilles… euh, particulières. J’ai donc fait un petit détour. Et je n’ai pas été déçue.

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L’église est moins grande, bien sûr, donc les gargouilles bien moins hautes qu’à saint-Gatien. Et sans faire d’effort, j’en ai vues deux, des impudiques.

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Y en a peut-être d’autres, mais j’ai assez vite cessé de chercher, presque un peu déçue que ça se trouve si facilement, les gargouilles impudiques. A moins que ce ne soit une spécialité tourangelle, mais ça m’étonnerait… et je suis revenue plein est, en longeant la Loire, vers les deux tours de la cathédrale.

(photos de l’auteur)

Sons


16 Avr

Cette semaine, dans la vitrine de Bertrand le disquaire de « Madison », une pochette de vinyle de science-fiction…

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C’est un disque de 1971. Je relis avec vous : « Prospective 21e siècle (ouh là ! s’il avait su…)… Chronos (ça a un rapport avec le temps, donc) : L’instant mobile (rapport au temps poétique…), La roue ferris (et non la via ferrata chère aux férus de randonnées et d’escalade), L’œil écoute (oui, ça peut arriver), triptyque électronique de Bernard Parmegiani »…

Je suis curieuse, j’ai écouté. Et donc, c’est de la musique électroacoustique, assez irracontable, très électronique et « bruitiste ». Si vous voulez essayer, voici « La roue ferris », je vous préviens, ça dure 10 minutes…

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Bernard Parmegiani, qui est né en 1927, est un des compositeurs majeurs de ce mouvement. Il a intégré le Groupe de recherches musicales (GRM) en 1959 et entre 1961 (« Alternance ») et 1996 (« Sonare »), il a composé plus d’une cinquantaine d’œuvres. C’est de l’expérimentation (je n’y connais rien, mais enfin, de ce que je peux percevoir, ce n’est pas franchement grand public…).

Rien à voir avec la série « Cosmos 1999 », que je regardais dans ma jeunesse.

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Mais, sans doute à cause de la pochette au look futuriste à la sauce 70’s (et de la typo), ou de la proximité des sons « Chronos-Cosmos », j’ai eu envie de revoir le générique…

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Toujours formidable, non ?

… et rien à voir non plus – mais est-ce si sûr ?- avec l’excellente émission écoutée par hasard dimanche  7 avril (et je vais écouter sur podcast la deuxième partie) sur France Culture, « Le Secret professionnel », de Charles Dantzig, dont l’invité était le professeur d’ORL, Patrice Tran Ba Huy. Émission passionnante, au cours de laquelle j’ai appris plein de trucs sur le son, l’audition et la musique. (Vous voyez bien qu’il y a un rapport…)

Entre autres (je rappelle que j’étais peu réceptive aux notions de physique quand j’étais au lycée, mais il n’est jamais trop tard, isn’t it ?) : le son est la vibration d’une matière (liquide, solide ou aérienne) – bon, ça on s’en doutait…

L’énergie sonore est transmise sans transport de matière (comme quand on jette une pierre dans une mare : « l’onde » qui se crée est faite de molécules qui ne se « déplacent » pas, mais qui en bougeant « sur place », font bouger leur voisine, qui à son tour, fait bouger la sienne, etc.).

Une onde sonore, pour être entendue par nous humains, doit être comprise dans une certaine gamme de fréquences et d’intensité… entre 50-100 Hertz et 15000-20000 Hertz (par comparaison, la chauve-souris entend jusqu’à 100000 hertz, et la taupe entend celles de moins de 100).

Il existe plusieurs types de sons : le son pur, à une seule fréquence (260 fois par seconde). Et les sons complexes, qui peuvent être soit périodiques (qui comprennent la fréquence fondamentale + toutes les harmoniques. Par exemple le do grave est à 33 Hertz, la 1re harmonique est le do supérieur à 66 Hertz, puis la deuxième à 99, etc. – bien sûr, on peut avoir des « timbres » différents, flûte et clarinette par exemple) ou non périodiques  (les bruits de la rue, comprenant toutes sortes de fréquences n’ayant aucun rapport entre elles).

Enfin, une dernière info que j’ai trouvée incroyable, (mais  au vu de la réaction des quelques personnes à qui j’en ai parlé, mon enthousiasme n’est pas universel !) : Le « la » qui sert de référence aux autres notes, qui sont donc définies par rapport à elle, est aujourd’hui à 440 Hertz. Au XVIIIe siècle, la fréquence du « la » était de 415 Hertz… ce changement de référence s’est fait au XIXe siècle, sans qu’on en sache bien la raison.

Mon résumé peut donner l’impression d’une juxtaposition d’infos sans rapport entre elles, mais l’émission était au contraire fluide et limpide et je vous la recommande…

… Car, par hasard, parfois, on rencontre des réponses à des questions qu’on ignorait se poser.

… Et  je rejoins Bernard Parmegiani, l’instant est mobile, et l’œil écoute, aussi. Ce qui est d’ailleurs le titre d’un essai de Paul Claudel sur la peinture. Tout se tient…

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… Comme le savent bien nos amis synesthètes ceux qui, par un phénomène neurologique involontaire,  associent  deux ou plusieurs sens. Oui, tout se tient. Enfin, presque.

(photo 1 de l’auteur; photo 2 ; livre Claudel)

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