Archive for juillet, 2013

Valbonnais, un village


31 Juil

… Imaginez un village dans le Valbonnais (vallée dans l’Isère, à la lisière du parc national des Ecrins) : un village-rue, où l’on passe mais où l’on s’arrête peu… Et pour cause… L’hôtel des alpinistes est fermé, et depuis longtemps…

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L’hôtel du commerce aussi…

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Tout comme le restaurant…

neelhe-Valbonnais (4)… l’épicerie…

neelhe-Valbonnais (5)… et la boulangerie…

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Seul est resté ouvert un café qui fait aussi (vaguement) alimentation. Sa terrasse donne sur la route où, assis sur des fauteuils en plastique vert, devant un café un peu dilué, on peut voir passer les autos, les motos et les cyclistes qui montent vaillamment à l’assaut du col d’Ornon, plus haut. Vous voyez l’ambiance, qui ne respire pas l’expansion, ni malheureusement la joie de vivre. Et pourtant, devant le café, une ardoise avec le détail de la restauration proposée (« Frites variée  -> Frites ») et cette phrase, qui m’a mise en joie…

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« Être ailleurs serait une erreur »…

De fait, oui, en général, être ailleurs serait une erreur… puisqu’on est là (voir le post de février, « Centre »)… et même si, parfois, on a du mal à l’accepter, d’être simplement là où on est.

(Photos de l’auteur)

Un peu d’ombre


26 Juil

A l’heure où ces lignes sont mises en ligne (hé, hé), je suis dans les Alpes, et (j’écris à l’avance, parce que dans les hauteurs, les connexions internet sont rarement fluides, alors pour une fois, j’anticipe)…  sans doute, il fait beau, la nature est magnifique, les paysages majestueux, la lumière radieuse, la chaleur un peu forte en marchant sur les sentiers qui grimpent, je croise des fleurs, des petits animaux, des randonneurs…

Pour équilibrer, et profiter, par contraste, envie d’un bain de fraîcheur, d’ombre, de nuit d’hiver, de ville…

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Ce que permet justement la photographie : avoir ou retrouver le goût de ces sensations en regardant un cliché…

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Elles font un peu décor de polar, ces photos, non ?… L’inspecteur Neelhe est sur l’affaire…

PS. Voir la proposition de bande-son par l’inspecteur Madison dans son excellent commentaire

(Photos de l’auteur)

Walk On


23 Juil

J’ai photographié ce sticker dans un café.

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C’est le nom d’une association, dont je ne sais pas grand chose (je n’ai pas réussi à entrer sur leur site, ce qui est ballot), mais pour le coup, ce n’est pas ce dont je veux vous parler.

Ce qui m’intéresse, c’est le slogan, le  « Believe and act » : « Crois et agis », la succession des faits : croire d’abord, agir ensuite… qui va un peu à rebours de notre fonctionnement habituel, dans lequel on a tendance à agir d’abord, sur des bases qu’on voudrait rationnelles, bien loin de toute croyance… puis en fonction des résultats de l’action, on veut bien se mettre à croire à certaines choses (la toute-puissance  de Dieu ou celle du marché, par exemple !). Ce que nous suggère ce slogan est l’inverse : croire d’abord, agir ensuite… et savoir qu’on agit en fonction de croyances, qu’on a choisies, et qui ne sont pas suggérées, ou inconscientes, ou héritées (ce qui, je le crains, est quand même le cas quand on pense agir rationnellement, mais qu’on n’a pas creusé les raisons profondes de l’action)…

Et je ne sais pas pourquoi, assez immanquablement quand il est question de croyance, j’ai cette chanson de U2 qui me vient en tête, qui figure sur leur album de 2000, « All That You Can’t Leave Behind ».

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La chanson s’appelle « Walk On » et elle est dédié à Aung San Suu Kyi, militante contre la dictature birmane et depuis, Prix Nobel de la Paix (qui a toute mon admiration depuis très longtemps, bien avant que Bono en fasse une icône)… C’est une très belle chanson, une sorte d’hymne à la foi, justement, en dehors(me semble-t-il) de toute référence religieuse. Qui ne nie pas sa difficulté, ni l’adversité qu’elle peut rencontrer.

Après une introduction parlée :

 » …  And love is not the easy thing/The only baggage you can bring/Is all that you can’t leave behind…
« Et l’amour n’est pas chose aisée/Le seul bagage que tu peux emmener/C’est tout ce que tu ne peux pas laisser derrière… »

… la chansons démarre dans le style typique de U2 (boucles de guitares de the Edge), la voix de Bono décolle et fait partager l’émotion – il a beau être agaçant parfois, c’est un sacré chanteur. Et il y a cette phrase, dans le second couplet :

« … You’re packing a suitcase for a place none of us has been/A place that has to be believed to be seen… »
« Tu fais ta valise pour un lieu où aucun de nous n’est encore allé/Un endroit en lequel on doit croire pour pouvoir le voir… »

C’est ce dont il est question, finalement, dans cette histoire de foi : des choses en lesquelles il faut d’abord croire pour qu’elles acquièrent une réalité. Et pour les faire vivre, il faut continuer à avancer (« Walk On ») en résistant à l’adversité et en se délestant au maximum de ce qui n’est pas l’essentiel, ce qui implique courage…

« Walk on, walk on/What you’ve got they can’t deny it/Can’t sell it, can’t buy it/Walk on, walk on/Stay safe tonight… »
« Avance, avance (littéralement : continue de marcher, ou : ne t’arrête pas)/Ce que tu as, ils ne peuvent pas le nier/Ils ne peuvent le vendre, pas même l’acheter/Avance, avance/Reste en sécurité ce soir… »

« And I know it aches /And your heart it breaks
You can only take so much
Walk on, walk on »

« Et je sais que ça fait mal/ Et que ton coeur se brise/
C’est tout ce que tu peux supporter/
Avance… »

Le final, en forme de prière, ou d’injonction douce, est assez magnifique :

« Leave it behind …/You’ve got to leave it behind…
All that you fashion /All that you make /All that you build /All that you break
All that you measure /All that you steal /All this you can leave behind
All that you reason /All that you sense /All that you speak /All you dress up /All that you scheme… »

« Laisse tout ça derrière toi /Tu dois laisser derrière toi…
Tout ce que tu affectionnes /Tout ce que tu fais /Tout ce que tu fabriques /Tout ce que tu casses
Tout ce que tu mesures /Tout ce que tu voles /Tout ça tu peux le laisser derrière toi
Tout ce que tu penses /Tout ce que tu ressens /Tout ce que tu dis /Tout ce que tu portes /Tout ce que tu planifies… »

Voici le clip, très paradoxal… Bono a beau porter un tee-shirt à l’effigie d’Aung San Suu Kyi, le clip est tourné à Rio (a priori plutôt loin de l’Asie), et est très classique dans son imagerie à la gloire du groupe (U2 en balade sur une plage, en train de signer des autographes…). A la fin, quand même, on voit et on entend la résistante birmane…

Image de prévisualisation YouTube

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ce sujet de la foi et du courage qu’elle implique (et cette chanson qui le symbolise) me touchent et me parlent. Et m’interrogent.

Croire d’abord. Et essentiellement… Pas si facile.

En forme de conclusion ouverte, cette citation de René Char (dans « Rougeur des matinaux »), assez célèbre, ce qui est justice puisqu’elle est splendide :

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque.
A te regarder, ils s’habitueront. »

(photo 1 de l’auteur ; pochette de l’album de U2)

Spéciale dédicace Loïc P. en mémoire, entre autres, du concert de U2 que nous n’avons pas vu en 1987.

Le Migou


19 Juil

Je l’ai déjà mentionné dans « La Belgitude », j’aime Hergé, et j’aime Tintin. Et des 22 albums (ou 24, selon que l’on inclut le tout premier « Tintin au pays des Soviets » et le dernier, l’inachevé « Tintin et l’Alph-Art »), j’ai mon chouchou, mon préféré, celui que je chéris et qui me transporte à chaque lecture, qui m’émeut et me fait rire, et qui est aussi peut-être un de mes premiers contacts fictionnels avec l’Asie : « Tintin au Tibet ». La trame en est simple : Tintin, en vacances dans les Alpes, fait un rêve très marquant dans lequel il voit son ami chinois Tchang qui  l’appelle à l’aide au milieu de la neige; puis il apprend le lendemain que Tchang a été une des victimes d’une catastrophe aérienne dans l’Himalaya. Persuadé, contre toute évidence, qu’il a survécu au crash, qu’il est toujours vivant, et qu’il a besoin d’aide, il part à sa recherche, accompagné d’Haddock et de Milou bien sûr.

Cet album paru en janvier 1960 est, nous dit notre ami Wikipédia, « sans aucun doute l’album le plus personnel d’Hergé et aussi celui où Tintin est le plus humain. Il faut dire qu’à l’époque, Hergé venait de se séparer de son épouse et traversait une profonde crise de conscience. En particulier, tous les rêves qu’il faisait étaient en blanc. Cette période de questionnement a donc profondément marqué l’album…Par ailleurs, le travail de recherches documentaires pour cet album est encore plus marqué que d’habitude, donnant un aspect totalement réaliste à l’aventure qui apparaît comme filmée en décors naturels ».

Vous vous demandez pourquoi je vous parle de « Tintin au Tibet » ? A cause de cette photo, prise il y a un moment dans les rues d’Auch.

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C’est une librairie de BD, qui s’appelle « Le Migou », le nom tibétain du yéti (que l’on voit détaler sur l’enseigne), dont il est beaucoup question dans « Tintin au Tibet »…

Et alors ? Ben, j’essaie de vous faire passer un message… non, je ne pars pas pour le Tibet. Mais oui, je pars pour la montagne, plutôt du genre de celle du début de l’histoire, quand Tintin s’endort et rêve de son ami Tchang… je ne croiserai sans doute pas le migou, ni même Foudre bénie, le moine volant qui a des visions (un copain de celui qui tape sur le gong -« dong »- sur l’autre enseigne)… mais peut-être une marmotte dodue ou même plusieurs (j’adore les marmottes), et des marcheurs heureux, comme Tintin dans les premières planches (alors que Milou, lui, ne fait que râler – il me rappelle quelqu’un)…

La montagne, même sans migou (qui sait ?), ça devrait être beau… (et ça ne m’empêchera pas d’anticiper les posts de la semaine prochaine) et, conseil d’amie, pendant vos vacances, si vous ne l’avez pas fait récemment, relisez « Tintin au Tibet », c’est une merveille…

(photo de l’auteur)

Chevet, la suite


18 Juil

Vous êtes sous le charme de ce beau chevet de notre cathédrale de Tours, vous aussi (voir « Le chevet ») ? Allez, parce que c’est vous, trois bonus :

Le chevet dans la lumière (assez glorieuse) du soleil levant…

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… et, photos qui datent de 2006 (eeeeh oui !), sous l’averse de neige…

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… puis, l’averse finie, sous la neige, calme et majestueux…

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… La classe…

Puisqu’on fait dans le culturel pour ce post, une petite anecdote : je vous ai dit que le chevet est le premier élément de la (re)construction de la cathédrale (souvenez-vous, XIIIe siècle, gothique). Seulement, au lieu de continuer logiquement à construire dans la suite le transept puis la nef, les bâtisseurs ont décidé, une fois le chevet achevé (ah, ah !)  de reprendre les fondations romanes au niveau de la façade (donc à l’autre bout), et petit à petit, sont remontés vers la nef, puis le transept… résultat : ils ont eu du mal à faire la jonction, ce qui explique que le plan de la cathédrale ne soit pas exactement aligné, qu’il y ait un léger décrochement, visible sur un plan, entre la nef et le choeur…

(photos de l’auteur)

Bulletin météo


17 Juil

Petit clin d’œil météorologique ou -giste, pourquoi pas… après un printemps pourri et un début d’été calamiteux, voici qu’il fait beau… mais trop chaud, se plaignent certains (qui ne sont jamais contents, mais peut-on leur en vouloir ? n’est-ce pas le propre de l’être humain que l’insatisfaction perpétuelle ? – question qui dépasse le cadre assez étroit de ce post, mais faut bien élargir le débat).

Quand je suis allée au musée de la Poste en mai dernier, j’ai à nouveau souri aux interventions de mes amis Plonk et Replonk (voir « Réserve ») disséminées parmi les collections permanentes…

… notamment celle-ci, cette casquette de facteur un peu spéciale :

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Vous vous demandez ce que c’est ?

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Voilà une invention fort utile, qu’on a eu tort d’abandonner trop vite. Le progrès fait parfois des impasses qui nous laissent vaguement tristounets, quand on en prend connaissance… Heureusement, l’être humain est plein de ressources et est quand même capable de disserter sur un sujet aussi vaste que la pression atmosphérique (et ses conséquences) sans données scientifiques précises ni actualisées de manière régulière.

Ceci dit, et c’est pas pour me plaindre, mais vous ne trouvez pas qu’il fait un peu chaud ?

(Photos de l’auteur)

 

Tant d’espace(s)


12 Juil

Je parlais d’espace… en plan très large, sentiment d’immensité, noyé dans la lumière, magnifié par l’entrelacs des nuances infinies du bleu et du sable du rivage, à marée basse…

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… ou vers le soleil, où l’eau et le ciel se confondent dans un même éblouissement…

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… et, changement d’échelle, en très gros plan, ce petit coquillage dépassant d’une mare d’eau de mer aux reflets doux sur la grève, et les grains de sable qui l’entourent…

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La beauté immense constituée, comme un kaléidoscope, de milliards de minuscules fragments d’infinitésimale beauté, presque invisible à l’oeil nu…

(photos de l’auteur)

Bande-son : Etienne Daho – non, pas « Bleu comme toi » (trop facile) et justement déjà cité dans « Bleu » – mais le langoureux et presque dangereux « Caribbean Sea » (« Caribbean, caribbean Blue, Blue Nights, on islands ») du même album « Pour nos vies martiennes » de 1988.

Espace/temps


09 Juil

De cette supplique  lue sur un mur de Granville : « donne(z)-moi de l’espace/donne(z)-moi du temps »…

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.. une réponse,  sous forme d’image… de l’espace…

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… de l’espace…

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… et du temps. Enfin.

(photos de l’auteur)

Envie d’est


06 Juil

Sur mon bout du monde normand, il y a une librairie au beau nom du « Détour » (voir « Fragments de gran(ville)« , dans laquelle j’ai pu assouvir mon envie  – un peu à contrecourant, puisque je suis plein ouest et que c’est un désir d’est – de Japon :  j’y ai trouvé Les cygnes sauvages de Kenneth White, dans lequel il raconte son voyage à Hokkaido, la plus septentrionale des îles de l’archipel, de son écriture poétique, précise et imagée.

Alors, je fais un voeu, avant d’aller profiter du soleil enfin installé dans le bleu du ciel, au-dessus de la mer..

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… Retourner bientôt au Japon, et monter au nord jusqu’à l’ile d’Hokkaido.

(photo de l’auteur prise lors du Japanese trip en novembre à Kamakura.) – Spéciale dédicace à Catherine, pour le Japon, Hokkaido et Kenneth White….

Le Delta


02 Juil

Je repensais à mon post sur la salle de cinéma anglaise si charming et vintage croisée dans le Somerset (voir « All Stars »)… Dans la ville où j’ai grandi, il y avait à l’époque plusieurs cinémas, l’Eden, le Celtic, le Moulin Blanc, et quelques autres, que m’ont permis de voir mes premiers dessins animés, enfant, puis mes premiers « vrais »  films en famille, entre amis, et puis assez vite « mes » films en solo. J’ai des souvenirs précis de la séance au cours de laquelle j’ai vu « Elephant man » de David Lynch, et mes trois premiers Truffaut (qui allaient aussi être ses derniers), au moment de leur sortie, « Le Dernier Métro », « La Femme d’à côté » et « Vivement dimanche » (contraste entre le noir et blanc sombre du film et le soleil éclatant du samedi après-midi d’août, à la sortie de la salle).

Aujourd’hui, plus de Moulin Blanc, plus de Celtic, plus d’Eden, sur l’emplacement duquel avait été ouvert, peu de temps avant que je quitte la ville, le premier « multisalles », le Delta, quatre salles, un truc de fou à l’époque.

Mais le Delta, qui a été longtemps le seul cinéma de la ville, a lui aussi fermé.

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Heureusement pour la vie locale, un « multiplexe » l’a remplacé, qui en plus de ses missions de distribution de junk food (pop-corn et Coca) et de films d’action américains en 3D, programme de temps à autre un film français d' »art et d’essai » qui attire, victoire, quatre  ou cinq spectateurs dans une des salles les plus petites…

Et le Delta est resté depuis lors à l’abandon, avec sa façade rose et ses emplacements d’affiches vides, symbole nostalgique de « La Dernière Séance », la chanson d’Eddy Mitchell, « C’était sa dernière séance, c’était sa dernière séquence, et le rideau sur l’écran est tombé »…

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(Mais le Delta, qui est aussi le nom d’une rue du IXe arrondissement de Paris, et le titre d’une vieille chanson de Julien Clerc -« Comme une rivière en delta »- est un symbole plus vaste et parfois plus heureux que ce cinéma…)

(photos de l’auteur)

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