Archive for octobre, 2013

Lever la tête


29 Oct

Il y a quelques semaines, j’attendais depuis un moment le bus parisien n° 96, à l’arrêt Saint-Paul… comment dire ? c’est un endroit passant, un des grands axes est-ouest du centre de la capitale. Voitures, taxis, camionnettes, motos, mobylettes, scooters, vélos et derrière l’arrêt, sur le trottoir, passants pressés parlant fort dans leur iphone pour couvrir le brouhaha, groupes de touristes perdus discutant de leur géolocalisation, lycéens en grappes, sortie de classe, forcément bruyants. Agitation et vacarme. La vie, quoi (parisienne).  Je ne suis pas toujours très forte pour me sentir bien dans ce genre de circonstances. Heureusement, il faisait beau (et chaud, comme j’allais vite le comprendre en montant quelques minutes après dans le bus enfin arrivé, surchargé, et surchauffé)… Alors, j’ai levé la tête.

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Un bout de la façade et du dôme de l’église Saint-Paul. La cheminée d’un immeuble parisien masquant le soleil. La trace graphique d’un avion dans le bleu du ciel.

Parfois, penser à lever la tête, et le regard, changer de perspective.

(photo de l’auteur)

Chemin faisant


25 Oct

Journée d’automne ensoleillée, sur le sentier qui longe le fleuve.

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Dans la lumière douce, un peu mousseuse, marcher sur un dégradé d’or.

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Tapis de rois.

(photos de l’auteur)

La jetée


23 Oct

Au festival des jardins de Chaumont-sur-Loire, cette année, il y en avait un qui s’appelait « La jetée »…

neelhe-la jetée (2)Une avancée de traverses de bois dans un jardin ayant la forme ovale des fonds de stades, menant à un garde-corps permettant de contempler un champ bien régulier de petits miroirs ronds mêlés à des fleurs et tiges sauvages…

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… les miroirs reflétant le ciel, ou le vide, ou le visiteur, et les tiges s’entremêlant avec grâce et liberté…

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… vision enchanteresse et titre magique : « La jetée », c’est aussi un film de Chris Marker, qui date de 1962 (et que j’ai vu bien après, je vous rassure), qui dure 28 minutes, en noir et blanc, d’une puissance poétique très marquante et dont le sujet principal, traité à travers une histoire bouleversante, est la mémoire.

Et « La jetée », c’est aussi le nom d’un minuscule et adorable bar à Tokyo, où je suis allée l’année dernière, dans le quartier du Golden Gay à Shinjuku. En voici la porte, qui ouvre sur un escalier très raide, menant lui-même à une salle vraiment très petite… Autant vous dire que retrouver une écriture en lettres latines et la bonne tête de M. Chat sur la porte (oui, Chris Marker a aussi fait un film avec M. Chat , la création féline de Thoma Vuille, « Chats perchés ») dans ce petit quartier de l’immense Tokyo était déjà assez merveilleux…

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Le bar tient son nom du film de Chris Marker, et si vous y allez, vous discuterez cinéma avec la délicieuse, très francophile et très cinéphile Tomoyo, la patronne des lieux : pour un compte rendu complet de cette soirée, voir le post de Catherine sur son blog.

Je vous livre juste une photo floue, prise dans le bar, de la reproduction d’une image célèbre du film sur laquelle on voit en arrière-plan les pistes de l’aéroport d’Orly… au-dessus d’une étagère de cassettes – oui, de K7, comme on disait – et de maneki-neko, ces petites statuettes de chat porte-bonheur… (sur l’amour que les Japonais portent à leurs animaux, voir « Des animaux (de compagnie) »).

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Autant vous dire que « La jetée » ouvre toutes sortes de tiroirs dans ma propre mémoire… jardin, cinéma, Japon…

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(photos de l’auteur)

Sunset vallée


18 Oct

Hier soir, coucher de soleil sur la Loire, vu du « pont de fil » à Tours.

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J’avais dans la tête la chanson de Neil Young, « Pocahontas », qui figure (comme « Powderfinger ») sur son album de 1979 « Rust never sleeps »… et à ce vers, à la fin du deuxième couplet : And the night falls/On the setting sun »(« Et la nuit tombe sur le soleil couchant »). C’est une chanson dans laquelle Neil le Canadien se souvient qu’il a des ascendances indiennes, et que ces nations natives d’Amérique du Nord sont loin d’avoir été bien traitées par les Blancs quand ils ont débarqué sur le nouveau continent.

Image de prévisualisation YouTube

Aurora borealis/The icy sky at night/Paddles cut the water/In a long and hurried flight/From the white man/To the fields of green/And the homeland/We’ve never seen
They killed us in our tepee/And they cut our women down/They might have left some babies/Cryin’ on the ground
But the fire sticks/And the wagons come/And the night falls/On the setting sun
They massacred the buffalo/Kitty corner from the bank/The taxis run across my feet/And my eyes have turned to blanks
In my little box/At the top of the stairs/With my Indian rug/And a pipe to share.
I wish a was a trapper/I would give thousand pelts/To sleep with Pocahontas/And find out how she felt
In the mornin’/On the fields of green/In the homeland/We’ve never seen.

« Des aurores boréales/Le ciel glacial de nuit/Les pagaies fendent l’eau/Dans un vol long et pressé/
Depuis l’homme blanc/jusqu’aux champs de verdure/Et la terre natale/Que nous n’avons jamais vue…/

Ils nous ont tués dans nos tipis/Et ils ont abattus nos femmes/Ils ont sans doute laissé quelques bébés/qui pleuraient sur le sol
Mais les bâtons de feu/Et les charrettes arrivent/Et la nuit tombe/Sur le soleil couchant…/

Ils ont massacré les bisons/Et ça a rapporté gros à la banque/Les taxis me roulent sur les pieds/Et mes yeux se sont vidés de toute expression/
Dans ma petite boite/En haut de l’escalier/Avec mon tapis indien/Et ma pipe à partager/

J’aimerais être un chasseur/Et je donnerais un millier de fourrures/Pour dormir avec Pocahontas/Et découvrir ce qu’elle ressentait/
Le matin/Dans les champs de verdure/Sur la terre natale/Que nous n’avons jamais vue… »

Très loin du Saint-Laurent et du Yukon, des tribus des Algonquins ou des Hurons, notre Loire s’étire paresseusement sous les solides et très civilisées arcades du « pont de pierre ». Mais la nature splendide garde toujours sa part d’indompté, et nous relie silencieusement à des rives lointaines et plus sauvages, bordées d’aurores boréales. Car partout, comme en écho, the night falls on the setting sun…

(photo de l’auteur)

L’automne à Tokyo


15 Oct

Il y a quelques mois, Bertrand, notre disquaire, avait mis cette pochette dans la vitrine de son magasin « Madison » :

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Beaucoup d’éléments du Japon traditionnel figurent sur la pochette : le cerisier en fleurs, les geta (chaussures traditionnelles)…

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… les cloisons japonaises, les bambous, les nénuphars… même la couleur orange du haut de la pochette rappelle celle de beaucoup de temples shinto.

Et c’est sans doute l’arrivée de l’automne et l’approche du premier anniversaire de la date de mon départ pour Tokyo, mais ça me parle, en ce moment, ces « Vacances au Japon »… même si la musique de fond de ce séjour n’était pas celle de « Ricardo Santos et son orchestre »…

Alors, pour le fun, la beauté de l’automne là-bas, et ce petit goût de nostalgie… quelques clichés, pour mémoire…

Le Pavillon d’Or, à Kyoto…

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Le toit du Pavillon d’Argent au milieu de la mer de couleurs des arbres de novembre…

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Le jardin « sec » du même Pavillon d’Argent…

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Et la porte du sanctuaire shinto Kasuga taisha de Nara… (voir « Toits japonais », « Intérieur temple », et « Nara Day »)

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… qui ouvre l’espace et les perspectives. Ailleurs.

Alors, si je dois faire un voeu et lancer une pièce :

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(photos de l’auteur)

Lunatique


11 Oct

Hier soir, vous avez dû remarquer, il s’est mis à cailler, ça sentait le vrai automne, celui qui fait qu’on est content d’être au chaud…  et de faire flamber son premier feu de cheminée. Et par la fenêtre, au-dessus des toits, la lune… croissante en ce moment, elle nous montrera son premier croissant ce soir puis elle sera gibbeuse – j’adore ce mot – jusqu’à la prochaine  pleine lune qui aura lieu vendredi prochain.

Pour fêter tous ces minuscules événements, l’arrivée du froid, la beauté de l’automne, la lune qui croît, la bûche qui craque dans l’âtre, un cliché en noir et blanc…

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… et un extrait de poème, qui me revient systématiquement quand je pense un peu longtemps à la lune (je vous rassure, ça ne m’arrive pas tous les jours, de penser « un peu longtemps » à la lune… c’est peut-être dommage d’ailleurs… ça vous est arrivé quand, à vous , la dernière fois ?), et pour cause :  c’est le premier poème que j’ai appris par coeur (pas en entier, il est long, en fait) quand j’étais au CP. Et ça, ça marque.

Musset, « Ballade à la lune ».

« C’était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d’un fil,
Dans l’ombre,
Ta face et ton profil ? »

Autre référence immédiate – bande-son – Charles Trenet, of course, « Le soleil a rendez-vous avec la lune »…

http://www.dailymotion.com/video/x7p2dl

« Sur le toit de l’hôtel où je vis avec toi
Quand j’attends ta venue mon amie
Que la nuit fait chanter plus fort et mieux que moi
Tous les chats tous les chat tous les chats
Que dit-on sur les toits que répètent les voix
De ces chats de ces chats qui s’ennuient
Des chansons que je sais que je traduis pour toi
Les voici les voici les voilà…

Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n’est pas là et le soleil l’attend
Ici-bas souvent chacun pense à chacune
Chacun doit en faire autant
La lune est là, la lune est là
La lune est là, mais le soleil ne la voit pas
Pour la trouver il faut la nuit
Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n’est pas là et le soleil l’attend
Papa dit qu’il a vu ça lui… »

Imparable !

(photo de l’auteur)

 

Over the Loire


08 Oct

Un vendredi radieux de fin septembre, j’étais au domaine de Chaumont (oui, -sur-Loire) ; j’ai déjà parlé du « festival des jardins » qui se tient chaque année dans le parc du château (voir « Contrastes et équilibre », « Noeuds » et « Questions (vrac) »), et j’en reparlerai, l’édition de 2013, dont le thème était « jardins des sensations » ayant été encore une fois une vraie réussite, inspirante, y compris pour les blogueuses…

Mais là, je veux simplement vous faire partager… ça :

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Fin d’après-midi, après la visite des jardins, balade dans le parc, des œuvres d’art contemporain sont disséminés sur les pelouses, dans les bosquets, dans les hautes branches des arbres, même…  sur le haut du coteau qui surplombe la vallée et  la Loire, alors que le soleil descend doucement vers l’ouest et  que la lumière douce et un peu vaporeuse donne aux couleurs et aux formes un éclat à la fois mat et réflechissant…

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… posée sous un grand pin, une sculpture  de Rainer Gross, en lanières de bois…

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… la vue est somptueuse et l’oeuvre la magnifie encore plus…

neelhe-chaumont-parc-sculpture (6)… en donnant à l’ensemble un petit côté ludique (on a envie de rentrer dedans et de s’y cacher), sans doute à cause du matériau utilisé et de la forme, mi-ruche, mi-nasse en osier (pour attraper les gros poissons de la Loire ?)… Vu de côté, la structure paraît blottie sous l’arbre qui la protège…

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En prenant un peu de recul, on voit le village en contrebas et la vallée vers l’est…

neelhe-chaumont-parc-sculpture (4)Paisible, lumineux, ouvert. Magique. La Loire et ses splendeurs.

(photos 3, 5 et 6 : Annie Chazal ; photos 1,2,4 de l’auteur)

La caissette


04 Oct

Sur les quais du bassin de l’Arsenal, près de la Bastille et son génie, à Paris, j’ai croisé ce vélo et sa caisse sur le porte-bagages…

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Alors, d’abord, j’adore le vélo, et surtout ceux qui ont un look un peu vieillot et qui trimballent une caissette sur leur porte-bagages, elle-même destinée à trimballer toutes sortes du trucs incroyables comme des laitues, des poireaux, des citrouilles, des bouts de moteur d’avion, des bouquins, des branches de bois, de la ficelle, des pots de géranium blancs (je m’égare…), enfin des objets indispensables et parfois magiques, comme les vieilles boites, vides ou contenant elles-mêmes des objets plus petits tout aussi indispensables (des plumes pour écrire, des encriers, des billes, des boites encore plus petites, d’allumettes par exemple)…

Mais bon. Le message sur la caisse est quand même sérieux, bien qu’ancien : « Moulinex libère la femme ». Sous-entendu, si j’ai bien compris : des tâches ménagères. Je n’ose pas demander : et l’homme ? Il n’est pas libéré, l’homme, par Moulinex ? Ben non, il s’en fout, l’homme, il ne s’en occupait pas, de la lessive, du ménage, de la vaisselle, activités merveilleuses que dans sa grande mansuétude, il laissait à la femme. Mais c’était il y a longtemps, bien sûr…

Alors, oui, merci Moulinex, et merci aux ouvriers de Moulinex au chômage aujourd’hui, et aux autres grandes marques de l’industrie de l’électro-ménager (qui se sont fait leur beurre, mais après tout…), d’avoir libéré, peut-être pas la femme dans son intégralité et tous les blocages qu’elle rencontre, mais une grande partie de son temps, qu’elle a pu consacrer à faire autre chose.

C’était mon quart d’heure militant et féministe.

Tout ça à cause d’un vélo.

(photo de l’auteur)

L’autre baie, deuxième


01 Oct

En baie de Somme, le week-end, hors saison, on trouve…

… des ciels chargés de nuages et d’infini, allongés sur des étendues sableuses mêlées de traînées d’eau à marée basse…

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… des ciels lumineux aux couleurs changeantes quand ils se découvrent, et des sols de sable blond et sec, avec une végétation rase et courageuse…

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… des escargots petits et presque malicieux avec leurs grains de sable sur la coquille, comme s’ils revenaient de la plage, eux aussi (voir le post « la liberté de l’escargot »)…

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… et, comme il y a beaucoup d’oiseaux dans la baie, des plumes, accrochées à des tiges comme si elles en étaient les feuilles ou les fruits naturels, se balançant au gré des rafales du vent…

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… des bouquets d’oyats sur les dunes, et de longues plantations de beaux piquets en bois pour que les dunes tiennent à leur place…

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… en revenant en ville, une enfilade de cabanes de plage bleues et blanches sur la jetée…

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… et en rentrant dans la belle maison qui porte le doux nom de  « Madeleine » (si vous cliquez sur le lien, vous verrez ses belles chambres d’hôtes sur le site…

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… qui vous expliquera même pourquoi la maison voisine s’appelle Suzanne – une histoire de famille, bien sûr)…

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… une phrase écrite sur le mur d’entrée…

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… vous allez penser que je me fais une crise U2, après « Walk On », mais ce n’était pas prémédité.. du coup, la bande-son s’impose d’elle-même : U2, « Beautiful day »…

Image de prévisualisation YouTube

« C’est une journée magnifique, ne la laisse pas filer… »

(photos de l’auteur)

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