Archive for février, 2014

Pertinent


27 Fév

Un petit bonus de jeudi pluvieux, le dessin de couverture du dernier « Hara Kiri », vu hier à la bibliothèque municipale rénovée de Tours.

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J’adore.

Alors, selon vous, ça a eu lieu ou pas ?

(merci au dessinateur, dont je n’ai pas bien saisi le nom…)

Mailles


25 Fév

Cette fois, j’ai pris le temps de m’arrêter en passant devant elle, samedi.

Elle :

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Le magasin, l’échoppe, la boutique de bonneterie qui désigne, selon notre ami Wikipédia, le lieu de vente (ou de fabrication) des articles d’habillement en maille, et tout particulièrement des chaussettes, des bas et de la lingerie.

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Ces articles sont en laine, en coton, en fil ou en soie, fabriqués à la main ou à la machine sous forme de jersey. Certains sont de luxe…

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La bonneterie de fantaisie comporte tous les vêtements de mailles, les tricots. J’adore ce mot désuet : « il fait frais, n’oublie pas ton tricot » – comme j’adore le mot « chandail » (et cette fois, c’est le Larousse qui nous apprend que ce mot est une abréviation populaire de « marchand d’ail », nom donné aux tricots portés par les gens des Halles), qui désignent le même vêtement et qui ont quand même une autre tenue que le mou (et anglais ou plutôt américain) « pull-over ».

On peut bien sûr réparer les articles de bonneterie, par remaillage (reformation d’un rang de maille) ou marvelisage (procédé mécanique mis au point par Vitos – comme indiqué sur la vitrine – permettant de remettre en place rapidement les fils tirés vers le bas).

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Bien sûr, cette belle boutique hors d’âge (ou plutôt, cette belle vitrine à la typographie élégante, variée, recherchée, en un mot, chic)  est fermée, les articles de bonneterie sont désormais majoritairement de qualité (comment dire ?) médiocre, importés de pays lointains. Et faute d’employer ces mots de manière quotidienne et précise,  j’ai vérifié toutes les définitions pour être exacte sur la signification des termes employés dans ce post. Ainsi s’éteignent les civilisations !

C’était un petit quart d’heure nostalgie. Ceci dit, ça s’est rafraichi, n’oubliez pas vos tricots en sortant.

(photos de l’auteur. Infos sur le marvelisage)

A relire


19 Fév

Tout à l’heure, j’ai assisté au deuxième étage de l’excellente librairie tourangelle La Boîte à livres à la rencontre organisée par ses responsables avec Christian Bobin, l’auteur de près de quarante livres délicats, vibrants et marquants au sommet desquels figurent pour moi « La Folle allure », « Le Très-Bas » et surtout « La part manquante ».

bobin_v

Moment de grâce et d’intelligence, à écouter un homme qui travaille à dialoguer avec l’essentiel et l’invisible, qui se fait passeur de ses propres auteurs fétiches (ce soir, Ernest Junger – dont il a lu un extrait du « Journal de guerre », extrait qui détaille en mai 1944 la couleur et la texture des fleurs d’un marronnier -, Marceline  Desbordes-Valmore, Robert Antelme, Jean Genet), conteur d’anecdotes visant à éclairer ses propos qui ne sont pas exempts d’une lucidité tranchante sur certains aspects de notre présent (« L’image nous aveugle. La parole nous nourrit »).

Son dernier livre s’intitule « La Grande Vie ». A une question de l’assistance sur la raison du choix de ce titre, Christian Bobin a répondu que la « grande vie » est la seule qui soit finalement digne de chacun de nous, et que c’est parce que nous avons du mal à la vivre dans sa grandeur qu’elle le devient justement, grande.

Il a cité une phrase d’un de ses poètes préférés, Jean Grosjean (c’est à ce moment que j’ai fouillé dans mon sac pour en sortir crayon et carnet), phrase effectivement merveilleuse dans son énoncé simple d’une complexité infinie. « Le passé est imprévisible. »

Passer une heure en présence d’un homme à la parole si précieuse, car attentive et vivante (comme l’eau peut être vive), m’a rendue plus consciente et un peu plus heureuse d’être là.

neelhe- bobin

(Ajouter à la liste : relire Bobin.)

(photo C. Bobin – lien supprimé, sorry ; photo 2 de l’auteur)

(Drôle de) février


14 Fév

Comme ailleurs, ici à…

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… la nature nous tient entre les deux termes de ce paradoxal février. D’un côté, un printemps prématuré (mais selon le calendrier chinois, le printemps a débuté le 4 février), avec douceur, bourgeons et fleurs blanches…

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… ou roses…

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Et de l’autre, de l’eau, beaucoup d’eau… qui tombe du ciel et qui inonde les berges du fleuve…
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… et enserre les pieds des arbres.

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Pour l’instant, nous sommes très loin des grandes crues des siècles derniers. Voici la très belle échelle des crues sous le pont de pierre au cœur de la ville. 7,58 mètres en juin 1856, ça fait réfléchir…

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Et moi qui pensais bêtement que les grandes crues avaient lieu plutôt en hiver… La Loire, « dernier fleuve sauvage d’Europe’, inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis 2000, reste maîtresse de ses humeurs. Et de ses hauteurs.

(photos de l’auteur)

Vite (ou non)


11 Fév

En visite dans un bel appartement, je suis tombée sur ce jeu (pas de la première fraîcheur, mais très bien conservé et assez éternel dans son principe). Non, ce n’est pas un Cluedo (voir « Sortir le grand jeu »). Mais le titre est en soi une invitation. Jugez plutôt :

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« Pensez vite »…

Le principe est simple : une roulette avec les lettres de l’alphabet, et une série de petites cartes au dos bleu à tirer au sort pour déterminer le sujet à propos duquel il faudra penser vite à des mots s’y rapportant et commençant par la lettre qui vient d’apparaître sur la roulette.

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Vous voulez des exemples de sujets ?

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D’autres exemples ?

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Et la meilleure question, la plus surprenante…

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Vous imaginez ? Pensez vite à des mots commençant par « T » et exprimant comment il ne faut pas être : tchèque ? têtu ? tourbillonnant ? télépathe ? Qu’est-ce qu’il ne faut pas être ? un tracteur ? une tartelette ? un tiroir ? Compliqué…

Dans la bibliothèque de ce même appartement figurait un petit livre assez surprenant intitulé « Questionnaires », de Max Frisch… un livre uniquement constitué de questions, une en haut de chaque page. Des questions essentielles…

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… aux réponses parfois dérangeantes, parfois évidentes…

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… parfois déstabilisantes, et finalement drôles…

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Vous voulez mon avis ? Parfois, penser lentement a du bon.

(photos de l’auteur)

Plume


07 Fév

J’ai croisé ce collage sur une vieille porte de garage taguée du « vieux Tours ».

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M’étant rapprochée, j’ai lu les deux mots écrits sur le noir et le blanc du haut du rachis… de la plume, puisque c’en est une…

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« Leave feather » : Laisser une plume. Ou y laisser des plumes ?

J’aime cette trace et ce message que le passant interprète comme il veut. Alors, y laisser des plumes, ou pas ?

(photos de l’auteur)

Bande-son : l’adorable, intime et très courte chanson murmurée par Neil Young sur l’album « Hawks and doves  » de 1980.

Image de prévisualisation YouTube

All her friends call her Little Wing/But she flies rings around them all
She comes to town when the children sing/And leaves them feather as if they fall
She leaves her feathers as if they fall

Little Wing, don’t fly away
When the summer turns to fall
Don’t you know some people say
The winter is the best time of them all
Winter is the best of all.

« Tous ses amis l’appellent Petite Aile/Mais elle vole en rond autour d’eux
Elle arrive en ville quand les enfants chantent/Et elle leur laisse des plumes si elles tombent
Elle leur laisse des plumes si elles tombent

Petite Aile, ne t’envole pas
Quand l’été vacille/Ignores-tu ce que les gens disent ?
L’hiver est le meilleur moment/L’hiver est ce qu’il y a de mieux »

Intérieur rouge


04 Fév

En septembre dernier, souvenez-vous, j’étais à Chaumont pour le festival des jardins (voir « Over the Loire » et « La jetée »).  Avant la visite des jardins, nous avons visité le château dans lequel étaient exposées différentes œuvres d’art contemporain. Dans la première salle, j’avais d’ailleurs croisé ces tulipes (sans retenir le nom de l’artiste, je m’en excuse auprès de lui ou d’elle), assez monumentales.

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Cet après-midi, chez moi, le soleil inondait de lumière le bouquet plus modeste posé devant la fenêtre.

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J’ai pensé à ce tableau vu à Chaumont.

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J’ai tourné autour des fleurs.

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Ce que je préfère, c’est l’intérieur.

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Vous vous souvenez de « Rouge », mon post de décembre dernier sur les bords de Loire ? Aujourd’hui, il s’agit de rouge intérieur. Et après les derniers posts, noir et blanc ou gris pour la plupart, je suis contente de faire éclater à nouveau ce « rouge trompette », la couleur que Rimbaud associait au « i » dans ses « Voyelles » (« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu ») :

« I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes… »

(photos de l’auteur)

Bande-son : Jean-Louis Murat (avec Camille sur la vidéo), « Polly Jean »

http://www.dailymotion.com/video/x12qmc

« Je voulais voir des corsaires/User des espadons
Me baigner nu dans la mer/Changer de religion

Enfin sauter du manège/Chavirer dans la nuit
Voir si je serais le même/Sur la mer en furie

J´avais rêvé de poursuivre/Sur des rochers luisants
Le galurin de PJ/Galure rouge sang

Profilée dans ses étoffes/Elle hâtait le pas
Elle embrasa/Comme fastoche
Toutes nos haies de lilas

La houle du désir/Emportait Saint-Malo
Nos cœurs évanouis/Gisaient au fond de l´eau

J´ai soulevé la mantille/Aspergé de citron
L´âme grise qu´on aspire

Je regarde et me fascine/La vague où je m´ébats
J´y vois rouler des mantilles/Que je ne connais pas

Voilà déjà que claque/Son tissu rouge sang
Elle en coiffe sa tête/Et me glace Le sang

J´avais rêvé de poursuivre/Sur des rochers luisants
Le galurin de PJ/Galure rouge sang

Même pris par la police/Police des sentiments
Je garde intact mon désir/Rouge sang Dedans

Sur les mâts de misaine/Les marins vous diront/
Que le galure de la reine/N´existe qu´en chansons

J´avais rêvé de poursuivre/Sur des rochers luisants
Le galurin de PJ/Galure rouge sang »

PS. Pour les amoureux des fleurs (j’en connais), qu’ils se rassurent : j’ai mis les fleurs à l’ombre aussitôt les photos prises.

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