Archive for avril, 2014

Le chevalier/2


26 Avr

Le street art, quand on s’y met, et qu’on commence à être attentif en se baladant dans les rues, c’est comme quand on sort dehors, à la campagne, une nuit d’hiver. On est d’abord heureux de constater que c’est une nuit claire, sans nuages, qui laisse voir son infinité d’étoiles. Puis on s’aperçoit que juste au-dessus de l’horizon en face de nous, se dessine la constellation qu’on préfère (au hasard, celle d’Orion). On a un sentiment de proximité avec les choses, de connivence, de complicité.

Ça m’a fait un peu ça l’autre jour dans la petite rue Etienne Pallu à Tours, dans un angle de porche tagué et un peu bordélique. Dans cette rue où je passe régulièrement, j’ai ce jour-là reconnu plusieurs petites œuvres de mon ami (il l’ignore) Fred le chevalier (dont je vous parlais en décembre dernier dans « Le chevalier »).

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Ces personnages noirs et blancs, souvent masqués, donc doucement mystérieux, et jolis comme des adolescent(e)s androgynes.

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Même en lambeaux, il reste quelque chose d’un peu magique dans les formes qu’on devine, ces silhouettes sages, ces animaux familiers et fantastiques…

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Je vais tâcher d’ouvrir encore davantage les yeux.

(photos de l’auteur)

Paris passages


24 Avr

Dimanche dernier, balade à travers les rues du 11e arrondissement de Paris, le nez au vent, la tête en l’air, le regard photographique. Dans cet ancien quartier d’artisans, je repère cours et passages aux noms évocateurs (après le passage du désir de « Début janvier »). Un incendie…

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Une fratrie…

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Malgré l’actualité récente qui a lié cet endroit à un humoriste qu’on ne peut plus considérer comme tel, un beau nom peut-être en rapport avec la dextérité de certains ouvriers (ou une statuette mystérieuse, comme dans un vieil album de Tintin ?)…

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… Un autre endroit, fréquenté par une jeunesse prometteuse (ou dans lequel on trouvait de belles plantes ?)…

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Un saint, d’une extrémité (épineuse) du passage…

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… à une autre (plus « fooormidable »)…

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… ou un second (un saint ne doit donc pas dépasser 3 mètres 10, c’est bon à savoir)…

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… ou un troisième, accolé à un nom plus « civil » et entouré de panneaux très laïcs (un saint peut donc être en sens interdit, je n’ose pas creuser les conséquences de cette idée)…

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… Un animal (un rapport avec Henri IV ?)…

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… de la même couleur qu’une boule…

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… Tout au fond d’une cour, une ouverture vers le mois prochain…

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… et non loin de là, une ouverture vers un autre monde, absurde et drôle (est-ce bien un autre monde ?)…

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Avouez, c’est classe, vivre à Paris 11, « cour des Shadoks »…

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Puisque nous parlons toponymie (toutes proportions gardées), petit clin d’œil à un ouvrage étudiant les noms de lieux autour d’un village de Haute-Maurienne qui m’est cher, Bessans (près du parc de la Vanoise, pour ceux qui veulent situer), écrit par une amoureuse de la région. Très loin de Paris et des Shadoks, donc.

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On trouve une présentation complète sur le site de l’association « Bessans jadis et aujourd’hui » (cliquez ici).

(photos de l’auteur. Dessin des Shadoks. Couverture du livre.)

 

Episode dépressif majeur ?


16 Avr

Dans la charmante mairie annexe du quartier sainte Radegonde (mais oui, ça existe) à Tours, par un après-midi radieux…

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… j’ai croisé Marianne.

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Comment dire ? Pas en forme, hein. Toujours jolie, c’est pas ça. Mais pâlotte, le regard un peu vide, comme absente à elle-même. Et même, si on est un peu attentif, franchement triste.

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Comme si elle ne portait plus ses attributs que péniblement, comme des chaînes trop lourdes, alors qu’ils représentaient sa fierté.

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Je surinterprète ? Peut-être. Mais pas si sûre.

Pourtant, comme chantait avec entrain Michel Delpech dans cette chanson de 1973, « Dieu, mais que Marianne était jolie » (vidéo d’époque croquignolette avec un Delpech coiffé comme Mireille Matthieu et chaussé comme Dalida). Elle doit avoir oublié, et oublié aussi notre regard, et notre affection.

http://www.dailymotion.com/video/x285jw

« Elle est née dans le Paris 1790/Comme une rose épanouie/Au jardin des fleurs de lys.
Marianne a cinq enfants/qu’elle élève de son mieux
Marianne a maintenant/quelques rides au coin des yeux.

Dieu ! Mais que Marianne était jolie/quand elle marchait dans les rues de Paris/en chantant à pleine voix : « Ça ira ça ira… » toute la vie.
Dieu ! Mais que Marianne était jolie/quand elle embrasait le coeur de Paris/en criant dessus les toits : « Ça ira ! ça ira ! » toute la vie. »

Oui, cet enthousiasme, cette jeunesse, ce vent de liberté, ces valeurs universelles balancées avec insolence à la face du vieux monde. Eh, Marianne, un Prozac ?

(photos de l’auteur)

Eolienne


11 Avr

Photo d’une éolienne (en est-ce une ?) qui, d’année en année, surplombe tous les jardins du festival (des jardins, justement) de Chaumont-sur-Loire.

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Silhouette gracile se découpant dans le ciel, parfois à contre-jour, parfois en plein soleil.

… Et très beau clip, tonique, plein d’énergie et de grâce, pour ceux qui aiment la danse, d’une très belle chanson de Gaétan Roussel. Dieu seul sait qu’il m’énervait quand il braillait avec Louise Attaque « Je t’emmène au vent », mais là, force est de constater qu’il a tapé dans le mille, après « Help Myself (nous ne faisons que passer) » en 2010 (« Time to get away/got to help myself, soon/sans prendre le temps de s’arrêter/ dernier cri, premier arrivé/aurons-nous de l’eau cet été ?/tout le monde cherche à s’échapper…), petit rappel en vidéo :

Image de prévisualisation YouTube

qui déjà mettait la barre haut (« Nous ne faisons que passer/dans l’ombre et la lumière/nous ne faisons que traverser/des océans, des déserts »), avec « Eolienne », sorti l’année dernière.

« Laissons les bises, alizées aux voiliers/
Aux petits drapeaux de plage/colorés/
Mistral chasseur de nuages laissons-les/
Souffler dans le ciel bleuté/De l’été/
Laissons les brises caresser les mollets/
De peur que les jolies gambettes /De fer forgée/
Des filles ou des girouettes/Haut perchés/
Laissons les courants d’air frais/
Circuler/

Laissons tout le vent enfermé/
Au fond de nos postes de télé/
S’évader…
Toute l’énergie éolienne/
Que nos existences contiennent/
S’envoler… »

Beau programme.

(photo de l’auteur)

Coquelicots


08 Avr

Jusque-là, le printemps était une sorte de souvenir émerveillé, dont on n’avait pas profité l’année dernière, et auquel on rêvait en contemplant par exemple ces coquelicots, vus en novembre au muséum d’histoire naturelle de Paris, dans le cadre de l’expo de photos de Sarah Moon.

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Et puis, le printemps a soudain explosé, tout est en fleurs dans les jardins, les forêts, sur les bords de Loire, sur les coteaux… les jaunes pommiers du Japon, les roses cerisiers, les blancs pommiers, et les fleurs multicolores…

… L’éclat des coquelicots rouges, photographiés lors d’un printemps antérieur (2011) et au mois de juin (ne cherchez donc pas les coquelicots tout de suite)…

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… le long des chemins, et dans la lumière…

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Remontant à rebours le blog, à la suite des feuilles d’automne de « Rouge » et des pétales du bouquet de tulipes d’ « Intérieur rouge », je suis bien obligée de constater que pour moi (est-ce une réminiscence japonaise d’érables ?), fleurs ou feuilles + rouge = splendeur chatoyante – d’où envie de post qui suit le ravissement pour en rendre compte.

Dont acte.

(photos de l’auteur.)

Bande-son : pour contrer un peu cet enthousiasme , une chanson (elle aussi splendide, mais sur un mode plus tragique) où le rouge n’est pas synonyme de beauté mais de destruction. Peter Gabriel, « Red rain », issu de son album de 1986, « So ».

Image de prévisualisation YouTube

Red rain is coming down /Red rain
Red rain is pouring down /Pouring down all over me
« La pluie rouge tombe/La pluie rouge
La pluie rouge tombe comme un torrent/Elle tombe comme un torrent sur moi »

I am standing up at the water’s edge in my dream
I cannot make a single sound as you scream
It can’t be that cold, the ground is still warm to touch (Hay ay ay we touch)
This place is so quiet sensing that storm
« Dans mon rêve, je me lève au bord de l’eau/
Je ne peux pas émettre un seul son alors que toi, tu cries/
Il ne peut pas faire aussi froid, le sol est toujours chaud au toucher/
Cet endroit est si calme, on pressent cette tempête/

Well I’ve seen them buried in a sheltered place in this town
They tell you that this rain can sting, and look down
There is no blood around
See no sign of pain
Hay ay ay no pain
Seeing no red at all, see no rain
Je les ai vus se terrer dans un abri souterrain en ville/
Ils te disent que cette pluie peut blesser, et baissent les yeux/
Il n’y a pas de sang/
Aucun signe de douleur/
Pas de douleur/
Je ne vois pas de rouge du tout, je ne vois pas de pluie

(…)

And I can’t watch anymore
No more denial
It’s so hard to lay down in all of this
Et je ne peux plus rien voir/
Je ne peux plus nier l’évidence/
C’est si difficile de se débarrasser de tout cela
 »

Red rain coming down
Red rain is pouring down
Red rain is coming down all over me
I see it
La pluie rouge tombe/
La pluie rouge tombe comme un torrent/
La pluie rouge tombe comme un torrent sur moi/
Je la vois…

Red rain coming down
Red rain is pouring down
Red rain is coming down all over me
I’m bathing in
La pluie rouge tombe/
La pluie rouge tombe/
Le pluie rouge tombe et me recouvre/
Je me baigne dedans… »

/Inside


05 Avr

… Suite de l’exposition Rero (voir « Outside »).

Pendant, donc, que…

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… me vient une interrogation : suis-je assez…

neelhe-rero (3)

… visible (invisible) pour vous permettre de…

neelhe-rero (4)

Je note que Rero n’a pas, lui, écrit la phrase au mode interrogatif…. De manière positive, donc, il s’agit de fermer la porte sur le passé et de…

neelhe-rero

… laisser les choses venir. (Et d’intégrer – parfois – cette rayure sur les mots, cette sorte de soulignement intégré, qui crée comme une amplification délicate du sens…)

(Photos de l’auteur. Oeuvres de Rero, galerie Backslash, Paris)

Outside


02 Avr

Message de Rero, l’artiste de street art (qui expose dorénavant dans des galeries, notamment celle où j’ai vu ses dernières créations, dans la rue Notre-Dame-de-Nazareth, à la galerie Backslash). Je l’ai découvert, souvenez-vous, en janvier 2013 lors de ma visite au musée de la Poste (voir le post « Arts des rues »).

En ce beau début avril, un message simple où le bonheur (est-ce lui ?) nous dit :

neelhe-rero (2)

Vous vous souvenez du poème de Paul Fort :

« Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.
Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer. »

Il nous attend dehors…

(photo de l’auteur. Oeuvre de Rero)

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