Archive for juin, 2014

La fondation


27 Juin

Il y a eu un petit silence sur ce blog parce que j’étais dans un…

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Mais avant d’y glisser, je suis allée à Blois visiter la…

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Vous pensez bien qu’avec un tel nom, je ne pouvais pas ne pas y aller… Dans la cour, on trouve même le camion du…

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Le centre mondial du questionnement est forcément mobile puisque le questionnement voyage, comme le doute…

Et la fondation du doute, elle-même, alors, qu’est-ce que c’est que ce machin ?

C’est un bâtiment d’abord. On est vite dans le bain. D’un côté…

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Et de l’autre…

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… une façade recouverte de panneaux sur lesquels figurent des sentences de Ben, vous savez, ces phrases courtes, drôles ou non (ça dépend du contexte), généralement écrites en blanc sur fond noir (mais ça n’est pas obligé), de sa graphie ronde…

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J’ai toujours bien aimé son travail, que beaucoup trouvent facile en pensant, entre autres…

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… objection constructive (!) que Ben a bien sûr retournée contre elle-même…

Donc, avant même de rentrer dans le bâtiment dans lequel sont exposées des oeuvres qui permettent de comprendre davantage son travail, sa réflexion, et ceux du mouvement auquel il appartient, Fluxus, j’ai profité de la façade, parfois ludique, parfois plus grave…

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J’y reviendrai…

D’ici-là…

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(photos de l’auteur. Site de la fondation du doute)

 

 

Dialogue


21 Juin

Je cherche un ouvrage dans ma bibliothèque. Deux livres, posés à deux niveaux différents, en tombent au même instant à mes pieds. Je me penche pour les ramasser.

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Se perdre ou se trouver ? Se perdre pour se trouver ? Se trouver pour se perdre ?

Ces deux auteurs qui dialoguent par-delà le temps et l’espace m’ont-ils adressé un message ?

Ou une main malicieuse et invisible s’est-elle servi d’eux pour me le faire passer ?

Se perdre ou se trouver ?

(photo de l’auteur)

Ruines


14 Juin

 

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Les ruines d’un château dominant la plaine depuis un pic en pays cathare ?

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La voûte de la grande salle du château de Peyrpertuse ? La cheminée de celui de Quéribus ?

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Non. Ce sont les ruines du château qui dominait le beau village de Lavardin, dans le Loir-et-Cher. Wikipédia, notre ami, nous donne les éléments suivants : « Construit à partir du début du XIe siècle par les premiers seigneurs de Lavardin, le château devint la principale forteresse du comte de Vendôme à partir de la fin du XIIe siècle. Complètement remanié aux XIIe et XVe siècles, il fut enlevé aux Ligueurs en 1589, puis démantelé l’année suivante sur ordre d’Henri IV, duc de Vendôme et roi de France. »

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Quand elles ne sont évidemment pas chargées de trop de souffrances et de violences, j’aime les ruines, leur poésie et ce qu’elles génèrent de rêverie et d’imaginaire. Comme les rides sur les visages ou les trous dans les coquillages (voir « Coquilles »), elles sont une trace du temps. Il suffit parfois de s’arrêter, de vagabonder entre les éboulis de pierres, pour percevoir son souffle…

 

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… et sa beauté. Et se réconcilier (même brièvement. Mais le temps est-il important pour le temps ?) avec lui.

(photos de l’auteur)

… à votre place


11 Juin

Lisant avec bonheur le dernier livre de Martin Page, « Manuel d’écriture et de survie » (Seuil, mai 2014)…

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… constituée de lettres adressées par lui à une apprentie (puis jeune) écrivaine, je tombe page 110, parmi d’autres (avisés) conseils de lectures, sur cette fin de phrase et cette citation bouleversante : « et un recueil de textes de Milena Jesenskà intitulé Vivre. Elle y écrit :

« Dites-moi, cela ne vous est-il jamais arrivé ? Vous êtes couché dans la nuit, vous regardez le plafond dans le noir, paralysé de terreur et de douleur, et soudain, quelque part à l’étage, un enfant pleure et pleure à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé qu’au théâtre des hommes meurent, se battent et chantent à votre place ? Ne vous est-il jamais arrivé de voir à l’horizon un oiseau qui vole à votre place, les ailes déployées, tranquille, heureux, disparaissant au loin pour ne jamais revenir ? N’avez-vous jamais trouvé une route dont les pavés sont capables de supporter autant de pas qu’il vous en faut pour vous libérer de la douleur ? »

Alors, chère Daria, n’as-tu pas l’irrésistible désir de te précipiter chez ton libraire ? »

Vérifiant mon intuition sur Internet, j’y trouve confirmation : oui, il s’agit de « la » Milena, celle de Kafka, de ses fameuses « Lettres à Milena » (voir sur l’excellent blog MFR-ID l’article sur leur relation, leur correspondance – et la fin tragique de Milena, je cite l’article concernant ce rêve prémonitoire et glaçant :

« Étrangement, elle écrivait, dès 1919, décrivant un rêve : « Quelque part lorsque la planète tout entière a été frappée par la guerre, d’interminables trains quittaient la gare l’un après l’autre… le monde se transformait en un réseau de voies ferrées emportant des êtres affolés, des êtres qui avaient perdu leur maison et leur patrie. Enfin, les trains s’arrêtèrent au bord du vide. Contrôle ! tout le monde descend ! hurla un préposé… Un douanier s’approcha de moi. Je regardais son papier déplié. Je lus, écrit en vingt langues différentes : Condamnés à mort ».

Elle meurt, déportée, à Ravensbrück le 17 mai 1944. »)

Autant vous dire, cher Martin Page, que revenant à peine de chez mon libraire où j’ai acheté votre livre, j’ai l’irrésistible envie de m’y précipiter à nouveau pour me procurer Vivre.

Merci donc, pour votre « Manuel » que j’ai lu (trop) vite et vais relire, pour les découvertes et l’espoir qu’il contient, et l’esprit de résistance. « Car nous ne prenons pas part à une guerre (…). Nous sommes des contrebandiers. »

Et m’est venue l’envie de conclure ce post par cette image. Des contrebandiers ou des tigres (parfois) voyageurs. (On comptait 100 000 tigres il y a un siècle. 3200 aujourd’hui – mieux vaut être contrebandier, finalement.)

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(photo de couverture du livre de M. Page sur le blog Blablabla mia. Photo de l’auteur d’une enseigne – plus de magasin correspondant, dommage, que pouvait être ce « Tigre voyageur » ? – sur la place de Montoire-sur-le-Loir)

Pigeon-vole


05 Juin

A Poncé-sur-le-Loir, à la frontière entre Sarthe et Loir-et-Cher, le domaine du château Renaissance abrite, outre le château lui-même, un « jardin remarquable » (labyrinthe de charmilles –  le nom seul fait rêver), une terrasse « caroline » (décor de briques et pierres dans le goût néogothique des années 1830, qui habille la falaise de tuffeau) et… un pigeonnier.

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Un pigeonnier ? Bof, pensez-vous. Erreur. Car ce pigeonnier qui date du XVIIe ou XVIIIe siècle est dans un état de conservation remarquable. Extérieur et surtout intérieur.

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Il pouvait abriter plus de 1800 pigeons et a conservé ses échelles tournantes qui permettait l’accès aux différents niveaux de boulins pour leur nettoyage, la préhension des pigeonneaux ou des pigeons.

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La charpente est magnifique, avec ses lucarnes d’envol…
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… et les 1800 boulins qui surplombent et encerclent le visiteur lui donne l’impression d’être au coeur d’une ruche silencieuse…

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… parce qu’abandonnée…

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Évidemment, puisqu’on est (encore) en val de Loir(e), les murs sont en tuffeau, cette pierre si tendre qu’on peut l’abîmer avec l’ongle… et y laisser éventuellement trace de son passage (ce que n’ont pas fait les milliers de pigeons, plus discrets, passés par ici)…

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… Vous savez à quoi j’ai pensé (en dehors de la ruche, bien sûr) ? Aux capsules hôtels japonais, ces alvéoles dans lesquels les travailleurs japonais passent parfois une (ou plusieurs) nuit(s). Le lieu est (infiniment) moins beau et la proportion taille de l’habitant/espace n’est pas à l’avantage des humains, me semble-t-il.

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Des pîgeons ?

Pigeons volent, donc.

 

(Photos de l’auteur sauf photo capsule hôtel)

Champ chromatique


03 Juin

Après le rouge d’automne…

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… et le rouge d’intérieur (d’hiver, sans doute)…

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…voici celui de printemps…

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Notre cher coquelicot, de la famille des pavots, qui tient son nom de la similitude entre sa couleur et celle de la crête du coq.  Qui symbolise aussi, souvent, le…

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Si vous avez des messages, vous pouvez les glisser dans une des boîtes. Le bonheur passe les relever une fois par jour.

(photos de l’auteur)

Bande-son : Claude François (oui, oui, la maison ne recule devant aucun sacrifice !), « Y a le printemps qui chante ».

http://www.dailymotion.com/video/xj3bq

« Dis, ça fait combien de temps que tu n’as pas vu un peuplier, une fleur des champs ?
Si tu as quelque chagrin, pour les oublier, il y a toujours une gare, un train.
Change de ciel, viens voir la terre, voir le soleil, et les rivières.

Viens à la maison, y a le printemps qui chante.
Viens à la maison, tous les oiseaux t’attendent.
Les pommiers sont en fleurs, ils berceront ton coeur,
Toi qui es toute en pleurs, ne reste pas dans la ville… »

Echappée belle


02 Juin

Même sous le ciel gris de jeudi dernier, seule journée où le soleil a fait défaut…

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… à marée basse, la grève du Nord aux pieds des remparts de Granville, dans le département de la Manche, au sud du Cotentin, et ses dégradés de bleu-gris du ciel, vert parfois émeraude de la mer, ocre pâle du sable et noir tacheté des rochers offrent un support toujours renouvelé à la contemplation, une piste de décollage idéale vers un ailleurs non localisé…

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… et une perception de l’espace, à rebours de celle de nos villes, immense.

(photos de l’auteur)

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).