Archive for août, 2014

Troisième étage


22 Août

Immeuble parisien, palier du troisième étage, sans ascenseur. Vous venez d’arriver devant la porte de l’appartement dans lequel vous avez rendez-vous. Un petit mot près de la sonnette signale, en italien (« Il campanello non funziona ») que justement, elle ne fonctionne pas. Vous vous apprêtez donc à frapper, mais ce n’est pas pratique avec les sacs que vous portez. Vous les posez donc au sol. Et dans la seconde où vos yeux ont quitté leur cible (la porte) et votre cerveau son objectif découpé en tâches futures à accomplir (frapper, attendre qu’on ouvre, reprendre les sacs, entrer), ils (vos yeux, votre cerveau) ont enregistré quelque chose de brillant légèrement derrière vous, à droite. Vous vous retournez.

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Ce n’est rien. Une tâche de lumière sur le mur de la cage d’escalier. Quand même. Cette vision, formes incurvées, à-plats de couleurs (blanc et bleu des murs et marron du bois de l’escalier), et ce triangle  lumineux couché, strié, posé pile à l’angle du mur, vous arrêtent dans l’enchaînement mécanique des gestes et des pensées.

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Vous inhalez doucement la bouffée d’air dont vous ignoriez manquer, et expirez avec lenteur, silencieusement, comme pour ne pas déranger la lumière  posée comme un papillon sur le mur. La rumeur de l’immeuble dont vous n’aviez pas conscience jusque-là (une discussion sonore dans la cour, le bruit atténué de la télévision ou de la radio plus bas, quelqu’un qui passe l’aspirateur quelque part) et celle de la ville au-delà (la circulation, l’agitation) vous font prendre conscience du calme dans lequel vous baignez sur ce palier du troisième étage, escalier C. Vous restez quelques instants à contempler. Tout est suspendu.

(Photos de l’auteur)

A Paris la plage


21 Août

Ce qui est bien avec…

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… quand le ciel est grisounet, le vent frisquet et donc la fréquentation supportable…

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… c’est qu’on peut prendre son temps, contempler depuis les quais de la Seine d’ordinaire livré au seul trafic automobile rageur…

… les façades de l’île Saint-Louis…

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… celles de l’île de la Cité, derrière lesquelles pointent les tours et la flèche de Notre-Dame…

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… et l’enfilade des ponts, le long de la rive droite…

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Oui, je sais, les vues sont classiques. Mais l’harmonie est toujours surprenante…

On peut aussi s’arrêter à des détails qu’on ne verrait pas d’ordinaire.

Au pied du Pont-Neuf, le plus ancien pont de Paris comme son nom ne l’indique pas, une « échelle d’inondations » indiquant les crues les plus importantes…

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… une seule date est indiquée.

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… 1910, la grande crue, dite centennale, de la Seine. Peu meurtrière, mais très marquante, notamment du point de vue économique.

Évidemment, nous, à Tours-sur-Loire, ça nous fait sourire. On vit plus dangereusement. Les crues, on les a longtemps collectionnées, comme le montre « l’échelle » au pied du « pont de pierre » à Tours…

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(photos de l’auteur).

Bande son : Émilie Simon, « Paris j’ai pris perpète ».

Image de prévisualisation YouTube

« Paris, quelle comédienne/ Paris quelle mise en scène de choix/… Paris, tu prends tes airs de diva avec moi/et moi je ne respire que toi.. »

Eblouissement


09 Août

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Le plafond d’une chambre silencieuse au sortir d’une sieste bienfaisante, un après-midi de grand soleil, lors de vacances dans le Sud…

La courbe projetée de l’ombre d’une montagne familière vue à travers des paupières à peine ouvertes, les yeux un peu aveuglés…

Le bleu délavé d’un vieux tee-shirt tie and dye, passé à la Javel…

De très près, le flanc de la personne aimée qui fait face à la fenêtre un matin au réveil…

La dernière vision d’une personne qui meurt…

Un rêve vaporeux…

(photo de l’auteur)

 

French fougères


05 Août

Vous souvenez-vous de mes english fougères du printemps 2013 (voir « English fougères ») ?

Au festival des jardins de Chaumont-sur-Loire, édition 2014, cette année quoi (pour les des années précédentes, voir la rubrique « festival des jardins » et notamment « Facettes », « La jetée » et « Noeuds »), le thème est : « Jardins des péchés capitaux »… et j’avoue, j’ai péché, et je suis retombée amoureuse de fougères, françaises cette fois-ci…

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… délicieusement dissimulées dans le jardin n° 19 bis (déjà, c’est bien parti pour me plaire…), lui-même intitulé « Résurrection, éloge de la défaillance » (beau titre). Il est l’oeuvre d’Ana Morales, artiste paysagiste française.

Bien sûr, derrière son travail, il y a toute une réflexion sur les péchés capitaux, sources de forces vitales et d’énergies capables de briser le béton, et tout ça. Mais vous voulez que je vous dise : ses fougères sont fantastiques.

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… d’ailleurs, les fougères sont fantastiques, dans leurs couleurs, leurs formes, la façon dont elles s’entortillent, se disputent, se séparent, se retrouvent et forment un tout harmonieux et délicat, dans leurs différences de texture et d’élan…

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Qui a dit que je projetais ?

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Faut dire : avec un thème comme les péchés capitaux, il peut y avoir quelques excès.

(Photos de l’auteur, festival des jardins de Chaumont-sur-Loire)

 

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