Sortir le grand jeu

08 Fév

Au coin du feu, un soir de froid venteux, (res)sortir le grand jeu.

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (2)

Mais attention, le jeu original, celui qui était chez vos grands-parents avant votre naissance, dans le grand coffre en bois au-dessous de la fenêtre (dont le couvercle, pour qu’il ne retombe pas brutalement sur vos doigts d’enfants, était accroché à la poignet de la fenêtre, justement, par un nœud coulant parfaitement exécuté et un peu flippant).

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (3)

Quand on ouvrait la boîte (et aujourd’hui encore), tout était parfaitement à sa place.

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (26)

Les pions colorés, les trois catégories de cartes, les dés, les miniatures des instruments du crime, la règle du jeu, et les « notes du détective ». Quand on ouvrait le plateau, on découvrait la maison, le lieu du crime et toutes ces pièces qu’il allait falloir arpenter pour découvrir la vérité.

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (28)

Une fois les trois cartes sélectionnées, les trois choses à trouver (le coupable, l’arme du crime, le lieu du crime), la partie commençait. J’étais plutôt, selon les jours, colonel Moutarde…

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (8)

… ou mademoiselle Rose. C’étaient mes préférés.

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (6)

Malheureusement, ils étaient parfois aussi coupables, ce qui compliquait mon travail d’investigation : je cochais, je rayais, je reprenais, j’écoutais les suppositions des autres joueurs, je regardais l’envers des cartes…

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (17)

Et j’émettais des hypothèses de manière solennelle : « J’émets l’hypothèse que Madame Leblanc a tué dans le hall avec la corde »

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (13)

Et puis, suivant la tournure des événements, et de la partie, il y avait le moment fatidique où on n’émettait plus d’hypothèse, où tel un Zola en culotte courte, on « accusait » ! Là, soit on avait raison, et on gagnait la partie, soit on avait tort, et c’était fichu… « J’accuse le docteur Olive d’avoir tué dans la cuisine avec le revolver »…

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (15)

Et la partie finie, on recommençait : trier les cartes par catégories… pour sélectionner sans les regarder les trois cartes fatidiques.

Les coupables potentiels, et les pions correspondants. (On a vu mes préférés. Les autres étaient également potentiellement fourbes.)

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (24)

Les armes du crime. Mes préférées étaient le revolver, classique, et le chandelier, noble. Je n’aimais ni la corde, trop hitchcockienne (et qui rappelait un peu trop la corde qui retenait le couvercle du coffre à jouets), ni le poignard, trop sanglant (et dont notre modèle réduit avait perdu sa lame, c’était ridicule), ni la matraque, trop policière, ni la clé anglaise, trop bricoleuse.

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (25)

Quant aux pièces, j’avais une préférence pour celles qui étaient petites, la bibliothèque ou le bureau, le studio ou le petit salon. Je n’aimais pas le hall ou le grand salon, ou la cuisine…

neelhe-tours-cluedo-legrandjeu (23)

Comme quoi, rien n’est neutre, pas même les éléments d’un jeu de société auquel on a joué pour la dernière fois il y a… trente ans ou à peu près ?

Donc, un soir de froid venteux, ressortir le grand jeu. Et après le « pierre-feuille-ciseaux » japonais, proposer une partie, en priant pour que la magie opère encore, un peu…

Bande-son (du jazz, forcément !)  : Chet Baker, « Riverside Profiles » ; Miles Davis, « Kind of blue ».

(Photos de l’auteur)

Tags: , , , ,

One Response

  1. facebook_catherine.levesque.3979 dit :

    C’est marrant, dans son édito de TMV, Matthieu évoquait cette semaine le Télécran, que j’ai beaucoup manipulé enfant. Avec le Pictionnary (bien plus tard), le Cluedo reste mon meilleur souvenir de jeu de société (j’ai toujours détesté le Scrabble, contrairement à nos députés désœuvrés…). Personnellement, gros faible pour le Professeur Violet, qui semblait le moins suspect à mes yeux, en toutes circonstances. Melle Rose, trop vulgaire, Pervenche, trop soubrette, Olive, gras et fourbe, Moutarde, trop militaire. Mes armes favorites, le poignard (j’aimais déjà les couteaux et les arts martiaux) et le chandelier (pour le côté bougie et déco ?). Ma pièce de prédilection : la bibliothèque. La cuisine, c’est venu plus tard. Non, Neelhe, rien n’est anodin, et surtout pas les jeux de société, bien nommés…

Leave a Reply

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).