05 Mar

Nouvelle semaine, nouvelle vitrine chez Bertrand le disquaire, nouvelles pochettes sur la porte d’entrée de « Madison »… (les reflets font désormais partie de cette catégorie…)

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Comme d’habitude, il y a de quoi faire avec le choix de Bertrand, entre la gueule de vieux lion de Ferré et ses titres toujours super joyeux…

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… et la magnifique paire de fesses qui orne la pochette de Coutin, celui qui chantait (qui braillait, plutôt), souvenez-vous, qu’il aimait « regarder les filles qui marchent sur la plage, leurs poitrines gonflées par le désir de vivre »…

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Il y a la pochette de Julie London, que je garde pour plus tard, peut-être, un autre post, un autre jour… ou non, on verra.

Et il y a la pochette en bas à gauche, pas la plus belle, mais la plus japonaise. (et comme ça, vous avez les horaires d’ouverture de « Madison ».)

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Faisons simple : le nô est une forme de théâtre traditionnel au Japon, et la musique (assez déconcertante pour nos oreilles occidentales) y tient une place prépondérante.

« Shakkyô ou le pont de pierre » est le titre d’une pièce de nô racontant une ancienne légende bouddhique : le moine Jakushô fait un voyage vers un mont sacré en Chine, il arrive devant un pont de pierre, un jeune garçon apparaît qui lui indique que la terre au-delà du pont est une terre sacrée qui appartient à une divinité (au nom imprononçable), que la traversée est très dangereuse, mais que néanmoins s’il reste sur le pont, il assistera à un miracle ; Jakushô commence donc la traversée du pont, et s’arrête en son milieu. De l’autre côté apparaît  un lion (et ce n’est pas Léo Ferré), messager favorable de la divinité, qui exécute une danse parmi les pivoines épanouies et odorantes.

Cette « danse du lion sacré parmi les pivoines », forme artistique très complexe, est très souvent interprétée, notamment en présence d’étrangers, parce qu’elle est une bonne porte d’entrée dans le monde complexe du théâtre nô. Bien sûr, les acteurs portent des masques, appelés « nomen », comme celui qui figure sur la pochette, des costumes et des perruques : par exemple pour « la danse du lion sacré dans les pivoines », le lion se doit d’arborer une perruque-crinière rouge, volumineuse et longue.

Je vous mets une vidéo, pour vous donner une idée, filmée en amateur (plan fixe, pris depuis la salle) lors d’un festival de culture japonaise :

Image de prévisualisation YouTube

On voit qu’on est (très) loin de nos terres balisées d’Occidentaux ! (vous avez regardé jusqu’au bout, vous ?). Il n’empêche : avec le soleil revenu, nous aussi, nous allons bientôt pouvoir la danser, la « danse du lion dans les pivoines » : la floraison de ces magnifiques fleurs va commencer en mai, ça nous laisse un peu de temps pour apprendre le menuet aux lions de notre connaissance, décider lesquels sont sacrés et donc dignes de porter une perruque rouge, et de danser au bout d’un pont, de pierres, ce qui tombe bien, il y en a pas mal sur la Loire (même s’ils ne ressemblent pas à celui-ci, à Nikko, au nord de Tokyo, qui semble bien être au moins en partie en bois).

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Au boulot !

(photos de l’auteur)

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