La conjonction « si »

05 Avr

Je reviens sur une des pochettes-surprises de Bertrand le disquaire de la semaine dernière.

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Pochette particulièrement brillante, donc particulièrement pleine de reflets, à travers la vitre du magasin. J’ai donc cherché une repro plus « visible », qui permet d’apprécier la plastique de la chanteuse, inconnue de moi – recherche faite, c’est aussi une artiste multimédia, musicienne, écrivain, peintre, photographe… elle a sorti un album récemment intitulé sobrement « Madame Sex and l’âme érotique ». Rien que ça.

neelhe-anne pigalle

Il y a quand même une différence entre la pochette trouvée sur le web et celle du magasin de Tours : la langue du titre de l’album, en anglais « everything could be so perfect… » (avec le could en italique) sur la toile mondiale et en français dans la vitrine de Bertrand, « tout pourrait être si parfait… »

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Ce « tout pourrait être si parfait… » qu’on n’arrête pas de penser, de dire parfois à voix haute, ce soupir plein de regrets… qui reste parfois dans la généralité, dans le flou… mais qui souvent se complète d’une suite, qui commence par la célèbre conjonction  « SI »… « tout pourrait être si parfait si… » (… j’étais riche, mon mari était plus attentif, ma femme plus vertueuse, mes enfants plus travailleurs, mon chien moins aboyeur, mon banquier moins banquier, la météo plus ensoleillée, les programmes télé moins débiles, ce qu’on mange plus sain, la Grèce moins ruinée, le Japon moins loin, la pauvreté moins répandue… etc., etc., on pourrait continuer à l’infini, bien sûr).

Eh ben, ça tombe bien, ce titre d’album, parce que c’est mon combat du moment : cesser de penser : « tout pourrait être si parfait (si)… » et voir ce qui est, peut-être même trouver que ce n’est déjà pas si mal, et arrêter, nom d’un chien (pas trop aboyeur) de me focaliser sur ce qui « devrait » être, et ramer dans la distance entre la réalité et ce que je voudrais qu’elle soit (qui s’éloigne comme l’horizon au fur et à mesure qu’on croit s’en rapprocher). Ce qui n’implique pas une vision béate de l’existence ou une négation des difficultés. Juste cesser de projeter son bonheur toujours plus loin et de le faire dépendre de conditions dont on sait qu’on les multipliera à l’infini.

En bref, cesser de penser : tout pourrait être si parfait si tout était si parfait.

(photos de l’auteur; sauf 2)

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