A Ostende

04 Oct

En hommage à une famille flamande chère à mon cœur, qui a enterré l’un des siens dans une petite ville près de la côte, non loin de cette jetée de Nieuwpoort…

neelhe-à Ostende (1)

… près d’Ostende : cette chanson de Bashung, de 1994, une de celles que je préfère. La musique est délicate et fluide, comme prise dans une boucle ou un ressac, le texte fait se succéder des visions intenses et justes, qui réussissent à rendre compte à la fois du charme un peu suranné de cette côte plate et douce et de l’angoisse sourde de celui qui s’y perd. Et l’interprétation d’Alain, dans cette version live, est comme lui : poétique.

Comme ne pas être sensible à des images comme : « à Ostende, j’ai la hantise de l’écharpe qui s’effiloche à ton cou » (la hantise échappe à l’écharpe pour se fixer sur l’effilochage de quelque chose de plus fondamental qu’une étole de tissu) ou « à Oslo, j’aime Agadir, son brouhaha » (comment  nous désirons toujours ce que nous n’avons pas, vouloir être précisément ailleurs que là où nous sommes) et le parfait « en Ukraine, j’aime le fado », qui se passe de commentaire (faites le vôtre…).

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« À Ostende, j’aime Gibraltar/
Ses rochers qui s’ingénient/
À me faire du plat…

À Ostende, je tire au stand/
Je gagne des otaries.

La mer se retire/Cache ses rouleaux/
À l’ombre des digues/ Elle et moi on s’ennuie…

Nos souvenirs/Font des îles flottantes.
À Ostende, j’ai la hantise de l’écharpe
Qui s’effiloche à ton cou.

À Ostende, j’aime Epinal/
Ses ondées lacrymales
À l’arrivée du ferry.

Un soupçon de fadeur/
Un rien de tragédie/
Et je pleure/Mon collyre/Ma colère.

Flottez hippocampes/Droits comme des i.
Laissez-vous porter/Par l’extrême obligeance

Faites fi/De la géographie
Des petits ensembles/Des grands amphis…

À Ostende, j’aime Gibraltar.
À Ostende, j’appréhende
Les forces en présence.

Je paye en yens/Des offrandes carabinées
À des païennes/indifférentes à mes palabres.

À Ostende, tout me navre.

À Oslo, j’aime Agadir, son brouhaha/
À Java, j’aime La Villette/
À l’Alma, je soupire/
En Ukraine, j’aime le fado.
À Ostende…

Flottez hippocampes/Droits comme des i.
Laissez vous porter/Par l’extrême obligeance.

Faites fi/De la géographie
Des petits ensembles/Des grands amphis…
A Ostende… »

(photo de l’auteur)

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3 Responses

  1. Magnifique texte, en effet. Au cas où cela vous aurait échappé, une série de 10 excellentes émissions sur le GRAND Bashung a été diffusée l’été dernier sur France Inter et peut être réécoutée ou podcastée. Il y est question de l’artiste, de la genèse de ses plus grands albums et le propos est illustré par nombreux témoignages de ses musiciens et de ses proches, jusqu’à ses derniers jours. Il est mort un mois après son dernier concert…

  2. J’ai oublié le lien ! Ça s’appelle De l’aube à l’aube : http://www.franceinter.fr/emission-bashung-de-laube-a-laube

  3. Neelhe dit :

    Merci pour l’info et le lien, Cathy (personne-ressource, y compris sur Bashung !!)

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