Des animaux (de compagnie)

30 Nov

D’abord, un choc : au Japon, pas moyen de croiser (en ville) un chien de compagnie sans qu’il soit affublé, qui d’un manteau, qui d’un tee-shirt, avec mille gadgets pendouillant du collier et évidemment la laisse assortie. On a même croisé deux labradors (et non labradeurs !) en manteau rose, barrettes et chouchous  dans les poils des oreilles. Je n’ai pas (et c’est dommage, je le concède) photographié tous ces exemples d’inventivité, ni l’air parfois fiérot, parfois consterné des bestioles concernées. Juste, ici, un exemple, de deux caniches à manteau, baladés dans un landau. Oui, un landau.

Les chiens vont d’ailleurs généralement au minimum par deux, si ce n’est plus, quand ils sont vraiment petits…

Plus tard, toujours à Tokyo, mon chemin a croisé celui d’un magasin spécialisé dans la vente de tenues canines. Il y a donc forcément un tableau pour se repérer dans les différents modèles et tailles…

Et différents modèles présentés, dont on a vu certains en situation, notamment la panoplie d’abeille sur un teckel à poil dur. Du plus bel effet…

Notez que comme Noël approche, les mannequins de toutous sont en plus affublés d’un bonnet de Noël, qui juste-là a été épargné aux vrais chiens croisés dans les rues. Mais jusqu’à quand ?

Et pour la pluie, un ensemble en imper bleu du dernier cri (ouah) avec capuche intégrée…

neelhe-japon-tokyo-asakusa (4)

Mais la vraie star des chiens au Japon, c’est Hachikô, dont la statue trône fièrement à la sortie de la station de métro de Shibuya, qui a même une sortie et une porte de la même station à son nom.

Hachikô, dont voici l’histoire, préparez vos mouchoirs : c’était le brave chien d’un professeur d’université, et il accompagnait son maître chaque matin à la gare de Shibuya et revenait le soir pour l’attendre au même endroit. Coup du sort, le maître mourut un jour soudainement pendant sa journée de travail. Mais Hachikô n’en continua pas moins à venir l’attendre chaque jour… les vendeurs ambulants du coin finirent par le prendre en sympathie, et le nourrir. Il revint tous les jours pendant neuf années, et fut lui-même retrouvé mort à l’endroit habituel de son attente. On l’enterra auprès de son maître dans le cimetière d’Aoyama (non, je ne suis pas allée sur sa tombe). Cette histoire fit la une des journaux et on organisa une collecte pour édifier une statue à son effigie, devant la gare de Shibuya ; c’est aujourd’hui un point de rendez-vous très populaire. Et Hachikô est devenu le symbole de la fidélité. Émouvante histoire, isn’t it… (et qui a ému jusqu’à la Belgique).

En fins observateurs que vous êtes, vous remarquez instantanément qu’Hachikô, enfin sa statue, est simplement orné un ruban-cravate rouge, à l’effet à la fois sobre et noble. On ne va quand même pas affubler une sorte de héros national d’une panoplie d’abeille.

Puisqu’on en est aux tenues sobres : si comme moi, vous ne parlez ni ne lisez le Japonais, il vous reste à imaginer le message que peut vouloir faire passer ce chien à uniforme et casquette.

(Engagez-vous ? Expliquez à votre chien que les facteurs sont leurs amis ? Les policiers sont fidèles ? Souriez, vous êtes filmés ?… toutes les interprétations sont possibles…)

Et les chats ? Les chats se laissant, de par leur nature plus rebelle, moins manipuler, costumer et coiffer, on les croise libres et heureux, dans les maisons où ils sont choyés, ou dans les rues, dans ce cas souvent par bandes ou fratries, comme ici, sur le « chemin de la philosophie » à Kyoto.

Ils prennent un petit air tendre et chaque Japonais (mais pas seulement) qui passe s’extasie et y va de sa caresse et de sa donation de nourriture.

Le Japon est quand même le premier endroit au monde où on a eu l’idée du « Café chat », le « Neko-café », où les consommateurs s’installent au milieu d’une petite colonie de chats en liberté, avec des accessoires qui leur sont dédiés, dans une ambiance bien sûr très calme. Ils peuvent les caresser, les prendre sur leurs genoux, mais uniquement si les chats sont d’accord. Nous en avons croisé un le dimanche matin de notre déambulation dans le quartier de Yanaka, fermé (c’était tôt le matin) et difficile à photographier. Voici néanmoins un petit panneau, dont nous n’avons pas pu décrypter le détail, mais je pense que vous avez l’idée générale…

Mais le chat au Japon, c’est aussi le maneki-neko, le chat porte-bonheur, cette petite statue traditionnelle qu’on trouve partout, notamment dans les magasins, près des caisses, et qui est censé amener des clients et donc de la prospérité. Et on peut retrouver à cette occasion le goût des Japonais pour la sobriété. Ou non, comme dans cette vitrine de Kyoto.

Ce qui est sûr, c’est que les Japonais sont fous de leurs animaux de compagnie. Il faut bien une petite touche de folie, dans cette société si huilée…

(Photos 1 à 3, 5 à 7, 9 et 11 de l’auteur ; photos 4, 8 et 10  C. Levesque)

Tags: , , , ,

Leave a Reply

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).