Posts Tagged ‘calligraphie’

Jetée à l’encre


01 Mar

Vous aussi, vous êtes fasciné par la calligraphie, les alphabets, la belle écriture, le geste juste ? Alors, regardez cette vidéo, deux minutes trente de bonheur…

Ça paraît tellement facile, le geste est fluide, et le résultat si harmonieux et équilibré.

(Vous pouvez aller faire un tour sur le site de l’artiste, Sebastian Lester : http://www.seblester.co.uk/)

Alors, j’ai décidé d’essayer, j’ai acheté un petit cahier de calligraphie romaine (faut bien commencer par un bout), quatre plumes d’épaisseur différentes, et j’ai ressorti ma bouteille d’encre, mon porte-plume et mes buvards.

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Je vais commencer par la capitale romaine…

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… puis la cursive romaine…

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Et on verra plus tard pour la quadrata et la rustica.

Souhaitez-moi bonne chance, et patience, et attention…

(photos de l’auteur)

Verdier la magnifique


10 Fév

J’ai vu (sur mon ordinateur, en différé grâce au système Pluzz.fr qui permet de revisionner pendant une semaine les émissions de France Télévision ratées lors de leur diffusion… très pratique quand on est plus devant son écran d’ordi que de télé, comme moi), le numéro du magazine « Empreintes »,  le documentaire de Mark Kidel, consacré à la peintre Fabienne Verdier.

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Si vous avez  suivi ce blog, vous savez depuis le « Japanese trip » que j’aime la calligraphie (voir les posts « Les outils du calligraphe », « Le calligraphe et le jardinier », et plus récemment, « A même la peau »).  Je me demande donc comment son travail m’a jusque-là échappé.

Fabienne Verdier, donc, est née en 1962. A vingt ans, alors qu’elle est une élève brillante des Beaux-Arts de Toulouse,  elle décide de partir en Chine pour y apprendre la calligraphie. Elle débarque dans le Sichuan et partage la vie très spartiate des étudiants chinois, découvre et subit  la méfiance et la surveillance constante des cadres du parti, la difficulté de communiquer avec ceux dont elle est pourtant venue recevoir l’enseignement, les lettrés, peintres, calligraphes, eux-mêmes surveillés et critiqués depuis la Révolution culturelle pour leur maîtrise d’un art qui ne répond pas aux codes du réalisme socialiste. Elle réussit à rencontrer et à bénéficier de l’enseignement de quelques vieux maîtres. Elle reste en Chine dix ans.

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Elle a écrit son séjour dans son livre « Passagère du silence: dix ans d’initiation en Chine »  paru en 2005.

Depuis, elle travaille, peint en France et ses œuvres sont reconnues, exposées à Beaubourg ou au musée Cernuschi à Paris ou à la fondation H. Looser à Zurich.

Il y a ses œuvres, donc. Qui sont, on ne s’en rend peut-être pas compte ici, des grands, des très grands formats, rien à voir avec une feuille de papier A4. Quelques exemples. Celle-là, en noir et gris.

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Celle-là outre qu’elle est plus colorée, elle est plus rythmée, plus énergique.

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Et celle-ci, en gris, noir et orange (des couleurs que j’aime).

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Et les autres… Magnifiques. Comme est magnifique la peintre, dans son atelier, aux prises avec ses instruments, dont elle a « bricolé » quelques parties elle-même pour parvenir à la fluidité de mouvements qu’elle souhaite, eux-mêmes au service du rendu qu’elle cherche.

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Énergie, regard, concentration, recherche, exigence, rapidité d’exécution, comme une spontanéité longtemps préparée…

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… pour parvenir à des résultats magiques…

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Et puis il y a son atelier…

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Ses objets…

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Ses carnets…

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Et il y a ce qu’elle dit, par exemple les dernières phrases du documentaire, que j’ai notées à la volée : « Quand je peins un arbre, je deviens arbre ; quand je peins l’eau, je deviens l’eau ; quand je peins une tectonique ou une tellurique de la montagne, je deviens tectonique… et la chose naît d’elle-même, je la vis intensément, avec mon cœur, et elle apparaît par moments de manière abstraite, de cette manière-là… » « Le peintre est un chercheur. Il a besoin de se retirer du monde pour pouvoir s’extraire du temps des hommes pour rentrer dans celui de la méditation et il n’y a que le silence qui permet ça. »

Découvrez-la, elle, ses peintures, ses livres, son univers. C’est un beau, un très beau voyage.

(photos : Fabienne Verdier ; F. Verdier et son maîtreŒuvre 1 ; Œuvre 2 ; Œuvre 3 ; F. Verdier au travail 1, 2 et 3 ; F. Verdier dans son atelier ; ses objets ; ses carnets)

(Spéciale dédicace : Annie, pour le rappel opportun et le partage)

A même la peau


25 Jan

Je vous ai déjà parlé brièvement sur ce blog d’un de mes films préférés (un de mes 5 films préférés, et croyez-moi, ou plutôt faites l’exercice, il est difficile – quand on aime le cinéma, du moins !- de faire cette liste…), voir le post « Les outils du calligraphe » : « The Pillow Book », de Peter Greenaway, sorti en 1996.

Un film qui mêle trois des éléments que j’aime le plus au monde : l’écriture, dans ce qu’elle a de plus esthétique et aussi de plus physique, la calligraphie ; l’Asie, et plus précisément le Japon, et ses raffinements, ses traditions, ses idéogrammes et ses cruautés ; et le corps, désiré et désirant et ici aussi support à l’écriture et à ses beautés.

C’est un film qui me bouleverse et me touche à chaque vision (critère important pour faire partie du club des 5 films préférés !). Des premières images, de Nagiko enfant, écoutant l’histoire de l’origine de l’homme que lui raconte son père en écrivant sur son visage les idéogrammes correspondants…

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… à celles où elle cherche quelqu’un qui sera capable d’écrire sur sa peau avec autant de justesse…

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… puis au moment où elle décide d’écrire elle-même sur la peau des autres…

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Toutes ces images ne sont là que pour vous donner une idée de la splendeur visuelle du film (à laquelle on peut être complètement étanche, j’en connais !), et elles ne racontent bien sûr pas le cœur de l’histoire de Nagiko.

Ce rappel donc pour vous redire à quel point je suis toujours touchée quand il s’agit d’allier le pinceau et la peau et de tracer des signes sur l’enveloppe de nos corps.

Un des projets de Lionel Bayol-Thémines, sa série « Dédipix to futur » de 2011, m’a donc immédiatement tapé dans l’oeil et émue. Vous allez comprendre : une citation, la première est de René Char, un crayon, un corps, et le corps parle, aussi avec ou sans ses vêtements, et bien sûr, un appareil-photo, et un oeil…

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Une citation de Leonard de Vinci…

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Une de Gabriel Matzneff…

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Jacques Derrida…

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Une citation sans auteur, sans doute une phrase du photographe lui-même… Oui, « tout est permis en dedans »…

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On est loin de la sophistication et de l’esthétique de la calligraphie japonaise, on est loin du romanesque (je repense à cette phrase qui est écrite et prononcée par deux héroïnes de Truffaut, dans deux de ses films, « Jules et Jim » et « Les Deux Anglaises et le Continent » : « Ce papier est ta peau, cette encre est mon sang, j’appuie fort pour qu’il entre ».) . Mais même dans ce contexte, plus « brut », presque politique, cette idée et cette vision des mots à même le corps, d’écriture sur la peau, m’émeut, et il me semble que le message que la photo véhicule prend un sens beaucoup plus fort. Et plus intime.

Parce que, sans doute aussi, citation d’Eric Fottorino, la peau se souvient.

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Vous pouvez aller sur le site de l’artiste : vous trouverez bien une citation, une photo, un corps, et le mariage des trois, qui vous toucheront…

(Photos de « The Pillow Book » extraites du tumblr The Pillow Book ; Photos « Dédipix to futur » : site de Lionel Bayl-Themines. Un e-book des photos est même téléchargeable ici, merci à l’artiste).

Tranquille


27 Nov

Pour s’aérer après cette pause cigarette, et retrouver un peu de notre sérénité, petit exercice d’anglais à travers un dessin photographié derrière une vitrine (d’où les reflets), dans le temple Ryôan-ji, au nord de Kyoto. Cette calligraphie dans notre alphabet semble moins belle, en tout cas moins exotique ; mais si je l’avais photographiée en japonais,  le message ne serait pas passé… ou pas de cette façon… (nous retournerons à la façon japonaise de faire passer les messages, bien sûr…)

Et, pour achever la journée sur une note tranquille, l’ombre d’un bonzaï de ficus, dans l’encadrement de la fenêtre d’un restaurant (« le Café du mon », merci, Cathy, d’avoir retrouvé le nom) à Kyoto. Zen…

(Photos de l’auteur)

Le calligraphe et le jardinier


19 Nov

Vous avez compris, je pense : j’ai quelques idées fixes, la calligraphie et les jardins zen en font partie. Ces arts ont bien sûr besoin d’artistes, et qu’ils soient humbles ne change rien à leur maîtrise. Sans eux, et leur regard, et leur patience, et leur talent, pas de calligraphie, pas de jardins zen. Hommages.

Le calligraphe.

Les mains du calligraphe et une des ses oeuvres, offerte à une fidèle du temple Kofuku-in de Nara.

 

Le jardinier-balayeur, hier dans le jardin Ginkaku-ji, le Pavillon d’argent. Tout un art d’attention, de lenteur et de méticulosité.

Quand on mesure le travail accompli…

… tout ce soin apporté à l’éphémère, et à sa beauté…

(Photos de l’auteur)

Qui erre à Kyoto…


15 Nov

Arrivée à Kyoto, découverte en marchant dans la ville, magasins de tradition raffinée, papier, calligraphie, kimonos… et la pluie !

Kimonos colorés des femmes…

et noir profond de certains kimonos pour hommes.

 

Papier traditionnel « washi »…

et toujours l’esthétique fascinante des rayonnages de pinceaux de calligraphie, le shodo…

 

… aujourd’hui dans un vieux magasin du centre, le Kyukyo-do.

 

(Photos de l’auteur)

Les outils du calligraphe


12 Nov

Hommage à un de mes films préférés, « The Pillow Book » de Peter Greenaway, qui raconte la vie de Nagiko, héroïne qui s’inspire de Shei Shonagon et de ses  « Notes de chevet », et parfait sa maîtrise de la calligraphie sur la peau des hommes qu’elle rencontre, jusqu’à celui qu’elle se mettra à aimer, déclenchant drame et vengeance, puis apaisement et (re)naissance. Une merveille.

Photos prises (mais c’est interdit) dans un des neuf étages de la superbe papeterie Itoya, dans le quartier de Ginza.

(photos de l’auteur)

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).