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L’instant pur


23 Jan

J’ai visité l’exposition d’Alix Cléo Roubaud à la BNF de Paris le 2 janvier dernier. J’en suis sortie assez peu séduite par son travail, que j’ai trouvé sur le moment triste et narcissique (comme si je n’aimais pas le travail de Sophie Calle, celui d’Hervé Guibert (voir « Hervé ») ou celui de Marguerite Duras (voir « Marguerites »)…).

Puis le début d’année a déroulé ses événements tragiques.

Puis le froid s’est installé.

Puis le temps a fait son œuvre.

Et en regardant les photos que j’ai prises de l’expo (j’aime prendre des photos de photos, le choix se fait sans réfléchir, il est éclairant a posteriori), je me suis rendue compte que j’en aime certaines.

Je vous en offre deux, comme des échappées vers l’été, la lumière et le soleil.

Une robe claire au tissu léger, en transparence, posée sur un cintre accroché à la poignée d’une fenêtre.

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Une autre fenêtre aux vitres sales, entrouverte sur un paysage d’arbres, un livre, une cuillère et dans le miroir, le reflet d’une nuque, d’une oreille et d’une chevelure relevée en chignon.

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J’aime imaginer que ces photos ont été prises dans le calme d’un été campagnard, quelque part dans le Sud de la France (ce n’est peut-être pas du tout le cas), et cette pensée suffit à me procurer un sentiment d’échappée belle.

Connaissant mon amour de la calligraphie et de la photographie, vous ne serez pas surpris de m’entendre dire que cette citation, reproduite parmi beaucoup d’autres sur les murs de l’exposition, exprime ce que je ressens, parfois – et ce que j’aimerais ressentir plus souvent.

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Ne serait-ce que pour cette quête de « l’instant pur » dont l’exposition rend compte, je révise mon jugement trop abrupt sur Alix.

(photographies d’Alix Clé Roubaud ; page de la BNF consacrée à l’exposition)

Apeloig noir et blanc


06 Mai

Je sais, je vous ai déjà parlé de l’expo de Philippe Apeloig au musée des arts déco de Paris (voir « Typorama ») en mars dernier. Et en plus, l’expo est close, les œuvres ne sont donc plus visibles. Mais j’ai eu envie de vous faire à nouveau partager quelques-unes de ses créations, en noir et blanc.

Quelques dessins, notamment le chandelier à sept branches (la menorah) issu de la tradition juive…

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… quelques mises en perspective et travaux de la formidable affiche sur l’expo de Chicago au musée d’Orsay…

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… un chat halluciné (mais ne le sont-ils pas tous) en couverture d’un livre de Jarry…
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… une enveloppe comme on aimerait en recevoir dans sa boîte à lettres…

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… une conjonction de coordination…

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… et une lettre qui peut être aspirée ou muette…

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Et enfin, un mot qui exprime tout cela :

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Moi, tant d’harmonie, ça m’apaise.

(photos de l’auteur à l’exposition « Typorama » du musée des arts décoratifs de Paris, oeuvres de Philippe Apeloig : son site ici)

Typorama


25 Mar

Si vous aimez les graphisme et la typo(-graphie), ne manquez pas l’expo sur le travail de Philippe Apeloig au musée des arts décoratifs, à Paris. Elle s’intitule « Typorama » (titre bien trouvé)… Philippe Apeloig travaille depuis trente ans au graphisme de nombreuses affiches ou logos, pour des organismes ou manifestations…

… littéraires…

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… urbanistiques…

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… picturales…

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… théâtrales et musicales (très fructueuse collaboration avec le théâtre du Châtelet)…

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… et culturelles, comme cette affiche d’une exposition de 1987, « Chicago, naissance d’une métropole » au musée d’Orsay, affiche qui ornait le mur de mon appartement dans ces années-là (j’ignorais bien sûr à l’époque le nom du graphiste)…

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… il faudrait tout détailler, la finesse du choix des typo, des photos, le travail de l’équilibre dans les compositions,  le jeu subtil des formes et des dégradés ou des contrastes de couleurs…

Philippe Apeloig a aussi créé des typos spécifiques, dont je vous livre quelques signes…

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… parce que j’aime leur présentation (signes blancs sur fond noir du couloir central de l’exposition)…

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le dynamisme  et/ou la rotondité de leurs formes…

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… et leur simplicité.

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Nous sommes entourés, parfois saturés, de signes graphiques de toutes sortes, délivrant des messages que nous recevons souvent contre notre gré. La plupart de ces signes sont assez laids, criards et agressifs, ou leurs messages inutiles, nocifs ou vains. Pour nous épargner, nous finissons par ne plus vraiment les regarder.

Le magnifique travail de Philippe Apeloig permet de rétablir l’équilibre, de poser son attention et de savourer beauté et équilibre dans des objets à visée essentiellement informative. Noblesse du graphisme. Art de la typo.

(photos de l’auteur à l’exposition « Typorama » au musée des arts décoratifs)

Extases


05 Nov

Un dimanche de début octobre, je suis allée au Prieuré Saint-Cosme, à La Riche, qui est un faubourg de Tours (je trouve ce terme désuet plus agréable que « banlieue », non ?).  C’est dans les ruines de son église que repose le poète Pierre de Ronsard.

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Bel endroit, au jardin couvert de roses au printemps (« Mignonne… »). J’y allais voir, non pas la rose, mais l’exposition d’Ernest Pignon-Ernest (il était temps, c’était le dernier jour) intitulée « Extases », huit représentations de saintes, exprimant leur relation au sacré et leur « extase » au sens mystique…

Ernest Pignon-Ernest, qui est un artiste plasticien né en 1942, a été un des pionniers de l’art urbain en France (voir son site ici). Au Prieuré, il a installé ses œuvres dans le beau réfectoire construit au XIIe siècle et restauré après-guerre.

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Portraits de saintes célèbres, Marie Madeleine, Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne… ou moins connues, Angèle de Foligno, Marie de l’Incarnation… ayant en commun d’avoir laissé dans leurs écrits une description de leurs « extases » divines.

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Huit femmes représentées dans une nudité simplement couverte de vêtements drapés, dans des moments d’abandon, d’exaltation, le corps tourmenté, presque torturé parfois, ou au contraire offert… ce qui n’est pas sans rappeler bien sûr un type d’abandon qu’on peut qualifier de moins spirituel, mais en est-on certain ?

Il faudrait détailler chaque portrait… Ici, celui d’Angèle de Foligno, ma préférée.

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Les oeuvres étaient posées sur un sol recouvert d’eau qui les reflétaient délicatement…

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… et elles s’harmonisaient avec le beau réfectoire qui les accueillait, notamment avec  la « chaire du lecteur »… avec une oeuvre seule…

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… ou plusieurs…

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Étonnante et très belle exposition, dont le thème interroge, dérange presque, parfois, mais dont on ressort étrangement apaisé, comme si les extases de ces femmes, leur exaltation, leur soif d’absolu, nous avaient été rendues plus proches, presque plus compréhensibles par le travail de l’artiste, et ce qui s’en dégage de force et d’harmonie…

(photos de l’auteur)

La liberté de l’escargot


11 Juin

Lors de mon dernier séjour à Paris début mai (période tendinite !), j’avais fait un saut (en boitillant) au musée de la Poste, pour voir une expo qui s’est révélée être beaucoup plus petite que ce à quoi je m’attendais, elle était installée dans la dernière salle des collections permanentes. Son nom ?

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« La logique de l’escargot »… je vous donne l’idée : l’artiste a écrit des lettres (et surtout en a reçues), pris des photos, enregistré des sons, dans chacun des 20 arrondissements de Paris  – qui est la ville où elle vit, puis elle a agrandi le cercle et a continué cette correspondance dans 20 villes européennes dans lesquelles elle est du coup passée…

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… en suivant cette stratégie de spirale…

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Une vitrine par arrondissement (ou presque) et une vitrine par ville traversée, présentant les lettres reçues et de certains objets trouvés sur place, caractéristiques de la ville en question… belle réalisation, dont on trouve une explication plus complète sur le site de l’artiste Anne Calas. Mais j’en reste à l’escargot et à sa stratégie…

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… développée par les correspondants de l’artiste…

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… de manière souvent pertinente…

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Oui, comment sortir de la logique de l’escargot ?

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Peut-être en ne cherchant pas à la comprendre, justement, et en la retrouvant partout, comme ici, dans le Somerset, plus précisément à Glastonbury (voir « Avalon »), dans le jardin du Chalice Well (du puits du calice… on est bien à l’endroit où certains situent l’emplacement où est caché le saint Graal)…

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… ou en prêtant attention, quand on le croise  dans un jardin, sur la marche d’une terrasse, comme dimanche près de Tours (la photo est assez ratée, mais je ne vais pas vous coller la photo d’un escargot quelconque, on parle bien de celui-là), à ce petit gastéropode, dont j’aime de plus en plus la lenteur, les antennes, la coquille, tous ces symboles d’un voyageur qui n’a besoin de rien d’autre que de lui-même finalement… et donc, sa logique…

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… en spirale – (mais l’escargot, contrairement au dessin de sa coquille, va droit devant lui, non ? )

(photos de l’auteur)

La fée


23 Mai

Dites, Madame la fée…

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Euh, dites, bonjour, Madame la fée…

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… si, pour mon séjour en Angleterre, qui commence demain, vous pouviez faire un miracle, genre météorologique, et faire qu’on ne retrouve pas, encore, le même « Ciel de mai » pluvieux et gris… et qu’il y fasse un peu beau, on pourrait éviter la conséquence : le ciel de parapluies, même multicolores, comme ceux qui illustrent l’expo Demy (voir « Pas qu’à moitié Jacques Demy ») à la Cinémathèque…

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… parce que, à Cherbourg ou ailleurs…

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… on a besoin de lumière(s), et malgré mon amour du cinéma de Demy, qu’on voit sur cette photo en train de rigoler avec un autre de mes chéris, François le Truffaut…

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… on en a ras-le-bol des parapluies !

Merci d’avance, Madame la fée… et je n’oublie pas que…

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(photos de l’auteur prises à la Cinémathèque à Paris, exposition « Le monde enchanté de Jacques Demy »)

Pas qu’à moitié, Jacques Demy


09 Avr

Demain à la Cinémathèque de Paris s’ouvre l’exposition consacrée à l’œuvre de Jacques Demy. J’irai dès que je pourrai, pas question de rater ça…

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Comme dit Christophe Conte des Inrocks sur son compte Twitter : « Jacques Demy est partout, c’est formidable. Et en plus il pleut.

Oui, faut que je vous dise : je les ai revus samedi, les parapluies, ceux de Cherbourg. Ca faisait longtemps, tellement, que je pensais que ce qui se passe en réalité au début du film (« Mais je ne pourrai jamais vivre sans toi… »)

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… se passait à la fin, qui du coup est autrement plus sèche et triste, finalement. Ou réaliste, c’est selon. Ou heureuse, peut-être, tout dépend du point du vue (c’est ce qu’on appelle sans doute une fin ouverte).

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Enfin, c’est certainement de ceux des films de Demy que je connais (je ne les connais pas tous, loin de là) le moins euphorisant. Parce que « Les Demoiselles – de Rochefort »…

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« … Nous fumes toutes deux élevées par maman/qui pour nous se priva, travailla vaillamment/Elle voulait faire de nous des érudites/et pour cela vendit toute sa vie des frites… »

Ou « Peau d’âne », sa recette du cake d’amour…

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ou les conseils de la fée des lilas, sublime Delphine Seyrig… (« mon enfant, on n’épouse jamais ses parents »)

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… moi, ça me rend toute heureuse, ça me donne envie de sauter en l’air, munie de mon parapluie, et je ne suis pas la seule, n’est-ce pas, mademoiselle Deneuve ?

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(affiche de l’exposition ; photo C. Deneuve sur compte Twitter de Laue Cler@LaueCler – qui depuis, n’existe plus, sorry)

Fils et toiles


14 Mar

Vous vous souvenez des fils électriques anarchiques au Japon (voir « Suivre le fil ») ?  D’un tout petit post que j’ai fait en décembre et qui s’appelait « En avançant » où figurait une (belle) photo de toile d’araignée ? Ce matin, dans le soleil (et le froid), sur mes toits, j’en ai vu une autre, entre deux cheminées (oui, il y en a aussi à Tours, voir « Tuyaux parisiens »)…

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Et j’ai eu envie de parler de fils, de toiles, et de rendre hommage à ces bestioles, auxquelles une expo a été consacrée l’année dernière au muséum d’histoire naturelle de Paris (oui, là où on trouve la grande galerie de l’évolution… que je trouve un peu flippante, pour ma part… tous ces animaux empaillés…). A voir la tête des gens à qui j’ai proposé de m’y accompagner, en janvier de l’année dernière donc, j’ai compris que les araignées ne sont pas un sujet consensuel, ni d’admiration pour tout le monde. Pourtant, si je peux comprendre qu’on trouve moches ou angoissantes (terrifiantes me paraît un grand mot, mais il paraît que si !) les bestioles elles-mêmes -sous nos climats du moins-, je pense qu’on peut s’accorder sur le fait que leurs toiles sont souvent magnifiques. Voici quelques « photos de photos » prises justement lors de cette expo. Dans la nature…

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Dans la ville…

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En vrac apparent…

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Ou dans une forme parfaite d’arc-de-cercle…

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Et en gros plan…

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Et comme j’aime comprendre, j’avais aussi fait la photo du panneau qui explique comment les araignées tissent leur toile…

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Je suis donc ressortie convaincue du talent, de la patience, et de l’inventivité de ces bestioles… qui ne sont pas des insectes (comme pourra le confirmer Catherine !) mais des arachnides, comme les scorpions et autres acariens. Comment les différencie-t-on ? Les arachnides ont huit pattes et leur corps est composé de deux parties  (l’abdomen et le céphalothorax), elles n’ont ni antennes et ni ailes. Les insectes, quant à eux, ont six pattes et leur corps a trois parties (la tête, le thorax et l’abdomen formé en général de six à onze segments).

Et, comme je ne peux pas résister à un beau portrait et que les araignées ont parfois, elles aussi, une bonne tête… enfin, une tête… presque humaine… euh, non, presque animale… presque celle d’un mammifère… une bonne tête de petit ours, disons, un petit ours un peu bizarre, avec deux paires d’yeux (est-ce des yeux, je n’en sais rien), les cheveux rares et droits sur le crane avec quatre mèches toutes raides,  des petits poils sur le corps et les pattes, et un t-shirt manches longues rayé…

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Autre version, là, le cheveu est blanc mais le crane orange (il y a donc des roux chez les araignées)…

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Et est-ce un début de moustaches qui tentent de suivre la lèvre supérieure ? En tout cas, il semble bien que la barbichette soit en vogue chez les arachnides…

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Ce ne sont certainement pas les araignées qu’on trouve chez nous, qui sont plus communes, nos pholques et autres tégénaires… mais peut-être, si on les regarde de près, celles qui squattent nos plafonds, nos angles de meubles, et le côté de nos cheminées, on pourrait aussi avoir une belle surprise, qui sait ?

(photos issues -sauf la 1re- de l’exposition « Au fil des araignées », au muséum d’histoire naturelle de Paris, octobre 2011-juillet 2012, bêtement, c’est le cas de le dire,  je n’ai pas noté le nom des photographes, qu’ils m’en excusent)

PS. N’oubliez pas de lire les commentaires, notamment celui de Catherine qui, comme toujours, nous éclaire de ses connaissances zoologiques et dévoile, entre autres secrets, le nom des mystérieuses araignées à tête d’ours des trois derniers clichés…

Chouettes


06 Mar

Faut que je vous dise un truc : j’aime les chouettes.

Bon, d’accord, j’aime les animaux, en général. Mais de la même manière que j’ai plus d’émotion à croiser dans une rue (au hasard) un cocker roux soyeux et joyeux (forcément joyeux, aurait dit Marguerite Duras) qu’un saint-bernard placide (et bien que je sois consciente qu’un saint-bernard se croise rarement dans les rues de nos villes de plaine), ou à voir dans le ciel virevolter un martinet plutôt que planer péniblement un pigeon, ou à contempler une abeille butinant une fleur plutôt qu’entendre un moustique me vriller les oreilles de son vol crispant (et je n’évoque pas les animaux lointains, éléphants et autres tigres, encore plus rares sous nos latitudes que les saint-bernard)… enfin bref, vous avez l’idée, on aime mieux certains animaux, et parfois on ne sait pas bien pourquoi.

Donc, les chouettes. sans que j’en sache la raison, peuvent me toucher.

Ce que j’ai découvert il y a un an, en mars 2011, en allant visiter l’exposition qui s’appelait « Bêtes Off » à la Conciergerie de Paris, sur l’île de la Cité. C’était un ensemble de travaux d’artistes contemporains sur les animaux, sculptures, photos, vidéos, installations…

Notamment, il y avait cette installation, de Claire Morgan, intitulée « Here is the End of All Things »…

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Impressionnante composition, suspendue dans les airs… la chouette (c’est une chouette effraie – Catherine, tu confirmeras, hein – ou non)  prise dans des fils aux-mêmes traversant graines et mouches…

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… le tout se reflétant sur un sol noir…

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Pour plus de détails sur cette œuvre, voir cet article de blog.

… Plus loin, vers la fin de l’expo, une vidéo projetée sur le mur de pierres médiévales de la Conciergerie, une œuvre d’Ariane Michel.

Une chouette (chevêche ?) solitaire, veilleuse, perchée sur une branche, face à la ville, la place de la Concorde, à ses lumières, son brouhaha, la nuit.

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J’ai été étrangement émue…

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… par le calme de l’oiseau, sa patience…

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… son regard, que l’on peut interpréter comme une sorte de surprise un peu résignée et sans fin face au trafic automobile, à l’agitation, au bruit…

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Ce regard, plein, curieux et comme bienveillant, posé sur nous, les humains…

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Oui, les chouettes m’émeuvent. Merci aux artistes de m’avoir permis de le savoir.

(photos de l’auteur)

PS. Comme d’habitude, merci à Catherine pour ses précisions dans son excellent commentaire. Si la première chouette est bien une effraie, la seconde est une hulotte, et non une chevêche…

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