Posts Tagged ‘guerre’

Centenaire


21 Mai

J’ai passé deux jours dans le département de l’Aisne, à l’angle nord-est de la France, à l’autre bout de la Picardie par rapport à la baie de Somme (voir « L’autre baie » et « L’autre baie, deuxième »). C’est une terre d’Histoire, notamment celle, centenaire, de la guerre 14-18. On y trouve entre autres le Chemin des Dames, nom charmant qui contraste avec la série de batailles et d’offensives sanglantes qui s’y sont déroulées, notamment celle de 1917, causant des milliers de morts inutiles, et la ville de Craonne (que les Picards prononcent « Cranne » – mais, beaux joueurs, ils acceptent pour l’Histoire l’ajout d’une syllabe à ce nom) , restée célèbre aussi pour sa chanson, contestataire, antimilitariste même, qui a accompagné les mouvements de mutinerie des soldats de cette année 17, celle de l’explosion de la révolution russe, encore plus à l’est.

Image de prévisualisation YouTube

Le refrain, désespéré, en est :

« Adieu la vie, adieu l’amour/Adieu toutes les femmes
C’est bien fini, c’est pour toujours/de cette guerre infâme
C’est à Craonne, sur le plateau/qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés/
Nous sommes les sacrifiés »

Le dernier couplet, et la reprise de l’air du refrain, le final, est effectivement un appel clair à la révolte, à la mutinerie – qui a dit « à la justice » ? Et qui a ajouté qu’en ces temps de guerre économique, les choses n’ont changé que d’apparence – et d’échelle ?

« C’est malheureux d’voir sur les grands boulevards/tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose/Pour nous c’est pas la même chose
Au lieu d’se cacher, tous ces embusqués/f’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n’avons rien/Nous autres les pauv’ purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là.

Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront/Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini, car les trouffions/vont tous se mettre en grève
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros/de monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre,
Payez-la de votre peau »

Mais cette terre de souffrances est aussi une terre d’utopie. Pour en avoir une idée, il faut monter un peu plus au nord, jusqu’à la petite ville de Guise (que les Picards prononcent Guïse, en séparant le « u » du « i »). Car à Guise, on peut visiter le Familistère. Le quoi ?

Le Familistère.

neelhe-familistère Guise (2)

Pour l’instant, c’est un terme qui mélange les mots de « famille » et de « mystère », non ? Laissons-le planer, le mystère, jusqu’au prochain post…

(photo de l’auteur)

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).