Posts Tagged ‘hertz’

Sons


16 Avr

Cette semaine, dans la vitrine de Bertrand le disquaire de « Madison », une pochette de vinyle de science-fiction…

neelhe-pochettes surprises-bernard parmegiani

C’est un disque de 1971. Je relis avec vous : « Prospective 21e siècle (ouh là ! s’il avait su…)… Chronos (ça a un rapport avec le temps, donc) : L’instant mobile (rapport au temps poétique…), La roue ferris (et non la via ferrata chère aux férus de randonnées et d’escalade), L’œil écoute (oui, ça peut arriver), triptyque électronique de Bernard Parmegiani »…

Je suis curieuse, j’ai écouté. Et donc, c’est de la musique électroacoustique, assez irracontable, très électronique et « bruitiste ». Si vous voulez essayer, voici « La roue ferris », je vous préviens, ça dure 10 minutes…

Image de prévisualisation YouTube

Bernard Parmegiani, qui est né en 1927, est un des compositeurs majeurs de ce mouvement. Il a intégré le Groupe de recherches musicales (GRM) en 1959 et entre 1961 (« Alternance ») et 1996 (« Sonare »), il a composé plus d’une cinquantaine d’œuvres. C’est de l’expérimentation (je n’y connais rien, mais enfin, de ce que je peux percevoir, ce n’est pas franchement grand public…).

Rien à voir avec la série « Cosmos 1999 », que je regardais dans ma jeunesse.

neelhe-cosmos 1999

Mais, sans doute à cause de la pochette au look futuriste à la sauce 70’s (et de la typo), ou de la proximité des sons « Chronos-Cosmos », j’ai eu envie de revoir le générique…

Image de prévisualisation YouTube

Toujours formidable, non ?

… et rien à voir non plus – mais est-ce si sûr ?- avec l’excellente émission écoutée par hasard dimanche  7 avril (et je vais écouter sur podcast la deuxième partie) sur France Culture, « Le Secret professionnel », de Charles Dantzig, dont l’invité était le professeur d’ORL, Patrice Tran Ba Huy. Émission passionnante, au cours de laquelle j’ai appris plein de trucs sur le son, l’audition et la musique. (Vous voyez bien qu’il y a un rapport…)

Entre autres (je rappelle que j’étais peu réceptive aux notions de physique quand j’étais au lycée, mais il n’est jamais trop tard, isn’t it ?) : le son est la vibration d’une matière (liquide, solide ou aérienne) – bon, ça on s’en doutait…

L’énergie sonore est transmise sans transport de matière (comme quand on jette une pierre dans une mare : « l’onde » qui se crée est faite de molécules qui ne se « déplacent » pas, mais qui en bougeant « sur place », font bouger leur voisine, qui à son tour, fait bouger la sienne, etc.).

Une onde sonore, pour être entendue par nous humains, doit être comprise dans une certaine gamme de fréquences et d’intensité… entre 50-100 Hertz et 15000-20000 Hertz (par comparaison, la chauve-souris entend jusqu’à 100000 hertz, et la taupe entend celles de moins de 100).

Il existe plusieurs types de sons : le son pur, à une seule fréquence (260 fois par seconde). Et les sons complexes, qui peuvent être soit périodiques (qui comprennent la fréquence fondamentale + toutes les harmoniques. Par exemple le do grave est à 33 Hertz, la 1re harmonique est le do supérieur à 66 Hertz, puis la deuxième à 99, etc. – bien sûr, on peut avoir des « timbres » différents, flûte et clarinette par exemple) ou non périodiques  (les bruits de la rue, comprenant toutes sortes de fréquences n’ayant aucun rapport entre elles).

Enfin, une dernière info que j’ai trouvée incroyable, (mais  au vu de la réaction des quelques personnes à qui j’en ai parlé, mon enthousiasme n’est pas universel !) : Le « la » qui sert de référence aux autres notes, qui sont donc définies par rapport à elle, est aujourd’hui à 440 Hertz. Au XVIIIe siècle, la fréquence du « la » était de 415 Hertz… ce changement de référence s’est fait au XIXe siècle, sans qu’on en sache bien la raison.

Mon résumé peut donner l’impression d’une juxtaposition d’infos sans rapport entre elles, mais l’émission était au contraire fluide et limpide et je vous la recommande…

… Car, par hasard, parfois, on rencontre des réponses à des questions qu’on ignorait se poser.

… Et  je rejoins Bernard Parmegiani, l’instant est mobile, et l’œil écoute, aussi. Ce qui est d’ailleurs le titre d’un essai de Paul Claudel sur la peinture. Tout se tient…

neelhe-claudel-l'oeil écoute

… Comme le savent bien nos amis synesthètes ceux qui, par un phénomène neurologique involontaire,  associent  deux ou plusieurs sens. Oui, tout se tient. Enfin, presque.

(photo 1 de l’auteur; photo 2 ; livre Claudel)

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).