Posts Tagged ‘Kyoto’

L’automne à Tokyo


15 Oct

Il y a quelques mois, Bertrand, notre disquaire, avait mis cette pochette dans la vitrine de son magasin « Madison » :

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Beaucoup d’éléments du Japon traditionnel figurent sur la pochette : le cerisier en fleurs, les geta (chaussures traditionnelles)…

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… les cloisons japonaises, les bambous, les nénuphars… même la couleur orange du haut de la pochette rappelle celle de beaucoup de temples shinto.

Et c’est sans doute l’arrivée de l’automne et l’approche du premier anniversaire de la date de mon départ pour Tokyo, mais ça me parle, en ce moment, ces « Vacances au Japon »… même si la musique de fond de ce séjour n’était pas celle de « Ricardo Santos et son orchestre »…

Alors, pour le fun, la beauté de l’automne là-bas, et ce petit goût de nostalgie… quelques clichés, pour mémoire…

Le Pavillon d’Or, à Kyoto…

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Le toit du Pavillon d’Argent au milieu de la mer de couleurs des arbres de novembre…

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Le jardin « sec » du même Pavillon d’Argent…

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Et la porte du sanctuaire shinto Kasuga taisha de Nara… (voir « Toits japonais », « Intérieur temple », et « Nara Day »)

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… qui ouvre l’espace et les perspectives. Ailleurs.

Alors, si je dois faire un voeu et lancer une pièce :

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(photos de l’auteur)

Tendinite (et sols japonais)


26 Avr

Tendinite : « affection douloureuse du tendon correspondant a une histopathologie spécifique qui met en jeu un mécanisme inflammatoire » (Wikipédia).

Vous voyez le truc. Pas grave, mais ça fait mal. Et vous savez où je me la suis faite, cette charmante tendinite ?

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Ben ouais, au pied. Plus précisément au gros orteil gauche. Vraiment pas pratique pour marcher. Alors, je ne marche pas beaucoup. Du coup, je bous (du verbe : « bouillir »), mais en douceur, je suis comme l’eau pour le thé, je frémis… Je lis, un peu. Je pense. Je me souviens.

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Japon, novembre dernier (ci-dessus, Nara. Voir la catégorie « Japan trip »).

Et en y repensant, quelque chose m’est revenu. Le souvenir d’une stèle sur le chemin de la philosophie à Kyoto. J’ai cherché dans mes photos. Vous allez comprendre.

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Il se passe un truc, avec le gros orteil gauche, là, non ? Je ne comprends pas tout, mais ça ressemble à une flamme, ce qui est dessiné dessus, et on dirait qu’il souffle de l’air… chaud ?… (à comparer avec les schémas de réflexologie plantaire ?)

Et puis, à marcher et surtout à boiter, sur nos bitumes, sur nos pavés, sur nos sols durs, je me mets à repenser à la douceur de la paille des tatamis, à sa souplesse, à ces sensations comment dire ?… tendres, sous la voute plantaire.

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… Et aux planchers des temples, dont le bois des terrasses est parfois doucement chauffé par le soleil, et qu’on sent à travers la chaussette, puisqu’il faut se déchausser pour les visiter. (c’est sans doute à cause de ces habitudes de « déchaussage »  et de marche pieds nus que j’ai ces souvenirs précis de sensations « pédestres »…ici, Kyoto, temple Tenju-an…)

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Et quand ils ne sont pas en bois, les sols des temples sont dallés, en pierre douce, usée…

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Et les chemins doivent être solides, ils sont donc aussi en pierres, elles aussi usées, mais de manière moins égale – mais toujours aussi harmonieuse… à Kyoto, dans le jardin du Pavillon d’argent, le Ginkaku-ji…

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Je crois que mes pieds veulent retourner au Japon. Eux, et le reste de mon corps. Ce voyage était aussi l’apprentissage d’une sensorialité différente, ou du moins l’apprentissage d’une attention différente à la sensorialité. (Je vais donc poursuivre en restant à l’écoute de… mon orteil gauche !)

(photos de l’auteur)

Tanuki


27 Déc

Le premier jour, à Asakusa, à Tokyo, je les a vues, et photographiées, ces bestioles, dans la cour  d’un petit temple latéral au grand Sensô-ji…

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… toutes mignonnes, le ventre rebondi, le regard légèrement suppliant, une espèce de chapeau de paille tombant dans le dos, et tenu par une ficelle…

Je les a recroisées, pas toujours photographiées, c’était un peu toujours la même gentille bestiole, parfois seule, parfois à deux… dans des quartiers différents, dans des villes différentes… Je me disais : c’est une sorte de symbole, de mascotte. Mais je ne me suis pas demandé clairement : mais c’est quoi, c’est qui, ces mammifères qui ressemblent à des taupes, ou à des blaireaux ? Qu’est-ce qu’ils font partout, dans les temples, aux carrefours, dans les rues…?

Une fois rentrée en France, je les ai un peu oubliés… jusqu’aux courses de Noël, où l’un des cadeaux demandés était le livre de Marie Caillou, Les Monstres de Mayuko… En rentrant de la librairie spécialisée en BD où je l’avais trouvé, j’ai ouvert le livre, que je trouvais beau et japonisant, et là :

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La bestiole était revenue ! Il fallait en savoir plus, cette fois, alors j’ai cherché, et j’ai trouvé, notamment sur le site Shinryu, auquel j’emprunte les informations suivantes.

Ce sont des tanuki.

Quoi ? Tanuki est le mot japonais qui désigne le chien viverrin. Ce petit animal (environ 60 cm), de la famille des canidés (comme son nom l’indique) est originaire du Japon, il vit dans les régions montagneuses ou forestières et affronte l’hiver en sombrant dans un sommeil proche de l’hibernation. De mœurs principalement nocturnes, c’est un animal plutôt discret et solitaire et l’on n’observe pas de structure sociale aussi élaborée que chez d’autres canidés, bien que certains individus apprécient la présence de leurs congénères. Vous voulez voir leur tête ?

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D’accord, mais que font leurs représentations partout dans les rues ? c’est simple : originaires de l’archipel,  ils font partie du folklore japonais depuis des temps immémoriaux.  Ils appartiennent à la catégories des yôkai (« être vivant, forme d’existence ou phénomène auxquels on peut appliquer les qualificatifs extraordinaire, mystérieux, bizarre, étrange et sinistre ») comme les kitsune, les fameux renards dont on voit aussi de nombreuses représentations, notamment au sanctuaire Fushimi Inari à Kyoto…

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Mais revenons à nos tanuki : ces petits animaux, dans leur version légendaire,  sont réputés être malicieux et jovials, mais un peu naïfs et tête-en-l’air. On les trouve souvent devant les temples ou les restaurants, et ils sont représentés avec un grand chapeau, une bouteille de saké dans une main et un billet à ordre ou un porte-monnaie vide dans l’autre. De nombreuses statues les montrent avec de grosses testicules, détail souvent omis dans les sculptures plus contemporaines. Ils sont les héros de nombreux contes populaires, de chansons traditionnelles, ils sont même remis au goûtdu jour grâce à leur apparition dans de nombreux jeux vidéos populaires (Super Mario, Pocky et Rocky…) et dans les films d’animation, notamment ceux des célèbres studios Ghibli (Pompoko…). Mais attention, tanuki est souvent traduit par erreur par raton laveur ou blaireau. La seule traduction de tanuki est : tanuki !… Qu’on se le dise !

(Photo 1 de l’auteur;  reproduction d’une page des Monstres de Mayuko, de Marie Caillou ; photo 2  issue du site Shinryu ; photos 3, 4 et 5 Catherine Levesque)

Parapluie


22 Déc

… Perdu deux parapluies cette semaine. Mais vous avez vu cette pluie effrayante de présence, de régularité, de constance ?

Au Japon aussi, parfois il pleut, comme ici à Kyoto, ciel vide, traînées de parapluies sur ce pont, le Sanjō Ōhashi, qui marquait le terminus du Tokaïdo, l’ancienne route reliant Tokyo à Kyoto…

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Et dans ces cas-là, quand vous allez aux bains publics de votre quartier par exemple, vous laissez votre parapluie à l’espèce de consigne à parapluies dans  l’entrée…

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… (jamais vu ça ailleurs que là-bas)… Et vous gardez votre parapluie plus longtemps (quand vous ne l’oubliez pas à la consigne) !

(Photo 1 : Catherine Levesque ;  photo 2 de l’auteur)

Seuils de bambous


19 Déc

Vous vous souvenez peut-être de ma déclaration d’amour à ces végétaux magiques que sont les bambous

Juste pour que vous ressentiez à nouveau leur souplesse et leur résistance, le toucher de leur écorce, la douceur et la gracilité de leurs feuilles, les différentes nuances de vert… ici, quelques bambous à Kamakura…

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Et la lumière dans les frondaisons… ce n’est pas la flamboyance des érables ou des ginkgos, mais la manière dont la lumière est filtrée la rend douce et comme mousseuse…

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Donc, imaginez mon émotion à voir de petites barrières faites de bambous…

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… Et des petits portails, plus symboliques qu’efficaces pour arrêter quoi que ce soit, même le vent…

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Et avec quelques petites planches d’un autre bois, un peu de mousse et quelques feuilles d’érable tombées, on le verrait bien dans son jardin, ce petit portail…

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Le jardin idéal, et la porte du Paradis ?

(Photos de l’auteur)

Toits japonais


18 Déc

Au Japon, même les toits sourient !

Parfois même sur plusieurs niveaux, comme ici, au Nanzen-ji de Kyoto…

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Que ce soit des petits bâtiments à l’intérieur d’une enceinte, comme au Tenju-an, de Kyoto…

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Ou à l’intérieur du temple shinto Kasuga taisha à Nara…

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Ou du Todai-ji, toujours à Nara… un petit bâtiment…

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Un plus important, genre de « chalet » posé contre la colline et qui sent bon le bois…

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Puis le très imposant  Daibutsu-den, la plus grande structure de bois du monde, qui abrite une statue de Bouddha de plus de 15 mètres…

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Tous ont des toits souriants… généralement de tuiles, concaves ou convexes. Et parfois ces toits se côtoient, s’entrecroisent presque, car ils savent la concurrence du paysage, comme ceux du Zenrin-ji, à Kyoto.

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Ici, au Gango-ji de Nara…

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Parmi les toits les plus anciens du Japon…

 

 

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Puis, il y a -mais je ne l’ai rencontré qu’une fois- cet étonnant « clocher » dont le sommet est une figure de phénix, déjà vu tout en haut du Pavillon d’Or.

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C’était dans le quartier d’Higashiyama, à Kyoto.

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Et parfois, comme pour le portail d’entrée du Hônen-in (voir l’article « Le Chant de l’eau »), certains toits sont en chaume, ici à Nara, près du jardin d’Isuien. Et c’est une toute autre vision de la protection qu’offre un toit qui se dévoile. Plus fragile d’apparence, mais plus chaude, et, grâce au bois dont il est fait, plus naturelle, et plus légendaire. Entre la maison d’un des trois petits cochons (celui qui a la maison en bois, bien sûr) avant l’arrivée du loup et les habitations de la paisible Comté des Hobbits, avant la redécouverte de l’Anneau dans la saga de Tolkien.

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Gros plan sur le toit de la maison de thé, à l’écart du Pavillon d’Or, à Kyoto.

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Se blottir au chaud dans un édredon douillet, sous un toit de chaume – ou un toit souriant – pendant une nuit de vent…

(Photos de l’auteur)

Intérieur temple


17 Déc

Temples japonais, extérieurs bois, « terrasse » donnant sur un jardin de méditation, ici à Kyoto, jardin du Nanzen-in :

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Surélevé par rapport au sol, sur sortes de pilotis, Kyoto, le même temple…

neelhe-japon-kyoto (3)A Nara, au temple Gango-ji…

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Dans cette architecture aérienne, presque sans poids, quelques poteaux, pour tenir la structure, mais sans effort. Kyoto, Nanzen-in…

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Intérieurs : les shôji, cloisons coulissantes en papier washi et trame de bois légère. A Nara, au Gango-ji…

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Et le mariage des shôji et des tatamis, espace et perspective d’ouverture vers l’extérieur. Ici, Kyoto, Ryôan-ji…

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Harmonie des formes, des matériaux, symétrie du positionnement des tatamis au sol et de l’ouverture des shôji. Ici, à Nara…

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On doit toujours marcher pieds nus sur les tatamis, ces couches de paille de riz superposées et croisées. On y dort aussi, sur un futon, plutôt mince mais suffisant, jamais mal au dos, le tatamis est ferme et doux. Ici, dans un temple Nord de Kamakura.

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Ici, à Nara, Gango-ji : les formes sobres de l’intérieur du temple s’harmonisent avec la nature à l’extérieur. Toujours la même recherche : légèreté, équilibre, simplicité.

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(Photos de l’auteur)

Puis y retourner


15 Déc

Samedi de pré-Noël, les courses dans les magasins, les chansons avec les clochettes dans les haut-parleurs, la foule, la pluie.

Rentrer au calme.

Se souvenir.

 

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Soupirer, d’aise.

(Photo de l’auteur)

La fourmi et l’oiseau


11 Déc

Vous vous souvenez peut-être de ce jardinier-balayeur dans le jardin du Pavillon d’argent à Kyoto (sinon, voir le post  « Le calligraphe et le jardinier »), qui m’avait sidérée par sa minutie, son calme et l’ampleur de son travail.

Rencontré aussi quelques autres artisans qui participent à l’exceptionnelle beauté des jardins japonais, une fourmi et un oiseau…

La fourmi…

… qui, lentement, arrache les minuscules mousses qui se sont glissées entre les dalles d’un des côtés d’un des bâtiments du Nanzen-ji, à Kyoto… Humilité, patience, littéralement travail de fourmi…

Et un oiseau…

Ici, avec un comparse, perchés dans un arbre qui donne sur le jardin d’Isuien, à Nara…

… à l’aise dans les hauteurs, sur ces branches qu’il élague, taille, coupe, lie entre elles…

Le résultat de ces efforts, terrestres, aériens, pour magnifier la nature laisse souvent sans voix… Ici, à Nara…

Dans le détail…

Et dans l’effort pour marier les divers éléments entre eux, notamment la pierre et le végétal…

 

Ou la pierre, l’eau et le végétal, comme ici, dans le jardin Ninomaru-en dans l’enceinte du château Nijô-jô à Kyoto…

Sans compter le ciel, qui reflète les autres éléments…

Un modèle délicat d’harmonie et d’équilibre, qui intègre tout, et on oublie en le contemplant le travail qu’il a fallu, celui du jardinier-balayeur, de la fourmi et de l’oiseau. C’est d’ailleurs certainement ce qu’ils souhaitent…

(Photos de l’auteur)

Balade nocturne à Gion


08 Déc

Gion est « le » vieux quartier de Kyoto, parfaitement conservé, ce qui est rare puisque ses maisons sont en bois, donc fragiles…

Dans les rues assez étroites, pavées, paisibles, piétonnes, se succèdent des façades discrètes…

… éclairées par quelques lampes…

Traditionnellement, ces maisons abritent des « maisons de thé », les ryôtei, où se produisent les geishas, et où s’exercent les apprenties, les maiko : si le mot de geisha a effectivement été synonyme de prostituée, de plus ou moins grande classe, jusqu’à l’abolition de la prostitution en 1750, il n’a plus cette connotation (enfin, il ne devrait plus l’avoir…), mais s’est rapproché de sa traduction littérale : « personne pratiquant un art d’agrément ». Les geishas d’aujourd’hui doivent maîtriser les sept arts traditionnels de Kyoto, dont la danse, l’arrangement floral, la musique ancienne, et la cérémonie du thé, et participent à des soirées privées (au tarif exorbitant et au cours desquelles sont très rarement admis des étrangers) pendant lesquelles elles exercent leur art, pour distraire les hôtes, et faire partager la culture traditionnelle, sans plus devoir « accorder l’oreiller ». Mais rien n’interdit de continuer à rêver à leurs divers talents…

Quoi qu’il en soit, le quartier semble hors du temps, et il est très plaisant de s’y promener et de profiter de son calme et de son charme, notamment le long de cette sorte de bras de la rivière principale…

(Photos de l’auteur)

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).