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La jetée


23 Oct

Au festival des jardins de Chaumont-sur-Loire, cette année, il y en avait un qui s’appelait « La jetée »…

neelhe-la jetée (2)Une avancée de traverses de bois dans un jardin ayant la forme ovale des fonds de stades, menant à un garde-corps permettant de contempler un champ bien régulier de petits miroirs ronds mêlés à des fleurs et tiges sauvages…

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… les miroirs reflétant le ciel, ou le vide, ou le visiteur, et les tiges s’entremêlant avec grâce et liberté…

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… vision enchanteresse et titre magique : « La jetée », c’est aussi un film de Chris Marker, qui date de 1962 (et que j’ai vu bien après, je vous rassure), qui dure 28 minutes, en noir et blanc, d’une puissance poétique très marquante et dont le sujet principal, traité à travers une histoire bouleversante, est la mémoire.

Et « La jetée », c’est aussi le nom d’un minuscule et adorable bar à Tokyo, où je suis allée l’année dernière, dans le quartier du Golden Gay à Shinjuku. En voici la porte, qui ouvre sur un escalier très raide, menant lui-même à une salle vraiment très petite… Autant vous dire que retrouver une écriture en lettres latines et la bonne tête de M. Chat sur la porte (oui, Chris Marker a aussi fait un film avec M. Chat , la création féline de Thoma Vuille, « Chats perchés ») dans ce petit quartier de l’immense Tokyo était déjà assez merveilleux…

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Le bar tient son nom du film de Chris Marker, et si vous y allez, vous discuterez cinéma avec la délicieuse, très francophile et très cinéphile Tomoyo, la patronne des lieux : pour un compte rendu complet de cette soirée, voir le post de Catherine sur son blog.

Je vous livre juste une photo floue, prise dans le bar, de la reproduction d’une image célèbre du film sur laquelle on voit en arrière-plan les pistes de l’aéroport d’Orly… au-dessus d’une étagère de cassettes – oui, de K7, comme on disait – et de maneki-neko, ces petites statuettes de chat porte-bonheur… (sur l’amour que les Japonais portent à leurs animaux, voir « Des animaux (de compagnie) »).

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Autant vous dire que « La jetée » ouvre toutes sortes de tiroirs dans ma propre mémoire… jardin, cinéma, Japon…

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(photos de l’auteur)

Contrastes à la japonaise


04 Déc

On le dit souvent : le Japon est un pays de contrastes. Quelques exemples visuels de juxtaposition entre passé et présent, qui illustrent mais ne résument pas la richesse et l’amplitude de ces contrastes…

Quelques cabanes en tôle ondulée ou des minuscules commerces cohabitent avec les immeubles géants et chics du quartier de Ginza à Tokyo.

La gare de Tokyo elle-même (son nom ne signifie pas qu’elle est la seule à Tokyo, ni même qu’elle est la plus importante, mais ce n’est pas non plus la charmante gare désaffectée d’une ligne de campagne abandonnée) semble toute petite face aux buildings des quartiers qui l’entourent.

Pour l’image suivante, il va vous falloir faire un effort d’imagination. Vous êtes sur l’esplanade du Palais impérial, face à vous, une douve, un pont métallique, les arbres et les toits presque dissimulés d’une des résidences de l’empereur.

Lentement, vous vous retournez. Voici ce que vous voyez.

Les tours du quartier de Marunouchi… contraste que l’on peut tenter de saisir d’un seul coup d’œil, sur cette photo d’un des pavillons des jardins du Palais, séparé par une douve des immeubles du même quartier… (mais c’est un peu moins spectaculaire)…

Ailleurs dans Tokyo, le vieux quartier d’Asakusa, une tour à l’utilité inconnue jaillit au-dessus des toits tranquilles des bâtiments autour du sanctuaire Sensô-ji…

… Tandis que la très identifiée tour Sky Tree s’inscrit dans le bleu du ciel derrière les lampions et la porte Hozo-mon, qui donne accès au temple Sensô-ji. Remarquez la sandale de Bouddha (enfin, sans doute plutôt une de ses sandales) sur la porte…

(Photos 1 à 7 de l’auteur ; photo 8 C. Levesque)

Tentative de portrait (en puzzle)


03 Déc

Pour faire le portrait non d’un oiseau, pour ça voir le poème de Prévert, mais d’un peuple  – mission impossible, oui, mais tentons, sur le mode du kaléidoscope ou de la mosaïque -, d’abord quelques enfants…

(notez que les enfants photographiées ici ont des bouquets de feuilles de ginkgo Biloba dans les mains ou un petit sachet transparent plein de feuilles ramassées comme des trésors… et que la plus grande a des chaussettes, ou sont-ce des bottes ?, « love »)

Puis un cliché d’un groupe d’adolescents, dans l’uniforme de leur école, et dans cette posture que l’on trouve si typique aux Japonais, alors qu’il y a un moment déjà qu’elle s’est universalisée…

Ensuite, quelques adultes symbolisant ou représentant une (ou plusieurs) traditions…

Costumes traditionnels pour les femmes, un dimanche à Kyoto…

Grand-mère et petite fille, mais tout le monde a mis son bel habit devant le sanctuaire Asakusa-jinja à Tokyo…

Tout le monde en parade pour un cortège de mariage au sanctuaire Meiji-jingu…

Un « batteur » de tambour au même sanctuaire…

Et puis, les foules, plus ou moins compactes, dans des contextes plus ou moins quotidiens…

… souriante, en regardant un spectacle de jongleurs dans le parc d’Ueno…

… pressée (à la manière japonaise) en traversant le carrefour de Shibuya…

… compacte, dans la rue qui mène au temple et dans la cour du Sensô-ji, à Asakusa, Tokyo…

… ou lors de la « fête des balais » au temple Hanazono-jinja, à Shinjuku, Tokyo toujours…

Et comme partout, toujours « sentimentale, avec soif d’idéal, attirées par les étoiles, les voiles, que des choses pas commerciales »*…

* Foule sentimentale, Souchon-Voulzy.

(Photos de l’auteur)

Perdre le Nord


29 Nov

A Tokyo, comme dans tout le Japon, on perd très facilement le Nord. Je m’explique : sur les cartes et les plans, nombreux, qu’on peut consulter au coin des rues, censés nous aider à nous orienter, le Nord bouge ! Tantôt il est positionné à la manière occidentale, dirigé vers le haut de la carte, tantôt il est plutôt incliné entre notre Nord et notre Ouest, quelque part entre haut et gauche de la carte, ou bien carrément à l’Est, côté droit, quand ce n’est pas à la place de notre Sud, au bas de la carte…

 

Quand on sait qu’en plus, les rues de Tokyo n’ont pas de noms, on mesure à quel point il peut être délicat de s’orienter, notamment quand on cherche une adresse précise. D’où l’intérêt de notre bonne vieille boussole, hé oui… et aussi des koban, ces petits commissariats de quartier dont une des fonctions des policiers très civils est justement de renseigner les passants perdus, interrogatifs, éberlués…

Alors, quand on trouve un Nord clairement indiqué, ici sur le plafond du 45e étage de la mairie de Tokyo, d’où on a une vue panoramique sur toute la ville, on immortalise la chose !

Et aussi, même si ce n’est pas ce qu’on préfère, on en profite pour prendre quelques images de cet autre Japon, ultra moderne, et vertigineux…

Et la ville qui s’étend véritablement à perte de vue…

(Photos de l’auteur)

Message personnel


14 Nov

Devanture d’un des « love hôtel(s) », dans lesquels les couples illicites louent une chambre pour quelques heures. Le texte est en français, langue de la gastronomie et apparemment de l’amour aussi, au Japon.

 

 

Et, pour rester réaliste, les prix… (pas donné non plus, l’amour à Tokyo…).

 

(photos de l’auteur)

Proverbes « lost in translation » milieu de nuit


12 Nov

Insomnie japonaise met sur les braises…

Insomnie sur futon, loin de sa maison…

Insomnie de quatre heures met de bonne humeur…

Insomnie et lecture, stop à la censure !

Insomnie et fringale, on casse la dalle…

Insomnie-décalage, vive les voyages !

Essais d’endormissement, images flottant…

 

Insomnie terminée, réveil sonné…

(Nuits blanches à Tokyo, on cherche ses mots)

 

(Photo de l’auteur)

Les outils du calligraphe


12 Nov

Hommage à un de mes films préférés, « The Pillow Book » de Peter Greenaway, qui raconte la vie de Nagiko, héroïne qui s’inspire de Shei Shonagon et de ses  « Notes de chevet », et parfait sa maîtrise de la calligraphie sur la peau des hommes qu’elle rencontre, jusqu’à celui qu’elle se mettra à aimer, déclenchant drame et vengeance, puis apaisement et (re)naissance. Une merveille.

Photos prises (mais c’est interdit) dans un des neuf étages de la superbe papeterie Itoya, dans le quartier de Ginza.

(photos de l’auteur)

L’automne à Tokyo II


12 Nov

Près du palais impérial, début d’après-midi. Feuillage jaunissant de ginkgo biloba dans le soleil.

(photo de l’auteur)

Le monde comme un aquarium ?


12 Nov

Marché de gros aux poissons (le plus important du Japon), Tsukiji, ce matin tôt.

« Poissons morts, qui descendez le cours des fleuves, poissons morts… Bien sûr, j’ai franchi la frontière, poissons morts, les hommes jettent des barrières toujours entre eux et le bonheur… » (Julien Clerc, texte d’Etienne Roda-Gil)

Soudain et étrange sentiment de fraternité avec cette espèce qui m’est pourtant la plupart du temps assez étrangère…

(Photos de l’auteur)

Poétique (de saison)


11 Nov

Balade matinale sous une pâle lumière dans le vieux quartier de Yanaka.

Parfois, bien après les raisons qui nous les ont fait les détester, nos cimetières européens peuvent devenir des lieux d’apaisement. Le dépaysement et l’incompréhension des idéogrammes aidant, ils deviennent ici, par-delà la paix qu’ils dégagent d’emblée, des lieux de poésie.

Nous avançons bien au milieu d’une forêt de signes, dont l’ « empire » donne une impression d’élégance esthétique, y compris dans le désordre accepté, intégré et mis en scène.

(photos de l’auteur)

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