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Arnold et Karen


19 Fév

Vous vous souvenez de l’article « Vinyles », de la pochette kitsch de ce disque de « musique d’ameublement », et de la vitrine du magasin où je l’avais vu, « Madison » ?

Eh bien, il y a du nouveau. Au moment de la parution il y a deux semaines, je suis passée voir le disquaire (je lui avais déjà acheté une brosse pour nettoyer mes vieux disques) et je lui ai dit que j’avais fait un petit post sur son magasin. On a discuté un peu, je suis partie, il a lu le texte, vu les photos, et il m’a écrit un mail (en utilisant le formulaire « Contact », comme quoi tout a son utilité sur ce blog !). Il avait bien aimé le post, et le blog, et proposait de mettre en vitrine une pochette à mon attention, de temps en temps… j’ai trouvé l’idée intéressante et stimulante… je lui ai écrit en réponse… et je suis partie en Normandie pour la semaine… où, comme vous savez, j’ai écrit assez peu, notamment pour des raisons techniques…

Je suis rentrée hier soir sur mes bords de Loire. Cet après-midi, je suis passée devant la vitrine de « Madison », le magasin était fermé (nous sommes lundi). (Encore pardon pour les reflets dans les vitrines, j’ai beau essayer, pas moyen de les éviter.)

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Vous voyez le petit papier, collé à côté de la pochette de la deuxième rangée en partant du bas, à gauche ? Moi aussi, j’ai eu envie de m’approcher.

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Ca vous rappelle quelque chose ? Oui, dans mon post de la semaine dernière, « Fragments de (gran)ville »

Alors, j’ai mieux regardé la pochette…

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« My cat Arnold ». Mon chat Arnold.

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Disque de Karen Mantler. 1989.

Le problème qui se pose face à cette pochette est simple : qui est le plus dépressif, Arnold ou Karen ? (parce qu’il est évident que la coupe de cheveux la plus ratée est celle de Karen.)

Arnold, le chat de la venelle de Granville ? Possible, après tout… (bien qu’on imagine le chat de la venelle plus gai, moins posé sur un tabouret, plus aventureux, quoi ! mais les chats sont surprenants et peut-être qu’Arnold cache bien son jeu.)

Et Karen ? Elle fait quoi, à part la tronche sur la pochette de son disque ? Eh bien, Karen, comme me l’a appris une rapide recherche Internet (non, je ne la connaissais pas avant) est née en 1966, c’est la fille de Carla Bley (une des figures du free jazz, pianiste, organiste, compositrice) et Michael Mantler (compositeur et trompettiste), et elle est elle-même une musicienne de jazz, joueuse d’harmonica, chanteuse et compositrice (ouf. Quelle famille.)

Quoi d’autre ? Il existe des photos d’elle sur lesquelles elle sourit presque.

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Elle fait des concerts (normal pour une musicienne).

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J’ai cherché à écouter… et j’ai découvert un personnage très sympathique, une belle voix, un tempérament… comme le montre cette vidéo où elle chante (très bien) et donne la réplique à une bande de musiciens, et joue (affreusement, mais c’est fait exprès) de l’harmonica, avec un beau sens de l’autodérision…

Image de prévisualisation YouTube

Et les aventures de Karen et Arnold ont eu une suite, puisque :

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Comme on le voit sur la pochette du disque suivant, « Karen Mantler et son chat Arnold ont la grippe » !

Nouvel extrait, de la chanson-titre (à un moment, je crois qu’on entend un miaulement d’Arnold) :

Image de prévisualisation YouTube

En fait, il semble que ni Karen, ni Arnold ne soient dépressifs. Ils font de la bonne musique, tous les deux (sauf quand ils ont la grippe). La pochette est drôle et décalée. Et Bertrand le disquaire a réussi son coup ! Bien joué !

Pour fêter ça, je crée une nouvelle rubrique : « Pochettes surprises » !

(Photos 1 à 4 de l’auteur ; 5 ; 6 ; 7 )

Sortir le grand jeu


08 Fév

Au coin du feu, un soir de froid venteux, (res)sortir le grand jeu.

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Mais attention, le jeu original, celui qui était chez vos grands-parents avant votre naissance, dans le grand coffre en bois au-dessous de la fenêtre (dont le couvercle, pour qu’il ne retombe pas brutalement sur vos doigts d’enfants, était accroché à la poignet de la fenêtre, justement, par un nœud coulant parfaitement exécuté et un peu flippant).

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Quand on ouvrait la boîte (et aujourd’hui encore), tout était parfaitement à sa place.

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Les pions colorés, les trois catégories de cartes, les dés, les miniatures des instruments du crime, la règle du jeu, et les « notes du détective ». Quand on ouvrait le plateau, on découvrait la maison, le lieu du crime et toutes ces pièces qu’il allait falloir arpenter pour découvrir la vérité.

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Une fois les trois cartes sélectionnées, les trois choses à trouver (le coupable, l’arme du crime, le lieu du crime), la partie commençait. J’étais plutôt, selon les jours, colonel Moutarde…

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… ou mademoiselle Rose. C’étaient mes préférés.

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Malheureusement, ils étaient parfois aussi coupables, ce qui compliquait mon travail d’investigation : je cochais, je rayais, je reprenais, j’écoutais les suppositions des autres joueurs, je regardais l’envers des cartes…

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Et j’émettais des hypothèses de manière solennelle : « J’émets l’hypothèse que Madame Leblanc a tué dans le hall avec la corde »

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Et puis, suivant la tournure des événements, et de la partie, il y avait le moment fatidique où on n’émettait plus d’hypothèse, où tel un Zola en culotte courte, on « accusait » ! Là, soit on avait raison, et on gagnait la partie, soit on avait tort, et c’était fichu… « J’accuse le docteur Olive d’avoir tué dans la cuisine avec le revolver »…

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Et la partie finie, on recommençait : trier les cartes par catégories… pour sélectionner sans les regarder les trois cartes fatidiques.

Les coupables potentiels, et les pions correspondants. (On a vu mes préférés. Les autres étaient également potentiellement fourbes.)

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Les armes du crime. Mes préférées étaient le revolver, classique, et le chandelier, noble. Je n’aimais ni la corde, trop hitchcockienne (et qui rappelait un peu trop la corde qui retenait le couvercle du coffre à jouets), ni le poignard, trop sanglant (et dont notre modèle réduit avait perdu sa lame, c’était ridicule), ni la matraque, trop policière, ni la clé anglaise, trop bricoleuse.

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Quant aux pièces, j’avais une préférence pour celles qui étaient petites, la bibliothèque ou le bureau, le studio ou le petit salon. Je n’aimais pas le hall ou le grand salon, ou la cuisine…

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Comme quoi, rien n’est neutre, pas même les éléments d’un jeu de société auquel on a joué pour la dernière fois il y a… trente ans ou à peu près ?

Donc, un soir de froid venteux, ressortir le grand jeu. Et après le « pierre-feuille-ciseaux » japonais, proposer une partie, en priant pour que la magie opère encore, un peu…

Bande-son (du jazz, forcément !)  : Chet Baker, « Riverside Profiles » ; Miles Davis, « Kind of blue ».

(Photos de l’auteur)

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