Posts Tagged ‘jeu’

Triste


05 Déc

J’ai dessiné une marelle sur l’ardoise de la cuisine.

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… pour guider certains coussinets vers le…

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Oui, vers le ciel. Il marchera sans doute plutôt sur les traits qu’au milieu des cases, parce que c’est plus drôle et que ça requiert plus d’équilibre.

L’essentiel est qu’il arrive.

Mon chat.

 

(photos de l’auteur)

(Voir « (chat) pas sport » et « Menu du jour »)

Tél(écran)


06 Nov

Je tentais d’expliquer récemment comment, pour essayer de ne garder que le meilleur et le plus heureux des situations (et m’éviter ainsi de souffrir bêtement de ce que certains appellent « la double flèche » – non seulement quelque chose vous a blessé, mais en le réactualisant par le souvenir, en y repensant, ce quelque chose continue de vous faire souffrir -), je m’efforçais de ne pas enregistrer les souvenirs  les plus inutilement douloureux. Comme je suis loin d’être une sainte, je n’y arrive pas toujours, certaines phrases ou attitudes restent malgré tout gravées et je ne peux pas m’empêcher de repasser le film des événements. Je suis sûre que vous saisissez  l’idée. Et l’analogie qui m’est venue pour expliquer ce désir d’effacement est celle du Télécran – appelé aussi, mais c’est moins drôle, l’ardoise magique. Le télécran, c’était ça :

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Un écran verdâtre, deux boutons qui servaient l’un à tracer des lignes horizontales, l’autre des lignes verticales avec un curseur (qu’il était impossible de « lever », la ligne étant toujours continue). Autant dire qu’il fallait être très doué et très bien coordonné des poignets pour obtenir des diagonales (j’étais nulle en diagonales). Mais le plus formidable, c’était l’effacement. Après avoir gribouillé péniblement un pauvre dessin, qui dans le meilleur des cas, les jours de grande patience, ressemblait à ça (personnellement, mes efforts ne m’ont jamais permis d’obtenir un résultat ne serait-ce qu’approchant) :

neelhe-télécran (1)(… et je ne vois vraiment pas comment le dessinateur a réussi à positionner un soleil dans le ciel qui ne soit accroché à rien), bref, après avoir tenté un dessin, on estimait qu’il était temps de l’effacer, on empoignait le télécran des deux mains, on le retournait, face contre terre, et on secouait le tout (ce qui produisait un bruit de sable).

Quand on retournait à nouveau le Télécran et qu’on remettait l’écran vers le haut, il était à nouveau vierge.

On souhaiterait parfois que notre mémoire ait cette faculté d’effacement, en secouant un peu la tête, en un clin d’œil, dans un délicat petit bruit de sable.

(photos télécran 1 et 2)

 

Vite (ou non)


11 Fév

En visite dans un bel appartement, je suis tombée sur ce jeu (pas de la première fraîcheur, mais très bien conservé et assez éternel dans son principe). Non, ce n’est pas un Cluedo (voir « Sortir le grand jeu »). Mais le titre est en soi une invitation. Jugez plutôt :

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« Pensez vite »…

Le principe est simple : une roulette avec les lettres de l’alphabet, et une série de petites cartes au dos bleu à tirer au sort pour déterminer le sujet à propos duquel il faudra penser vite à des mots s’y rapportant et commençant par la lettre qui vient d’apparaître sur la roulette.

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Vous voulez des exemples de sujets ?

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D’autres exemples ?

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Et la meilleure question, la plus surprenante…

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Vous imaginez ? Pensez vite à des mots commençant par « T » et exprimant comment il ne faut pas être : tchèque ? têtu ? tourbillonnant ? télépathe ? Qu’est-ce qu’il ne faut pas être ? un tracteur ? une tartelette ? un tiroir ? Compliqué…

Dans la bibliothèque de ce même appartement figurait un petit livre assez surprenant intitulé « Questionnaires », de Max Frisch… un livre uniquement constitué de questions, une en haut de chaque page. Des questions essentielles…

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… aux réponses parfois dérangeantes, parfois évidentes…

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… parfois déstabilisantes, et finalement drôles…

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Vous voulez mon avis ? Parfois, penser lentement a du bon.

(photos de l’auteur)

Sortir le grand jeu


08 Fév

Au coin du feu, un soir de froid venteux, (res)sortir le grand jeu.

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Mais attention, le jeu original, celui qui était chez vos grands-parents avant votre naissance, dans le grand coffre en bois au-dessous de la fenêtre (dont le couvercle, pour qu’il ne retombe pas brutalement sur vos doigts d’enfants, était accroché à la poignet de la fenêtre, justement, par un nœud coulant parfaitement exécuté et un peu flippant).

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Quand on ouvrait la boîte (et aujourd’hui encore), tout était parfaitement à sa place.

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Les pions colorés, les trois catégories de cartes, les dés, les miniatures des instruments du crime, la règle du jeu, et les « notes du détective ». Quand on ouvrait le plateau, on découvrait la maison, le lieu du crime et toutes ces pièces qu’il allait falloir arpenter pour découvrir la vérité.

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Une fois les trois cartes sélectionnées, les trois choses à trouver (le coupable, l’arme du crime, le lieu du crime), la partie commençait. J’étais plutôt, selon les jours, colonel Moutarde…

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… ou mademoiselle Rose. C’étaient mes préférés.

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Malheureusement, ils étaient parfois aussi coupables, ce qui compliquait mon travail d’investigation : je cochais, je rayais, je reprenais, j’écoutais les suppositions des autres joueurs, je regardais l’envers des cartes…

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Et j’émettais des hypothèses de manière solennelle : « J’émets l’hypothèse que Madame Leblanc a tué dans le hall avec la corde »

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Et puis, suivant la tournure des événements, et de la partie, il y avait le moment fatidique où on n’émettait plus d’hypothèse, où tel un Zola en culotte courte, on « accusait » ! Là, soit on avait raison, et on gagnait la partie, soit on avait tort, et c’était fichu… « J’accuse le docteur Olive d’avoir tué dans la cuisine avec le revolver »…

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Et la partie finie, on recommençait : trier les cartes par catégories… pour sélectionner sans les regarder les trois cartes fatidiques.

Les coupables potentiels, et les pions correspondants. (On a vu mes préférés. Les autres étaient également potentiellement fourbes.)

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Les armes du crime. Mes préférées étaient le revolver, classique, et le chandelier, noble. Je n’aimais ni la corde, trop hitchcockienne (et qui rappelait un peu trop la corde qui retenait le couvercle du coffre à jouets), ni le poignard, trop sanglant (et dont notre modèle réduit avait perdu sa lame, c’était ridicule), ni la matraque, trop policière, ni la clé anglaise, trop bricoleuse.

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Quant aux pièces, j’avais une préférence pour celles qui étaient petites, la bibliothèque ou le bureau, le studio ou le petit salon. Je n’aimais pas le hall ou le grand salon, ou la cuisine…

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Comme quoi, rien n’est neutre, pas même les éléments d’un jeu de société auquel on a joué pour la dernière fois il y a… trente ans ou à peu près ?

Donc, un soir de froid venteux, ressortir le grand jeu. Et après le « pierre-feuille-ciseaux » japonais, proposer une partie, en priant pour que la magie opère encore, un peu…

Bande-son (du jazz, forcément !)  : Chet Baker, « Riverside Profiles » ; Miles Davis, « Kind of blue ».

(Photos de l’auteur)

Pierre-feuille-ciseaux


05 Déc

Vous connaissez tous ce jeu ultra simple et très efficace… il est très populaire au Japon, j’ai assisté à plusieurs parties endiablées – enfin, à la manière japonaise, c’est-à-dire tout de même très calme – dans un wagon de métro, hors heures de pointe, entre un père et ses deux fils… ce jeu, sans doute inventé en Chine, était inconnu en Occident avant les premiers contacts avec l’Asie… mais en Chine et en Corée, ce qu’on appelle « feuille » est nommé « tissu »… le seul pays d’Asie à avoir utilisé la feuille étant le Japon, on pense que c’est par son intermédiaire que ce jeu est arrivé chez nous…

Alors, en hommage à ce legs important, pour qu’on puisse jouer ensemble, quelques clichés de pierre(s) – d’accord, dans un contexte un peu particulier, que j’affectionne -, de rochers, alors, plutôt. Oui, pas très faciles à manier… à moins que l’on utilise les grains de sable pour jouer… (mais non, on joue avec les mains !)

A Kyoto, dans le jardin du Pavillon d’argent…

A Kyoto, toujours, le jardin sec du temple Ryôan-ji…

Le même jardin…

Pour les feuilles, clichés de papiers washi dans un magasin spécialisé de Kyoto…

Magnifiques à la vue et au toucher (on n’a pas le droit de toucher, normalement)…

Et en couleurs, aussi, c’est possible…

Ou en rouleaux…

Quant aux ciseaux (déjà vu sur ce blog, voir l’article « … Pas d’exception« )…

… alors, une partie ?

(Photos de l’auteur)

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Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).