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« Au loin, les tours du Louvre… »


29 Mar

Un soir, à Paris, donc, vous sortez d’une expo aux arts déco (voir « Typorama »), vous avez un rendez-vous que vous êtres pressée d’honorer, vous marchez d’un pas décidé vers le métro « Palais-Royal » en longeant les bâtiments du Louvre, et vous vous arrêtez au feu rouge pour les piétons qui permet au flot de véhicules (beaucoup de scooters) de s’engouffrer dans le passage qui débouche, à votre droite, dans la grande cour du Louvre. Et là, vous vous dites : « ça fait longtemps que je ne l’ai pas vue la nuit, la cour, la pyramide, les façades, les lumières qui se reflètent dans les bassins. » Vous vous dites : « Je prends cinq minutes, j’y vais, ce serait dommage, je suis juste à côté. »

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Vous vous dites : « J’ai bien fait. » Puis : « Je vais avancer un peu. »

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Vous repartez, vous vous arrêtez, vous vous retournez, vous marchez d’un pas lent autour des lignes, des lumières, des symétries, au milieu des pierres, de l’eau, dans l’obscurité et le calme, le brouhaha lointain de la circulation et les voix des touristes étrangers et des marchands de tour Eiffel miniatures.

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Vous êtes emportée délicatement par la magie du lieu.

Finalement, vous êtes en retard à votre rendez-vous.

(photos de l’auteur)

Bande-son : Laurent Vouzy, « Le tableau », première chanson de son dernier bel album « Lys and love », médiéval, légendaire et amoureux. (Oui, je sais, c’est pas top branché, Laurent Voulzy. Tant pis. La chanson est réussie et le thème du passage d’un point du temps à un autre -le temps est-il linéaire ?- rarement traité en chansons).

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« Mon air et mes mots subtils disent/que mon coeur en deux mille dix/voudrait tant, je le sens/partir en quatorze cents…

C’est un salon gothique/vaste et mélancolique/où comme une âme en peine/je traîne…
Là-haut parmi les ombres/un tableau très sombre/me retient toujours/comme un amour…
La nuit, souvent, j’emprunte/du temps le labyrinthe/pour m’allonger dans le tableau…

Près d’une épée sortie/vous, dans l’herbe endormie/
Devant un paysage/votre visage/qui la nuit vient vers moi/
Provoquant l’émoi que je chante aujourd’hui/comme un ennui…
Alors le vent se lève/je sens bouger vos lèvres/
Et là-bas/les soldats ne nous voient pas/
Votre pourpoint qui s’ouvre/au loin, les tours du Louvre
Le ciel est tourmenté par vos beautés…

Et mon air et mes mots subtils/disent
Que mon coeur en deux mille dix
voudrait tant, je le sens,
Partir en quatorze cents… »

Neelhe.fr

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