Posts Tagged ‘magasin Madison’

Le festival


27 Fév

Ce n’est pas une pochette, mais un festival de pochettes, que dis-je, un feu d’artifices de pochettes de 33 tours qu’avait concocté Bertrand, le disquaire de « Madison »… Jugez-en plutôt…

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (2)

Approchons-nous…

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (3)

Puis détaillons, « étage par étage »…

En haut, deux « noir et blanc » sobres a priori…

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (28)

« Sonic Youth », le visage pâle d’une jeune femme au regard lointain, et à l’auréole très angélique…

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (4)

Et, à côté, la pochette improbable d’un groupe nommé « Warum Joe »…

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (5)

Je vérifie, quand même… oui, leur nom est bien « Warum Joe », « Pourquoi, Joe » en allemand, et je me demande, perplexe devant la vitrine : est-ce une référence au seul slow allemand connu et ravageur : « Sag warum », chanté il y a longtemps par Camillo Felgen ?… une rapide recherche internet m’apprend que Warum Joe est un groupe de la mouvance électro-punk française du début des années 80 (mais il était encore actif en 2000), très loin des « Und ich frage mich : warum, sag warum » chantés de sa voix de crooner  à la fois caverneuse et langoureuse par Camillo.

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (6)

Et l’album, dont le titre est « Le train sifflera, crois-moi » – et là, je sens que je tiens quelque chose avec mes références dépassées : Richard Anthony, non ? – est une compilation…

La photo de la pochette, même avec les reflets, est belle. Sociale. Politique. Solidaire et un peu triste.

neelhe-tours-bandeson-magasinmadison

Au deuxième étage, deux pochettes couleur, très différentes.

A gauche, un hommage à l’Asie…

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (33)

Bertrand a-t-il cru à la lecture de mon blog et des posts sur le « Japanese trip » que je maîtrisais le japonais, son système à trois alphabets, sans compter le mandarin classique et le coréen ? Non, malheureusement. Si bien que l’histoire en vignettes (essai de manga ?) racontée sur la pochette est restée assez mystérieuse pour moi. Mais j’ai admiré la prouesse que constitue le fait de dénicher une pochette tout en idéogrammes… même si je ne vois vraiment pas quel type de musique est gravée sur le vinyle… j’espère que ce n’est pas de la musique de resto chinois, ou pire, les premiers essais de la femme du numéro un du parti communiste chinois, vous savez, la chanteuse Pen Liyuan, avec ses uniformes kitsch et ses chants patriotiques…

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (16)

A droite de cette pochette asiatique, celle d’un groupe encore inconnu de moi, Chelsea.

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (9)

Là encore, recherche rapide sur internet, et découverte : Chelsea est un groupe de pop-rock français des années 90, il a été créé à Tours dont sont originaires ses quatre membres fondateurs. Il a sorti trois albums, dans la lignée des groupes anglais de la fin des années 80 (Smiths,  Echo and the  Bunnymen…), il a connu plus qu’un succès d’estime, une reconnaissance certaine bien que loin du grand public, et s’est séparé fin des années 90, après avoir assuré des premières parties de groupes prestigieux. Il chantait en anglais et en français. L’album dont la pochette est dans la vitrine est intitulé « Réservé aux clients de l’établissement »… La pochette, justement, revenons-y…

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (10)

Ils ont l’air épanoui, non, les quatre membres (c’est le cas de le dire) de cette belle famille (les jeunes garçons surtout) ?  Très 50’s a priori, cette photo balnéaire avec maillots de bains (et bronzage) d’époque…

Comme est certainement 50’s, ou même avant, la dernière pochette en bas à gauche…

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (13)

« Music, Martinis, Memories »…

neelhe-tours-bande-son-magasinmadison (14)

… par Jackie Gleason… au début, j’ai cru que c’était le nom de la chanteuse, forcément jazzy qui noyait son chagrin dans l’alcool sur la photo. Mais non : Jackie Gleason était un acteur, compositeur, producteur, scénariste et réalisateur américain, mort en 1987. Il s’agit donc sans doute d’une compilation de ses compositions. Belle photo, belle ambiance, on imagine bien le pianiste à l’arrière jouant un air un peu triste, et un trompettiste qui ne figure pas sur le cliché faisant un solo déchirant… et la femme de la photo, le cœur brisé, attendant sans y croire vraiment le retour d’un sous-Humphrey Bogart de bazar, parti avec une autre…

… Tout ça dans une vitrine, tout ça sur des pochettes de disques… Merci, Bertrand, pour ces mini-voyages et ces découvertes…

(Photos de l’auteur)

Arnold et Karen


19 Fév

Vous vous souvenez de l’article « Vinyles », de la pochette kitsch de ce disque de « musique d’ameublement », et de la vitrine du magasin où je l’avais vu, « Madison » ?

Eh bien, il y a du nouveau. Au moment de la parution il y a deux semaines, je suis passée voir le disquaire (je lui avais déjà acheté une brosse pour nettoyer mes vieux disques) et je lui ai dit que j’avais fait un petit post sur son magasin. On a discuté un peu, je suis partie, il a lu le texte, vu les photos, et il m’a écrit un mail (en utilisant le formulaire « Contact », comme quoi tout a son utilité sur ce blog !). Il avait bien aimé le post, et le blog, et proposait de mettre en vitrine une pochette à mon attention, de temps en temps… j’ai trouvé l’idée intéressante et stimulante… je lui ai écrit en réponse… et je suis partie en Normandie pour la semaine… où, comme vous savez, j’ai écrit assez peu, notamment pour des raisons techniques…

Je suis rentrée hier soir sur mes bords de Loire. Cet après-midi, je suis passée devant la vitrine de « Madison », le magasin était fermé (nous sommes lundi). (Encore pardon pour les reflets dans les vitrines, j’ai beau essayer, pas moyen de les éviter.)

neelhe-tours-madison-pochettedisque (5)

Vous voyez le petit papier, collé à côté de la pochette de la deuxième rangée en partant du bas, à gauche ? Moi aussi, j’ai eu envie de m’approcher.

neelhe-tours-madison-pochettedisque (7)

Ca vous rappelle quelque chose ? Oui, dans mon post de la semaine dernière, « Fragments de (gran)ville »

Alors, j’ai mieux regardé la pochette…

neelhe-tours-madison-pochettedisque (6)

« My cat Arnold ». Mon chat Arnold.

neelhe-tours-madison-pochettedisque (2)

Disque de Karen Mantler. 1989.

Le problème qui se pose face à cette pochette est simple : qui est le plus dépressif, Arnold ou Karen ? (parce qu’il est évident que la coupe de cheveux la plus ratée est celle de Karen.)

Arnold, le chat de la venelle de Granville ? Possible, après tout… (bien qu’on imagine le chat de la venelle plus gai, moins posé sur un tabouret, plus aventureux, quoi ! mais les chats sont surprenants et peut-être qu’Arnold cache bien son jeu.)

Et Karen ? Elle fait quoi, à part la tronche sur la pochette de son disque ? Eh bien, Karen, comme me l’a appris une rapide recherche Internet (non, je ne la connaissais pas avant) est née en 1966, c’est la fille de Carla Bley (une des figures du free jazz, pianiste, organiste, compositrice) et Michael Mantler (compositeur et trompettiste), et elle est elle-même une musicienne de jazz, joueuse d’harmonica, chanteuse et compositrice (ouf. Quelle famille.)

Quoi d’autre ? Il existe des photos d’elle sur lesquelles elle sourit presque.

neelhe-karenmantler

Elle fait des concerts (normal pour une musicienne).

neelhe-karenmantler (2)

J’ai cherché à écouter… et j’ai découvert un personnage très sympathique, une belle voix, un tempérament… comme le montre cette vidéo où elle chante (très bien) et donne la réplique à une bande de musiciens, et joue (affreusement, mais c’est fait exprès) de l’harmonica, avec un beau sens de l’autodérision…

Image de prévisualisation YouTube

Et les aventures de Karen et Arnold ont eu une suite, puisque :

neelhe-karenmatler

Comme on le voit sur la pochette du disque suivant, « Karen Mantler et son chat Arnold ont la grippe » !

Nouvel extrait, de la chanson-titre (à un moment, je crois qu’on entend un miaulement d’Arnold) :

Image de prévisualisation YouTube

En fait, il semble que ni Karen, ni Arnold ne soient dépressifs. Ils font de la bonne musique, tous les deux (sauf quand ils ont la grippe). La pochette est drôle et décalée. Et Bertrand le disquaire a réussi son coup ! Bien joué !

Pour fêter ça, je crée une nouvelle rubrique : « Pochettes surprises » !

(Photos 1 à 4 de l’auteur ; 5 ; 6 ; 7 )

Vinyles


06 Fév

Dans la ville où j’habite, il y a un disquaire. Oui, un disquaire. Un commerçant qui s’occupe d’un magasin dans lequel on trouve des disques, dans des bacs adaptés à leur taille, des vinyles, des « vieux disques noirs », des 33 tours surtout, d’époque donc d’occasion mais aussi des rééditions, plus quelques 45 tours ; et s’il vend aussi des CD,  ce n’est pas sa caractéristique. Le magasin est plutôt petit, il s’appelle « Madison », il a une devanture rouge, un peu bordeaux. Pardon pour les reflets dans les vitres, je n’ai pas pu les éviter…

neelhe-tours-magasinvinyles-madison (2)

Et son propriétaire met toujours des trucs incroyables en vitrine, des raretés, des belles pochettes, presque des œuvres d’art parfois… ce jour-là, dimanche dernier, je me suis rapprochée des huit pochettes de 33 tours exposés sur la porte d’entrée…

neelhe-tours-magasinvinyles-madison (3)

Une en particulier a attiré mon regard, deuxième rangée en partant du haut, à gauche…

neelhe-tours-magasinvinyles-madison (4)

Vous vous rendez compte : un disque définissant sa musique comme « d’ameublement » ! Et la photo, cette sous-Angélique (marquise des Anges) en nuisette ou en déshabillé (?), tenant dans ses bras un faux tigre en peluche, le regard langoureux, et même si on le devine mal, le décor derrière, avec le rideau bleu, qu’on imagine en lourd satin…

neelhe-tours-magasinvinyles-madison

Et les titres des morceaux, « Naissance de la passion », « Tango oriental », « Amour interdit », « Merveilleux »… c’était quoi, la bande-son (en avance) de la série « Maison close » ?

Je ne sais pas pour vous, mais moi, ce type de monument de kitsch me ravit. Pas sûre que j’aille l’acheter, la musique d’ameublement (où ont-ils été chercher ça ?), mais elle aura au moins servi à me faire sourire un bon moment… Et merci au propriétaire de continuer à être un vrai disquaire et à régaler les passants de ces pochettes magiques et décalées.

(Pour un article sur le magasin et son propriétaire, c’est ici ; photos de l’auteur)

Une intuition n’arrivant jamais seule, j’ai lu après la publication de ce post un article sur Télérama.fr sur « Le retour du vinyle » : je l’ajoute, c’est ici.

Ps. Vous savez quoi ? Passer d’un post par jour, donc sept posts par semaine, à deux par semaine, c’est-à-dire diminuer ma production de plus de 70 %, ce n’est pas si facile…  Je vais continuer à poster un peu entre les « officiels » des mardis et vendredis. Sinon, je vais être en manque. Et obligée d’écouter de la musique d’ameublement !

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).