Posts Tagged ‘montagne’

Aube


13 Août

C’est un miracle quotidien… et à la montagne, comme l’horizon est haut, on n’a pas besoin de se lever trop tôt pour le voir… les premières lueurs, les débuts de l’aube, le silence qui laisse place petit à petit aux premiers chants d’oiseaux, la lumière rasante qui met en relief les forêts de sapins vers l’est…

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… la progression de la lumière, qui devient plus franche, plus éblouissante…

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Et d’un coup, au-dessus des arbres et au-dessus de la ligne de crête…

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Oui, un miracle quotidien. Le miracle fondamental, sans doute.

Bande-son : « Sunday morning » du Velvet Underground, un poil nostalgique, mais si beau. Image de prévisualisation YouTube

A relire : Rimbaud, « Aube » dans les Illuminations  (« J’ai embrassé l’aube d’été/Rien ne bougeait encore au front des palais… »).

(photos de l’auteur)

 

Tempéraments


06 Août

Sur mes bords de Loire, doux et langoureux, les aigrettes de pissenlit ressemblent à ça…

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Tout classiques, en fait…

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… et duveteux…

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En montagne,  ce que je pense être des aigrettes de pissenlit  – et si ça n’en est pas , la nature étant parfois contrariante, vous serez indulgents, la démonstration restera valable –  ressemblent plutôt à ça…

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… plus pointues, ébouriffées, épineuses presque, enroulées sur elles-mêmes, et pas moins belles…

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Différences de sol. Différences d’air. Différences de tempérament…

(photos de l’auteur)

Love story


02 Août

– Ecoute, ma chérie, c’est bien joli, ton blog, mais tu ne vas pas aller loin avec tes histoires de villages de montagne déserts, tes métaphores sur l’espace-temps en contemplation devant une plage de Normandie, et ta bande-son qui ne concerne que douze personnes sur la planète !

– Mmmm…

– Il faut que tu te branches sur ce qui intéresse les gens !

– Mmmm… et qui est ?

– Voyons, réfléchis ! Qu’est-ce qui fait courir le monde ?

– Le football ?

– Tu vois le mal partout. Non, je te parle des vraies motivations.

– Mmmm…

– Tu ne fais aucun effort. Enfin, c’est pourtant simple, et basique : L’argent et le sexe !

– Mmmm…

– Bon, pour l’argent, je sais que tu ne sauras pas quoi dire. Mais pour le sexe, fais un effort. Tu peux déguiser ça en histoire sentimentale, tu détailles le lieu… Le mieux, c’est un milieu très urbain, un peu parisien, pourquoi pas un truc un peu Rive gauche, tu vois…

– Mmmm…

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– Ensuite, tu présentes les personnages principaux, un groupe d’amis, par exemple dans un bar lounge…

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… puis l’escapade des deux héros, tous seuls, loin du groupe, ils se retrouvent dans un lieu romantique, face à la Seine, qu’ils contemplent rêveusement…

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… ensuite, ce n’est pas compliqué : le premier baiser…

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… la première étreinte, le désir qui monte, je ne vais pas te faire un dessin…

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… le plaisir…

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… et puis l’après, le repos à deux…

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Et l’histoire est lancée… Je suis sûre que tu peux broder sur plusieurs pages, et déboucher sur un truc existentiel voire spirituel, le sens de la vie,  la vraie rencontre, l’abolition des limites…

– Mmmm…

(photos de l’auteur)

Le Migou


19 Juil

Je l’ai déjà mentionné dans « La Belgitude », j’aime Hergé, et j’aime Tintin. Et des 22 albums (ou 24, selon que l’on inclut le tout premier « Tintin au pays des Soviets » et le dernier, l’inachevé « Tintin et l’Alph-Art »), j’ai mon chouchou, mon préféré, celui que je chéris et qui me transporte à chaque lecture, qui m’émeut et me fait rire, et qui est aussi peut-être un de mes premiers contacts fictionnels avec l’Asie : « Tintin au Tibet ». La trame en est simple : Tintin, en vacances dans les Alpes, fait un rêve très marquant dans lequel il voit son ami chinois Tchang qui  l’appelle à l’aide au milieu de la neige; puis il apprend le lendemain que Tchang a été une des victimes d’une catastrophe aérienne dans l’Himalaya. Persuadé, contre toute évidence, qu’il a survécu au crash, qu’il est toujours vivant, et qu’il a besoin d’aide, il part à sa recherche, accompagné d’Haddock et de Milou bien sûr.

Cet album paru en janvier 1960 est, nous dit notre ami Wikipédia, « sans aucun doute l’album le plus personnel d’Hergé et aussi celui où Tintin est le plus humain. Il faut dire qu’à l’époque, Hergé venait de se séparer de son épouse et traversait une profonde crise de conscience. En particulier, tous les rêves qu’il faisait étaient en blanc. Cette période de questionnement a donc profondément marqué l’album…Par ailleurs, le travail de recherches documentaires pour cet album est encore plus marqué que d’habitude, donnant un aspect totalement réaliste à l’aventure qui apparaît comme filmée en décors naturels ».

Vous vous demandez pourquoi je vous parle de « Tintin au Tibet » ? A cause de cette photo, prise il y a un moment dans les rues d’Auch.

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C’est une librairie de BD, qui s’appelle « Le Migou », le nom tibétain du yéti (que l’on voit détaler sur l’enseigne), dont il est beaucoup question dans « Tintin au Tibet »…

Et alors ? Ben, j’essaie de vous faire passer un message… non, je ne pars pas pour le Tibet. Mais oui, je pars pour la montagne, plutôt du genre de celle du début de l’histoire, quand Tintin s’endort et rêve de son ami Tchang… je ne croiserai sans doute pas le migou, ni même Foudre bénie, le moine volant qui a des visions (un copain de celui qui tape sur le gong -« dong »- sur l’autre enseigne)… mais peut-être une marmotte dodue ou même plusieurs (j’adore les marmottes), et des marcheurs heureux, comme Tintin dans les premières planches (alors que Milou, lui, ne fait que râler – il me rappelle quelqu’un)…

La montagne, même sans migou (qui sait ?), ça devrait être beau… (et ça ne m’empêchera pas d’anticiper les posts de la semaine prochaine) et, conseil d’amie, pendant vos vacances, si vous ne l’avez pas fait récemment, relisez « Tintin au Tibet », c’est une merveille…

(photo de l’auteur)

Le facteur chance


29 Mar

Être là, au bon moment, au bon endroit. Voir le poudroiement des nuages bas sur les cimes, la fin du jour, puis soudain, l’incendie de la lumière, très haut sur la montagne, qui gagne, au moment de disparaître, dans un ultime flamboiement. Et impose délicatement le silence du ravissement contemplatif.

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Et avoir en tête, sans raison apparente, cette expression charmante qui juxtapose deux éléments fondamentaux pour en créer un troisième, plus aventureux, plus hasardeux :  au petit bonheur la chance.

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Au petit bonheur la chance, oui, parfois.

Bande-son : Maissiat, « Tropiques » (« Des jours meilleurs/des jours d’hiver/Comme une ode à la nuit/Comme une audace, une délivrance/une folie ordinaire/un facteur chance… »)

(photos de l’auteur : massif face au village de Hauteluce (qui porte bien son nom, donc), Beaufortain, Savoie)

Neelhe.fr

Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).