Posts Tagged ‘musée de la poste’

Raté


07 Sep

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« Le temps s’en va, le temps s’en va, Madame ; Las ! Le temps, non, mais nous nous en allons. »

(Ronsard, « Continuation des amours »)

N’empêche : j ‘ai raté mon post d’hier vendredi. Godverdomme ! comme disent nos amis flamands.

(photo de l’auteur, cadran solaire au musée de la Poste de Paris)

 

Bulletin météo


17 Juil

Petit clin d’œil météorologique ou -giste, pourquoi pas… après un printemps pourri et un début d’été calamiteux, voici qu’il fait beau… mais trop chaud, se plaignent certains (qui ne sont jamais contents, mais peut-on leur en vouloir ? n’est-ce pas le propre de l’être humain que l’insatisfaction perpétuelle ? – question qui dépasse le cadre assez étroit de ce post, mais faut bien élargir le débat).

Quand je suis allée au musée de la Poste en mai dernier, j’ai à nouveau souri aux interventions de mes amis Plonk et Replonk (voir « Réserve ») disséminées parmi les collections permanentes…

… notamment celle-ci, cette casquette de facteur un peu spéciale :

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Vous vous demandez ce que c’est ?

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Voilà une invention fort utile, qu’on a eu tort d’abandonner trop vite. Le progrès fait parfois des impasses qui nous laissent vaguement tristounets, quand on en prend connaissance… Heureusement, l’être humain est plein de ressources et est quand même capable de disserter sur un sujet aussi vaste que la pression atmosphérique (et ses conséquences) sans données scientifiques précises ni actualisées de manière régulière.

Ceci dit, et c’est pas pour me plaindre, mais vous ne trouvez pas qu’il fait un peu chaud ?

(Photos de l’auteur)

 

La liberté de l’escargot


11 Juin

Lors de mon dernier séjour à Paris début mai (période tendinite !), j’avais fait un saut (en boitillant) au musée de la Poste, pour voir une expo qui s’est révélée être beaucoup plus petite que ce à quoi je m’attendais, elle était installée dans la dernière salle des collections permanentes. Son nom ?

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« La logique de l’escargot »… je vous donne l’idée : l’artiste a écrit des lettres (et surtout en a reçues), pris des photos, enregistré des sons, dans chacun des 20 arrondissements de Paris  – qui est la ville où elle vit, puis elle a agrandi le cercle et a continué cette correspondance dans 20 villes européennes dans lesquelles elle est du coup passée…

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… en suivant cette stratégie de spirale…

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Une vitrine par arrondissement (ou presque) et une vitrine par ville traversée, présentant les lettres reçues et de certains objets trouvés sur place, caractéristiques de la ville en question… belle réalisation, dont on trouve une explication plus complète sur le site de l’artiste Anne Calas. Mais j’en reste à l’escargot et à sa stratégie…

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… développée par les correspondants de l’artiste…

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… de manière souvent pertinente…

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Oui, comment sortir de la logique de l’escargot ?

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Peut-être en ne cherchant pas à la comprendre, justement, et en la retrouvant partout, comme ici, dans le Somerset, plus précisément à Glastonbury (voir « Avalon »), dans le jardin du Chalice Well (du puits du calice… on est bien à l’endroit où certains situent l’emplacement où est caché le saint Graal)…

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… ou en prêtant attention, quand on le croise  dans un jardin, sur la marche d’une terrasse, comme dimanche près de Tours (la photo est assez ratée, mais je ne vais pas vous coller la photo d’un escargot quelconque, on parle bien de celui-là), à ce petit gastéropode, dont j’aime de plus en plus la lenteur, les antennes, la coquille, tous ces symboles d’un voyageur qui n’a besoin de rien d’autre que de lui-même finalement… et donc, sa logique…

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… en spirale – (mais l’escargot, contrairement au dessin de sa coquille, va droit devant lui, non ? )

(photos de l’auteur)

Nils-Udo


22 Mar

J’ai découvert le travail de Nils-Udo lors de l’exposition organisée en 2011 au musée de la Poste à Paris (qui est un musée que j’affectionne, parce qu’il est tout près de Montparnasse, mais surtout parce qu’il donne à voir des expositions bien faites, originales et pas -encore- trop encombrées).

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J’ai surtout aimé ses photographies, et parmi elles, pas les plus connues (la série des nids). J’ai emprunté plus tard un livre de ses œuvres dans une bibliothèque, et j’ai photographié ses photographies. Je vous en livre quelques-unes.

Nils-Udo est un plasticien allemand, qui a aujourd’hui dans les 70 ans. Il a fait partie du mouvement Land Art, mais « s’en démarque en alléguant sa volonté de faire ressortir la vivacité de la nature, et non de l’utiliser » (1).

Et de fait, parmi les photographies de lui qui m’ont le plus touchée, celles qui mettent en lien deux éléments de la nature, l’un fort, l’autre qui semble plus fragile, pour rendre compte de cette union de manière délicate, et harmonieuse.

Ici, la terre, le vent,  la finesse des roseaux, et la figure dynamique du triangle.

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Ici, une construction plus complexe, mais aussi gracile, sur fond de forêt.

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Ici, un très beau travail (il y a en fait une série de photos) sur la force des marées, avec cette construction qui ressemble presque à un autel.

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Ou bien, cette arrivée du soleil dans l’axe d’une sorte de totem, lui-même dans la courbure d’une colline.

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Je trouve ces photos en noir et blanc magnifiques, dans leur conception, leur rendu et leur message, que chacun peut interpréter et comprendre à sa guise. Mais il fait aussi un très beau travail sur les couleurs.

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Délicatesse, graphisme presque, douceur. Et la nature, magnifiée dans ce qu’elle a de plus fragile, de plus éphémère, de plus léger.

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Et pour finir, cette série que j’ai trouvée très belle – même si l’idée n’est pas neuve – dont voici deux exemples.

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Le cycle de la vie, de la jeunesse à la maturité puis la mort, dans sa simplicité. Et son évidence.

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Ce sont des exemples assez succincts et qui ne rendent pas forcément compte de la richesse et de l’harmonie de ces œuvres, assez bouleversantes. Si une expo, ou un livre de Nils-Udo croise votre chemin, arrêtez-vous, regardez ; et vous verrez une forme de beauté à laquelle personne, je pense, ne peut rester insensible.

(1) phrase tirée de l’article de Wikipédia consacré à l’artiste.

(affiche de l’exposition ; photos de Nils-Udo tirée du livre « Nils-Udo, de l’art avec la nature » de Wolfgang Becker, éditions Wienand, 1999)

Bande-son : Jean-Louis Murat, « L’éphémère » , 1991 : « Tout est éphémère/la vie, la terre/les choses vues qui nous ont plu/les papillons, l’hiver/les loups, les cerfs/je ne sais plus…/je parcours les rues du monde disparu/où j’étais volontaire/naguère/non, je ne me souviens plus/de tout ce temps perdu/je me sens éphémère… »

PS. Après Neil Young (sur la chanson « Powderfinger »), Nils-Udo est la deuxième personne dont je parle ici et dont le nom est en résonance avec le mien…

Réserve


16 Jan

J’ai croisé au musée de la Poste, où certaines de leurs œuvres sont disséminées parmi les collections permanentes, mes amis suisses de Plonk et Replonk, leur humour délicieux, leurs cartes postales absurdes et leurs stickers indispensables.

Je suis d’accord avec la plupart de leurs mises en garde, qui me semblent tout à fait justes, par exemple :

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Et je ne trouve pas inutile, dans certains cas, d’envisager l’achat d’un cric à débats :

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Et je suis plutôt contente de savoir qu’il existe des maisons dans lesquelles Mickey Mouse a dormi le 8 juin 1944 :

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J’ai quand même un doute sur une assertion assénée avec force :

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Je suis d’accord (évidemment !) pour le « Portugal, USA, pittoresque et beautiful », et pour le « Temps changeant par nébulosité variable ». Mais pour le « Pire que tout, c’est mieux que rien », je suis vraiment réservée, en ce début d’année pas drôle pour certaines personnes que j’aime. Mieux que rien, parfois c’est mieux que pire que tout. Et peut-être même souvent. Et peut-être même tout le temps. Non ?

(Photo de l’auteur)

Art des rues


13 Jan

Musée de la Poste, expo sur le street art. Plusieurs artistes que je ne connaissais pas (en fait, j’en connais peu, en dehors Bansky ou Miss.Tic…).

L’Atlas, au graphisme géométrique, noir et blanc (j’avais d’abord écrit noir et vlan, et il y a de ça), et dense… Je crois qu’il appelle ces œuvres des cryptogrammes (on peut voir son travail ici).

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… Et ses labyrinthes (celui-ci assez semblable à celui qui figure dans la nef de la cathédrale de Chartres), qui renvoient à nos propres complications.Et au chemin parfois tortueux, parfois simple, que nous avons à faire pour en sortir (ou pour arriver au cœur du problème et nous apercevoir qu’il n’y en a pas, de problème).

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Et Rero, dont j’ai aimé les messages barrés,  ces phrases qui apparaissent sur nos écrans numériques sans qu’on en comprenne le sens ou qu’on le cherche, ces messages barrés qui permettent de prendre cette petite distance elle-même génératrice de respiration et d’interrogation…

Page non trouvée…

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Image non disponible…

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Et ce petit détournement du copyright, fort à propos au moment où des gens bien-pensants défilent dans les rues de Paris pour dire qu’ils ne sont pas d’accord pour que tout le monde ait les mêmes droits qu’eux…

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On peut voir les autres travauxde Rero  ici.

Aussi, mais il est plus connu : Shepard Fairey, alias Obey. Inutile de revenir sur la pertinence du message de George Orwell, en ces temps de surveillance numérique constante (à ce propos, j’ai vu l’excellente conférence d’Eben Moglen à Re:publica intitulée « Pourquoi la liberté de penser exige des médias libres ».  Il y énonce notamment ce parallèle, particulièrement parlant pour nous, la dernière génération à avoir grandi sans le Net : « Auparavant, nous consommions les médias ; maintenant, ce sont les médias qui nous consomment »… pour explications et développements, voir l’intégralité de la conférence, qui se trouve facilement… sur le Net ! par exemple ici).

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Et un dessin, que je trouve émouvant par sa fragilité, de Gérard Zlotykamien, un des pères de l' »art urbain » en France…

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Ces artistes sont des vigies qui veillent sur la ville (et quand je dis « la ville », ce n’est pas Paris, c’est la ville en général !). Ils nous permettent de la voir autrement ; leur travail nettoie notre regard, et l’ouvre à l’inhabituel, et au nouveau, à l’intérieur même du quotidien le plus banal. « Bien vu ».

(Photos de l’auteur)

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Exercices d'attention. Deux posts par semaine (si les dieux sont favorables).