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Le nouveau western


10 Juil

Exposition « Indiens des plaines » au musée du quai Branly, à Paris (sans mon appareil-photo, d’où la qualité  médiocre des clichés pris avec mon phone soi-disant smart).

Vous vous souvenez de mon post « Sunset vallée » et de la chanson de Neil Young, « Pocahontas » ?

Tout un imaginaire. Sioux, Cheyennes, Comanches, Pawnees, Cree, Blackfoot…

Parure de plumes vue de face…

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… vue de l’arrière…

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Sculptures, instruments de guerre comme ce bouclier…

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… Dessins magnifiques exécutés sur des capes d’apparat ou des robes en peaux de bisons, motifs géométriques…

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… ou figuratifs…

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… ou mêlant les deux…

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… Vêtements richement décorés…

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… Objets de cérémonie comme ce tambourin (on dirait bien des hirondelles ou des martinets – voir « Collection d’oiseaux printemps-été » -, non ?)…

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… Et œuvres plus récentes d’artistes amérindiens…

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Rappel de la quasi extermination rapide de ces cultures qui étaient liées de manière indissociable à la nature dont elles respectaient chaque manifestation et à l’animal dont elles tiraient tout, objets de la vie quotidienne, nourriture, chauffage, le bison. Le bison dont la population était estimée à  40 000 000 en 1800 (oui, vous avez bien lu, 40 millions) et dont il restait moins de 1000 représentants en 1895 (oui, vous avez bien lu, moins de mille). On imagine avec peine le massacre, en moins d’un siècle.

Et découverte de l’effort des survivants pour faire revivre cette culture à travers, notamment, la création d’oeuvres d’art contemporain reprenant les motifs ancestraux.  Et de celui des Américains pour rendre compte d’une histoire moins héroïque et plus juste de la conquête de l’Ouest. Des extraits de westerns cités et diffusés dans l’exposition permettent de mesurer le chemin parcouru.

Nous avons tous joué aux cow boys et aux Indiens (moi, beaucoup).

Et MC Solaar, dans cette chanson de 1995, dont la musique est basé sur un sample de « Bonnie and Clyde » de Gainsbourg, a réactualisé de manière magistrale les enjeux de cette conquête de l’Ouest. Très bien écrit, rapide, truffé d’allusions à des westerns mythiques. En prime, le clip est réussi.

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« Le vent souffle en Arizona/Un Etat d´Amérique dans lequel Harry zona/
Cow-boy dingue du bang bang du flingue/De l’arme, du cheval et de quoi faire la bringue/
Poursuivi par Smith & Wesson,/Colt, Derringer, Winchester & Remington/
Il erre dans les plaines, fier, solitaire/Son cheval est son partenaire/
Parfois, il rencontre des indiens/Mais la ruée vers l´or est son seul dessein/
Sa vie suit un cours que l´on connaît par coeur/La rivière sans retour d´Otto Preminger/
Tandis que John Wayne est looké à la Lucky Luke/Propre comme un archiduc/
Oncle Sam me dupe/Hollywood nous berne. Hollywood berne !
Dans la vie de tous les jours comme dans
Les nouveaux westerns.

On dit gare au gorille, mais gare à Gary Cooper/Le western moderne est installé dans le secteur/
Quand la ville dort, les trains ne sifflent pas/Les sept Mercenaires n´ont pas l´once d´un combat/
Harry désormais est proche de gare de l´Est/Il saute les époques et les lieux pour un nouveau Far-West/
Les saloons sont des bistrots, on y vent des clopes/Pas de la chique, du top ! Du CinémaScope/
Il entre dans le bar, commande un indien/Scalpe la mousse, boit, repose le verre sur le zinc/
Une 2 chevaux se parque, saouls, des types se beignent/Pour des motifs futiles comme dans
Les nouveaux westerns.

Les States sont comme une sorte de multinationale/Elle exporte le western et son modèle féodal/
Dicte le bien, le mal, Lucky Luke et les Dalton/Sont camouflés en Paul Smith et Weston/
On dit que ce qui compte c´est le décor/L´habit ne fait pas le moine dans la ruée vers l´or/
Dès lors les techniques se perfectionnent/La carte à puce remplace le Remington/
Mais Harry à Paris n´a pas eu de chance/On le stoppe sur le périph´ avec sa diligence/
Puis on le place à Fresnes pour que Fresnes le freine/Victime des directives de ce que l´on appelle
Le nouveau western…

Parfois la vie ressemble à une balle perdue/Dans le système moderne se noie l´individu/
Pour rester lucide il s´abreuvait de Brandy/Désormais on brandit, télé, shit et baby/
Blanche est la Chevauchée Fantastique/Toujours à contre-jour, c´est bien moins héroïque/
Dans le monde du rêve on termine par un happy end/
Est-ce aussi le cas dans ce que l´on nomme
Le nouveau western… »

Et il termine en récitant quelques noms mythiques: « Sitting Bull, Cochise, Calamity Jane, James West… Les squaws, les scalps, tomahawks »

Et le meilleur pour la fin, que les fans des « Mystères de l’Ouest » reconnaîtront : « Miguelito Loveless… »

Il me semble que nous sommes tous, plus ou moins, des Indiens des plaines.

(photos de l’auteur à l’exposition « Indiens des plaines » au musée du quai Branly)

 

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