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L’instant pur


23 Jan

J’ai visité l’exposition d’Alix Cléo Roubaud à la BNF de Paris le 2 janvier dernier. J’en suis sortie assez peu séduite par son travail, que j’ai trouvé sur le moment triste et narcissique (comme si je n’aimais pas le travail de Sophie Calle, celui d’Hervé Guibert (voir « Hervé ») ou celui de Marguerite Duras (voir « Marguerites »)…).

Puis le début d’année a déroulé ses événements tragiques.

Puis le froid s’est installé.

Puis le temps a fait son œuvre.

Et en regardant les photos que j’ai prises de l’expo (j’aime prendre des photos de photos, le choix se fait sans réfléchir, il est éclairant a posteriori), je me suis rendue compte que j’en aime certaines.

Je vous en offre deux, comme des échappées vers l’été, la lumière et le soleil.

Une robe claire au tissu léger, en transparence, posée sur un cintre accroché à la poignée d’une fenêtre.

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Une autre fenêtre aux vitres sales, entrouverte sur un paysage d’arbres, un livre, une cuillère et dans le miroir, le reflet d’une nuque, d’une oreille et d’une chevelure relevée en chignon.

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J’aime imaginer que ces photos ont été prises dans le calme d’un été campagnard, quelque part dans le Sud de la France (ce n’est peut-être pas du tout le cas), et cette pensée suffit à me procurer un sentiment d’échappée belle.

Connaissant mon amour de la calligraphie et de la photographie, vous ne serez pas surpris de m’entendre dire que cette citation, reproduite parmi beaucoup d’autres sur les murs de l’exposition, exprime ce que je ressens, parfois – et ce que j’aimerais ressentir plus souvent.

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Ne serait-ce que pour cette quête de « l’instant pur » dont l’exposition rend compte, je révise mon jugement trop abrupt sur Alix.

(photographies d’Alix Clé Roubaud ; page de la BNF consacrée à l’exposition)

La belle équipe


10 Oct

Même en mon absence, j’ai des yeux à Paris. Des présences mystérieuses qui, parce qu’elle ont découvert sur ce blog que j’aimais son travail, photographient sur leurs téléphones portables les œuvres de Fred le Chevalier (voir « Le chevalier » et « Le chevalier/2 ») lorsqu’elles en croisent, collées sur les murs, les volets, les encoignures de portes cochères, et qu’elles m’envoient, comme un signe, de loin (je reçois aussi des photos de cockers roux, mais c’est une autre histoire…).

Ainsi ce personnage masqué au regard néanmoins perçant muni d’une épée, nous faisant clairement signe de ne pas avancer, dont j’ignore tout de la localisation (je ne sais donc pas vers quoi je ne dois pas avancer)…

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Ou ce mage à la cape déchirée, au visage griffonné, qui semble procéder à des manipulations peu orthodoxes avec des aiguilles sur la poupée qu’il tient (on se croirait à la fin du « Temple du soleil »… sans les Incas, ni Tintin, voir « Pause » et « Le Migou ») – quand je pense que j’ai rendez-vous dans pas longtemps chez un acupuncteur…

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… et puis, rue des Francs-Bourgeois (je le sais parce que j’y suis retournée après avoir reçu la photo d’origine), ce personnage féminin, le plus grand de Fred le Chevalier que j’ai vu dans un espace public, élégant, un peu triste, mais intact, sans tag, ni déchirure…

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… contrairement à ce petit collage double, non loin, déjà attaqué et cerné… Mais la rue vit, et ses murs aussi, c’est le jeu…

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J’aime la complicité secrète de mon équipe d’espion(ne)s autour de ces rencontres de hasard. Grâce soit rendue à ses membres, autoproclamés, observateurs et malicieux, comme Fred le Chevalier.

(photos 1 et 2 : F. P.-G. et N. L. Photos 3 et 4 de l’auteur)

Troisième étage


22 Août

Immeuble parisien, palier du troisième étage, sans ascenseur. Vous venez d’arriver devant la porte de l’appartement dans lequel vous avez rendez-vous. Un petit mot près de la sonnette signale, en italien (« Il campanello non funziona ») que justement, elle ne fonctionne pas. Vous vous apprêtez donc à frapper, mais ce n’est pas pratique avec les sacs que vous portez. Vous les posez donc au sol. Et dans la seconde où vos yeux ont quitté leur cible (la porte) et votre cerveau son objectif découpé en tâches futures à accomplir (frapper, attendre qu’on ouvre, reprendre les sacs, entrer), ils (vos yeux, votre cerveau) ont enregistré quelque chose de brillant légèrement derrière vous, à droite. Vous vous retournez.

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Ce n’est rien. Une tâche de lumière sur le mur de la cage d’escalier. Quand même. Cette vision, formes incurvées, à-plats de couleurs (blanc et bleu des murs et marron du bois de l’escalier), et ce triangle  lumineux couché, strié, posé pile à l’angle du mur, vous arrêtent dans l’enchaînement mécanique des gestes et des pensées.

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Vous inhalez doucement la bouffée d’air dont vous ignoriez manquer, et expirez avec lenteur, silencieusement, comme pour ne pas déranger la lumière  posée comme un papillon sur le mur. La rumeur de l’immeuble dont vous n’aviez pas conscience jusque-là (une discussion sonore dans la cour, le bruit atténué de la télévision ou de la radio plus bas, quelqu’un qui passe l’aspirateur quelque part) et celle de la ville au-delà (la circulation, l’agitation) vous font prendre conscience du calme dans lequel vous baignez sur ce palier du troisième étage, escalier C. Vous restez quelques instants à contempler. Tout est suspendu.

(Photos de l’auteur)

A Paris la plage


21 Août

Ce qui est bien avec…

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… quand le ciel est grisounet, le vent frisquet et donc la fréquentation supportable…

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… c’est qu’on peut prendre son temps, contempler depuis les quais de la Seine d’ordinaire livré au seul trafic automobile rageur…

… les façades de l’île Saint-Louis…

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… celles de l’île de la Cité, derrière lesquelles pointent les tours et la flèche de Notre-Dame…

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… et l’enfilade des ponts, le long de la rive droite…

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Oui, je sais, les vues sont classiques. Mais l’harmonie est toujours surprenante…

On peut aussi s’arrêter à des détails qu’on ne verrait pas d’ordinaire.

Au pied du Pont-Neuf, le plus ancien pont de Paris comme son nom ne l’indique pas, une « échelle d’inondations » indiquant les crues les plus importantes…

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… une seule date est indiquée.

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… 1910, la grande crue, dite centennale, de la Seine. Peu meurtrière, mais très marquante, notamment du point de vue économique.

Évidemment, nous, à Tours-sur-Loire, ça nous fait sourire. On vit plus dangereusement. Les crues, on les a longtemps collectionnées, comme le montre « l’échelle » au pied du « pont de pierre » à Tours…

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(photos de l’auteur).

Bande son : Émilie Simon, « Paris j’ai pris perpète ».

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« Paris, quelle comédienne/ Paris quelle mise en scène de choix/… Paris, tu prends tes airs de diva avec moi/et moi je ne respire que toi.. »

Le nouveau western


10 Juil

Exposition « Indiens des plaines » au musée du quai Branly, à Paris (sans mon appareil-photo, d’où la qualité  médiocre des clichés pris avec mon phone soi-disant smart).

Vous vous souvenez de mon post « Sunset vallée » et de la chanson de Neil Young, « Pocahontas » ?

Tout un imaginaire. Sioux, Cheyennes, Comanches, Pawnees, Cree, Blackfoot…

Parure de plumes vue de face…

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… vue de l’arrière…

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Sculptures, instruments de guerre comme ce bouclier…

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… Dessins magnifiques exécutés sur des capes d’apparat ou des robes en peaux de bisons, motifs géométriques…

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… ou figuratifs…

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… ou mêlant les deux…

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… Vêtements richement décorés…

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… Objets de cérémonie comme ce tambourin (on dirait bien des hirondelles ou des martinets – voir « Collection d’oiseaux printemps-été » -, non ?)…

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… Et œuvres plus récentes d’artistes amérindiens…

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Rappel de la quasi extermination rapide de ces cultures qui étaient liées de manière indissociable à la nature dont elles respectaient chaque manifestation et à l’animal dont elles tiraient tout, objets de la vie quotidienne, nourriture, chauffage, le bison. Le bison dont la population était estimée à  40 000 000 en 1800 (oui, vous avez bien lu, 40 millions) et dont il restait moins de 1000 représentants en 1895 (oui, vous avez bien lu, moins de mille). On imagine avec peine le massacre, en moins d’un siècle.

Et découverte de l’effort des survivants pour faire revivre cette culture à travers, notamment, la création d’oeuvres d’art contemporain reprenant les motifs ancestraux.  Et de celui des Américains pour rendre compte d’une histoire moins héroïque et plus juste de la conquête de l’Ouest. Des extraits de westerns cités et diffusés dans l’exposition permettent de mesurer le chemin parcouru.

Nous avons tous joué aux cow boys et aux Indiens (moi, beaucoup).

Et MC Solaar, dans cette chanson de 1995, dont la musique est basé sur un sample de « Bonnie and Clyde » de Gainsbourg, a réactualisé de manière magistrale les enjeux de cette conquête de l’Ouest. Très bien écrit, rapide, truffé d’allusions à des westerns mythiques. En prime, le clip est réussi.

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« Le vent souffle en Arizona/Un Etat d´Amérique dans lequel Harry zona/
Cow-boy dingue du bang bang du flingue/De l’arme, du cheval et de quoi faire la bringue/
Poursuivi par Smith & Wesson,/Colt, Derringer, Winchester & Remington/
Il erre dans les plaines, fier, solitaire/Son cheval est son partenaire/
Parfois, il rencontre des indiens/Mais la ruée vers l´or est son seul dessein/
Sa vie suit un cours que l´on connaît par coeur/La rivière sans retour d´Otto Preminger/
Tandis que John Wayne est looké à la Lucky Luke/Propre comme un archiduc/
Oncle Sam me dupe/Hollywood nous berne. Hollywood berne !
Dans la vie de tous les jours comme dans
Les nouveaux westerns.

On dit gare au gorille, mais gare à Gary Cooper/Le western moderne est installé dans le secteur/
Quand la ville dort, les trains ne sifflent pas/Les sept Mercenaires n´ont pas l´once d´un combat/
Harry désormais est proche de gare de l´Est/Il saute les époques et les lieux pour un nouveau Far-West/
Les saloons sont des bistrots, on y vent des clopes/Pas de la chique, du top ! Du CinémaScope/
Il entre dans le bar, commande un indien/Scalpe la mousse, boit, repose le verre sur le zinc/
Une 2 chevaux se parque, saouls, des types se beignent/Pour des motifs futiles comme dans
Les nouveaux westerns.

Les States sont comme une sorte de multinationale/Elle exporte le western et son modèle féodal/
Dicte le bien, le mal, Lucky Luke et les Dalton/Sont camouflés en Paul Smith et Weston/
On dit que ce qui compte c´est le décor/L´habit ne fait pas le moine dans la ruée vers l´or/
Dès lors les techniques se perfectionnent/La carte à puce remplace le Remington/
Mais Harry à Paris n´a pas eu de chance/On le stoppe sur le périph´ avec sa diligence/
Puis on le place à Fresnes pour que Fresnes le freine/Victime des directives de ce que l´on appelle
Le nouveau western…

Parfois la vie ressemble à une balle perdue/Dans le système moderne se noie l´individu/
Pour rester lucide il s´abreuvait de Brandy/Désormais on brandit, télé, shit et baby/
Blanche est la Chevauchée Fantastique/Toujours à contre-jour, c´est bien moins héroïque/
Dans le monde du rêve on termine par un happy end/
Est-ce aussi le cas dans ce que l´on nomme
Le nouveau western… »

Et il termine en récitant quelques noms mythiques: « Sitting Bull, Cochise, Calamity Jane, James West… Les squaws, les scalps, tomahawks »

Et le meilleur pour la fin, que les fans des « Mystères de l’Ouest » reconnaîtront : « Miguelito Loveless… »

Il me semble que nous sommes tous, plus ou moins, des Indiens des plaines.

(photos de l’auteur à l’exposition « Indiens des plaines » au musée du quai Branly)

 

Apeloig noir et blanc


06 Mai

Je sais, je vous ai déjà parlé de l’expo de Philippe Apeloig au musée des arts déco de Paris (voir « Typorama ») en mars dernier. Et en plus, l’expo est close, les œuvres ne sont donc plus visibles. Mais j’ai eu envie de vous faire à nouveau partager quelques-unes de ses créations, en noir et blanc.

Quelques dessins, notamment le chandelier à sept branches (la menorah) issu de la tradition juive…

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… quelques mises en perspective et travaux de la formidable affiche sur l’expo de Chicago au musée d’Orsay…

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… un chat halluciné (mais ne le sont-ils pas tous) en couverture d’un livre de Jarry…
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… une enveloppe comme on aimerait en recevoir dans sa boîte à lettres…

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… une conjonction de coordination…

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… et une lettre qui peut être aspirée ou muette…

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Et enfin, un mot qui exprime tout cela :

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Moi, tant d’harmonie, ça m’apaise.

(photos de l’auteur à l’exposition « Typorama » du musée des arts décoratifs de Paris, oeuvres de Philippe Apeloig : son site ici)

Paris passages


24 Avr

Dimanche dernier, balade à travers les rues du 11e arrondissement de Paris, le nez au vent, la tête en l’air, le regard photographique. Dans cet ancien quartier d’artisans, je repère cours et passages aux noms évocateurs (après le passage du désir de « Début janvier »). Un incendie…

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Une fratrie…

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Malgré l’actualité récente qui a lié cet endroit à un humoriste qu’on ne peut plus considérer comme tel, un beau nom peut-être en rapport avec la dextérité de certains ouvriers (ou une statuette mystérieuse, comme dans un vieil album de Tintin ?)…

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… Un autre endroit, fréquenté par une jeunesse prometteuse (ou dans lequel on trouvait de belles plantes ?)…

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Un saint, d’une extrémité (épineuse) du passage…

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… à une autre (plus « fooormidable »)…

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… ou un second (un saint ne doit donc pas dépasser 3 mètres 10, c’est bon à savoir)…

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… ou un troisième, accolé à un nom plus « civil » et entouré de panneaux très laïcs (un saint peut donc être en sens interdit, je n’ose pas creuser les conséquences de cette idée)…

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… Un animal (un rapport avec Henri IV ?)…

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… de la même couleur qu’une boule…

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… Tout au fond d’une cour, une ouverture vers le mois prochain…

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… et non loin de là, une ouverture vers un autre monde, absurde et drôle (est-ce bien un autre monde ?)…

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Avouez, c’est classe, vivre à Paris 11, « cour des Shadoks »…

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Puisque nous parlons toponymie (toutes proportions gardées), petit clin d’œil à un ouvrage étudiant les noms de lieux autour d’un village de Haute-Maurienne qui m’est cher, Bessans (près du parc de la Vanoise, pour ceux qui veulent situer), écrit par une amoureuse de la région. Très loin de Paris et des Shadoks, donc.

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On trouve une présentation complète sur le site de l’association « Bessans jadis et aujourd’hui » (cliquez ici).

(photos de l’auteur. Dessin des Shadoks. Couverture du livre.)

 

/Inside


05 Avr

… Suite de l’exposition Rero (voir « Outside »).

Pendant, donc, que…

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… me vient une interrogation : suis-je assez…

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… visible (invisible) pour vous permettre de…

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Je note que Rero n’a pas, lui, écrit la phrase au mode interrogatif…. De manière positive, donc, il s’agit de fermer la porte sur le passé et de…

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… laisser les choses venir. (Et d’intégrer – parfois – cette rayure sur les mots, cette sorte de soulignement intégré, qui crée comme une amplification délicate du sens…)

(Photos de l’auteur. Oeuvres de Rero, galerie Backslash, Paris)

« Au loin, les tours du Louvre… »


29 Mar

Un soir, à Paris, donc, vous sortez d’une expo aux arts déco (voir « Typorama »), vous avez un rendez-vous que vous êtres pressée d’honorer, vous marchez d’un pas décidé vers le métro « Palais-Royal » en longeant les bâtiments du Louvre, et vous vous arrêtez au feu rouge pour les piétons qui permet au flot de véhicules (beaucoup de scooters) de s’engouffrer dans le passage qui débouche, à votre droite, dans la grande cour du Louvre. Et là, vous vous dites : « ça fait longtemps que je ne l’ai pas vue la nuit, la cour, la pyramide, les façades, les lumières qui se reflètent dans les bassins. » Vous vous dites : « Je prends cinq minutes, j’y vais, ce serait dommage, je suis juste à côté. »

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Vous vous dites : « J’ai bien fait. » Puis : « Je vais avancer un peu. »

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Vous repartez, vous vous arrêtez, vous vous retournez, vous marchez d’un pas lent autour des lignes, des lumières, des symétries, au milieu des pierres, de l’eau, dans l’obscurité et le calme, le brouhaha lointain de la circulation et les voix des touristes étrangers et des marchands de tour Eiffel miniatures.

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Vous êtes emportée délicatement par la magie du lieu.

Finalement, vous êtes en retard à votre rendez-vous.

(photos de l’auteur)

Bande-son : Laurent Vouzy, « Le tableau », première chanson de son dernier bel album « Lys and love », médiéval, légendaire et amoureux. (Oui, je sais, c’est pas top branché, Laurent Voulzy. Tant pis. La chanson est réussie et le thème du passage d’un point du temps à un autre -le temps est-il linéaire ?- rarement traité en chansons).

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« Mon air et mes mots subtils disent/que mon coeur en deux mille dix/voudrait tant, je le sens/partir en quatorze cents…

C’est un salon gothique/vaste et mélancolique/où comme une âme en peine/je traîne…
Là-haut parmi les ombres/un tableau très sombre/me retient toujours/comme un amour…
La nuit, souvent, j’emprunte/du temps le labyrinthe/pour m’allonger dans le tableau…

Près d’une épée sortie/vous, dans l’herbe endormie/
Devant un paysage/votre visage/qui la nuit vient vers moi/
Provoquant l’émoi que je chante aujourd’hui/comme un ennui…
Alors le vent se lève/je sens bouger vos lèvres/
Et là-bas/les soldats ne nous voient pas/
Votre pourpoint qui s’ouvre/au loin, les tours du Louvre
Le ciel est tourmenté par vos beautés…

Et mon air et mes mots subtils/disent
Que mon coeur en deux mille dix
voudrait tant, je le sens,
Partir en quatorze cents… »

Typorama


25 Mar

Si vous aimez les graphisme et la typo(-graphie), ne manquez pas l’expo sur le travail de Philippe Apeloig au musée des arts décoratifs, à Paris. Elle s’intitule « Typorama » (titre bien trouvé)… Philippe Apeloig travaille depuis trente ans au graphisme de nombreuses affiches ou logos, pour des organismes ou manifestations…

… littéraires…

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… urbanistiques…

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… picturales…

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… théâtrales et musicales (très fructueuse collaboration avec le théâtre du Châtelet)…

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… et culturelles, comme cette affiche d’une exposition de 1987, « Chicago, naissance d’une métropole » au musée d’Orsay, affiche qui ornait le mur de mon appartement dans ces années-là (j’ignorais bien sûr à l’époque le nom du graphiste)…

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… il faudrait tout détailler, la finesse du choix des typo, des photos, le travail de l’équilibre dans les compositions,  le jeu subtil des formes et des dégradés ou des contrastes de couleurs…

Philippe Apeloig a aussi créé des typos spécifiques, dont je vous livre quelques signes…

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… parce que j’aime leur présentation (signes blancs sur fond noir du couloir central de l’exposition)…

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le dynamisme  et/ou la rotondité de leurs formes…

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… et leur simplicité.

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Nous sommes entourés, parfois saturés, de signes graphiques de toutes sortes, délivrant des messages que nous recevons souvent contre notre gré. La plupart de ces signes sont assez laids, criards et agressifs, ou leurs messages inutiles, nocifs ou vains. Pour nous épargner, nous finissons par ne plus vraiment les regarder.

Le magnifique travail de Philippe Apeloig permet de rétablir l’équilibre, de poser son attention et de savourer beauté et équilibre dans des objets à visée essentiellement informative. Noblesse du graphisme. Art de la typo.

(photos de l’auteur à l’exposition « Typorama » au musée des arts décoratifs)

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