Posts Tagged ‘street art’

La belle équipe


10 Oct

Même en mon absence, j’ai des yeux à Paris. Des présences mystérieuses qui, parce qu’elle ont découvert sur ce blog que j’aimais son travail, photographient sur leurs téléphones portables les œuvres de Fred le Chevalier (voir « Le chevalier » et « Le chevalier/2 ») lorsqu’elles en croisent, collées sur les murs, les volets, les encoignures de portes cochères, et qu’elles m’envoient, comme un signe, de loin (je reçois aussi des photos de cockers roux, mais c’est une autre histoire…).

Ainsi ce personnage masqué au regard néanmoins perçant muni d’une épée, nous faisant clairement signe de ne pas avancer, dont j’ignore tout de la localisation (je ne sais donc pas vers quoi je ne dois pas avancer)…

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Ou ce mage à la cape déchirée, au visage griffonné, qui semble procéder à des manipulations peu orthodoxes avec des aiguilles sur la poupée qu’il tient (on se croirait à la fin du « Temple du soleil »… sans les Incas, ni Tintin, voir « Pause » et « Le Migou ») – quand je pense que j’ai rendez-vous dans pas longtemps chez un acupuncteur…

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… et puis, rue des Francs-Bourgeois (je le sais parce que j’y suis retournée après avoir reçu la photo d’origine), ce personnage féminin, le plus grand de Fred le Chevalier que j’ai vu dans un espace public, élégant, un peu triste, mais intact, sans tag, ni déchirure…

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… contrairement à ce petit collage double, non loin, déjà attaqué et cerné… Mais la rue vit, et ses murs aussi, c’est le jeu…

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J’aime la complicité secrète de mon équipe d’espion(ne)s autour de ces rencontres de hasard. Grâce soit rendue à ses membres, autoproclamés, observateurs et malicieux, comme Fred le Chevalier.

(photos 1 et 2 : F. P.-G. et N. L. Photos 3 et 4 de l’auteur)

Le chevalier/2


26 Avr

Le street art, quand on s’y met, et qu’on commence à être attentif en se baladant dans les rues, c’est comme quand on sort dehors, à la campagne, une nuit d’hiver. On est d’abord heureux de constater que c’est une nuit claire, sans nuages, qui laisse voir son infinité d’étoiles. Puis on s’aperçoit que juste au-dessus de l’horizon en face de nous, se dessine la constellation qu’on préfère (au hasard, celle d’Orion). On a un sentiment de proximité avec les choses, de connivence, de complicité.

Ça m’a fait un peu ça l’autre jour dans la petite rue Etienne Pallu à Tours, dans un angle de porche tagué et un peu bordélique. Dans cette rue où je passe régulièrement, j’ai ce jour-là reconnu plusieurs petites œuvres de mon ami (il l’ignore) Fred le chevalier (dont je vous parlais en décembre dernier dans « Le chevalier »).

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Ces personnages noirs et blancs, souvent masqués, donc doucement mystérieux, et jolis comme des adolescent(e)s androgynes.

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Même en lambeaux, il reste quelque chose d’un peu magique dans les formes qu’on devine, ces silhouettes sages, ces animaux familiers et fantastiques…

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Je vais tâcher d’ouvrir encore davantage les yeux.

(photos de l’auteur)

/Inside


05 Avr

… Suite de l’exposition Rero (voir « Outside »).

Pendant, donc, que…

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… me vient une interrogation : suis-je assez…

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… visible (invisible) pour vous permettre de…

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Je note que Rero n’a pas, lui, écrit la phrase au mode interrogatif…. De manière positive, donc, il s’agit de fermer la porte sur le passé et de…

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… laisser les choses venir. (Et d’intégrer – parfois – cette rayure sur les mots, cette sorte de soulignement intégré, qui crée comme une amplification délicate du sens…)

(Photos de l’auteur. Oeuvres de Rero, galerie Backslash, Paris)

Outside


02 Avr

Message de Rero, l’artiste de street art (qui expose dorénavant dans des galeries, notamment celle où j’ai vu ses dernières créations, dans la rue Notre-Dame-de-Nazareth, à la galerie Backslash). Je l’ai découvert, souvenez-vous, en janvier 2013 lors de ma visite au musée de la Poste (voir le post « Arts des rues »).

En ce beau début avril, un message simple où le bonheur (est-ce lui ?) nous dit :

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Vous vous souvenez du poème de Paul Fort :

« Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.
Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite. Il va filer. »

Il nous attend dehors…

(photo de l’auteur. Oeuvre de Rero)

Le chevalier


11 Déc

Souvenez-vous, « Paris-province », en janvier dernier,

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… et « Impromptu », en septembre,

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… posts dans lesquels je m’interrogeais sur l’identité de cet artiste de street art dont je croise les œuvres au coin des rues de Paris et aussi de Tours. Eh bien ce matin, justement dans une rue de Tours, un panneau très officiel…

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… vous pensez bien que je me suis approchée, trop contente de retrouver mes fragiles rois et mes reines de rencontre…

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… Et puis une fois rentrée chez moi, je me suis connectée sur le site de la manifestation annoncée par l’affiche. Et j’ai trouvé le nom de l’artiste…

Mesdames et Messieurs, please welcome Fred le Chevalier !

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Ah ben non, ça c’est Thibaud, le chevalier d’un des feuilletons cultes de mon enfance sur l’ORTF.

Non, Fred le chevalier, je n’ai pas sa photo. Mais je vous renvoie vers son site, avec plein de belles images, photos, collages, etc.  Je vous en livre deux, que je lui ai empruntées, que j’aime particulièrement…

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… pour le rapport au rêve, et au sommeil (oui, où voyageais-tu cette nuit ?)… Et…

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… pour l’allusion à l’Odyssée et à Ulysse, le héros de la ruse, un de mes préférés, qui a erré pendant dix ans après la fameuse guerre de Troie (qui elle aussi avait duré dix ans) avant de retrouver son île Ithaque, sa femme Pénélope et son fils Télémaque…

Fred le chevalier, merci pour ces visions… comme un écho, la photo de la première oeuvre repérée à Tours, de janvier dernier…

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… et la même, prise ce matin, presque un an plus tard donc.

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… Un peu abîmé, mais pas si éphémère, le street art… et c’est une bonne nouvelle.

(photos de l’auteur des œuvres de Fred le chevalier, sauf 6 et 7, issues du diaporama de son site)

 

Impromptu


28 Sep

Vous vous souvenez de mon post du 14 janvier, « Paris-province » ? Non ? Le 14 janvier, c’est trop loin ? Alors, allez voir . Y figurent deux photos d’une ou d’un (mais je ne sais pas, j’ai l’intuition que c’est plutôt une femme…) artiste dont je rencontre les créations au coin des rues de Paris et de Tours, que j’aime beaucoup et dont j’ignore, vous l’avez compris, le nom et l’identité.

Mardi dernier, je suis allée au centre culturel suisse dans le Marais à Paris, et en sortant, au coin d’une rue…

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Le plaisir d’une nouvelle rencontre impromptue et de la découverte d’un nouveau dessin, d’une nouvelle œuvre. Un masque de tigre, ou de chat. Un élan vers quelques chose, hors cadre…  Merci, artiste inconnu(e).

(photo de l’auteur)

Fondu dans le décor


23 Jan

Vous vous souvenez de mon post récent sur l’expo de street art au musée de la poste, notamment sur un artiste dont j’avais aimé le travail, Rero ? (voir le post  « Art des rues ».)

Une de ses créations…

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Ce matin, magie du réseau et des infos qui circulent plus vite que la lumière, j’ai vu qu’il avait travaillé il y a quelques jours pour une performance avec un autre artiste que j’aime beaucoup, le chinois Liu Bolin, l’homme qui se fond littéralement dans le décor…

Quelques photos de lui, Liu… enfin, au début, on ne le voit même pas… ici, fondu dans le « nid d’hirondelle », le stade qui a accueilli les JO de Pékin…

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Ou ici, dans les rayons de sodas d’un supermarché…

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Dans une forêt…

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Si vous voulez voir plus d’exemples, allez par exemple sur le site fubiz… ça vaut le coup d’oeil.

Et donc, ce matin, je vois :

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Le texte complet en anglais : Everyone has the right to freedom of opinion and expression ; this right includes freedom to hold opinions without interference and to seek, receive and impart information and ideas through any media and regardless of frontiers. Autrement dit : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » C’est l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, de 1948.

… Un artiste chinois qui se fond dans cette réaffirmation du caractère inaliénable de la liberté de pensée, d’opinion et d’expression, l’idée est belle, non ? Mais la manière de travailler de Rero , cette barre qui figure dans les textes qu’il sélectionne et reproduit, oblige à un léger recul : et si tout ça n’était que des mots…?  et si au contraire, l’homme et la réalité finissaient par avoir moins d’importance que les principes énoncés, surtout s’ils sont bafoués ? Vertige devant les différentes interprétations possibles de cette image…

Je vous laisse méditer…

Et pour ceux que la réalisation en elle-même fascine, comme moi, voici la vidéo de la performance, issue de la page « Dailymotion » d’Actuphoto, qui inclut aussi des interviews des artistes :

http://www.dailymotion.com/video/xwy37w

(Photo 1 de l’auteur ; photos 2,3,4 ; photo 5)

Paris-province


14 Jan

Parfois, on remarque des correspondances étranges. Comment les interpréter ?

Jeudi, Paris, rue de Charonne, collage sur un mur. Une jeune femme au pâle visage, aux grands yeux, tient une couronne. Est-ce qu’elle l’offre aux passants ?

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« La nuit, c’est pour les rois »…

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… à condition de s’en servir pour s’échapper…

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Vendredi, rue Lavoisier à Tours.

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Le même visage, les mêmes yeux, la même jeune femme. Cette fois, le message est silencieux. Et ce que le personnage tient dans ses mains, cette maison de bois, elle ne l’offre pas aux passants, elle la porte précieusement, et la garde.

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Apparemment, ce message parle de nature, d’arbres, et d’ancrage. Étonnant comme l’attention qu’on porte aux choses fait que les choses sont soudain attentives à nous. Et nous disent précisément ce qu’on a besoin d’entendre.

(Photos de l’auteur)

Art des rues


13 Jan

Musée de la Poste, expo sur le street art. Plusieurs artistes que je ne connaissais pas (en fait, j’en connais peu, en dehors Bansky ou Miss.Tic…).

L’Atlas, au graphisme géométrique, noir et blanc (j’avais d’abord écrit noir et vlan, et il y a de ça), et dense… Je crois qu’il appelle ces œuvres des cryptogrammes (on peut voir son travail ici).

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… Et ses labyrinthes (celui-ci assez semblable à celui qui figure dans la nef de la cathédrale de Chartres), qui renvoient à nos propres complications.Et au chemin parfois tortueux, parfois simple, que nous avons à faire pour en sortir (ou pour arriver au cœur du problème et nous apercevoir qu’il n’y en a pas, de problème).

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Et Rero, dont j’ai aimé les messages barrés,  ces phrases qui apparaissent sur nos écrans numériques sans qu’on en comprenne le sens ou qu’on le cherche, ces messages barrés qui permettent de prendre cette petite distance elle-même génératrice de respiration et d’interrogation…

Page non trouvée…

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Image non disponible…

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Et ce petit détournement du copyright, fort à propos au moment où des gens bien-pensants défilent dans les rues de Paris pour dire qu’ils ne sont pas d’accord pour que tout le monde ait les mêmes droits qu’eux…

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On peut voir les autres travauxde Rero  ici.

Aussi, mais il est plus connu : Shepard Fairey, alias Obey. Inutile de revenir sur la pertinence du message de George Orwell, en ces temps de surveillance numérique constante (à ce propos, j’ai vu l’excellente conférence d’Eben Moglen à Re:publica intitulée « Pourquoi la liberté de penser exige des médias libres ».  Il y énonce notamment ce parallèle, particulièrement parlant pour nous, la dernière génération à avoir grandi sans le Net : « Auparavant, nous consommions les médias ; maintenant, ce sont les médias qui nous consomment »… pour explications et développements, voir l’intégralité de la conférence, qui se trouve facilement… sur le Net ! par exemple ici).

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Et un dessin, que je trouve émouvant par sa fragilité, de Gérard Zlotykamien, un des pères de l' »art urbain » en France…

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Ces artistes sont des vigies qui veillent sur la ville (et quand je dis « la ville », ce n’est pas Paris, c’est la ville en général !). Ils nous permettent de la voir autrement ; leur travail nettoie notre regard, et l’ouvre à l’inhabituel, et au nouveau, à l’intérieur même du quotidien le plus banal. « Bien vu ».

(Photos de l’auteur)

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